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Pour une agriculture locale,saine, écologiquement viable et dont les produits sont accessibles à touTEs

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Academic year: 2024

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Mémoire présenté

à la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois Arthur Lacomme

Montréal Avril 2007

Pour une agriculture locale, saine, écologiquement viable

et dont les produits sont accessibles à touTEs

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Pour une agriculture locale, saine, écologiquement viable et dont les produits sont accessibles à touTEs

INTRODUCTION

Citoyen montréalais, je suis préoccupé par les problématiques sociale, environnementale et économique, en particulier en ce qui concerne l'agriculture. En effet, tout être humain se doit de combler ses besoins fondamentaux, au nombre desquels on retrouve l'alimentation.

La situation actuelle peut se résumer ainsi : les agriculteurs produisent des denrées que les industries agroalimentaires transforment et qui sont vendues aux consommateurs par le biais des distributeurs.

Cette chaîne implique différents intervenants. Se préoccuper de l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, c'est aussi se questionner sur toutes ces étapes. Je remercie donc la Commission de permettre à chacunE de réfléchir à cet enjeu majeur.

Ma vision de l'agriculture ne peut se détacher d'une vision plus globale du monde, où les rapports économiques côtoient ceux sociaux et environnementaux. C'est pourquoi je commencerai par présenter brièvement le constat général et large pour ensuite parler plus spécifiquement de l'agriculture et de l'agroalimentaire.

DÉCROISSANCE ET LOCALISATION

Nos sociétés occidentales ont, depuis plusieurs dizaines d'années, présenté la croissance économique illimitée comme une évidence et une finalité en soi : le produit intérieur brut est la mesure fondamentale de la « santé » d'un pays, la richesse doit être créée en augmentant continuellement le travail, les revenus, les produits de consommation, etc.

Mais ce postulat doit être questionné et remis en cause. La croissance économique infinie n'est pas possible ni même souhaitable sur une planète aux ressources limitées. Notre empreinte écologique est plus importante que ce que la Terre peut fournir en terme de ressources ou absorber comme déchets. Si tout le monde consommait comme nous, nord-américains, il nous faudrait cinq à six planètes. De plus, les inégalités entre les riches et les pauvres ne cessent de s'accroître. Cette crise socio- environnementale découle de cette croyance que le salut ne vient que par la croissance (économique).

Le concept de la décroissance économique consiste à redéfinir la place de l'économie dans notre société

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: un moyen au service de l'humain et non une fin en soi. Une façon de rétablir l'équilibre entre l'être humain et son environnement se trouve dans la notion de localisation. Il s'agit de « relocaliser » l'économie. Cela signifie de mettre l'accent sur l'autonomie locale, qui permet aux pays de produire sur place, limitant ainsi les transports de marchandises, gros émetteurs de gaz à effet de serre. En aucun cas il n'est question ici de repli sur soi : les échanges culturels sont vitaux. Alors que les idées doivent dépasser les limites frontalières, les échanges de capitaux et de biens devraient être limités au maximum, favorisant par ce fait même l'économie locale

En ce qui concerne l'agriculture, appliquer ce principe, c'est prôner la souveraineté alimentaire. Je suis favorable au sujet de mesures qui permettraient d'avoir au Québec une agriculture locale, saine, écologiquement viable et dont les produits sont accessibles à touTEs.

POUR UNE AGRICULTURE LOCALE

Produire localement signifie manger de saison. C'est pourquoi il faudrait permettre aux agriculteurs de mettre facilement sur les tablettes des détaillants leurs produits.

De plus, le Québec, au climat rigoureux, devrait favoriser davantage la conservation de ces produits pour les longs mois d'hiver où la récolte est moindre. Cette mise en valeur (que l'on parle des conserves dans l'huile, dans le vinaigre, dans le sel ou bien des lactofermentations, de la congélation ou du séchage) permettrait de développer une expertise pour des entreprises régionales, même s'il serait aussi intéressant de sensibiliser et d'informer les consommateurs sur les moyens qu'ils ont de conserver eux- mêmes ces produits (par le biais de cuisines collectives, de sites Internet informatifs, etc.).

Actuellement, un aliment parcourt une distance moyenne de 2 500 km entre le champ et notre assiette (la distance entre Montréal et la Floride), alors qu'une majeure partie de notre alimentation pourrait être local, en particulier pendant la saison estivale. Des mesures comme l'interdiction d'importation de produits disponbiles localement permettraient aux producteurs québécois de répondre à la demande.

Concernant les produits exotiques, on est en droit de se poser la question au sujet leur disponibilité.

Avoir du café à volonté paraît normal. Et pourtant, l'est-ce vraiment ? Un tel commerce international, même certifité équitable, n'ôte pas le rapport de dépendance entre les pays producteurs au Sud et les pays consommateurs au Nord. Nous continuons ainsi d'utiliser les terres de ces paysans à des fins non vivrières. Il faudrait laisser la gestion de l'agriculture aux producteurs de là-bas, afin qu'ils puissent d'abord se nourrir avant de nous rendre disponibles des produits pouvant être considérés de luxe.

Entendons-nous bien : cela ne suffit pas fermer totalement les frontières. Les échanges commerciaux peuvent aussi représenter un échange culturel. C'est aussi à travers la nourriture d'un pays qu'on

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découvre un peuple. Cependant, nous devrions considérer ces moments d'échanges comme plus rares mais plus précieux, plutôt que de nous satisfaire quotidienne d'une tasse de café qui ne représente actuellement rien d'autres qu'une dose de caféine. De plus, le prix de ces produits devraient refléter aussi les coûts écologiques (dûs particulièrement au transport) : il n'est pas normal qu'une banane du Guatemala coûte moins chère qu'une pomme des Cantons-de-l'Est.

POUR UNE AGRICULTURE SAINE

Les produits transformés offerts au Québec devrait être parfaitement sains. Pourquoi retrouve-t-on du pain fait à base de farine blanche dégermée à laquelle on rajoute du germe de blé ? Actuellement, on a tendance à proposer aux consommateurs des produits qui offrent un maximum de profits aux fabricants et détaillants mais qui sont d'une qualité discutable. Ce pain enrichi n'est qu'une façon d'avoir un aliment qui se garde plus longtemps sur les tablettes, donc s'achète en plus grosse quantité par le détaillant qui augmente son profit. Au contraire, pour rester sur l'exemple du pain, ce dernier devrait être le plus naturel et sain possible, soit au levain avec de la farine la plus complète possible. Tout additif (agents de conservation, etc.) serait inutile car le pain serait frais.

Certains produits offerts actuellement méritent de se questionner sur leur pertinence. À quoi sert des flocons d'érable ? Nous avons là affaire, à mon avis, à une mauvaise méthode qui consiste à transformer un produit pour ne favoriser que le prêt-à-l'usage. En effet, quelle est la différence avec du sucre d'érable que l'on râpe soi-même ?

POUR UNE AGRICULTURE ÉCOLOGIQUEMENT VIABLE

À bien y penser, le terme « agriculture biologique » fait sourire. En effet, les méthodes agricoles devraient être de toute évidence les moins dommageables pour l'environnement ! L'industrialisation de l'agricultre nous a donc amenés à certifier une agriculture « naturelle ». Mais cette certification est malheureusement nécessaire aux consommateurs afin qu'ils puissent faire un choix éclairés sur ce qu'ils mangent. Il faudrait arrêter la production de monocultures intensives qui épuisent les sols et sont la source de bien d'autres pollutions (nappes phréatiques contaminées, etc.). L'utilisation des pesticides (insecticides, herbicies, fongicides) devraient être interdire. On valoriserait davantage les méthodes naturelles (compagnonnage des espèces, utilisation d'insectes « amis », etc.) et on favoriserait la diversité de production.

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Concernant les organismes génétiquement modifiés, il est évident que, par principe de précaution, il faudrait rendre l'étiquettage obligatoire. D'ailleurs, on pourrait aussi de questionner et aller jusqu'à interdir tout simplement sa production et vente au Québec.

POUR UNE AGRICULTURE DONT LES PRODUITS SONT ACCESSIBLES À TOUteS

Il faut rendre disponible les produits issus de l'agriculture à la population québécoise. N'est-il pas aberrant de retrouver sur nos tablettes de l'ail provenant de Chine en pleine saison estivale ?

Favoriser l'accès aux produits locaux nécessitent forcément :

de multiplier les marchés de quartier. Ils ne sont que trop rares à Montréal. Chaque arrondissement devrait en avoir au moins un.

de forcer les distributeurs, en particulier les grandes surfaces alimentaires, à proposer des produits locaux. Leur fonctionnement (achat en grosse quantité et pression pour diminuer le prix de vente) va à l'encontre d'une promotion de l'achat local.

des initiatives existent actuellement au Québec, favorisant le lien entre consommateurs et producteurs. L'agriculture soutenue par la communauté, en place depuis plus de dix ans, permet à nombre de personnes de se rapprocher des agriculteurs, de réaliser la pertinence de leur travail et de les soutenir en achetant une part de leur récolte en début de saison. Il faut encourager ces initiatives pertinentes.

CONCLUSION

Le Québec, grâce à cette Commission, peut dès à présent favoriser une agriculture locale, saine, écologiquement viable et dont les produits sont accessibles à touTEs. Plusieurs mesures, dont celles citées plus haut, permettraient d'aller dans ce sens.

D'autres questions connexes mériteraient aussi que l'on s'y attarde. À l'heure où la question énergétique soulève des enjeux de production (entre autres avec l'éthanol), souhaite-t-on réellement transformer nos terres qui nous nourrissent pour fournir de l'essence à nos voitures ? De plus, quand on sait le piètre rendement de la production carnivore (beaucoup d'hectares de céréales cultivés pour si peu de kilos de viande), n'y aurait-il pas intérêt à préféré une alimentation à tendance végétarienne ?

Referencias

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