Caractère organique : les archives, un objet naturel 33 Clôture de l'archive : les archives, un « reflet fidèle » du passé 38 Les trois âges : les archives définitives et leurs usages 43. Mémoire et archives : entre identité et temporalité 172 Authenticité des archives et la vérité de l'archive 177 L'archive comme modalité d'appropriation du monde 184 La poétique de l'archive : dimensions émotionnelles. En particulier, ceux de la Direction des Archives de France, de la Society of American Archivists et de l'Encyclopedia of Library and Information Sciences, 3e éd.
L’intérêt marqué pour les archives en philosophie ou en histoire de l’art8 est le résultat de la présence de plus en plus importante des archives dans l’ensemble de la société. L'utilisation des archives à des fins créatives est devenue monnaie courante et les pratiques artistiques autour des archives permettent de souligner le goût des archives, les émotions suscitées par le contact des archives, décrites par Arlette Farge en 1989. Pour y parvenir, des pistes de restauration seront proposées, issues de la réflexion professionnelle de l'archive.
Dans une deuxième partie, basée sur la théorie de l'histoire et des connaissances de Walter Benjamin, d'une part, et sur l'étude des œuvres liées à l'art des archives, d'autre part, il sera possible de faire des propositions concernant la relation des archives. Enfin, nous tirerons les conclusions archivistiques liées à la pensée de l'archive et à la nature des archives, au cycle de vie des documents, aux valeurs et fonctions des archives définitives ainsi qu'à leur cadre de référence.
La création d'archives historiques est principalement liée à la volonté de documenter l'activité de l'État et de conserver systématiquement les documents qu'il produit. Enfin, les différentes définitions proposées par les archivistes sont le signe de l'autonomie de l'archivistique par rapport à l'histoire. En ce qui concerne l'approche des trois âges, l'inactivité des documents pour leur créateur est l'une des caractéristiques les plus importantes des archives définitives.
Ils révèlent également comment la science historique a abouti à l’établissement d’une conception particulière des archives et de l’archivistique. Le risque réside dans l’éventuel contrôle de l’administration sur le choix des documents à conserver2. Ce choix éditorial s'explique par la conception que les fondateurs ont de l'histoire et de son écriture.
Construction de l’esprit qui répond à notre besoin de comprendre, la théorie est l’expérience même de la science. À travers le témoignage oral, c’est la mémoire des individus et des groupes qui est au cœur de l’écriture de l’histoire. Selon lui, la mémoire individuelle n’est possible qu’à la condition de s’appuyer sur des repères collectifs – le cadre social de la mémoire – qu’acquièrent les individus.
Et par conséquent : « Tout ce que nous appelons aujourd’hui mémoire n’est donc pas mémoire, mais déjà histoire. Nora revient également sur le rapport de la mémoire et de l'histoire à la temporalité. Les archives occupent une place particulière dans ce renouvellement du positionnement de l'histoire par rapport à la mémoire.
La première explique le rôle actif de l’archiviste dans la production de matériel archivistique en relation avec la construction du sens. Ainsi, « l’ordre créé par les archives à partir des informations qu’elles traitent est un ordre qui incarne des valeurs sociales125. Chaque activation laisse des empreintes qui sont des attributs du sens infini de l’archive136.
Cette condition politique des archives implique pour les archivistes postmodernes une nouvelle temporalité des archives. Par ailleurs, l'interprétation des archives tant par les archivistes, lors de l'archivage, que par les. En effet, parce qu’elles constituent un patrimoine et permettent d’écrire l’histoire, les archives sont souvent associées à la mémoire collective et, comme le note Brothman.
L’opérabilité concerne les documents car ils sont liés à une activité.
Art et Archives
Il pose les bases de sa théorie de la connaissance et de l'histoire dans les Thèses sur le concept d'histoire et dans Le Livre des Passages. La performance de l’archive au sein de l’œuvre dont elle n’est qu’une partie soutient l’idée d’une rencontre entre le passé et le présent. Il s’agit d’un changement radical dans la conception de l’histoire et du rapport au passé.
Le rôle de l'expérience est central dans la compréhension de la mémoire par Benjamin, car elle détermine son caractère volontaire ou involontaire. L'expérience transmissible (Erfahrung) est à l'origine de la mémoire involontaire et se situe « hors de l'Histoire96 », hors du temps chronologique, et nous pouvons alors le faire. Cependant, la plus grande différence entre l'histoire et le roman réside dans le fait que « le narrateur tire ce qu'il raconte de son expérience, à la fois la sienne et celle qui lui est rapportée.
Ce n’est que par une certaine adaptation de l’oralité que la communication du passé peut s’opérer. Ce phénomène établit la tradition comme une sédimentation d'expériences, de gestes et d'images évoquées en relation avec l'expérience auratique et la constellation dans l'image dialectique. L’inscription de soi dans le temps à travers l’archive procède alors d’une forme de transfert d’expérience.
Les artistes qui travaillent à partir d'archives participent ainsi à élargir la perception des archives et contribuent au développement de la réflexion sur l'archive. De plus, la matérialité elle-même est significative tant par le support que par la forme ou les imperfections de l'objet. Par le caractère répétable de l’œuvre, l’artiste propose une forme de perpétuation qui rejette la fixation dans le temps.
Le lien entre les archives, la réalité et la fiction est au cœur de la pratique de l’art archivistique. L'artiste démontre que l'authenticité à elle seule ne peut garantir la fiabilité des informations contenues. Chaque enregistrement se veut le « cristal » d’une journée dans laquelle s’inscrit finalement toute la vie de l’artiste.
La classification ne reflète pas directement l'activité ou l'événement à l'origine du document, mais plutôt la compréhension qu'en a l'artiste. La pratique de l'archivage devient alors significative dans la mesure où elle reflète la croyance d'une époque en l'insertion de l'homme dans le monde.