Une publication de la Direction régionale de santé publique CIUSSS du Centre‐Sud‐de‐l’Île‐de‐Montréal. Cet avis vise à souligner l'importance d'adopter les grands principes et orientations de la nouvelle Politique jeunesse du Québec. Cette nouvelle Politique québécoise de la jeunesse appelle le gouvernement et ses partenaires à agir efficacement sur les déterminants de la santé, du bien-être et de la réussite de nos jeunes.
Promotion et soutien de la formation obligatoire en éducation sexuelle par le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR). Par ailleurs, le nouveau Programme National de Santé Publique (PNHP) met l'accent sur les facteurs de persévérance et de réussite scolaires, de santé au travail ainsi que d'adoption et de maintien de saines habitudes de vie4, autant de domaines prioritaires présents dans le document de consultation sur la Politique de Jeunesse. Dans la section sur un environnement propice à la persévérance et à la réussite scolaires, les activités parascolaires, le climat scolaire, les services de soutien offerts aux jeunes en difficulté ainsi que la conciliation travail-études seront abordés.
Enfin, la section sur la citoyenneté multiple et active abordera les différentes formes d'implication, les facteurs favorables et l'importance de la participation des jeunes aux lieux de décision.
Orientations et grands principes de la Politique jeunesse
Parmi les interventions efficaces, nous soulignons l’importance de déployer des interventions qui soutiennent le développement de la littératie en santé6. Assurer le développement des connaissances en matière de santé et adapter les interventions de promotion et de prévention de la santé pour les groupes les plus vulnérables. Mais au-delà du concept d’égalité que défend la politique, le principe d’égalité en matière de santé nous semble tout aussi fondamental à considérer.
L'Institut national de santé publique du Québec souligne : « Les inégalités sociales ont un impact bien réel sur la santé des Québécois. Établir des politiques publiques qui réduisent les inégalités sociales de santé en améliorant les conditions socio-économiques des jeunes et des familles et en incluant des mesures de justice pour les jeunes.
Axe I ‐ De saines habitudes de vie
Cependant, aucune mention n’est faite de l’impact négatif de la consommation d’aliments et de boissons sucrés sur la santé bucco-dentaire10, 11, 12. En effet, selon l’article 25 de la Charte des droits de l’homme, l’alimentation est un droit fondamental pour tous13. Diverses initiatives conformes à la politique-cadre sont actuellement mises en œuvre au sein des commis.
Le document de consultation présente la pratique d'activités physiques et sportives comme un déterminant de la santé globale des jeunes et la sédentarité comme un facteur contribuant au surpoids et à de nombreuses maladies chroniques. Après l’école, offrir aux élèves, au personnel scolaire et aux membres de la communauté un accès à des installations et équipements sportifs appropriés. Mise en place de mesures d'apaisement de la circulation dans le quartier, et notamment autour des lieux fréquentés par les jeunes (écoles, installations sportives, etc.).
Elle semble mettre l’accent sur les troubles mentaux (un diagnostic médical posé par un clinicien, comme les troubles anxieux ou dépressifs), ce qui nous semble une vision réductrice de la santé mentale. Trois aspects ne sont pas explicitement abordés dans le document de consultation sur la politique de jeunesse, malgré leur impact important sur la santé des jeunes. Les conséquences néfastes d’une consommation excessive d’alcool sur la santé et le bien-être sont bien documentées, comme une diminution de la fonction hépatique et des lésions cérébrales.
Le tabagisme et l’exposition à la fumée secondaire entraînent des déficiences et des problèmes de santé à toutes les étapes de la vie. Le vote de la Loi sur le tabac en 1998, puis en 2005, a permis de réduire significativement l'accès aux produits du tabac chez les jeunes et de protéger la santé des non-fumeurs en interdisant de fumer dans la plupart des lieux intérieurs, publics ou au travail. Outre la consommation d’alcool et de tabac, les interventions de l’État peuvent affecter d’autres comportements à risque tels que les rapports sexuels non protégés et la conduite dangereuse.
De plus, l’accès limité aux préservatifs et les fausses croyances sur certaines dimensions de la sexualité jouent un rôle important dans l’adoption de comportements sexuels à risque chez les jeunes. Quant à la conduite dangereuse chez les jeunes, elle implique le plus souvent des infractions au code de la sécurité routière, notamment la vitesse, la conduite avec facultés affaiblies (consommation d'alcool et de drogues) et la distraction au volant (utilisation de téléphones portables et textos).
Axe II ‐ Un milieu favorable à la persévérance et à la réussite
Sur ce dernier point, la Direction régionale de santé publique souhaite souligner l'importance de mettre en place des mesures non stigmatisantes qui permettront aux élèves vivant en pauvreté d'avoir accès à toutes les activités parascolaires offertes à l'école. Le projet Politique de jeunesse reconnaît l'importance de l'école comme milieu de vie pour les jeunes. C’est à l’école que les jeunes nouent des amitiés, font face à différentes réalités, réussites et échecs68.
Par conséquent, le climat scolaire est un facteur important qui caractérise le milieu scolaire et son impact sur les jeunes. Soutenir adéquatement les établissements d’enseignement afin qu’ils puissent offrir un milieu de vie stimulant, sain et sécuritaire à tous les jeunes. Nous pensons que la capacité de l'école à identifier les jeunes les plus à risque de décrochage et à intervenir précocement est un aspect clé de la prévention du décrochage76.
En pratique, la mise en place d'une offre complète et diversifiée de services destinés aux jeunes en difficulté nécessite une concertation et une intervention intersectorielle, notamment entre le réseau de l'éducation et les services de santé et sociaux78, ainsi qu'une planification réaliste et efficace, un fonctionnement rigoureux, des diffusion d’informations et participation des jeunes et des parents79. À Montréal, 12 % des jeunes du secondaire qui ont un emploi travaillent au-delà du seuil recommandé de 15 heures par semaine80. Il existe donc un consensus social sur l’importance de limiter les effets négatifs du travail rémunéré sur la réussite des étudiants.
Par exemple, des actions de sensibilisation devraient être mises en œuvre auprès des jeunes, des parents et des employeurs. Il faut aussi comprendre ce qui peut amener les jeunes à travailler au-delà du seuil recommandé si l’on veut intervenir efficacement (une situation économique difficile, des résultats scolaires peu satisfaisants, de faibles aspirations scolaires et professionnelles, des habitudes de surconsommation, etc.)82. Sensibiliser les étudiants de 15 à 19 ans, leurs parents et leurs employeurs aux conséquences d'un travail rémunéré de plus de 15 heures par semaine afin qu'ils adoptent des stratégies de conciliation travail-études favorisant la réussite scolaire.
Axe III ‐ Des jeunes prêts pour le travail, une économie prête à
Il est donc d’autant plus important que les jeunes puissent bénéficier d’une éducation obligatoire en matière de santé et de sécurité au travail lors du processus d’intégration sur le lieu de travail, y compris des informations sur les droits du travail. Nous partageons et soutenons sans réserve la préoccupation du Secrétariat à la Jeunesse concernant la sécurité de l'emploi et la nécessité de concilier travail et famille. Cependant, la Direction régionale de la santé publique est encore plus préoccupée par l'impact de ces conditions de travail sur les risques d'accidents du travail et sur la santé des jeunes en général.
Améliorer les conditions de travail des jeunes en mettant en œuvre des mesures de conciliation travail-vie personnelle et en soutenant des interventions efficaces de prévention des accidents du travail dans tous les secteurs de l’activité économique. Le gouvernement réfléchit aux moyens de promouvoir la participation la plus large possible des jeunes issus de l'immigration au marché du travail et de garantir que leurs compétences soient reconnues et valorisées. En 2012, le taux de chômage chez les immigrants était plus élevé à Montréal qu'à Vancouver ou à Toronto88.
Le travail et la qualité du travail sont des leviers importants pour l'intégration sociale et économique des immigrants. Cependant, de nombreux migrants qualifiés se retrouvent contraints à des emplois précaires après plusieurs tentatives infructueuses pour trouver un emploi correspondant à leurs compétences. Les emplois de mauvaise qualité n'offrent ni la protection sociale nécessaire ni des salaires suffisants pour améliorer la qualité de vie des nouveaux arrivants.
Cette situation est particulièrement difficile pour les jeunes immigrés car, cantonnés dans des emplois précaires, ils manquent de ressources et de temps pour améliorer leurs compétences et leur employabilité, par exemple grâce à l'éducation française, et pour prendre soin de leur famille90. Veiller à ce que les nouveaux arrivants puissent obtenir des dispenses obligatoires de leur employeur pour suivre des cours de français ou d'autres formations susceptibles d'améliorer leur employabilité et leur intégration. Encourager les entreprises à embaucher de nouveaux arrivants qualifiés dans des emplois correspondant à leurs compétences, notamment les jeunes issus de minorités visibles.
Axe IV ‐ Une citoyenneté active et plurielle
Pour améliorer la santé de la population du Québec : Le Programme national de santé publique (projet Version non officielle. 30 Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Direction de santé publique de Montréal (2006). Le transport urbain, un enjeu de santé : rapport annuel 2006 sur la santé des la population montréalaise, 132 p.
Définir un cadre de référence en santé mentale des populations pour la santé publique. Projet de loi 44 : Loi antitabac - Procès-verbal déposé à la Commission de la santé et des services sociaux, 62 pp. Direction de la santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Conseil québécois sur le tabac et la santé.
Entente sur la complémentarité des services entre le réseau de la santé et des services sociaux et le réseau de l'éducation, 40 p. Enquête québécoise sur les conditions de travail, l'emploi et la santé et sécurité du travail (EQCOTESST), Institut de recherche en santé et sécurité du travail, RR-691, 21 p. Portrait de la présence des jeunes au sein des instances décisionnelles et de consultation de la ville de Montréal et de ses organismes, 10 p.