Nous supposons que le bien-être est créé par la santé, le revenu et la richesse. Nous supposons cependant que cela dépend de deux variables fondamentales : le revenu (ou le patrimoine) et la santé.
- Mesurer le niveau de santé
- Indicateur de santé
- Distribution de la santé
- Inégalités unidimensionnelles de la santé
- Inégalités unidimensionnelles de revenu
- L’analyse multidimensionnelle du bien-être
- Hypothèse du modèle de Duclos et Échevin
Il s’avère que la corrélation entre les deux variables et la forme de la fonction de bien-être est importante dans l’analyse et la comparaison. Le bien-être augmente avec le revenu, mais une personne en mauvaise santé aurait une fonction de bien-être plus concave qu’une personne en bonne santé.
Description générale des données
Pour les variables de santé, on retrouve certaines informations, comme le niveau de santé tel que rapporté par la personne interrogée, le fonctionnement physique et cognitif, les diagnostics de maladies chroniques et l'indice de masse corporelle. Cependant, nous nous concentrerons sur le niveau de santé déclaré par la personne, qui donnera une mesure subjective globale de l'état de santé, en précisant s'il est : mauvais, moyen, bon, très bon ou excellent. Les mesures subjectives fournissent des informations intéressantes sur la santé et il existe une forte corrélation entre les mesures objectives et subjectives (Idler et Benyamini, 1997).
Pour les variables économiques, nous prenons en compte la source et la composition des revenus courants, du patrimoine et de toute autre source d'aide sociale ou de transfert, et en parallèle des informations sur l'état civil de la personne (mariée, veuve, divorcée, etc.). Ces ajustements sont effectués à l'aide de l'indice de parité de pouvoir d'achat (PPA) provenant de l'OCDE. Revenus d'invalidité et de chômage Valeur des actifs et passifs financiers Revenus d'assurance maladie Valeur des fonds d'investissement.
Y6 + Y7 + Y8 (Revenus des ménages, qui seront pris en compte dans cette enquête) Dans le questionnaire, les ménages déclarent leurs revenus bruts et non nets, ce qui ne permet pas de prendre en compte les différences de fiscalité entre les pays. Pour la variable pension, les auteurs de l'enquête SHARE ont créé une nouvelle variable, qui est la pension annuelle perçue et est le produit de trois variables : la mensualité moyenne en 2003, la période couverte par la pension et le nombre de mois pour laquelle la personne a reçu des prestations. Ils ont décidé d'ajouter des revenus locatifs pour les propriétaires, car dans certains pays, ils représentent une source de revenus importante, notamment pour les retraités.
Statistiques descriptives
- Distribution de revenu
- Distribution de la santé
- Distribution jointe
S’il est important d’examiner la répartition des revenus et de faire des comparaisons entre les pays, il serait tout aussi pertinent d’examiner la répartition de la santé, qui est une composante clé du bien-être. Ces questions nous amènent à nous interroger sur les inégalités de bien-être, où le revenu n’est pas la seule composante, et où le niveau et l’accessibilité des soins de santé deviennent importants. L'importance du gradient varie d'un pays à l'autre ; le gradient de revenu de santé en Autriche est moins persistant qu’en Suisse, ce qui implique une inégalité de bien-être entre ces deux pays.
Par exemple, aux Pays-Bas, le revenu médian d’une personne en excellente santé est deux fois plus élevé que celui d’une personne en mauvaise santé. Or, si l’on considère la richesse d’une personne en excellente santé dans un même pays, elle est 55 fois supérieure à celle d’un ménage en mauvaise santé. Le bien-être sur une période donnée (2004) pour chaque pays dépend de ces deux variables en plus de la santé.
Nous allons donc construire une troisième variable qui prend en compte les deux variables de revenu et de richesse. Le taux d'actualisation dépend alors du taux d'intérêt, des chances de survie et de l'âge. Le tableau 2.6 nous montre les distributions conjointes de la variable qui combine les deux (revenu et richesse), ainsi que le niveau de santé.
- Introduction
- Dominance stochastique et comparaison de bien-être
- Théorème : dominance stochastique d’ordre un
- Variables de comparaison
- Tests et inférence statistique
- Estimation empirique
- Tests
De plus, nous définissons le bien-être de l’individu qui appartient au groupe de santé k et qui gagne un revenu y. Le bien-être dépend du niveau de santé et du revenu y, mais ce revenu dépend du seuil z(k) que l’on fixe pour chaque groupe de santé, et dépend donc implicitement de z(k). En agrégeant les revenus pour tous les différents niveaux de santé, nous obtenons la forme suivante de la fonction de bien-être total W.
Une corrélation accrue entre santé et revenu signifie que la redistribution des revenus des ménages en mauvaise santé vers les ménages en bonne santé réduira le bien-être. Cette hypothèse stipule que le niveau de bien-être est supposé constant pour chaque groupe de santé dont la valeur de revenu est supérieure ou égale au seuil de revenu défini pour ce même groupe. Dans l’hypothèse (3.4), le bien-être a une valeur constante pour chaque valeur de revenu supérieure au seuil.
Il existe un lien essentiel entre la dominance stochastique et le niveau de bien-être collectif. Par conséquent, la condition (3.6) nous permet de comparer les répartitions conjointes du revenu et de la santé et de conclure quel pays domine l’autre en termes de bien-être. Le bien-être est plus élevé dans le pays A si cette condition nécessaire et suffisante est vérifiée.
Analyse graphique
- Analyse graphique du revenu
- Analyse graphique de la richesse
- Analyse comparative Homme-Femme
La figure 4.1 compare les répartitions cumulées pour la Suède et la France et entre différents niveaux de santé. En effet, la Suède semble dominer l’Espagne dans presque toute la répartition et pour tous les niveaux de santé. L'Espagne a un mauvais score car dans l'ensemble de la répartition, la France domine l'Espagne et il y a plus de différences pour tous les niveaux de santé.
On peut donc conclure que la Suède est première, la France deuxième et l'Espagne dernière. En effet, la France domine la Suède tout au long du spread cette fois-ci. L'Espagne est en tête de la Suède pour tous les niveaux de distribution et pour les cinq niveaux de santé.
La France semble être dominée par l'Espagne en termes de valeur nette, même si pour des seuils très bas, l'Espagne domine. Nous constatons qu'aux faibles niveaux de santé (k = 1 et k = 1,2), les distributions sont presque similaires pour la Suède et la France. Cela suggère donc que les inégalités entre les sexes seraient plus élevées en Suède et en France qu’en Espagne.
Analyse statistique
Le tableau 4.1 nous montre la comparaison du bien-être dans les six pays européens et pour le niveau de santé k=1. En effet, pour les revenus on a vu que la Suède domine l'Italie avec 47 000 euros, mais ce n'est plus le cas pour la richesse puisqu'elle ne domine l'Italie qu'avec 6 900 euros. Le Danemark est dominé par tous les pays, et l'Espagne arrive en tête, passant d'un score de 0 pour le revenu à 5 pour la richesse.
Le tableau 4.2 montre la même tendance que le tableau 4.1, mais pour le niveau de santé k = 2. Pour le revenu, il apparaît que le classement ne diffère pas de celui pour k = 1. Pour le revenu et le niveau de santé k ≤, le classement du premier au ces derniers sont : la Suède, le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
Les pays scandinaves affichent des scores de richesse médiocres et sont loin derrière les pays du sud de l’Europe (région méditerranéenne). Concernant les revenus, on retrouve le même classement que précédemment, à savoir la domination de la Suède et du Danemark, puis des pays d'Europe centrale, qui sont placés au milieu du classement, et enfin de l'Italie et de l'Espagne. En termes de revenus, la Suède et le Danemark dominent et se trouvent en tête de liste, la France et l'Allemagne se situent au milieu, et l'Italie et l'Espagne se trouvent en bas de la liste.
Discussion
- Avantage et inconvénient
- Interprétation
Pour la richesse, on obtient les mêmes résultats que pour les autres niveaux de santé, qui se répètent : les pays scandinaves reviennent en bas du classement et les pays d'Europe du Sud remontent en tête du classement. Mêmes résultats pour la variable combinée que pour les autres niveaux de santé. Cette configuration des classements reste sensiblement la même pour les autres niveaux de santé supérieurs, confirmant la domination visible des pays scandinaves par rapport aux autres pays du reste de l'Europe.
Il serait également pertinent d'estimer la répartition des six pays pour des seuils similaires et de confirmer le classement précédent, ne serait-ce que pour de faibles niveaux de santé, car le classement serait plus précis. En outre, nous avons supposé que la mortalité variait uniquement selon le niveau de santé et non selon les pays, ce qui est probablement le cas. Les pays scandinaves se caractérisent principalement par leur système de santé et leur financement assuré par l'impôt, ainsi que par un système d'accès universel aux soins et un secteur public dominant.
Dans notre étude, nous avons utilisé la dominance stochastique de premier ordre pour comparer les distributions conjointes du revenu et du patrimoine en matière de santé. Après avoir construit une troisième variable combinant revenu et patrimoine, nous avons également comparé les distributions de la variable conjointe santé. L’avantage de cette procédure est que l’analyse comparative du bien-être prend en compte le gradient entre les soins de santé et le revenu, et que les résultats sont sensibles à la répartition des revenus et des soins de santé. En effet, l’accès aux soins de santé est l’un des facteurs importants pouvant expliquer la domination des pays scandinaves, où le niveau de revenu ou de richesse n’est pas un déterminant majeur du niveau de santé ; le gradient serait alors moins important.