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Closing Remarks by Chief Actuary Jean-Claude Ménard

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Academic year: 2023

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Mot de la fin prononcé par

l’actuaire en chef Jean-Claude Ménard, du Bureau de l’actuaire en chef,

Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF),

devant les participants du

Colloque du Régime de pensions du Canada sur les perspectives démographiques, économiques et d’investissement du Canada (de 2018 à 2050)

Ottawa (Ontario)

Le 28 septembre 2018

Renseignements : Brock Kruger

Communications et consultations [email protected] www.osfi-bsif.gc.ca

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2 Mot de la fin prononcé par l’actuaire en chef Jean-Claude Ménard,

du Bureau de l’actuaire en chef, BSIF, devant les participants du

Colloque du Régime de pensions du Canada (RPC) sur

les perspectives démographiques, économiques et d’investissement du Canada (de 2018 to 2050)

Ottawa (Ontario) Le 28 septembre 2018

Merci à Patrick. Tu nous as fait un excellent tour d’horizon tant des obstacles que des occasions qui se présentent aux investisseurs. Les enjeux environnementaux, politiques, démographiques et économiques sont effectivement phénoménaux. Le vieillissement de la population canadienne continuera de se répercuter sur le RPC pendant de nombreuses années, puisque le groupe des 65 ans et plus augmentera à un rythme qui dépasse de loin la hausse de la population active. Cependant, comme vous l’avez montré, il est important d’être à l’affût des occasions dans tous les secteurs et champs d’activité, car elles sont susceptibles de donner un rendement appréciable à l’investisseur et donc de générer des revenus de retraite. Le modèle relativement nouveau de financement des infrastructures que propose la Caisse au Québec pour procurer un rendement au RRQ est proactif et novateur. En effet, le projet de réseau express métropolitain (REM), une entreprise massive mise en route conjointement dans la région métropolitaine de Montréal par la Caisse et les gouvernements fédéral et provincial, témoigne d’une prévoyance remarquable et est un brillant exemple de partenariat public-privé.

C’est une initiative rien de moins que spectaculaire.

Je tiens aussi, bien évidemment, à remercier nos autres conférenciers.

Ce matin et pendant le repas du midi, nous avons assisté à trois exposés sur l’état futur possible de l’économie canadienne et du marché du travail du Canada.

Christopher Ragan, de l’Université McGill, nous a habilement résumé les principaux

changements que subira notre économie. Il s’agit de la transition vers des sources d’énergie non polluantes, des effets de la population vieillissante sur la main-d’œuvre, de la croissance par habitant du PIB, de l’augmentation considérable des dépenses (notamment, au titre des soins de santé) et de la dette publiques, ainsi que de changements technologiques

appréciables. M.Ragan a notamment soulevé la question capitale suivante : les particuliers auront-ils la souplesse nécessaire pour s’adapter au marché de la main-d’œuvre en mutation sous l’effet du changement technologique et, plus particulièrement, de technologies

déstabilisantes? Il a également souligné la place grandissante occupée par les compétences comportementales, ajoutant que cette forme d’habiletés, conjuguées à de fortes compétences techniques et analytiques, seront fortement recherchées. Par la même occasion, les tâches pouvant être automatisées ou externalisées facilement disparaîtront, au détriment particulier de la classe moyenne. Il a posé une autre question toute aussi importante : d’où viendront les ressources dont les travailleurs auront besoin pour acquérir les compétences

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3 comportementales essentielles? La main-d’œuvre canadienne doit bénéficier de ces ressources dès maintenant. L’évolution à long terme du paysage canadien du travail est difficile à prédire, tout comme son incidence sur les travailleurs canadiens et le RPC.

Notre deuxième conférencier, M. Henry Siu, de l’École d’économie de Vancouver de l’Université de la Colombie-Britannique, a suscité notre intérêt en nous entretenant des effets tant négatifs que positifs des progrès technologiques passés et futurs sur la société. Nous avons constaté que ces progrès ont nui à la classe moyenne américaine et ont provoqué l’inégalité des revenus.

Par exemple, les emplois routiniers, surtout ceux composés de tâches manuelles, généralement occupés par des hommes peu scolarisés, ont fortement diminué en nombre à cause de

l’automatisation. Cette situation est lourde de conséquences pour les familles et la société. Au Canada, notre niveau de scolarisation relativement élevé et notre robuste secteur des

ressources naturelles nous ont assuré une certaine protection, mais nous avons néanmoins subi les conséquences de la disparition d’emplois routiniers. Toutefois, comme l’a mentionné M. Siu, les progrès technologiques s’accompagnent d’occasions intéressantes. À l’instar de M. Ragan, il a fait valoir que la transformation des compétences professionnelles essentielles se poursuivra, et que les habiletés comportementales, la créativité, les capacités d’observation, d’analyse critique et d’innovation, ainsi que l’ingéniosité gagneront en importance, à mesure que les tâches routinières seront exécutées par des moyens technologiques. La demande générée par les progrès technologiques continuera de faire apparaître de nouvelles professions. Par contre, le groupe professionnel qui a connu le plus d’expansion depuis 1987 est celui des proposés aux soins de santé, et le vieillissement de la population fera que ce groupe aux emplois faiblement rémunérés poursuivra vraisemblablement sa croissance. Qu’est-ce que tout cela signifie pour le RPC? L’inégalité des revenus continuera-t-elle de se creuser? Si une part accrue de Canadiens gagnent un revenu relativement faible, si bien que leurs cotisations au RPC sont moindres et qu’ils accumulent une rente plus modeste, leur épargne et leurs rentes leur permettront-elles de vivre confortablement à la retraite? Ou, au contraire, l’automatisation, l’intelligence artificielle et d’autres avancées technologiques étendront-elles à toutes les professions la demande de capacités cognitives et de qualités humaines, réduisant du coup l’inégalité des revenus? Qui vivre verra.

Pendant le repas du midi, M. Peter Padbury, de Horizons de politiques Canada, nous a fait partager sa vision de l’avenir et des défis qui pourraient se présenter au cours des 10 à 15 prochaines années. Sa présentation s’est inscrite dans le sens de certains des arguments avancés par MM. Ragan et Siu et a comporté en outre un exposé sur des scénarios d’avenir possibles. M. Padbury a conjecturé sur l’effet conjugué de huit technologies émergentes, qui conduiraient à une nouvelle infrastructure numérique mondiale et remanieraient l’économie et la nature du travail des Canadiens.

Les entreprises pourraient devenir davantage virtuelles et faire appel à des plateformes mondiales à la demande pour réduire leurs frais généraux. Les emplois pourraient être externalisés vers n’importe quel emplacement. La rareté des compétences et de l’expertise seraient chose du passé. Des technologies nouvelles transformeraient ou amélioreraient les professions. L’intelligences artificielle pourrait supplanter des emplois. Parallèlement, certains Canadiens risqueraient de voir chuter leur revenu et une part grandissante de la population pourrait ne plus bénéficier d’un revenu adéquat.

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4 La transition vers une économie mondiale dans laquelle les pays n’ont plus de frontières

pourrait faire que les instruments classiques de la politique gouvernementale perdent de leur efficacité. À titre d’exemple, le RPC est conçu en fonction d’emplois à plein temps. À mesure qu’augmentera le nombre de personnes dont le travail est instable et ne répond plus aux normes actuelles, nous continuerons de nous demander quels effets ces circonstances auront sur les cotisations au Régime et les rentes qu’il sert. M. Padbury a également traité des

avantages que les Canadiens pourraient tirer du milieu des affaires en évolution dont il a parlé.

L’une des options consisterait à souscrire à la transition vers l’univers numérique en exploitant au maximum le potentiel de la technologie et en élaborant des politiques sociales de soutien.

De cette manière, les Canadiens auraient plus de facilité à participer pleinement à l’économie numérique émergente.

Peu importe le scénario vraisemblable qui se réalise, les entreprises, l’économie et les appareils gouvernementaux risquent de s’en trouver sensiblement transformés.

En après-midi, nous avons discuté d’un autre thème de première importance pour le RPC, soit la mortalité. Andrew Cairns, du Centre de recherches actuarielles et de l’Université Heriot-Watt du Royaume-Uni, a présenté une excellente analyse approfondie de la mortalité des

populations bénéficiaires du RPC et du RRQ, avec, en complément, des comparaisons internationales. Il a fait des observations intéressantes, soulevé des questions importantes et offert des conseils utiles à garder à l’esprit pour formuler des projections de mortalité. L’actuaire qui établit des hypothèses englobant, autant que faire se peut, toutes les données d’entrée importantes, ferait bien à la fois d’adopter une vue globale et de se soucier des détails, de partir d’une perspective mondiale pour s’intéresser ensuite aux groupes de participants d’un régime. Il se demandera si la modification des modalités du régime a influé sur la mortalité, et si les

améliorations à court terme sont propres à la période à l’étude ou l’effet d’une tendance à long terme. Il s’interrogera, le cas échéant, sur le ralentissement des taux d’amélioration des

dernières années, et il cherchera à savoir si le mouvement baissier se poursuivra. Il voudra expliquer le rapport généralement étroit entre le niveau des rentes et le niveau de mortalité. Il faut se garder de déduire à tort qu’il existe une relation causale. Il y a toujours lieu d’effectuer une analyse pour expliquer les comportements inattendus. Au moment d’établir des hypothèses sur lesquelles fonder des projections, il est également important de considérer les écarts de mortalité entre les hommes et les femmes, les groupes d’âges, les bénéficiaires de différents niveaux de rente et les groupes autres, en tenant compte de leur taille et de leur hétérogénéité.

Comme vous le savez, le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec sont les régimes de retraite les plus importants du Canada, comptant plus de

18 millions de cotisants. Cette année, des cotisations d’environ 65 milliards de dollars y seront versées, tandis que des prestations avoisinant les 62 milliards seront payées à quelque

10 millions de bénéficiaires. Tous cotisent aux régimes et tous en profitent. Vu que 72 % des travailleurs canadiens gagnent moins que le nouveau maximum supplémentaire des gains annuels ouvrant droit à pension (114 % du MGAP, d’après les données de 2015), ces régimes publics sont d’importants outils de planification financière de la retraite.

Le prochain rapport actuariel prévu par la loi, au 31 décembre 2018, sera le premier rapport triennal qui contiendra des projections tant pour le RPC de base que pour le RPC supplémentaire. Ce document sera publié avant la fin de 2019.

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5 Vous conviendrez sans doute que nous avons eu droit aujourd’hui à des présentations et à des échanges extrêmement intéressants et informatifs sur les perspectives démographiques,

économiques et d’investissement à long terme du Canada. Au nom du Bureau de l’actuaire en chef, je tiens à dire toute ma reconnaissance aux conférenciers. Ils ont tous fait un travail admirable.

Je vous remercie également d’avoir été des nôtres, car votre participation a été déterminante du succès de ce colloque et elle nous aide à faire du bon travail. Votre participation atteste que chacun de vous prend son travail au sérieux et a à cœur le bien-être de ses concitoyens.

Merci. Vous m’avez beaucoup appris, et je souhaite que votre expérience vous a profité également. L’horizon de projection du RPC, à 75 ans, est effectivement très long, et de nombreux facteurs doivent être pris en compte lorsqu’il faut établir des hypothèses sur une si longue période.

Je suis reconnaissant aux personnes qui ont rempli des évaluations à la suite des colloques antérieurs. Vos commentaires et suggestions nous informent de bons sujets à retenir en vue des colloques futurs. Je vous invite donc à prendre quelques instants pour répondre au

questionnaire d’évaluation avant de quitter la salle. Enfin, cette journée productive n’aurait pas été possible sans le concours soutenu et très apprécié de mon adjointe, Kelly Moore. Merci à toi, Kelly.

Une fois de plus, merci de votre participation. Nous nous inspirerons de vos questions et commentaires pour produire le prochain rapport actuariel sur le RPC. Les textes des

présentations auxquelles vous avez assisté aujourd’hui seront affichés sur notre site Web, où vous trouverez également ceux des exposés des colloques antérieurs. Passez une agréable fin de semaine et soyez prudents sur le chemin du retour.

Referencias

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