Ce document est disponible intégralement en format électronique (PDF) sur le site Internet de la Coalition québécoise sur les problèmes de poids : www.cqpp.qc.ca. Dans le cadre des consultations publiques sur le renouvellement de la politique québécoise de la jeunesse, la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) souhaite partager ses recommandations sur les différents axes d'intervention proposés dans le document de consultation sur les saines habitudes de vie, la persévérance et la réussite scolaire, ainsi que le marché du travail. Depuis la première version de la politique québécoise de la jeunesse et malgré certains efforts politiques, la problématique du poids chez les 15 à 29 ans prend de l'ampleur.
La politique jeunesse du Québec doit concrètement contribuer à un environnement plus favorable à une saine alimentation et à un mode de vie physiquement actif pour les jeunes en posant les actions suivantes. La question du surpoids et de l’obésité est un enjeu qui doit être sérieusement considéré dans la prochaine politique québécoise de la jeunesse. C'est une priorité pour le gouvernement de reconnaître le problème du poids comme un obstacle pour les jeunes, leur santé, leur développement économique et, surtout, de relever les défis démographiques attendus avec la réduction de la population active.
L’obésité chez les jeunes québécois
- Des chiffres inquiétants
- Conséquences sur la santé
- Conséquence sur les coûts de santé, l’économie et la productivité
- Prévenir et réduire l’obésité : une responsabilité partagée
Depuis l'adoption de la première version en 2001, la problématique du poids et les problèmes de santé qui y sont associés ont pris de l'ampleur chez les jeunes Québécois de 15 à 29 ans. Compte tenu des objectifs de cette politique, le gouvernement doit intervenir vigoureusement et conformément aux meilleures pratiques pour prévenir et réduire l'obésité. C'est une évidence si l'on veut donner aux jeunes la liberté de choisir leur avenir et assurer la viabilité et la prospérité de la société québécoise.
Selon plusieurs études, l'obésité et ses conséquences impactent également le secteur de l'emploi, affectant la productivité des personnes qui en sont affectées9,10,11. Un gouvernement qui vise à garantir l’accès des jeunes au marché du travail, tout en respectant la discipline budgétaire, ne peut se permettre de sous-estimer l’impact de l’obésité sur les finances publiques. Le gouvernement doit intervenir immédiatement sur les causes environnementales du problème de poids pour s'assurer que les jeunes puissent contribuer activement à la société québécoise et s'autonomiser15.
Favoriser une saine alimentation
- La surconsommation de bonbons liquides
- Réduire la consommation d’aliments préparés en apprenant aux jeunes à cuisiner, à jardiner
- L’augmentation de la taille des portions
- L’influence de la publicité
Développer ses compétences alimentaires et culinaires est le meilleur moyen de gagner en indépendance vis-à-vis des aliments préparés et ultra-transformés (souvent riches en sucre, en sel et en gras). En 2013, la Coalition Poids a réuni un comité d'experts pour identifier des façons réalistes de développer ces compétences alimentaires et culinaires en milieu scolaire, extérieur et municipal. Les conclusions du comité sont déclinées en un trio de recommandations pour permettre aux jeunes de développer leurs compétences alimentaires et culinaires à l'école.
Encourager et soutenir les ateliers alimentaires et culinaires dans les services de garde scolaires, les activités parascolaires et la vie étudiante en réalisant les actions suivantes. En collaboration avec les organismes œuvrant dans ce domaine, fournir des ressources pour permettre aux commissions scolaires et aux écoles de former et d'équiper les membres de l'équipe scolaire impliqués dans les activités de garde ou parascolaires pour la mise en place d'ateliers alimentaires et culinaires. Assurer un financement adéquat pour encourager la mise en place d’activités de loisirs dédiées au développement des compétences alimentaires et culinaires, notamment dans les zones défavorisées.
En collaboration avec les organismes œuvrant dans ce domaine, fournir des ressources afin que les commissions scolaires et les écoles puissent soutenir les enseignants dans l'utilisation du développement des compétences alimentaires et culinaires comme véhicule pédagogique du Programme de formation scolaire du Québec (PFÉQ). Informer les enseignants sur les différents liens entre l'alimentation et les compétences culinaires et le PFÉQ. Améliorer le matériel pédagogique pour faciliter et accroître les opportunités pour les enseignants d’en apprendre davantage sur l’alimentation et les concepts culinaires.
Faciliter le partage des locaux et du matériel, ou la mise à disposition de denrées alimentaires destinées à la restauration et aux ateliers culinaires en posant les actions suivantes. Établir un partenariat entre le ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR), le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), pour soutenir les activités alimentaires et culinaires du encourager l'école. Recommandation : en collaboration avec des organismes qui œuvrent déjà et ont développé une expertise dans ce domaine, le gouvernement du Québec devrait soutenir le développement des compétences alimentaires et culinaires des jeunes à l'école, afin d'accroître leur autonomie en matière de repas préparés et de restauration.
Alors que certains repères de base ont été perdus, les compétences alimentaires et culinaires des jeunes ont certainement un rôle à jouer pour les aider à réapprendre ce qui constitue une bonne portion de nourriture.
Donner l’occasion aux jeunes d’être plus actifs
Le document de consultation indique que peu de recherches scientifiques ont été menées sur l'influence de la publicité sur les préférences et comportements alimentaires des jeunes. L'adolescence est la période où les jeunes développent leur autonomie ; ils bénéficient de davantage d’opportunités et de moyens pour obtenir de tels produits50. Les jeunes représentent donc une cible très lucrative pour l’industrie, qui multiplie les efforts pour leur vendre différents produits.
Il existe un consensus sur divers moyens de promouvoir un mode de vie physiquement actif chez les jeunes d'âge scolaire, ce qui aura ensuite un impact sur les niveaux d'activité physique des jeunes, notamment. Rendre obligatoire un temps minimum consacré aux cours d'éducation physique et de santé Depuis 2006, les cours d'éducation physique et de santé sont obligatoires. Au niveau secondaire, le gouvernement peut garantir que les écoles offrent un temps minimum obligatoire de 300 minutes (5 heures) de cours d'éducation physique et de santé pour chaque cycle scolaire de 9 jours.
Les données recueillies dans les statistiques démontrent que les jeunes Québécois qui fréquentent l'école secondaire pratiquent très peu d'activité physique pendant leurs temps libres et lors de leurs déplacements, 42 % d'entre eux étant considérés comme très inactifs ou sédentaires52. Dans une perspective de prévention, il est préférable de veiller à ce que des périodes de cours d'éducation physique et de santé soient obligatoires tout au long de l'école maternelle et primaire, soit une durée de respectivement 60 et 120 minutes par semaine53. Ceci est particulièrement frappant chez les jeunes filles : une fille qui ne fait pas de sport à 10 ans n'a que 10 % de chances d'être active à 2554 ans.
Les cours et terrains autour des écoles sont également des lieux où investir, les jeunes y sont plus susceptibles d'être actifs s'ils sont bien aménagés, agrémentés de verdure, de marquages de terrain et d'une gamme d'équipements sportifs de qualité variée56. La marche ou le vélo entre la maison et l’école ou le travail est une opportunité d’activité physique quotidienne pour les jeunes de tous âges. Pour y remédier, le gouvernement peut fournir des outils et soutenir financièrement les municipalités qui souhaitent mettre en place des mesures de sécurité, comme l'instauration de mesures d'apaisement de la circulation et la réduction du volume d'automobiles.
Recommandation : le gouvernement du Québec devrait maximiser les opportunités pour les jeunes d'être actifs au quotidien et d'éprouver la satisfaction d'adopter un mode de vie physiquement actif de manière durable, notamment en rendant obligatoire un temps minimum de formation. l'éducation physique et la santé et promouvoir des modalités sûres pour les déplacements actifs entre l'école et la maison ou le travail.
Besoin de politiques publiques urgentes pour prévenir l’obésité chez les jeunes
Il a également invité le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) à poser des gestes concrets pour améliorer les saines habitudes alimentaires65. Julie Desrosiers, nutritionniste et agente de planification, de programmation et de recherche, Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent. Jacinthe Dumont, agente de planification, de programmation et de recherche, Agence de la santé et des services sociaux Saguenay – Lac St-Jean.
Marie-Chantal Fournel, agente de planification, de programmation et de recherche, Direction de santé publique de la Montérégie. Hélène Gagnon, agente de recherche et de planification socio-économiques, ministère de la Santé et des Services sociaux. Catherine Godin, nutritionniste en santé publique, Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James.
Bonnie Leung, nutritionniste, Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James. André Marchand, agent de planification, de programmation et de recherche, Agence de la santé et des services sociaux Saguenay – Lac St-Jean. Richard Massé, directeur du département de santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Randala Mouawad, agente de planification, de programmes et de recherche, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal – Ministère de la Santé publique. Kathleen Pelletier, M.D., médecin, Agence de la santé et des services sociaux Saguenay - Lac St-Jean. Martine Pépin, agente de planification de la santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Jean Perrault, ancien maire de Sherbrooke et ancien président de la Fédération des municipalités du Québec. Manon Sabourin, hygiéniste dentaire, Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James. Marion Saucet, Chef de projet, Direction Régionale de l'Éducation et de la Promotion de la Santé, Mâcon, France.
Micheline Séguin-Bernier, consultante, Agence de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Geneviève Tremblay, agente de planification, de programmation et de recherche, Agence de la santé et des services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue.