Pour amorcer la mise en œuvre d'une gestion intégrée à l'échelle des bassins versants qui le composent, l'OBV RPNS développe sa stratégie de mobilisation des acteurs de l'eau sur le territoire, en privilégiant le développement de partenariats. L'élaboration d'une stratégie de gestion intégrée du castor et de son habitat est une initiative de l'Organisation des bassins versants des rivières Rouge, Petite et Salmon.
Une solution novatrice de cohabitation à l’échelle du bassin versant
La base de la nouvelle philosophie de gestion intégrée de l’eau à l’échelle des bassins versants vient de la dynamique de l’eau. Cela dit, le concept de gestion intégrée de l’eau s’applique particulièrement bien au problème croissant de la coexistence des castors.
Historique des méthodes de gestion du castor et de son habitat
A priori, les outils cartographiques utilisés pour prioriser les interventions étaient basés sur des facteurs influençant la sélection de l'habitat par le castor. Ces modèles de détermination d'un indice de qualité d'habitat sont des outils d'un grand intérêt pour la gestion intégrée de l'eau.
Les bénéfices économiques et services écologiques
Concrètement, les milieux humides générés par les castors et leur capacité de rétention des eaux de surface ont un impact sur la qualité de l'eau. Bref, la gestion du castor est un outil pour assurer le maintien de la qualité de l’eau et de la biodiversité des écosystèmes.
Mieux connaître pour mieux gérer
Lors de ces plongées, le castor peut parcourir une distance de près de 800 mètres (Fortin et al. 2001). Lors de sa toilette, qui peut prendre près d'une demi-heure, le castor recouvre sa fourrure d'une huile qu'il sécrète grâce à deux glandes situées près de l'anus.
Le contexte législatif au Québec
Les propriétaires fonciers doivent s'assurer qu'un barrage sur leur propriété ne présente pas de risque pour la sécurité des personnes et des biens. Pour piéger au Québec, il faut détenir un certificat de trappeur depuis 1988, obtenu après une formation en gestion des fourrures. Au Québec, le piégeage est pratiqué sur trois types de terrains et, par conséquent, la réglementation applicable à ces propriétés doit être prise en compte avant d'effectuer des activités de piégeage.
Le réseau gratuit est constitué de toutes les terres privées et de quelques terres publiques réparties dans chaque région du Québec pour lesquelles aucune allocation faunique n'a été faite. Un piégeur doit détenir un permis de piégeage spécifique à l'Unité de Gestion de la Fourrure (UGAF) dans laquelle il souhaite exercer. Le réseau structuré est constitué de terrains publics divisés en pièges ; le chasseur doit obtenir un bail pour y exploiter les fourreurs.
Ces territoires sont répartis dans toutes les régions du Québec et sont particulièrement situés dans les zones d'exploitation contrôlée (ZEC) et les réserves fauniques.
La stratégie de gestion
Dans le cadre de la stratégie de gestion intégrée que nous proposons, un document de sensibilisation a été élaboré pour favoriser la mobilisation de ces acteurs locaux. Tout d’abord, dressez un portrait spatial et temporel de la situation à l’échelle de votre territoire. Plus précisément, une évaluation des risques nécessite de prendre en compte l'emplacement de vos infrastructures, la topographie, l'hydrologie des bassins versants et les écosystèmes qui vous entourent.
Premièrement, face à la dualité entre l'ampleur du problème de déprédation et le rôle clé joué par le castor dans les écosystèmes aquatiques, de nombreux modèles ont été développés visant à évaluer la sélection d'habitat chez le castor. Deuxièmement, l’innovation de cette stratégie réside dans l’intégration du concept d’évaluation théorique des risques. Les limites de cette méthode la définissent comme une étape dans l’avancement de nos connaissances et méthodes de gestion de la faune prédatrice.
Le caractère innovant de cette stratégie la positionne comme le début d’une nouvelle ère dans le développement d’outils visant à harmoniser notre coexistence avec le castor.
De la théorie à la pratique
Tenir compte de la topographie et du niveau d'eau actuel par rapport aux infrastructures à protéger. Le niveau d'eau observé lors de votre visite dépend principalement du barrage de castor, le. Gardez à l’esprit que l’impact s’orientera en fonction des voies d’écoulement de l’eau en aval du barrage.
L'ampleur de l'augmentation des eaux dépendra de la quantité d'eau retenue dans le bassin en amont et de la rupture qui pourrait survenir. La rupture des barrages entraîne une réduction de la qualité de l’eau en raison du rejet de sédiments et de métaux lourds. Le niveau d'eau cible est déterminé en fonction des risques de pillage en amont et en aval, ainsi que de facteurs sociaux et environnementaux.
Ainsi, le niveau d’eau cible doit éliminer les risques tout en maintenant l’acceptabilité sociale et les services écologiques rendus par l’environnement.
La boîte à outils
L'enlèvement d'un barrage est essentiellement une méthode d'intervention d'urgence visant à abaisser le niveau d'eau d'un étang. Si le risque d’inondation peut être géré en installant un système de contrôle du niveau d’eau, cette approche constitue la méthode la plus durable et la plus rentable. Implanter un système de contrôle du niveau d’eau évite les situations d’urgence ou les problèmes récurrents et permet de maintenir les services écologiques rendus par l’environnement.
Un système de contrôle du niveau d’eau permet de stabiliser un étang à un certain niveau. En contrepartie, l'exutoire d'eau est équipé d'un contrôle de débit qui permet d'optimiser la recolonisation et le maintien de l'habitat en amont. Cet aménagement est souvent associé à un système de pré-barrage et de contrôle du niveau d'eau, en prévision de l'activation et de la recolonisation d'une zone.
Cela dit, il est préférable d'opter pour l'installation d'un avant-damage et d'un système de contrôle du niveau d'eau.
Les protocoles d’intervention
L'analyse globale
L'analyse locale
Le trappage et la relocalisation
Tout comme le choix de l’emplacement du piège, le choix de l’arsenal varie selon le contexte et l’expertise du chasseur. Grâce à cet équipement spécialisé, le piégeage et la relocalisation auront lieu, et le nombre d'individus diminuera dans les colonies. Si le piégeage est effectué à titre de mesure de contrôle préventif, il peut être approprié de cesser les activités de piégeage dès que les juvéniles sont capturés.
Le démantèlement
Les castors étant particulièrement actifs la nuit, l’abaissement du niveau d’eau est optimisé lorsque le démontage est effectué tôt le matin. Marchez en aval de l’infrastructure pour atteindre idéalement la prochaine plaine inondable ou toute autre forme de dépression pouvant absorber une éventuelle montée d’eau. Vous devez vous assurer que la libre circulation de l’eau ne sera pas obstruée en aval après le démantèlement du barrage.
Si la quantité d'eau retenue est importante et que vous considérez que les risques de pillage par rupture spontanée sont élevés, il est recommandé de réaliser une brèche partielle à une extrémité du barrage. La taille de la brèche dépendra des débits optimaux permis par la topographie et de la taille des ponceaux en aval. Il est important de se méfier de l’impact de l’eau à la base de la partie aval du barrage.
La désaffectation d'un barrage perturbe l'habitat aquatique en aval et en amont du barrage.
Le système de contrôle de niveau d’eau
La conception de la cage doit prendre en compte quatre éléments : le piège à sédiments, les stimuli, la glace et le niveau d'eau visé. Construire le barrage entre la cage et votre sortie d’eau est donc la bonne option. Pour que le système fonctionne, la disposition de la cage doit permettre de situer l’entrée d’eau en dessous du niveau d’eau cible.
Le démontage doit être effectué quelques jours avant l'installation du système de contrôle du niveau d'eau. Il doit être suffisamment long pour permettre à votre sortie d'eau d'atteindre le niveau d'eau cible pour entretenir la piscine (Figure 42). Assemblez les drains perforés qui constitueront le corps du système de contrôle du niveau d'eau (Figure 43).
N'oubliez pas que le coude étanche à 90° et le contrôle d'échappement doivent retenir l'eau.
Le pré-barrage
La quantité de roche nécessaire pour créer un pré-barrage dépendra du niveau d’eau et du substrat présent dans le lit du plan d’eau. Cette augmentation du niveau d'eau permet de générer une stimulation spécifiquement au niveau du barrage. Ainsi, l’écoulement de l’eau se fera entendre entre les rochers et favorisera la construction du barrage à cet endroit précis.
Si l'habitat est convenable et que le castor est actif, il est fortement recommandé de combiner l'installation du pré-barrage avec l'installation d'un système de contrôle des eaux. Les drains requis pour votre sortie d’eau doivent être assemblés avant le début de l’installation du pré-barrage. Votre sortie d'eau doit être à 1,5 m du ponceau afin que le castor puisse utiliser le ponceau comme passage.
Notez que la recommandation d’installer un contrôle de niveau n’est pertinente que lorsque vous prévoyez une augmentation problématique du niveau d’eau.
Le renforcement de barrage
Il est recommandé de laisser dépasser la dernière barre de fer d’un peu moins d’un mètre aux deux extrémités du barrage.
Les tubulaires
Si le barrage ou le avant-dam à proximité est assez éloigné du ponceau (≥ 2 m), il peut être pertinent de prévoir une extension et de doubler les besoins attendus en fonction de votre mesure de diamètre. Reliez les extrémités du treillis pour former un cylindre dont la circonférence est très légèrement plus courte que l’embouchure du ponceau. Stabilisez la position dans le ponceau en insérant une tige de fer dans la clôture qui forme le cercle.
Il peut être nécessaire d'installer plus d'une barre d'armature pour stabiliser l'agencement.
La protection des arbres
Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs 675, boulevard René-Lévesque Est. Ministère des Richesses naturelles, de la Faune et des Parcs, Direction de la Gestion de la Faune de la Capitale-Nationale. Bas-Saguenay Inc., ministère de l'Environnement et de la Nature et Fondation de la faune du Québec.
Ministère des Richesses naturelles et de la Faune, Direction Faune-Forêts-Territoire, Direction générale du Bas-Saint-Laurent. Association des gestionnaires des réserves fauniques de Charlevoix/Bas-Saguenay inc., ministère de l'Environnement et de la Faune et Fondation de la faune du Québec. Gestion intégrée de la surface et de la population de castors du lac Stokes.
Version mise à jour par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, direction de l'expertise du territoire sauvage-forestier du Bas-Saint-Laurent.