Geneviève Baril, vice-présidente du Conseil permanent de la jeunesse (RPJ) Patricia Rimok, présidente du Conseil des relations interculturelles (CRI) Georges Lemieux, agent de recherche, KBJ. Cette publication a été réalisée par le Conseil permanent de la jeunesse 12, rue Sainte-Anne, 2e étage. Le samedi 20 mars 2004, le Conseil permanent de la jeunesse (CPJ) et le Conseil des relations interculturelles (CRI) ont lancé le rapport de recherche REMIXER LA CITÉ, qui porte sur les obstacles à la participation civique des jeunes Québécois âgés de 15 à 29 ans, de les origines immigrantes et les minorités visibles.
La vice-présidente du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ) précise d'abord qu'elle s'exprime à titre personnel. C'est à ce titre qu'elle a participé au Sommet Québec et jeunesse en février 2000. Les principales organisations nationales de jeunesse du Québec et la Concertation jeunesse2 étaient également présentes autour de la table.
Les organismes nationaux de jeunesse du Québec ont bâti entre eux des partenariats solides qui se poursuivent aujourd'hui. À l’inverse, des jeunes autochtones ont participé au Sommet Québec et jeunesse. Les organismes nationaux de jeunesse du Québec servent de tremplin à de nombreux jeunes Québécois pour s'impliquer.
Patricia Rimok, présidente du Conseil des relations interculturelles
Le mouvement jeunesse et les minorités ethnoculturelles ou visibles
Trajectoires des panélistes
Tania C. Best, coordonnatrice au Black Community Resource Center
Peter Flegel, directeur de Jeunesse noire en action
Christian Giguère, directeur général du
Centre de développement pour l’exercice de la citoyenneté (CDEC)
Akos Verboczy, chargé de projet au Forum jeunesse de l'Île de Montréal et commissaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM)
Il explique ensuite les raisons qui l'ont poussé à s'impliquer auprès des organismes majoritaires plutôt que ceux des communautés culturelles. La communauté juive a beaucoup contribué à l'intégration de sa famille, notamment grâce à des activités récréatives proposées gratuitement. Sa famille a donc passé du temps avec d'autres personnes de la communauté durant leurs premières années au Québec.
Il se rend compte qu'il a plus d'affinités avec les jeunes Haïtiens qui partagent les mêmes bancs d'école, ou avec les Québécois « autochtones », qu'avec les autres Juifs. Quant à la communauté hongroise, selon lui, c'était une communauté « à l'ancienne » et suivre, par exemple, des cours de danse hongroise n'était pas une perspective agréable pour lui. Petit à petit, il s'implique au sein des associations étudiantes et de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ) au cégep et surtout à l'université.
Il découvre ainsi le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO), qui a déclenché un débat sur les politiques interculturelles au sein de la CSDM auquel il a participé. D’ailleurs, l’un des constats qu’il fait depuis le début de son engagement est la nécessité d’une meilleure représentation des jeunes issus de l’immigration dans les lieux de pouvoir.
Commentaires, questions des participants et réponses des panélistes
Les obstacles à la participation citoyenne
Oui, c’est parfois difficile, mais l’aide et le soutien des amis, de la famille et de la communauté sont également très importants. Mais encore une fois, cela ne constitue qu'un obstacle si les organismes nationaux de jeunesse du Québec ne se rendent pas dans ces communautés pour chercher des jeunes. Concernant la ghettoïsation, le fossé culturel entre les différents groupes, le racisme et la discrimination, il souligne l'importance de l'action du ministère des Relations avec les Citoyens et de l'Immigration, dont l'action doit être soutenue.
Comme tout le monde, il a connu des obstacles communs à tous, et c’est par la politique qu’on apprend à les surmonter. C'est aussi la raison, selon lui, pour laquelle il faut coopérer avec les tables majoritaires. Ceci afin que les autres autour de la table perdent un à un leurs préjugés, s'ils en ont.
Pour illustrer le déni du problème par la majorité, il raconte ses contacts avec le CPJ, le Conseil permanent de la jeunesse. L'une des choses dont il a parlé lors des entretiens est exactement ce qui figure dans le rapport de recherche présenté aujourd'hui par le CPJ : l'importance de la participation des jeunes issus de l'immigration. Ainsi, cet événement n'a aucun impact sur la réalité de cette même communauté puisqu'un événement ne mettait pas en vedette de représentants d'une communauté.
Un participant se demande si la difficulté pour les Québécois de dire qui ils sont n'est pas simplement due à la difficulté de déterminer ce que signifie être Québécois. Un participant a répondu que ce mélange étonnant n'est pas facile et que même les participants au forum ont du mal à mélanger, en prenant comme exemple l'heure du déjeuner. Elle ajoute que l'immigration est un phénomène récent au Québec et relativise les propos de Peter Flegel en comparant le contexte montréalais et celui du reste de la province.
Il se peut que les membres de la société d'accueil ne soient pas bien accueillis par le fait que les nouveaux arrivants disent qu'ils ne sont pas vraiment chez eux. En ce sens, les débats actuels les plus importants sur la citoyenneté, le nationalisme et la diversité ethnoculturelle doivent tenir compte du fait que le multiculturalisme est et a toujours été une caractéristique fondamentale de la nation québécoise.
Les pistes de solution
Nous devons également renforcer le ministère des Relations avec les citoyens et les étrangers. Cette double mission doit être maintenue, notamment en organisant des activités dans les écoles sur la Charte québécoise des droits et libertés, mais aussi sur la vie démocratique en général, s'adressant particulièrement aux jeunes issus des communautés culturelles. Selon Christian Giguère, le gouvernement doit également, à l'instar de ce qui a été fait dans le cadre du Comité de suivi des engagements du Québec et du Sommet jeunesse, accroître les occasions de consulter les jeunes afin de piloter ses efforts.
Enfin, les jeunes doivent individuellement prendre leur place par tous les moyens disponibles, soit en écrivant des lettres ouvertes, soit en occupant des places d'influence et de pouvoir. Une collègue de Christian Giguère, Mélanie Bénard, écrivait dans son mémoire de maîtrise que pour éviter la ghettoïsation, il faut établir des liens entre les jeunes leaders de la majorité et les jeunes leaders ethniques. Le mieux est que les jeunes des communautés locales encouragent également la participation d’autres jeunes, qu’ils soient issus de la majorité démographique ou d’autres communautés culturelles.
Au fond, Akos Verboczy croit vraiment qu'il faut foncer et ne pas attendre que les portes s'ouvrent. Cela est aussi vrai des organismes nationaux de jeunesse du Québec que de l'automobile, de la fonction publique. Les jeunes des communautés culturelles devraient investir dans le service public, mais pas seulement dans un souci de représentation, pour fournir des modèles : « Il ne s'agit pas de bien paraître dans les bureaux : il s'agit de changer les politiques.
Il faut y aller, il faut se battre, il faut apprendre à faire du lobbying, à faire de la politique, et surtout, il ne faut pas se contenter d'être des figurants. En sciences politiques, les personnes issues de l'immigration travaillent souvent dans le secteur des relations internationales, tandis que les Québécois d'origine travaillent dans le secteur de l'analyse et des services publics. Aussi, ce n’est pas parce que ça fonctionne en français que c’est fermé.
Si les jeunes veulent se rassembler autour de la table, il faudra trouver des causes communes. Il faut donc réfléchir, se parler, mais pas seulement se parler de chacun de nos problèmes.
Pistes de solution et commentaires des participants au forum de discussion Geneviève Baril prend la parole. Elle précise que l'importance des organisations nationales de la
Akos Verboczy conclut en indiquant qu'il travaille au Forum jeunesse de l'île de Montréal, où siègent de nombreux jeunes issus des communautés ethnoculturelles. Félix Turgeon, du Conseil permanent de la jeunesse, confirme que le message qu'il veut transmettre en tant que « jeune de la majorité » est avant tout que la jeune génération doit prendre sa place. Selon lui, qu'on soit issu de communautés culturelles ou ethniques, les jeunes doivent s'affirmer.
Il souligne que les recherches du Conseil ont montré qu'il existe de nombreux éléments qui entravent la coopération et qui s'appliquent également à la majorité des jeunes. Best et lui a dit qu'il avait applaudi lorsqu'elle lui avait dit qu'elle aimerait devenir la première députée noire à l'Assemblée nationale du Québec. Ce serait également extrêmement intéressant, mais avec cet exemple, il exprime qu'il faut s'impliquer dans les organisations elles-mêmes pour les influencer.
Il termine en espérant que les jeunes qui ont participé au forum d'aujourd'hui suivront la même approche. Il évoque la problématique du chômage chez les jeunes Québécois issus de l'immigration et des minorités visibles. Cela montre à quel point il est difficile de développer cette appréciation lorsque nous souffrons de discrimination, lorsque les membres d’une communauté sont considérés comme inférieurs, moins instruits et moins civilisés.
Selon lui, les jeunes réunis aujourd’hui ne parviennent pas à trouver d’un coup une cause commune à défendre, mais l’idée est intéressante. Il rappelle comment Geneviève Baril a démontré que les organisations jeunesse sont influentes : cette position découle en partie du rôle qu'elles ont joué lors du Sommet Québec et jeunesse. Il propose de demander au gouvernement de convoquer un sommet national sur l'intégration et la citoyenneté, afin que toutes les organisations des communautés culturelles et celles de la majorité dite et les différents élus s'assoient autour de la table pendant quelques jours.
Il pense que c’est une cause que tout le monde peut soutenir. Donc, si nous voulons résoudre ces problèmes, mais aussi d’autres problèmes, nous devons nous asseoir et discuter.
Liste des participants au forum de discussion
Univerza Sherbrooke Sophie Lemoyne-Dssaisnt Centre de développement pour l'exercice de la citoyenneté Montréal.
Les membres du Conseil permanent de la jeunesse mars 2004
Geneviève Baril
Claudie Lévesque Baie-Comeau
Youri Chassin Montréal
Sylvain Lévesque Québec
Sophie Cunningham Montréal
Dominic Mailloux Sorel-Tracy
François Fréchette Sherbrooke
Suzanne Moore La Sarre
Hugo Jolette Témiscaming
Marie-Eve Proulx Hull
Patrick Kearney Saint-Jérôme
Lisa Roy
Patrick Lebel La Tuque
Félix Turgeon Montréal