Le Québec est très engagé dans la nouvelle dynamique de coopération au développement : l'Union des producteurs agricoles (UPA) est particulièrement active dans le soutien de projets collectifs de commercialisation de produits agricoles et artisanaux dans une douzaine de pays d'Amérique latine et d'Afrique ; La CSN et la FTQ offrent des formations sociales et syndicales dans de nombreux pays francophones du sud ; Le Mouvement Desjardins travaille à l'émergence de coopératives de crédit en Asie, en Afrique et en Amérique latine ; La Caisse d'Économie des Travailleurs et Travaileuses (Québec) soutient des projets d'acquisition d'entreprises en Amérique latine; Le Fonds de solidarité FTQ est actionnaire avec Hydro-Québec dans des entreprises d'électrification en Amérique latine tandis qu'une cinquantaine d'organismes québécois de coopération internationale (OCI) - regroupés au sein de l'AQOCI - travaillent, année après année, avec la contribution de centaines de collaborateurs, sur le chantier. et ici, dans l'animation de projets de développement local. Par contre, non seulement des initiatives sectorielles et bilatérales ont pris forme au cours des deux, parfois même trois décennies, mais le Québec est porteur d'initiatives Nord-Sud d'envergure internationale : l'organisation par le Groupe de solidarité économique du Québec (GESQ) en témoignent la 2e Conférence internationale sur la mondialisation de la solidarité en octobre 2001 à Québec et la Marche mondiale des femmes à l'automne 2000.
ÉCONOMIE SOCIALE, ONG ET COOPÉRATION NORD-S UD
Dans les années 1970 en Amérique latine (Favreau/Fréchette, 1991) et au début des années 1980 en Afrique (Assogba, 1991), des ONG émergent et une nouvelle solidarité internationale prend forme au sein des mouvements sociaux. Nous travaillons directement en partenariat avec des projets du Sud émanant de communautés et d'organisations locales (groupes de femmes, groupes de jeunes, syndicats). Au fil du temps, ces ONG sont devenues des lieux privilégiés des pratiques de développement local et du soutien à l’économie solidaire, ce qui signifie, en gros, travailler autour de trois axes.
2 On peut également noter ici que le démarrage de ce nouveau type de développement communautaire dans les pays du Sud - ce qui n'est pas un hasard - coïncide avec les projets de guerre contre la pauvreté dans des pays comme les États-Unis, le Canada ou le Royaume-Uni au sein de la quartiers des grands centres urbains en déclin. Même si cette guerre contre la pauvreté a reçu son impulsion principale des gouvernements libéraux en place, elle sera, comme dans les pays du Sud, rapatriée par les mouvements sociaux locaux, les organisations à but non lucratif (OBNL), sortes d'ONG qui fournissent les services de base. cadre du mouvement associatif actuel dans ces pays du Nord. Ces ONG sont souvent des organisations de coopération internationale (ICO), c'est-à-dire des ONG des pays du Nord travaillant avec leurs homologues du Sud, qui se sont multipliées au cours des trente dernières années.
LA COOPÉRATION NORD-SUD : DES DISTINCTIONS PRÉALABLES
La première fait référence à l'aide humanitaire ou à l'aide d'urgence, la seconde à l'accompagnement financier, technique et professionnel des pays du Nord dans les pays du Sud (par exemple l'envoi de collaborateurs), la troisième aux projets communs Nord-Nord. - Développement Sud ou Sud-Nord (ex : commerce équitable). Mais sa faiblesse est surtout son obéissance à une logique philanthropique, qui oublie que les pays du Sud ne sont pas d’abord motivés par la malchance (les catastrophes naturelles sont plus fréquentes qu’au Nord par exemple), mais plutôt par la domination et l’exclusion. 6 Pour une analyse critique de l'aide humanitaire, de son évolution et de son attitude face à la solidarité internationale, voir C. Lechervy et P.
En revanche, on constate que la coopération internationale (au sens correct du terme) est une tendance qui, sans être dominante, a une présence significative et une certaine ampleur structurelle : des milliers de collaborateurs (600 collaborateurs/an en moyenne pour le Québec . ) travaillent dans les pays du Sud en s'appuyant sur leur expertise professionnelle et leur expérience sociale et servent souvent, à leur retour, de pont entre les organisations d'ici et celles du Sud. Mais elle s'inscrit dans une logique de développement lorsqu'elle est liée à des partenariats solides avec des ONG du Sud. Il s'agit du modèle coopératif et compagnon québécois de SOCODEVI et de l'UPA-DI ou encore du CECI ou d'OXFAM-Québec.
DES EXPÉRIENCES D ’ÉCONOMIE SOCIALE QUÉBÉCOISE SIGNIFICATIVES DANS LE DOMAINE DE
- É QUITERRE ET LE COMMERCE ÉQUITABLE
- L A S OCIÉTÉ DE COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL ET LE DÉVELOPPEMENT DE COOPÉRATIVES
- P LAN N AGUA : LA COOPÉRATION ET LA SOLIDARITÉ AVEC LA R ÉPUBLIQUE DOMINICAINE
- SUCO AU M ALI OU LES PETITES ROUTES DE LA DÉMOCRATIE
- L’UPA D ÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL
- L E JUMELAGE DE DEUX MUNICIPALITÉS : B UCKINGHAM AU Q UÉBEC ET DE N IORO DU R IP AU S ÉNÉGAL
- C IRQUE DU M ONDE
- A SSOCIATION MONDIALE DES RADIODIFFUSEURS COMMUNAUTAIRES (AMARC) À M ONTRÉAL
Le commerce équitable est sans doute l’une des voies les plus prometteuses de la solidarité internationale. Cet organisme dirige et participe à diverses activités au Québec et dans les pays du Sud qui visent le développement d'habitudes de vie plus écologiques au sein de la population ainsi que le développement durable tant dans les communautés du Québec que celles des pays du Sud avec lesquels il est connecté au réseau. Parmi les coopératives soutenues figurent des entreprises collectives du Mexique, de Tanzanie et du Nicaragua.
Par exemple, la coopérative de production de café Union des communautés autochtones de la région de l’Istmo a été fondée à Oaxaca, au Mexique, en 1983. SOCODEVI, par exemple, est partenaire de la Confédération nationale des coopératives du Guatemala (CONFECOOP), qui représente le mouvement coopératif guatémaltèque. Elle finance ses activités grâce à des subventions de l'ACDI (Agence canadienne de développement international), de l'Agence française de développement, de l'Alliance coopérative internationale des Amériques, des sociétés mutuelles d'assurance et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de la Banque africaine de développement et du ministère de l'Éducation. Relations internationales québécoises.
L'organisation tire son nom de la ville de Nagua en République Dominicaine, où a eu lieu une première expérience de collaboration à la fin des années 1960. Trente ans et plus de 160 projets de développement plus tard, sa contribution à la collaboration et à la solidarité se fait toujours avec les organisations de la société civile dominicaine. Le plan Nagua contribue ainsi à la consolidation des initiatives et des institutions locales. L'animation dans les écoles pour sensibiliser au développement est un aspect très dynamique des activités de Plan Nagua.
Enfin, la création récente d'un réseau de café équitable avec des coopératives en République Dominicaine se veut une manière de participer à la construction d'une véritable solidarité Nord-Sud. La communauté de Sainte-Élizabeth finance ses projets grâce au soutien de la Fédération canadienne des municipalités. Pour mettre en œuvre leurs projets, les partenaires de Buckingham et Nioro du Rip ont mené des consultations pour clarifier les besoins de la commune sénégalaise.
Le jumelage de la ville de Buckingham avec celle de Nioro du Rip a été financé par l'ACDI et la Fédération canadienne des municipalités, qui a pour mission de jumeler les villes canadiennes avec des municipalités des pays du Sud. La "jeunesse de la rue" dans les grandes villes du monde, phénomène qui ne cesse de croître encore aujourd'hui, est en réalité une base de données contenant de la musique et des informations.
LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE PAR L’ÉCONOMIE SOCIALE : LA FIN DE L'ÉCLIPSE D’UN
Au Québec comme à l'échelle internationale, malgré les différents usages et peut-être grâce à cette diversité de sens et de pratiques, et bien qu'il soit né dans l'Europe du XIXe siècle, le concept d'économie sociale que nous propose aujourd'hui semble approprié tant au Sud qu'à le nord. . Si nous sommes prêts à accepter la proposition ci-dessus comme un premier aperçu, la redistribution actuelle de l'économie sociale peut s'expliquer en partie par l'actualisation, sous diverses formes, des conditions socio-économiques et socioculturelles. qui ont participé hier à la naissance de l'économie sociale. En d’autres termes, la première clé pour expliquer l’émergence d’une économie sociale est la nécessité.
Si au XIXe siècle l'économie sociale était la réponse, ainsi qu'une adaptation fonctionnelle à l'économie de marché, au début du XXIe siècle, la nouvelle économie sociale est la réponse à l'incapacité conjointe du marché et de l'État à fournir des services sociaux. protection et plein emploi sur la base qui l’a rendu possible pendant l’expansion. En tout cas, l’une des hypothèses centrales qui ressortent de plusieurs recherches en cours est la suivante : la vie associative, s’étendant en partie au développement coopératif et/ou mutualiste, est le creuset du renouveau de l’économie sociale au Sud comme au Nord. (Defourny, Develtère et Fonteneau, 1999). Par ailleurs, le concept d'économie sociale offre un potentiel plus fédérateur que le concept de « secteur non lucratif »16.
Sur le plan analytique, la tendance « économie sociale », à laquelle nous participons majoritairement, offre certains avantages. Cependant, l'« économie sociale » actuelle présente néanmoins un certain nombre de problèmes, notamment celui de présenter la coopérative comme le modèle de référence le plus important au niveau organisationnel (Vienney, 1994). En résumé, ces deux mouvements, celui du « secteur associatif » et celui de « l'économie sociale », contribuent à leur manière à sortir de la marginalité ce troisième pôle de l'économie, tant par la place qui lui est accordée dans le public et dans la société. l'espace, mais aussi dans le domaine de la recherche.
Cette première réflexion transversale sur l’économie sociale et la solidarité internationale avec les pays du Sud en appelle une autre, que nous évoquerons ici seulement en guise de conclusion : contrairement à l’opinion courante sur la question, la mondialisation n’est pas un ensemble unique de processus. ADAM (1999), « Le commerce équitable dans les échanges Nord-Sud », dans Defourny, J., Develtere, P. De Boeck Université, Collection Ouvertures économiques, Paris/Bruxelles, p. 2000), « L'économie sociale : aperçu d'un concept méconnu », revue Économie et Solidarités, Vol. Volumes de la Chaire de recherche en développement communautaire, série Pratiques économiques et sociales, no.
MENDELL (2001), Emploi, économie sociale et développement local : nouveaux secteurs, PUQ, Sainte-Foy, Québec. 1999), Politica social y economia del trabajo, Universidad Nacional de General Sarmiento//Mino y Davila Editores, Buenos Aires/Madrid. LAVILLE (1998), Intégration et nouvelle économie sociale : une évaluation internationale, Paris : Desclée de Brouwer. 1998), Économie sociale et développement : coopératives, mutuelles et associations dans les pays en développement, Université De Boeck, Paris/Bruxelles. FALL, Abdou Salam (2001), « L'économie sociale et solidaire et les mouvements sociaux en Afrique de l'Ouest ».