Retour sur la notion de droitisation
En fait, même si l’on entend constamment parler de la montée de la droite et du populisme sur le continent européen, cela en témoignerait. Comment alors concilier ces points de vue divergents selon lesquels les valeurs du libéralisme culturel imprègnent de plus en plus la société avec l’idée d’une résurgence de la droite.
Droitisation et économie
Cependant, il existe un thème primordial dans l’explication du phénomène de droite et de la résurgence de l’extrémisme, de l’économie et des inégalités. Dans ces trois ouvrages au style assez proche, on retrouve la même critique des politiques identitaires, c’est-à-dire
La première droitisation : 1980-2008
L’erreur fondamentale de 68 est qu’ils n’ont pas compris que la violation de la règle mène à la création. Par exemple, dans la première décennie des années 2000, s’est produite une sorte de moment métapolitique au cours duquel les dirigeants politiques de droite étaient désireux de s’opposer aux idées perçues comme dominantes par la gauche.
La deuxième droitisation : 2008-2020
Ce qui était considéré comme caractéristique de la droite dans les années 1980 ne l’est plus aujourd’hui. Le populisme de Trump n’est certainement pas de la même nature que celui présent à gauche.
Le mouvement populiste américain et ses interprétations
En écartant les analyses américaines des années 1950, le populisme se trouve coupé d’une partie de ses origines et le populisme paysan de l’Ouest américain est réintégré dans l’orbite de la social-démocratie grâce à un coup de baguette magique définitionnelle. En fait, dans les premières décennies du XXe siècle, le populisme s’est également répandu dans les provinces de l’ouest du Canada, une région géographiquement liée aux États-Unis16. Par la suite, l’étude de la nébuleuse populiste a donné lieu à des appréciations théoriques contrastées, les uns qualifiant le populisme de plutôt réactionnaire, tandis que d’autres mettaient davantage l’accent sur son côté progressiste.
Enfin, la publication de l'ouvrage de Lawrence Goodwyn, Democratic Promise (1976), décrivait le populisme comme un mouvement animé par un esprit participatif qui aurait élevé la conscience politique des agriculteurs à un niveau jusqu'alors inconnu.
Le regard de Richard Hofstadter
Par exemple, il est vrai que les populistes voulaient créer une société plus fraternelle en termes de relations raciales avec les noirs américains, c'est-à-dire qu'il s'agissait de « construire un mouvement populaire capable de transcender les anciennes barrières raciales35 ». il a reconnu que les populistes espèrent que le gouvernement fédéral jouera un rôle plus important dans la création de la richesse commune.36 Que le populisme présente une dimension religieuse dans le contexte américain n'est pas si surprenant, puisque le style populiste a en quelque sorte pris un ton prophétique. de la religion civile américaine.
Cependant, la question de l’importance de la dimension religieuse au sein du populisme reste toujours problématique.
La révolte populiste des pseudo-conservateurs
Cependant, même si Postel admet qu'il y a une part d'antisémitisme dans le mouvement populiste américain, il insiste pour le qualifier de « métaphorique », peu concret ou sans véritable appel à s'en prendre à la « population juive68 ». C’est un thème développé par Hofstadter alors qu’il s’éloignait du populisme paysan pour se tourner vers ce qu’il appelait le « pseudo-conservatisme » de la rébellion des années 1950 et 1960. L'analyse de Hofstadter reposait sur l'idée qu'il existe deux types de politique, l'une de politique d'intérêt, l'autre de politique de statut, où elles opèrent une sorte de croisement en termes de temps.
En ce sens, s’il est possible de critiquer Hofstadter pour sa lecture patricienne du populisme, il ne faut pas l’oublier.
La persistance du populisme aux États-Unis : Trump,
Le populisme fonctionnerait ainsi comme une sorte d’anxiolytique politique, et c’est précisément pourquoi les intellectuels de la gauche libérale américaine estiment qu’il y a de la place pour un « bon type » de populisme91, représenté aujourd’hui par Bernie Sanders ou même Elizabeth Warren92. Un politologue américain affirme même que le soutien au vote pour Trump à l’élection présidentielle vient de ce qu’il appelle un. Cela dit, nous pouvons être rassurés de savoir qu’il s’agit d’une histoire américaine et que le Canada n’a heureusement pas la même tradition populiste.
La première est qu’on minimise l’importance du populisme au Canada en fixant en quelque sorte le critère du radicalisme ou du racisme comme norme de mesure, ce qui a pour effet d’en diminuer l’importance.
Les styles populistes
Nous partirons également de l'idée que le populisme n'est pas une idéologie, mais un style politique (première section) compatible avec toutes les idéologies, y compris le libéralisme, même s'il se sent plus à l'aise avec le nationalisme. Nous verrons alors que le populisme surgit sur une ligne de fracture géographique avec une région qui s'estime lésée par les autorités fédérales. À l’heure actuelle, le populisme se répand dans l’espace politique canadien, tant chez les conservateurs que chez les néo-démocrates et les libéraux.
Margaret Canovan a également parlé de style pour ce qu'elle appelle « le populisme des hommes politiques ».
Le populisme au tournant des années 1960 : conservateurs
Enfin, cette distinction permet de comprendre que le Canada n'a pas été à l'abri de la « tentation populiste »20 dans le passé et qu'il n'y a pas que les réformateurs occidentaux qui nous ont attribué l'étiquette de populistes. Enfin, il s'agissait d'une protestation contre le style de gestion prôné par le gouvernement fédéral de l'époque. Crédible aux yeux des électeurs et même s'il était avocat, il pouvait se présenter comme un homme ordinaire.
Citons ici un passage, lorsqu'il redevient chef de l'opposition officielle, où il critique le premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau.
Le populisme protestataire de l’Ouest canadien
Après leur victoire écrasante en 1984, les conservateurs dirigés par Mulroney étaient censés proposer des solutions qui apaiseraient autant les régionalismes occidentaux que les tensions nationales exprimées au Québec. Le populisme contestataire de ce parti reposait essentiellement sur l’idée que la région occidentale était également politiquement marginalisée. Le Programme énergétique national a été créé en 1980 par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau pour promouvoir l'autosuffisance énergétique du Canada en fournissant des fournitures aux provinces de l'Est du pays à bas prix.
Symbolisé par le slogan de la campagne de 1993, The West Wants In, ce message populiste a permis au Parti réformiste de l'emporter face aux conservateurs et aux libéraux en Colombie-Britannique et en Alberta60.
La tentation identitaire du populisme
Pour les partis de droite, c'est l'assimilation qui est primordiale dans le programme des marinistes, à savoir qu'il y a un. La question de la place de l’Islam et de l’islamisme radical a suscité de nombreux débats sur la scène politique. Cette position, que l’on peut considérer comme celle de la droite républicaine, met l’accent sur la nécessité d’une intégration dans les pays d’accueil.
La question de l’islamophobie est particulièrement importante car elle démontre la nature des critiques adressées aux chroniqueurs francophones.
La droite canadienne : un bilan
Au fond, la faiblesse est le contraire de la force, c'est-à-dire une trop grande dépendance à l'égard de l'électorat des provinces de l'Ouest. Si l’on en croit la Carte de l’Opinion Publique Canadienne sur la Carte Climatique (COPCC), l’opinion publique en Alberta sur la question de la taxe carbone est largement défavorable (seules Edmonton et Calgary ont quelques circonscriptions favorables), tandis qu’ailleurs au pays le pourcentage est plus élevé. . En fait, une partie de la gauche semble avoir entamé une course-poursuite avec la droite, sans vraiment savoir s'il s'agit d'un simple sprint ou d'une longue course.
Néanmoins, le discours de la droite, voire hégémonique, sur l’immigration semble de plus en plus audible, dans la mesure où la gauche semble avoir en quelque sorte pris le dessus32.
Les tentations des conservateurs
À cette fin, le National Post a publié une série d'articles de divers auteurs réfléchissant sur l'état de la droite au lendemain des élections fédérales d'octobre 2019. Le nouveau chef, quel qu'il soit, devra régler les problèmes. remettre en question et redéfinir la nature de la grande tente bleue. Il est d'autant plus compliqué de répondre que cette question sur la nature du droit fédéral après octobre 2019 se pose aussi dans un contexte particulier, dans le contexte de la renaissance de l'idée d'« Albert séparatiste », idée qui avait disparu. depuis plusieurs décennies.
Mais le nouveau chef conservateur, quel qu'il soit, devra intégrer cet aspect régionaliste dans l'équation globale du parti, tout en proposant des politiques susceptibles de plaire à toute la famille conservatrice.
Maxime Bernier et le « populisme intelligent »
Pour beaucoup, notamment au Canada anglais, l'affaire est entendue depuis longtemps, et le Parti populaire est un parti d'extrême droite avec une réduction importante de l'immigration. Je parle ici de cette élite médiatique, intellectuelle et politique du monde anglophone qui a décidé qu'il n'y aurait pas d'autre façon au Canada de célébrer le vivre ensemble que celle qu'ils croient. En revanche, la différence entre le Parti populaire du Canada et les partis d'extrême droite porte sur la question de l'intégration, de l'assimilation et de l'exclusion.
Ainsi, et même en considérant que le Parti populaire n’est pas une formation d’extrême droite semblable à celles que l’on retrouve notamment en Europe de l’Est, c’est particulièrement difficile.
Pour une réforme américaine du conservatisme canadien ?
C’est ce qui nous amènera dans un deuxième temps à examiner les thématiques abordées par les intellectuels publics de droite identifiés, à identifier la nature des critiques qu’ils formulent à l’égard de l’évolution sociale et politique du Canada et des États-Unis. Accuser leurs opposants d’islamophobie et associer la critique de l’islam à la violence contre les musulmans fait partie de leur arsenal de guerre128. Mais à gauche, l’argument était qu’il fallait une candidature qui ne vienne pas de l’establishment démocrate.
Un peu plus tard, Ravary est venu à la défense, cette fois-ci en Alberta.
Femmes et intellectuelles de droite : définition et hypothèse
En effet, ce qui nous intéresse ici, ce ne sont pas les femmes de droite, une catégorie générale, mais les intellectuelles de droite (la catégorie spécifique) qui affirment régulièrement écrire et s’exprimer sur des questions de société. Cependant, plutôt que d’arriver à une définition prédéfinie d’un intellectuel de droite, nous avons choisi des intellectuels qui sont souvent décrits, en termes sommaires, comme de droite. Quant à Francis et Kay, ils travaillent au National Post et au Financial Post, des quotidiens canadiens qui accueillent des écrivains de droite.
La seconde est que l’idée des deux solitudes, qui n’est pas fausse en soi, ne fonctionne pas vraiment par rapport aux sujets que nous allons examiner ici.
Le regard des intellectuelles sur Donald Trump
Voir par exemple les extraits du livre qu’il a dédié à Donald Trump et publiés dans cette revue. Lise Ravary, « La vraie mission de Donald Trump », Journal de Montréal, 9 décembre 2015, https://www.journaldemontreal. Contrairement à son image diabolisée, Donald Trump n'appartient pas à l'extrême droite de son pays », Denise Bombardier, « La diabolisation de Trump », op.
Donald Trump a échoué à l'épreuve du pouvoir parce que le président est « un ignorant qui n'a d'autre loi que la sienne ».
L’Occident et le Canada mis à l’épreuve par l’islamisme
Pour eux, le projet de loi 59 est une atteinte à la liberté d’expression, à la loi qui interdit aux journalistes d’écrire sur l’islam à cause de l’islamophobie133, et la question qui taraude les intellectuels est celle de la définition de l’islamophobie. L’attachement à la défense de la laïcité et à la critique du concept d’islamophobie qui monopolise puissamment les intellectuels québécois provient très probablement d’une influence culturelle plus importante d’intellectuels de droite française, comme Pascal Bruckner que nous avons déjà évoqué. Cependant, lorsqu’il s’agit des thèmes de l’islamisme radical, les intellectuels se situent clairement dans le premier camp que nous avons identifié.
Les questions identitaires liées à la protection de l'identité québécoise et à celle de la laïcité sont devenues des priorités politiques154.