INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie ISSP : Institut Supérieur des Sciences de la Population. MESSRS : Ministère de l'Enseignement Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique ODSEF : Observatoire Démographique et Statistique de la Région Francophone.
CONTEXTE ET ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES
Contexte
- Dispositions juridiques en matière de langue au Burkina Faso
- Organisation et évolution du système éducatif burkinabè
- Organisation du système éducatif burkinabè
- Évolution du système éducatif burkinabè
- Évolution des indicateurs de scolarisation et d’alphabétisation
À l'article 16, la structure de l'éducation est détaillée comme suit : éducation formelle, éducation non formelle, éducation informelle et éducation spécialisée. L'éducation formelle (ou le système formel) comprend l'éducation formelle de base, l'enseignement secondaire, l'enseignement supérieur et la formation technique et professionnelle.
Aspects méthodologiques
- Sources de données
- Variables d’étude
- Indicateurs
Proportion de locuteurs par langue nationale : c'est le pourcentage de la population qui parle couramment une langue nationale donnée. La proportion de personnes sachant lire et écrire dans une langue nationale : c'est le pourcentage de la population qui déclare savoir lire et écrire dans une langue nationale.
DYNAMIQUE DES LANGUES NATIONALES
Langues parlées
- Aperçu général des langues couramment parlées
- Évolution spatiale des langues nationales
- Évolution des langues nationales par groupes d’âge
Cette forte augmentation des Dioulaphones dans la ville de Bobo s'explique probablement par les arrivées massives de Burkinabè en provenance de Côte d'Ivoire en raison de la crise socio-politique. Le moore et le bobo, deuxième et troisième langues les plus parlées, ont diminué respectivement de 1,13 point et 5,62 points au cours de la dernière décennie. Dans la région Centre (sauf la ville de Ouagadougou), la quasi-totalité de la population parle le morsi : depuis 1985, la proportion de locuteurs du morsi atteint plus de 92% avec une tendance croissante, ne laissant que moins de 5% pour les autres langues en 1996 et 2006.
Le fulfuldé est la deuxième langue la plus parlée, mais elle est minoritaire, représentant moins de 7 % de la population de cette partie du Burkina. L’examen de la répartition de la population âgée de 10 ans et plus selon la langue principale couramment parlée par tranche d’âge montre qu’il n’y a pas de différence significative entre elles. Lorsqu'on limite l'analyse à la ville de Ouagadougou, à travers le tableau 2.4, il apparaît qu'au-delà de la prédominance du moore précédemment observée dans toutes les tranches d'âge considérées, la langue française pénètre différemment les générations dans la capitale burkinabè.
On constate également une augmentation significative de la proportion de personnes affirmant parler couramment le français dans cette sous-population au cours de la dernière décennie, soit une augmentation de 6 points de pourcentage.
Alphabétisation dans les langues nationales
- Évolution spatiale de l’alphabétisation dans les langues nationales
- Évolution de l’alphabétisation dans les langues nationales par groupes d’âge
Lorsque l’on prend en compte la zone de résidence dans l’analyse des résultats, il apparaît que le niveau d’alphabétisation en langues nationales est nettement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain, quelles que soient l’année et la région considérées. Cette inégalité en matière de capacité à lire et à écrire dans une langue nationale s'inscrit dans la logique des programmes d'alphabétisation en langue locale, qui s'adressent en priorité aux populations des zones rurales, dans le but de compenser dans une certaine mesure leur faible niveau. d'éducation par rapport aux habitants de la ville. En tenant compte du pourcentage de personnes alphabétisées et en prenant comme seuil les chiffres nationaux indiqués ci-dessus, neuf profils sont créés par lieu de résidence en termes d'alphabétisation dans les langues nationales.
Enfin, les régions des Hauts-Bassins (hors ville de Bobo-Dioulasso), du Centre-Ouest, du Sahel et du Sud-Ouest présentaient des niveaux d'alphabétisation en langues nationales nettement inférieurs à la moyenne nationale, quelle que soit l'année considérée. L'analyse du nombre et du pourcentage (%) de personnes déclarant savoir lire et écrire dans une langue nationale, par tranche d'âge (tableau 2.5), montre une tendance similaire à celle observée au niveau national ci-dessus : un taux d'alphabétisation en les langues nationales sont marginales et les progrès sont inégaux selon toutes les tranches d’âge. Que ce soit en termes absolus ou relatifs, il a augmenté significativement dans toutes les tranches d'âge sur la période, témoignant de l'engouement de la population pour les programmes d'alphabétisation (« Commando », « Bantaaree », etc.).
Ce programme a également favorisé l'alphabétisation en langues nationales au cours de la décennie 1996-2006 dans le but de porter le taux d'alphabétisation global du pays (langues nationales et étrangères confondues) à 40% en 2010.
DYNAMIQUE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Place du français
- Évolution spatiale du français comme principale langue couramment parlée
- Évolution du français par groupes d’âge
Le graphique 3.1 (issu du tableau 3.1) permet de visualiser non seulement les résultats présentés ci-dessus, mais également le lien positif qui existe entre l'urbanisation et le fait que le français soit déclaré première langue largement parlée. D’une part, plus le niveau d’urbanisation est élevé, plus la proportion de personnes déclarant parler couramment le français est élevée, quelle que soit l’année. On est alors tenté de dire que la modernisation qui s'opère à tous les niveaux, aussi bien en ville qu'à la campagne, mais bien plus accélérée à Ouagadougou du fait de son statut de capitale, s'accompagne de l'instauration progressive du français comme principal langue couramment parlée par les Burkinabè.
À travers le tableau 3.2, qui montre l'évolution du nombre et de la proportion de personnes déclarant le français comme première langue parlée selon les groupes d'âge, il apparaît que le français devient de plus en plus la langue parlée de toutes les générations. Cependant, les jeunes parlent plus couramment le français que les plus âgés quelle que soit l'année, comme le montre la diminution de la proportion de personnes déclarant parler couramment le français avec les tranches d'âge, sauf chez les jeunes de 10 à 24 ans, dont le niveau est inférieur à celui-ci. des personnes âgées de 25 à 34 ans pour les recensements avec 0,62%) et avec 2,73. Ce résultat est à mettre en relation avec l'augmentation de la scolarisation sous l'hypothèse que les jeunes générations, plus instruites et donc possédant plus de connaissances acquises, sont mieux à même de parler couramment le français que les personnes plus âgées qui s'en tiennent davantage aux langues locales.
Néanmoins, l’augmentation de la proportion de personnes déclarant le français comme première langue couramment parlée est mise en évidence à l’échelle nationale, observable dans tous les groupes d’âge par le graphique 3.2, notamment la croissance accélérée de l’usage de la maîtrise du français au cours de la dernière décennie.
Population francophone
- Évolution spatiale des francophones
- Évolution des francophones par sexe et groupes d’âge
Dans les paragraphes suivants nous nous concentrerons sur l’ensemble de la population francophone du Burkina Faso. Ces progrès tout à fait remarquables dans l'appropriation de la langue française sont la conséquence directe du développement de l'éducation ces dernières années, en l'occurrence du PDDEB, dont l'un des objectifs est d'atteindre un taux de scolarisation de 70 % d'ici 2010 dans l'enseignement primaire. . Enfin, les régions de l’Est et du Sahel connaissent un très faible niveau d’appropriation de la langue française, quelle que soit l’année du recensement, avec un niveau variant entre 2,11 % en 1985 et 12,04 % en 2006.
Le tableau 3.4 présente l'évolution de la proportion de francophones selon le groupe d'âge et le sexe. De même, l'analyse des résultats du tableau révèle, comme nous l'avons montré précédemment pour l'ensemble du pays, que la population francophone a augmenté de manière significative au cours des trente dernières années : d'une part, le pourcentage de francophones a augmenté régulièrement depuis le recensement. de scolarisation dans tous les groupes d’âge et pour les deux sexes, avec la plus forte augmentation au cours de la dernière décennie. Ce résultat prometteur en termes d'acquisition de la langue française chez les Burkinabés est une conséquence immédiate de l'augmentation du niveau d'éducation dans le pays ces dernières années.
Ces écarts observés entre les sexes en termes de nombre de francophones ne sont que le reflet d'une éducation qui garde jusqu'ici un visage masculin même si l'on admet que les efforts faits pour élever le niveau d'éducation des filles sont importants.
Qualité des apprentissages en français : une mesure indirecte
Le graphique 3.3 (issu du tableau 3E en annexe) montre l'évolution de la part des personnes sachant lire le français, en fonction du nombre d'années d'études. La proportion d'alphabètes augmente par la suite régulièrement et dès la cinquième année d'études, près de 95 % des personnes déclarent être alphabétisées en français. L'examen du graphique 3.4 (issu du tableau 3E en annexe), qui montre l'évolution de la part des personnes sachant lire le français chez les plus jeunes et chez les personnes âgées, selon le nombre d'années d'études, montre, comme on pouvait s'y attendre, voir d'abord le visage A niveau d'éducation égal, les jeunes savent mieux lire et écrire que les personnes plus âgées.
Cependant, les différences entre les deux courbes sont faibles, et traduisent donc la faible perte de performance scolaire chez les personnes âgées en raison de l'effet mémoire, c'est-à-dire des oublis dus au vieillissement et à l'absence de pratique régulière de la langue française après la fin des études. . La présente étude portant sur l'analyse de la dynamique des langues locales et de la langue française au Burkina Faso à partir des données des recensements généraux de la population avait cinq objectifs : (i) identifier la dynamique des langues locales et en relation avec l'évolution de Français; (ii) identifier les dynamiques de l'alphabétisation en langues nationales ; (iii) identifier la dynamique du poids du français dans les langues couramment parlées ; (iv) identifier la dynamique de la population burkinabè francophone ; (v) et identifier la dynamique de la qualité de l’apprentissage en français. Quant à l’analyse actuelle de la dynamique des langues locales (dont le français), il semble que malgré leur faible niveau de développement, les langues nationales restent les langues de communication les plus importantes au Burkinabè, même dans les grandes villes.
Concernant la dynamique de la langue française, il ressort que c'est généralement dans les zones urbaines et notamment dans la capitale que les personnes déclarant le français comme première langue couramment parlée sont les plus nombreuses. Par ailleurs, la perte des connaissances acquises chez les personnes âgées en raison du vieillissement, bien que réelle, n'est pas si dramatique si le niveau minimum de la sixième année d'études est atteint. NIKIÈMA, Norbert (1996), « Développement de la problématique de l'usage des langues nationales dans le système éducatif du Burkina Faso.