1
Changements climatiques et plantes fourragères : impacts attendus et exemples d’adaptation
Guillaume Jégo1, Sylvestre Delmotte2, Sarah Delisle3, Gilles Bélanger1, Marie-Noëlle Thivierge1, Huguette Martel4, Denis Ruel4
1Agriculture et Agroalimentaire Canada, Québec
2 Consultant en agro-environnement, projet Agriclimat
3CDAQ- Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec, coordinatrice projet Agriclimat
4 Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Colloque Plantes Fourragères – 20 février 2020
Entre sciences et expériences terrain
• Recherches menées au Québec au cours des deux dernières décennies
• Démarche collaborative du projet Agriclimat
(financement Fond-Vert, MELCC / CDAQ – UPA – Ouranos etc.)– Groupes de travail régionaux, ateliers, conférences… plus de 1500 producteurs et 200 intervenants rencontrés à travers la province.
– Développement de 10 plans d’adaptation régionaux aux changements climatiques.
2
Plan de la présentation
• Les changements climatiques au Québec
• Saison par saison
– Les impacts attendus
– Les mesures d’adaptation à envisager.
3
Les changements climatiques, c’est quoi?
4
Scénarios d’émissions pour prédire le climat
Réduction limitée des GES
Réduction forte des GES Réduction importante
des GES
Émission de GES utilisée pour produire des scénarios plausibles
5
Vrai ou faux? À l’horizon 2050, au Québec…
• La température aura augmenté de 5 °C
• Il pleuvra moins
• Nous aurons plus souvent des canicules
6
Saguenay-Lac-Saint-Jean :
Variation saisonnière Températures moyennesPrécipitations totales
Température moyenne annuelle : 1,8 °C
990 mm par an 60 à 110 mm
par mois
7
Saguenay-Lac-Saint-Jean :
Variation saisonnière Températures moyennesPrécipitations totales
Augmentation moyenne + 2,8°C (+ 1.6 à 3.6 °C)
+ 70 mm sur l’année
(+ 15 à + 178)
8
Nous sommes certains qu’il y aura: Nous sommes presque certains qu’il y aura …
Plus d’événements de pluies extrêmes et plus intenses
Plus de cellules orageuses localisées et intenses
Nous en savons moins sur…
Moins de vagues de froids extrêmes
Plus de vagues de chaleur, plus longues et plus chaudes
Le verglas
La grêle
Les rafales de vent 9
Vrai ou faux? L’hiver, à l’horizon 2050…
• L’hiver commencera plus tôt
• La pluie sera plus fréquente l’hiver
• En hiver, l’épaisseur de neige sera réduite d’environ 20 %
10
Automne – fin de la saison de croissance
11
Date de la première neige – Bas-Saint-Laurent
NovembreDécembreJanvier
12
L’HIVER – durée d’enneigement - Estrie
- 47 jours Épaisseur maximale de neige : - 45%
13
L’AUTOMNE ET L’HIVER - changements en cours et anticipés
• Automne plus doux
• Hiver plus court
• Plus de redoux et gels/dégels
• ↗ précipitations totales, davantage sous forme de pluie
• Davantage de risque de
formation de glace.
14Impacts : Endurcissement et persistance à l’hiver
Taux d’accumulation de degrés-jours
15
Champ - 1998/99 -15
-10 -5 0 5 10 15
12-oct-98 01-nov-98 21-nov-98 11-déc-98 31-déc-98 20-janv-99 09-févr-99 01-mars-99 21-mars-99 10-avr-99 30-avr-99
Température du sol (°C) Pintendre - 2 coupes Pintendre - 3 coupes Normandin - 2 coupes Normandin - 3 coupes
Adaptations pour améliorer la survie des luzernières
• Éviter les coupes trop tardives et/ou trop rases
– Moins de neige au sol Température du sol plus basse – Plus de mortalité hivernale
Source: Dhont et al. 2004. CropSci44: 144-157
16
Adaptations pour améliorer la survie des luzernières
• Hauteur et date de la dernière fauche
Fauché à l’automne Non fauché
17
• Date de la dernière fauche : 4 à 6 semaines avant le premier gel mortel (- 3 °C)
• Au moins 500 degrés-jours entre les deux dernières coupes
(Bélanger et al., 2002)
Adaptations pour améliorer la survie des luzernières
18
• Clôture végétale, haies brise-vent, boisés,
agroforesterie pour conserver davantage de neige.
Adaptations pour améliorer la survie des luzernières
Photo Alain Cogliastro
19
Impacts : Érosion des sols et pertes de nutriments
© OMAFRA
Avantage plantes pérennes ! (voir présentation Marie-Noëlle Thivierge)
© Patricia Leduc 20
S’adapter : couvrir les sols!
• Semis direct, travail réduit et cultures intercalaires
Travail réduit – Photo Patricia Leduc Travail réduit – Photo Patricia Leduc 21
Vrai ou faux? Au printemps et en été, à l’horizon 2050…
• La saison de croissance sera plus longue, mais débutera plus tard au printemps
• En été, il y aura moins de pluie
• Nous aurons environ 5 jours de plus avec une température > 30 °C
22
LE PRINTEMPS – Saison de croissance
23
Fonte de la neige et accès au champ
FévrierMarsAvril
24
L’ÉTÉ – Degrés jours base 5
25
L’ÉTÉ – nombre de jours > 30°C (Outaouais)
+ 20 jours
26
L’ÉTÉ – déficit hydrique
Étiages plus longs et plus faibles 27
Modification de la régie de coupe– mélange luzerne-fléole
Thivierge et al. (2016) AgronomyJournal 108:1-19
% luzerne:
P = futur proche (2020-2049) 4.5 = RCP 4.5 / 8.5 = RCP 8.5
Montérégie Bas-Saint-
Laurent
28
Rendement (t/ha 0% humidité)
2050-2079 (4 coupes) 2050-2079 (3 coupes)
Impacts sur le rendement potentiel
Augmentation pour les mélanges luzerne-graminées
Luzerne + fléole des
prés
Luzerne + fétuque
élevée
Luzerne + fétuque des
prés
Luzerne + brome des
prés
Rendement total (t/ha à 0% humidité)
Payant C., Jégo, G., Charbonneau, E. 2019 29
2050-2079 (4 coupes) 2050-2079 (3 coupes)
Impacts sur le rendement potentiel
Payant C., Jégo, G., Charbonneau, E. 2019
Voir présentation V. Picasso nombre espèces en mélange Augmentation dans le
futur proche seulement
2050-2079 (5 coupes)
Luzerne + fléole des
prés
Luzerne + fétuque
élevée
Luzerne + fétuque des
prés
Luzerne + brome des
prés
Rendement total (t/ha à 0% humidité)
30
Impact sur la qualité des fourrages
Montérégie Bas-Saint-
Laurent • Stabilité de la valeur
nutritive lorsque la régie est adaptée (une coupe de plus)
• Augmentation de la
proportion de luzerne dans le mélange
Concentration en protéines et NDF (g kg MS-1)
Thivierge et al. (2016) Agronomy Journal 108:1-19 31
Adaptation des hybrides
• Possibilité de cultiver des hybrides à cycle plus long mais soyez conservateur (variabilité UTM)
32
Impacts pressentis
• Pressions des ravageurs en augmentation ?
Cicadelle de la pomme de terre observée notamment en 2017
• Insecte nuisible pour la pomme de terre, le trèfle et la luzerne…
plus de 100 plantes hôtes.
• Arrive en juin (ne survie pas aux hivers)
• 1 à 2 cycles de reproduction en fonction de la température.
© IRIIS phytoprotection
© OMAFRA
33
Impacts pressentis
• Pression des mauvaises herbes en augmentation
Mauvaises herbes C3
• Profitent de l’augmentation de la concentration en CO2
atmosphérique
• Augmentation du CO2pourrait nuire à l’efficacité des herbicides
Chénopode © OMAFRA
34
Impacts pressentis
• Risque d’érosion en hausse
– Aménagements de surface, pentes, hydroagricoles
©, MAPAQ
35
Conclusions
• Adapter le choix des espèces et la régie des coupes (nombre et hauteur)
• Diversifier pour limiter les risques : espèces, variétés, mélanges…
• Comme producteurs et conseillers, comment
individuellement et collectivement s’équiper pour passer les mauvaises années? Stock de fourrage?
• Nécessité de générer et partager les connaissances et bons et mauvais coups sur l’adaptation.
36
Webinaires disponibles sur Agriclimat.ca
www.agriclimat.ca/webinaires
L’impact économique des changements climatiques en agriculture
– avec OURANOS et l’IRDALes bovins en climat futur:
enjeux et adaptation
– avec 2 producteurs et l’Université Laval
Que nous réserve le climat du futur?
– avec OuranosSécheresse et excès d’eau:
comment gérer le sol en climat futur?
– avec J. Pelletier et 2 agronomesMythes et réalités sur les changements climatiques
Avec Ouranos et le CDAQ
37
38
Merci de votre attention!
• Des questions ?
39
Adaptations pour améliorer la survie des luzernières
• Période de semis : semis de fin d’été (régions sud)?
Au printemps 2019 : plusieurs semis du printemps 2018 étaient morts…
40
Durée de la saison de croissance – Abitibi - Témiscamingue
202 jours
181 jours
181 jours
41
Accès au champ
42
Impact sur le rendement et la qualité du maïs ensilage
Montérégie Bas-Saint- Laurent
Rendement (Mg MS ha-1)
• Augmentation des
rendements, notamment dans les régions au climat plus frais actuellement
• Stabilité ou légère baisse de la valeur nutritive
Thivierge et al. (2016) Agronomy Journal 108:1-19 43