L'incertitude et le risque politique font le lien entre la présence d'un mouvement indépendantiste et l'économie du Québec. Le développement d’un tel modèle est nécessaire car la littérature existante sur le risque politique ne s’applique pas bien à la situation étudiée. Tout d’abord, nous présenterons un état de l’art concernant le risque politique en matière d’investissements.
La mesure du risque politique (variable indépendante) n’est pas nécessaire pour utiliser ce modèle.
Cadre mŽthodologiqueÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 11
DŽfinitionsÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
- Risque politiqueÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
- Incertitude politiqueÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 13
Le graphique 9 dresse un bref portrait de la situation des investissements des entreprises au Québec et en Ontario. Il est normal de croire que d’un point de vue global, la perception concernant la première variable est la même. Source : Données compilées par le Bureau de la Statistique du Québec (BSQ) à partir des données fournies par Investissement Canada (Industrie Canada).
Source : Données compilées par le Bureau de la tourisme du Québec (BSQ) à partir des données fournies par Investissement Canada (Industrie Canada).
Mod•le dÕanalyseÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
- LÕinvestissement et la dŽcision dÕinvestirÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 14
- Mondialisation et investissementÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
- Investissement et gŽographie (localisation)ÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 20
- Conditions du mod•leÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 23
Portrait de lÕŽconomie quŽbŽcoise depuis 1960ÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ. 28
Le Produit intŽrieur brutÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 28
LÕemploi et ch™mageÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 32
Un portrait synthŽtique de la situation Žconomique
Une deuxième phase, de 1978 à 1988, se caractérise par une augmentation du niveau de vie deux fois moins élevée que celle de la première phase. Cette tendance doit être mise en relation avec le déclin de la population du Québec par rapport à celle du Canada. En effet, au début des années 1950, le Québec abritait encore près de 29 % de la population canadienne.
Par ailleurs, l’analyse de l’évolution de la part de l’investissement privé total dans le PIB ne révèle aucun effet de la présence d’un mouvement souverain sur le comportement des investisseurs. Il s’agit d’une différence relativement importante compte tenu de la durée de la période considérée. Source : Données recueillies par le Bureau de la tourisme du Québec (BSQ) à partir de données fournies par Investissement Canada.
Nous en saurons davantage sur les perceptions qu'ont ces « drapeaux » (pour les investisseurs) concernant la situation au Québec. En fait, Standard and Poor's a dégradé la note du Québec de AA- à A+ peu de temps après, soit en juin de la même année. Les deux agences canadiennes ont également révisé à la baisse leur note par rapport au Québec au début de la décennie en cours, soit en 1992 pour CBRS et en 1993 pour DBRS.
Standard and Poor's et Moody's ont toujours fourni des notations supérieures à celles des agences canadiennes, sauf pour la période 1987-1992. Quant à l'autre agence canadienne, DBRS, elle est la firme la plus coriace contre le Québec depuis un peu plus de onze ans. Au cours des douze autres années, l'agence internationale n'a été moins sévère dans son évaluation qu'à trois reprises et ce, au début de la période considérée (en et 1984).
L'agence internationale n'a été plus favorable dans son évaluation que pendant les quatre premières années de la période. Le comportement de CBRS nous permet de tirer des conclusions sur notre hypothèse. Compte tenu des difficultés liées à la collecte des données, il nous a été difficile de faire une analyse juste de la place du Québec dans le portefeuille canadien des investisseurs canadiens et étrangers.
LÕŽvolution du portefeuille dÕinvestissementÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ 40
Les cotations des agences dÕŽvaluation de crŽditÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
LÕindustrie du ÇÊcredit ratingÊÈÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ. 59
De plus, le délai nécessaire à cet achat est devenu trop long, compte tenu de la rapidité avec laquelle les décisions sont prises. 68 Citation de Mme Marie Cavanaugh, directrice des finances internationales chez Standard and PoorÕs, adaptée de Mivile Tremblay (1996), Le pays en otage, Montréal, Québec/Amérique (Collection Presses HEC), p.233. Comme le notent Richard Cantor et Frank Packer, les précurseurs de l'industrie de la notation de crédit étaient les « agences de crédit commercial », qui cherchaient à évaluer la capacité de certains commerçants à respecter leurs obligations financières.69 En 1841, la première agence de crédit fut créée à New York. York. , agence rachetée plus tard par Robert Dun, qui publia son premier guide des annonces en 1859.
Ces deux agences fusionneront plus tard, en 1933, pour devenir la célèbre Dun & Bradstreet, qui acquerra, au début des années 1960, le non moins célèbre Moody's Investors Service, qui avait publié ses premières notations aux Etats-Unis « Échec du seul "71. 71 L'auteur rappelle la faillite (laissant 80 millions de dollars de billets à court terme en circulation), en juin 1970, de la Penn Central Transportation Company, la première compagnie de transport au monde. société, au moment même où le National Credit Office (NCO) vient de se voir attribuer la note la plus élevée (« Prime ») pour ses bons du Trésor .
Enfin, les plus influentes, MoodyÕs et Standard & PoorÕs, affirment offrir un service complet, c'est-à-dire qu'elles s'intéressent à la plupart des pays et à une majorité de secteurs d'activité72. Au niveau mondial, ces deux agences (MoodyÕs) et Standard et PoorÕs) domine largement le secteur de la notation de crédit.73. Dans l’exercice de notation, les critères d’analyse entre les différentes agences de notation sont fondamentalement les mêmes, même s’ils sont difficilement comparables car rarement quantifiables. Puisqu'il est impossible de connaître la perception qu'a chaque investisseur individuel à l'égard du risque politique au Québec, nous devons émettre l'hypothèse que la perception ainsi que l'analyse du risque au Québec par les investisseurs sont similaires à celles des grandes agences d'évaluation du crédit.
Le comportement des agences de notation nationales et internationales peut être étudié à la lumière du modèle que nous avons développé pour analyser le comportement des investisseurs – et peut-être même de manière plus évidente, car, comme nous le verrons, leurs critères d’évaluation sont fondamentalement naturels. comparables et chaque évaluateur évalue chaque personne évaluée sur la base des mêmes critères.76 Tous. Il convient également d’ajouter que cela pourrait constituer une approche intéressante en termes d’avancement des connaissances, car jusqu’à présent peu d’auteurs se sont penchés sur les différences d’évaluation (rating) entre agences, notamment dans le cas de la notation du risque souverain77. La situation a été corrigée principalement grâce aux critiques auxquelles certaines agences ont été exposées lors de la crise mexicaine de 1994 et de la récente crise survenue récemment dans certains pays émergents d'Asie.
La notationÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ. 64
De plus, les agences ne mesurent pas les risques de marché qui font augmenter ou diminuer la valeur d’un investissement, comme le risque de change ; ils se limitent au risque de défaut : la volonté et la capacité d’assurer le service de la dette en temps opportun et conformément aux termes de l’émission.79 La volonté est liée au risque politique, et la capacité est à son tour liée à celui-ci. risque économique.80 Contrairement à ce que l'on pourrait laisser croire, leurs activités, en termes de notation souveraine, ne visent qu'indirectement à porter un jugement sur la gestion budgétaire et financière et sur les choix politiques. Mais il faut reconnaître que la capacité d'un gouvernement à faire face à ses obligations financières dépend dans une large mesure de l'exécution de sa politique économique et de la qualité de la gestion des finances publiques.81 La. 81 Dans son ouvrage, Mivile Tremblay (1996), chercheur au CƒTAI, rapporte un aveu d'un ancien ministre québécois de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie, M.
Cette reconnaissance du ministre Tremblay s'est manifestée dès le printemps 1993, peu avant la présentation d'un budget important compte tenu de la conjoncture économique. En fait, la réglementation américaine est restrictive pour les banques, les compagnies d'assurance et les fonds lorsqu'ils investissent dans des obligations qui ne font pas partie de la catégorie Investment Grade.83 C'est en dehors des États-Unis. AAA Aaa Excellente qualité du titre et de l'éditeur ; risque minime et capacité de remboursement très élevée (capital et intérêts).
AA Aa Titre de très haute qualité avec une très bonne capacité de remboursement ; ne diffère de la sécurité notée AAA (ou Aaa) que par de petits détails. Titre de milieu de gamme BBB Baa ; Capacité de remboursement adéquate, mais protection à long terme incertaine. BB Ba Investissement risqué dominé par des caractéristiques spéculatives ; peu de protection en termes de capacité de remboursement.
B B Titre vulnérable aux conditions économiques et financières, mais il existe toujours une capacité de remboursement. CCC Caa Security avec une vulnérabilité observable aux conditions économiques et financières ; probabilité de défaut très élevée en raison de la faible capacité de remboursement.
Le QuŽbec en cotesÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
Il convient de noter que le gouvernement du Québec n'a jamais obtenu une note inférieure à « ÇÊA-ÈÊ » (DBRS, août 1995) de la part d'aucun de ces quatre. À première vue, on remarque que Standard and Poor's est pour ainsi dire moins active que les autres entreprises dans le cas du Québec. En douze ans, l'agence n'a modifié la cote de crédit du Québec qu'à deux reprises (déclassée en deux étapes de ÇÊAAÊÈ ˆ ÇÊA+ÊÈ).
Ces écarts, quand il y en avait, n'excédaient jamais l'équivalent d'un signe, à l'exception de la période de 1968 à 1975 où Standard and PoorÕs donnait au Québec ÇÊAAÊÈ tandis que MoodyÕs le donnait comme ÇÊAÈ (écart équivalent ˆ deux signes le ) .93 deux les agences ont procédé simultanément à des reclassements, en juillet 1982 et en juin 1993. Le comportement des agences de notation à l'égard du Québec diffère selon qu'il est canadien ou étranger. Depuis le début des années 1980, parmi les quatre agences sélectionnées pour l'analyse, Standard and PoorÕs s'est généralement montrée la plus favorable à l'égard du Québec.
Parmi les trois autres agences, le scénario est le même que celui de la période 1982-98, à savoir que CBRS présente l'écart le plus élevé tandis que Standard and Poor's présente le plus faible. Si l’on observe attentivement l’évolution de cette relation entre 1982 et 1998, on constate rapidement qu’un écart important entre les deux provinces s’est creusé depuis le début des années 1980. Nous sommes maintenant en mesure de confirmer que le comportement des agences canadiennes en matière de -vis-à-vis du Québec diffère de celui des principales agences internationales.
Comme nous l'avons vu, le pays est généralement moins généreux en termes de notation que Moody's ou Standard and Poor's à l'égard du Québec. Selon notre modèle, cette différence de comportement envers le Québec ne peut s'expliquer que par des perceptions différentes du risque politique. Les recherches sur les notations attribuées par CBRS et DBRS d'une part et par Standard and PoorÕs et MoodyÕs d'autre part montrent que les agences canadiennes sont plus strictes dans leur évaluation de la solvabilité du Québec que les agences internationales.
Ils sont régis par des normes implicites ou explicites où le trafic est tout aussi important que la réputation et la confiance.