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L'impact de l'ALENA sur le Québec pour les nuls

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Academic year: 2024

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Cette idée selon laquelle le libre-échange avec les États-Unis et, quelques années plus tard, avec le Mexique avec l'ALENA, serait préjudiciable au Canada et au Québec est toujours bien présente. NOTE DE RECHERCHE GÉRIQ | WWW.GERIQ.COM 5 Le Québec a-t-il perdu la bataille du libre-échange avec les États-Unis ? Dans le cas du Québec, nous aurons sans aucun doute « un gagnant » si les exportations du Québec vers les États-Unis augmentent et si le Québec exporte plus qu'il n'importe.

Cette situation semble appuyer la thèse de ceux qui prétendent que le Québec a perdu la bataille du libre-échange avec les États-Unis. Après l'accord de libre-échange puis l'ALENA, les exportations québécoises vers les États-Unis ont connu une croissance phénoménale. Or, les relations commerciales entre le Québec et les États-Unis connaîtront un déclin inexorable à partir des années 2000.

En 2012, les exportations du Québec vers les États-Unis sont tombées à 44 milliards (Ministère des Finances et de l'Économie, juin 2013, p. 28). NOTE DE RECHERCHE GÉRIQ | WWW.GERIQ.COM 11 Tableau 5 : Balance commerciale du Québec avec les États-Unis.

Tableau 1  : Part des exportations dans le PIB pour  certains pays de l’OCDE et du Québec en 2011  Pays de l’OCDE  Part des exportations
Tableau 1 : Part des exportations dans le PIB pour certains pays de l’OCDE et du Québec en 2011 Pays de l’OCDE Part des exportations

Balance commerciale avec les États-Unis (1988-2013)

L’ALENA est à l’origine de taux de chômage élevés et de conditions de travail précaires, en particulier pour les femmes. Les entreprises voient de nouvelles opportunités d’expansion, mais une concurrence accrue au sein de la zone commerciale peut également contraindre les entreprises moins productives à délocaliser ou même à fermer leurs portes si elles ne peuvent pas s’adapter. Au Québec, les inquiétudes quant aux effets du libre-échange avec les États-Unis et le Mexique reposaient sur l'idée que les emplois dans le secteur manufacturier connaîtraient des temps difficiles, notamment dans le secteur textile où la main-d'œuvre était fortement surreprésentée.

De plus, les plus critiques affirmaient que les entreprises canadiennes et québécoises étaient tout simplement incapables de rivaliser avec les entreprises américaines en raison de la moindre productivité des entreprises canadiennes et québécoises, des niveaux d'imposition et des politiques sociales plus élevés, ou encore des taux syndicaux et des normes environnementales encore très élevées. par rapport aux États-Unis, épicentre du néolibéralisme mondial. Depuis, l’accélération de la concurrence mondiale, notamment asiatique, n’a fait qu’accélérer le phénomène. Depuis une trentaine d'années, il est vrai que le pourcentage d'emplois manufacturiers a diminué au Québec (et presque partout dans les pays développés), mais il faut ajouter que la productivité du secteur manufacturier a également augmenté de manière significative grâce à l'introduction de l'informatique. et mécanisation (Paquin, 2008).

En conséquence, la plupart des experts estiment que les effets de la délocalisation sont largement exagérés, dans la mesure où la productivité est davantage à l’origine de la tendance à la baisse du nombre d’emplois dans le secteur. NOTE DE RECHERCHE GÉRIQ | WWW.GERIQ.COM 13 production et que les délocalisations permettent également la création de meilleurs emplois dans le secteur des services dans les pays développés. Il est vrai que les pays du Sud offrent des salaires avec lesquels les pays riches ne peuvent rivaliser.

La machine économique québécoise fonctionne bien depuis la signature d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. De plus, le taux d'activité, soit le pourcentage des Québécois âgés de 15 ans et plus qui ont effectivement un emploi, est en forte hausse depuis 1994. Pour le dire plus clairement : en 2008, soit près de 14 ans après l'adoption de l'ALENA, autant de Québécois étaient en emploi (voir tableau 6).

Selon les données du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, c’est effectivement ce qui s’est passé.

Taux d'emploi et taux de chômage au Québec (1988-2013)

Juste avant la récession de 2008, le Québec affichait même le taux d'emploi le plus élevé jamais enregistré depuis l'utilisation de cette mesure dans les années 1970. Si plus de Québécois travaillent et moins sont au chômage, le nombre de personnes bénéficiant de la sécurité sociale devrait théoriquement être inférieur. Certains diront que les taux d’emploi ont atteint des niveaux record et que le chômage est peut-être faible, mais les emplois sont précaires, souvent à temps partiel et moins bien payés que par le passé.

Selon les données de Statistique Canada compilées par le Centre de recherche interuniversitaire en analyse des organisations (CIRANO), le Québec a connu une nette diminution du faible niveau de revenu après impôt du Québec. Après avoir atteint un sommet au milieu des années 1990, immédiatement après l’entrée en vigueur de l’ALENA, le taux de faible revenu a continué de baisser et était même inférieur à celui de l’Ontario et du Canada lors de la récession de 2008 (voir tableau 8). .

Taux de prestataires à l’assistance sociale

Ainsi, non seulement le taux d'emploi atteint des niveaux records, le taux de chômage est à un plus bas historique, mais la rémunération hebdomadaire moyenne des travailleurs québécois est également en hausse. Les travailleurs ont ainsi protégé en moyenne leur pouvoir d'achat et l'ont même légèrement augmenté. NOTE DE RECHERCHE GÉRIQ | WWW.GERIQ.COM 17 Tableau 9 : Rémunération hebdomadaire moyenne des salariés au Québec.

Les travailleurs doivent-ils travailler plus d'heures par an pour atteindre ce niveau de salaire ? En fait, et contrairement à la perception populaire, il n’y a pas d’augmentation des heures travaillées. Les faits démontrent même le contraire : les Québécois entre 25 et 54 ans ont même connu une baisse des heures régulières annuelles de travail.

Il est difficile d’affirmer dans ces conditions que les semaines de travail s’allongent, et oui.

Tableau 8  : Évolution du taux de faible revenu après impôt
Tableau 8 : Évolution du taux de faible revenu après impôt

Rémunération hebdomadaire moyenne des employés au Québec en dollars constants de 2002

Les travailleurs doivent-ils augmenter leur nombre d’emplois pour avoir un revenu décent, comme c’est le cas par exemple aux États-Unis ? Les emplois créés sont-ils à temps partiel, ce qui expliquerait la diminution du nombre d'heures travaillées ? Les salariés travaillant à temps plein et à temps partiel n'ont connu aucun changement significatif entre 1997 et 2012 (voir tableau 11).

Cependant, il est vrai que lorsqu'on regarde les chiffres pour l'ensemble du Canada, le marché du travail est plus incertain, notamment parce qu'on assiste à une augmentation importante du nombre de travailleurs autonomes. NOTE DE RECHERCHE GÉRIQ | WWW.GERIQ.COM 19 le nombre de travailleurs autonomes est passé de 1,7 à 2,6 millions au Canada. L'emploi a-t-il augmenté au Québec, mais les coûts de l'adaptation au libre-échange ont été supportés de manière disproportionnée par les femmes qui auraient été surreprésentées dans les secteurs du textile ou du petit commerce ?

Tableau 10  : Heures annuelles habituelles de travail au Québec et en Ontario
Tableau 10 : Heures annuelles habituelles de travail au Québec et en Ontario

Employés à temps plein ou à temps partiel au Québec (1988-2013)

De nombreux spécialistes s’inquiètent depuis des années de l’augmentation très significative des revenus parmi les 1 % des pays les plus riches des pays développés (Piketty, 2013). Si l’on regarde l’évolution du coefficient de Gini, qui se concentre sur l’égalité des revenus avant et après impôts et transferts depuis le milieu des années 1990 et la fin des années 2000 (voir tableau 14), on constate en réalité une augmentation des inégalités de revenus après impôts et transferts. transferts. transferts. Selon plusieurs auteurs, face à la mondialisation de l’économie qui s’est fortement développée depuis les années 1960, les États n’ont véritablement d’autre choix que de poursuivre des politiques néolibérales face à cette concurrence mondiale toujours croissante.

Les luttes contre la dette et le déficit public de la plupart des gouvernements des pays de l’OCDE ainsi que les coupes budgétaires répétées ne sont que le symptôme de ce mal plus profond. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB dans les pays membres de l'OCDE ont continué de croître entre les années 1960 et la seconde moitié des années 1990 (NOTE DE RECHERCHE Paquin GERIQ | WWW.GERIQ.COM 25 55). Les gouvernements ont-ils été contraints par l’ALE et l’ALENA de supprimer massivement les effectifs publics ?

Selon l'Observatoire de l'Administration Publique ENAP, le nombre de fonctionnaires a augmenté de manière significative depuis les années 1990 malgré une diminution significative au début des années 1990, jusque dans les années 2000. Québec, 886 495 équivalents personnes, un nombre en augmentation continue depuis le début des années 2000 (Observatoire de l'administration publique, Cependant, la part de l'administration provinciale dans l'emploi public au Québec a légèrement diminué depuis le début des années 2000, passant de 12% à 9,9% sauf que les effectifs dans les réseaux (santé, éducation) augmentent à leur tour.

Depuis la conclusion de l'accord de libre-échange et de l'ALENA, le Canada est sorti plus rapidement de la récession du début des années 1990, bénéficiant d'une forte croissance et d'importants excédents commerciaux. À cet effet, Deslauriers et Gagné précisent que « […] entre 1989 et 2009, les dépenses par habitant en services sociaux des administrations municipales et provinciales au Québec ont augmenté de plus de 60 %, alors qu'en Ontario et dans la moyenne canadienne, les augmentations ont été respectivement 17% et p. 34). Le Québec affiche un excédent commercial avec les États-Unis, le taux d'emploi et le chômage sont à des niveaux historiquement bas, et l'ALE et l'ALENA ont permis au Canada et au Québec de sortir plus rapidement de la première récession des années 1990.

MORISSETTE, René et JOHNSON, Anick, (2007) « Délocalisation et emploi au Canada : quelques points de repère », Division de l'analyse des entreprises et du marché du travail, Statistique Canada, ministère de l'Industrie, 2007, p. Ministère des Finances et de l'Économie (2013), Le commerce extérieur du Québec, volume, 87p, [en ligne]. PAQUIN Stéphane (2014), « La mondialisation n'est (encore) pas à blâmer », dans Stéphane Paquin et Pier-Luc Lévesque (dir.), Social-Démocratie 2.0 Le Québec comparé aux pays scandinaves, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, p. 51-74.

Tableau 12  : Évolution du taux d’emploi féminin de 15 à 64 ans
Tableau 12 : Évolution du taux d’emploi féminin de 15 à 64 ans

Exportations québécoises au Mexique (1988-2013)

Referencias

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