Prob lémat ique
E
nviron 60 % de la population du Québec vit le long des rives du Saint-Laurent entre Cornwall et Québec. La population des municipalités rive- raines dufleuve a augmenté de 300 000 personnes depuis 1990, pour atteindre 3 300 000 personnes en 2001. Plus d’unetrentaine de stations d’épuration se trouvent le long du Saint-Laurent, mais certaines d’entre elles ne désin- fectent pasles eaux usées qu’ellestraitent avant delesrejeter aufleuve. Les débor- dements desréseaux d’égout survenant partemps de pluie sont un autrefacteur important qui contribue àla dégradation dela qualité del’eau. Enfin, on observe
EAU SÉDIMENTS RIVES RESSOURCES BIOLOGIQUES USAGES
à l’embouchure de certaines rivières une contamination bactériologique non négligeable liée aux rejets urbains et aux activités agricoles. Au cours des 25 dernières années, diversesinterventions d’assainissement ont tout de même permis d’améliorer substantiellement la qualité bactériologique del’eau. La baignade dans le fleuve demeure l’un des usages les plus souhaités par la populationriveraine. Toutefois,la popu- lation croit, souvent àtort, queles plages anciennement fréquentées sont encore aujourd’huiimpropres àla baignade à cause dela présumée mauvaise qualité bactériologique del’eau.
L A SALUBRITÉ DES SITES POTENTIELS DE BAIGNADE EN EAU DOUCE
Photo : MDDEP
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La salubrité des sites potentiels de baignade en eau douce
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Portra it de la s ituat ion
Entre 1999 et 2002,le ministère du Développement durable, del’Environne- ment et des Parcs a réalisé une étude dela qualité bactériologique del’eau à 48 sites localisés entre Montréal et l’île d’Orléans. Les sites ont été sélec- tionnés selonles critères suivants: plages historiques, plages anciennement sur- veillées dans le cadre du programme Environnement-Plage, sites actuellement utilisés, présence d’un accès public, qualités esthétiques et potentiel global du site. Près dela moitié des sites pré- sentaient un potentielintéressant pour la baignade, avec un niveau de contami- nation respectant généralement (plus de 70 % du temps)le critère de qualité de l’eau pour la baignade, soit 200 coliformesfécaux ou 200 E. coli/100 ml. Depuis 2003, 16 sites ont été sélec- tionnés comme sites sentinelles etfont l’objet d’un suivi hebdomadaire entre lafinjuin etlafin août.
État actuel
Les rejets non désinfectés de la région de Montréal, provenant des sta- tions d’épuration des eaux usées de Montréal, Longueuil et Repentigny, com- promettentles usagesrécréatifs sur une grande partie dufleuve, essentiellement dansle chenal de navigation et au nord immédiat de celui-ci. Cette contamina- tion est perceptiblejusque danslelac Saint-Pierre. Il existe cependant plu- sieurs enclaves oùla qualité bactériolo- gique del’eau est bonne, voire excellente. Dansle cas des sites oùla baignade est àl’occasion compromise,la contamina- tion bactériologique est souvent corrélée avec les précipitations enregistrées la veille oul’avant-veille del’échantillon- nage.Ilfaut donc être prudentlorsqu’il
Figure 1. La qualité bactériologique del’eau en rive dans la région de Montréal, été 2005
Figure 2. La qualité bactériologique del’eau en rive dans la région dulac Saint-Pierre, été 2005
Figure 3. La qualité bactériologique del’eau en rive dans la région de Québec, été 2005
Source: © Gouvernement du Québec, 2006
Source: © Gouvernement du Québec, 2006
Source: © Gouvernement du Québec, 2006
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Figure 4. Évolution du pourcentage de sites de qualité (PSQ), du pourcentage dejours baignables(PJB) et du pourcentage de temps sec (PTS)
MESURES-CLÉS
La qualité bactériologique d’un site en eau douce est évaluée en calculantla moyenne géométrique des concentrations en E.colide l’ensemble des échantillons pré- levés à ce site. Chaque site est visité dixfois au cours del’été, et à chacune de ces visites, quatre échantillons sont prélevés. Le sys- tème de classification ci-dessous est ensuite utilisé:
• Classe A (excellente qualité): 0 à 20 E. coli/100 ml
• Classe B (bonne qualité): 21 à 100 E. coli/100 ml
• Classe C (qualité passable): 101 à 200 E. coli/100 ml
• Classe D (mauvaise qualité): plus de 200 E. coli/100 ml L’évolution du PSQ (pourcentage de sites de qualité bonne ou excel- lente) et du PJB (pourcentage de jours baignables) indique si la qualité bactériologique des eaux du Saint-Laurent s’améliore ou se détériore.Ilfaut toutefois inter- préter cesindices àl’aide du PTS (pourcentage de visitesfaites par temps sec).
Photo : MDDEP
s’agit de comparerla qualité bactério- logique d’un site d’une année àl’autre, ou encore de comparerle pourcentage interannuel des sites qui présentent une bonne qualité bactériologique.
Indicateurs dela qualité
bactériologique en rive: PSQ et PJB Le pourcentage de sites de qualité (PSQ) réfère au pourcentage de sites, sur un total de seize, qui présentent une qualité bactériologique bonne ou excellente (moyenne géométrique sai- sonnièreinférieure à 100 E.coli/100 ml). Le pourcentage dejours baignables(PJB) correspond au pourcentage dejours, sur un maximum de 160 (16 sites x 10 visi- tes), pourlesquelsle critère de qualité lié àla baignade (200E. coli/100 ml) est respecté. Le pourcentage de temps sec
(PTS) aide àinterpréterles deuxindica- teursprécédents:il représentele pour- centage de visites,tous sites confondus, effectuéeslorsqueles précipitations enregistréesla veille etl’avant-veille de l’échantillonnage sontinférieures à 5 mm.
L’amélioration de la qualité bacté- riologique observée le long des rives du Saint-Laurent entre 2003 et 2005 ne résulte vraisemblablement pas d’un meilleur contrôle des débordements d’eaux usées par temps de pluie, 68 % des visites d’échantillonnage ayant été réalisées partemps sec en 2005 compa- rativement à 49 % seulement en 2003.
Photo : Ville de Trois-Rivières
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Source: © Gouvernement du Québec, 2006
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Pour en savo ir p lus
HÉBERT, S., 2000. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dansle Saint-Laurent,été 1999, Direction du suivi del’état del’environnement, ministère del’Environnement, Québec, 11 p. et 4 annexes.
HÉBERT, S., 2001. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dansle Saint-Laurent,été 2000, Direction du suivi del’état del’environnement, ministère del’Environnement, Québec, 9 p. et 3 annexes.
HÉBERT, S., 2002. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dansle Saint-Laurent,été 2001, Direction du suivi del’état del’environnement, ministère del’Environnement, Québec, 9 p. et 3 annexes.
HÉBERT, S., 2003. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dans le Saint-Laurent, été 2002, Québec, ministère de l’Environnement, Direction du suivi del’état del’environnement, 10 p., 3 annexes. HÉBERT, S., 2004. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dans le Saint-Laurent, été 2003, Québec, ministère de l’Environnement, Direction du suivi del’état del’environnement, 8 p., 3 annexes. HÉBERT, S., 2005. Évaluation dela qualité bactériologique desites potentiels de baignade dans le Saint-Laurent, été 2004, Québec, ministère du Développement durable, del’Environnement et des Parcs, Direction du suivi del’état del’environnement, 9 p., 3 annexes.
Rédaction: Serge Hébert
Direction du suivi del’état del’environnement Ministère du Développement durable, del’Environnement et des Parcs
Publié avecl’autorisation du ministre del’Environnement
© Sa Majestéla Reine du chef du Canada, 2002, 2eédition 2006 Publié avecl’autorisation du ministre du Développement durable, del’Environnement et des Parcs du Québec
© Gouvernement du Québec, 2002, 2eédition 2006 Node catalogue: En4-12/2006-F-PDF
ISBN 10: 2-550-48772-9-PDF ISBN 13: 978-2-550-48772-9-PDF
Dépôtlégal – Bibliothèque nationale du Canada, 2006
Also availablein English under the title: Safety of Potential Freshwater Swimming Sites
S
ix partenaires gouvernementaux – le ministère del’Environnement du Canada, le ministère des Pêches et des Océans du Canada,l’Agence spatiale canadienne, l’Agence Parcs Canada,le ministère du Développement durable, del’Environnement et des Parcs du Québec etle ministère des Ressources naturelles et dela Faune du Québec – et Stratégies Saint-Laurent, un organisme non gouvernemental actif auprès des collectivitésriveraines, mettent en communleur expertise etleurs effortsProgramme Su iv i
de l’état
duSa int-Laurent
Pour obtenir plus d’information sur le Programme Suivi de l’état du Saint- Laurent, veuillez consulterle siteInternet suivant: www.planstlaurent.qc.ca.
Vous pouvez également vous adresser au Bureau de coordination du Plan Saint- Laurent:
1141, route del’Église C.P. 10 100
Sainte-Foy (Québec) G1V 4H5 Tél.: (418) 648-3444
pour rendre compte àla population de l’état et del’évolution àlong terme du Saint-Laurent.
Pour cefaire, desindicateurs environ- nementauxont été élaborés à partir des données recueillies dans le cadre des activités de suivi environnemental que chaque organisme poursuit aufil des ans. Ces activités touchentles principales composantes de l’environnement que sontl’eau,les sédiments,lesressources biologiques,les usages etles rives.
Perspect ives
Lesfacteurs météorologiques étant dominants,touteintervention qui dimi- nue la fréquence des débordements d’eaux usées nontraitées dansle Saint- Laurentdevrait se traduire à l’échelle locale par une amélioration dela qua- lité bactériologique del’eau et par une augmentation des usages récréatifs potentiels. Toutefois,la mise en place d’équipements de désinfection reste une intervention majeure à privilégier sil’on veut corrigerla situation en aval de Montréal. Dans une perspective de développement durable, les bénéfices sociaux et possiblement économiques d’une amélioration dela qualité bacté- riologique del’eau sont susceptibles de compenser àlongtermeles coûts asso- ciés auxinterventions d’assainissement.