CLIENTELE HOSPITALISEE
Préparé pan Lina Noël, MLA.
Département de santé communautaire Hôpital du Saint-Sacrement
Octobre 1990
wc.
KO
,, . c Insillut national de santé publique du Québec
" 4835, avenue Christophe-Colomb, bureau 200 Montréal (Québec) H2J 3G8
IrlO Tél.: (514) 597-0606
LA SALPINGITE : ETUDE DE CAS ET EVALUATION DES PROFILS DE LA
CLIENTELE HOSPITALISEE
Préparé pan Lina Noël, MA.
Département de santé communautaire Hôpital du Saint-Sacrement
Octobre 1990
INTRODUCTION 1 METHODOLOGIE 4
La population à l'étude 5
RESULTATS 9 LA PROCEDURE DE RECRUTEMENT 9
LES FACTEURS DE RISQUE 13 : Les ^caractéristiques des groupes étudiés 13
Les consultations gynécologiques antérieures 17
La contraception 19 Les comportements sexuels 22
LES PROFILS DE CHEMINEMENT DES FEMMES TRAITEES POUR
SALPINGITE ET POUR MTS 29 Les femmes traitées pour salpingite 29
Les femmes traitées pour MTS 33
LES HABITUDES DE CONSOMMATION DES SERVICES MEDICO-
HOSPITALIERS 37
DISCUSSION 40 LES FACTEURS DE RISQUE 40
LES PROFILS DE CHEMINEMENT DES FEMMES
TRAITEES POUR SALPINGITE ET MTS 48 USTE DES TABLEAUX ET DES FIGURES 53
REFERENCES . . 55
REMERCIEMENTS
Sans la collaboration de nombreuses personnes, ce projet, fruit d'une réflexion d'équipe sur le sort des femmes face aux MTS, n'aurait pu prendre forme. Aussi, l'auteure tient à remercier toutes les personnes qui ont collaboré de près ou de loin aux étapes de cette recherche. Des remerciements particuliers s'adressent à toutes les femmes qui, sous le couvert de l'anonymat, ont bien voulu contribuer à l'amélioration des conditions de la prévention relative aux MTS et à leurs complications.
L'auteure adresse ses principaux remerciements à madame Colette Lachance MA.
et à monsieur Jacques Ringuet md. qui ont permis la mise en forme des premières ébauches et la réalisation finale de ce projet. Des remerciements tout particuliers s'adressent à monsieur Michel Alaiy md. pour sa collaboration concernant les aspects épidémiologiques et statistiques de l'étude. L'équipe n'aurait été complète sans la participation de monsieur Pierre Blanchet md. (obstétricien gynécologue) qui, en plus de supporter notre démarche auprès de ses collègues, a bien voulu nous conseiller sur les aspects cliniques.
L'auteure tient à signaler que le projet subventionné par le Conseil régional de la santé et des services sociaux (CRSSS 1988-08) a été réalisé grâce à la participation du personnel (médecins, administrateurs, personnel infirmier et des archives) de trois hôpitaux et de cinq cliniques du territoire.
INTRODUCTION
La salpingite est une affection des trompes de Fallope qui a souvent pour origine la dispersion de micro-organismes à partir de la flore vaginale1,2,3. Lorsqu'elle est diagnostiquée dans sa phase aiguë, elle entraîne généralement l'hospitalisation pour une période variant entre 5 et 7 jours. Les principales séquelles de la salpingite sont les douleurs pelviennes chroniques2,4,5, la grossesse ectopique6,7,8 et l'infertilité9"14.
Au cours des deux dernières décennies, la libéralisation de l'acte sexuel avec le développement de moyens contraceptifs et, l'apparition de l'infection à Chlamydia trachoma- tis, ont largement contribué à modifier le portrait des maladies transmissibles sexuellement (MTS) et des complications associées à ces dernières5. Alors qu'autrefois la majorité des salpingites étaient attribuables aux infections à Neisseria gonorrhoeae*9^9^, il apparaît que les infections à Chlamydia trachomatis17"19 ou poly-microbiennes2,3,20 sont de plus en plus courantes. Au Québec, on observe une diminution importante des infections à Neisseria gonorrhoeae au cours des cinq dernières années et, parallèlement à cette baisse des cas de gonorrhée, on enregistre une recrudescence de l'infection à chlamydia. En 1988, sur le territoire du Département de santé communautaire de l'hôpital du Saint-Sacrement (DSC- HSS), le ratio chlamydia-gonorrhée était de 6:1. De plus, certains auteurs5 indiquent que l'infection à chlamydia se retrouverait chez les jeunes de tous les milieux socio-économi- ques.
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 La majorité des infections pelviennes se traitent de façon efficace par des antibiothérapies appropriées sans qu'il y ait de complication. Toutefois, pour assurer un meilleur pronostic de fertilité chez les femmes atteintes, il faut intervenir rapidement dès les premiers symptômes. Au cours de la dernière décennie, une augmentation importante du nombre de complications généralement associées aux infections pelviennes a été enregistrée dans la région de Québec et plus spécifiquement au sein des populations desservies par le DSC-HSS. La fréquence des hospitalisations pour salpingite s'est accrue de 22% entre 1980 et 1984, pour ensuite diminuer dans les années subséquentes. Toutefois, le taux pour 100 000 femmes de 15 à 44 ans (126,2) demeure plus élevé que celui de la région (96,3). De plus, l'augmentation du nombre de grossesses extra-utérines sur le territoire du DSC-HSS (208%) pour la période de 1981 à 1987 montre bien l'importance du problème22. La désignation de l'infection à chlamydia comme maladie à déclaration obligatoire a aussi fait ressortir l'importance du phénomène et ce, plus spécifiquement sur le territoire du DSC-HSS, où les taux dépassent ceux enregistrés sur les autres territoires de DSC de la région socio-sanitaire (03-12). Le caractère asymptomatique de l'infection à C. trachomatis a été mis en évidence dans une clinique de planification des naissances de la région où 11,4% des patientes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) présentaient une infection sans symptôme . 23
La salpingite a fait l'objet de plusieurs études traitant des aspects étiologiqùes et épidémiologiques de la maladie. Cependant, très peu d'entre elles ont permis de
comprendre le phénomène dans son ensemble. L'étude de la salpingite réalisée générale- ment à partir de données cliniques ne permet pas de rendre compte de l'ensemble des facteurs en cause dans le développement de cette maladie. Une analyse portant sur les relations entre les différentes variables épidémiologiques et les déterminants socio-culturels devrait permettre une meilleure compréhension du phénomène. Dans cette perspective, la présente étude prend en considération certaines variables épidémiologiques, mais se concentre aussi sur les profils de cheminement des femmes traitées pour salpingite (profil de vie sexuelle active et de cheminement dans le système de soins) afin de comprendre l'itinéraire thérapeutique relatif à ce type d'affection.
L'objectif de la recherche consiste à retracer l'itinéraire thérapeutique des femmes hospitalisées pour salpingite à partir de données épidémiologiques concernant les facteurs de risque et de données sur les profils de cheminement (profil de vie sexuelle active et profil de cheminement dans le système de soins entourant l'épisode de salpingite) de ces femmes. Ces données seront comparées à celles de deux groupes de référence soit: un groupe de femmes traitées pour une maladie transmissible sexuellement (MTS) sans complication ainsi qu'un groupe de femmes ne présentant pas d'infection. Trois interroga- tions soustendent cette démarche: 1) le caractère asymptomatique de l'infection à Chlamydia trachomatis ne permettrait pas de déceler rapidement les infections pelviennes qui dégénèrent en salpingite; 2) la clientèle atteinte de salpingite présenterait un profil
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 atypique complexifîant le diagnostic; 3) le manque d'assiduité au traitement proposé par le médecin serait à l'origine d'un bon nombre de complications associées aux MTS.
Le but de la recherche consiste à identifier les facteurs de risque impliqués dans le développement de la salpingite et à comprendre les mécanismes responsables de l'accroissement du nombre de complications associées aux infections pelviennes. Cette démarche devrait permettre d'identifier des situations critiques en vue de développer des modèles d'intervention pour la prévention des MTS et de leurs complications.
METHODOLOGIE
Les premières études de Jacobson et Westrom en 196924 ont permis de bien cerner le concept de salpingite, de décrire l'étiologie de cette affection et d'en déterminer les causes. Des recherches plus récentes5,16,25"28 mettent en évidence certains facteurs de risque en vue d'améliorer l'approche thérapeutique. A partir d'entrevues réalisées avec des femmes traitées pour une salpingite, l'analyse d'un ensemble de variables épidémiologi- ques et de comportements pouvant avoir une incidence sur l'apparition de la maladie permettra de comprendre le déroulement de la maladie. De plus, deux autres groupes de femmes ont été sélectionnés pour des fins de comparaison soit, un groupe de femmes présentant des risques d'affection inflammatoire pelvienne et un groupe de femmes sans risque apparent.
La population à l'étude
Les femmes traitées en centre hospitalier (CH) pour une salpingite (groupe Salpingite) ont été recrutées à partir de trois CH et d'un établissement de soins de première ligne de la région de Québec. Seuls les cas de salpingite prouvée par laparosco- pic chez des femmes de 15 à 44 ans, dont le lieu de résidence se situait à l'intérieur de la zone urbaine et péri-urbaine de Québec, ont été retenus pour l'étude. Les deux autres groupes de femmes, soit celles qui consultent pour des MTS (groupe MTS) et celles qui consultent pour contraception ou pour un examen gynécologique (groupe Témoin), ont été sélectionnés en tenant compte des bassins de population desservis par les CH participant.
Pom- chacun des cas de salpingite identifié à partir des dossiers médicaux, le médecin traitant fut consulté afin d'obtenir l'autorisation de contacter la patiente. Des formulaires d'acceptation de participation à l'étude ont été expédiés à toutes les patientes pour lesquelles une autorisation du médecin avait été reçue et des entrevues ont été réalisées avec chacune des patientes ayant accepté de participer à l'étude.
Le recrutement des cas de salpingite sur une base prospective avait d'abord été retenu, mais il s'est avéré que le nombre de cas hospitalisés et répondant aux critères de l'étude n'était pas suffisamment élevé pour susciter la participation continue des médecins.
De plus, le diagnostic de salpingite est souvent posé sous réserve et la confirmation se fait dans bien des cas après que la patiente ait quitté l'hôpital, excluant de ce fait un certain
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 6 nombre de cas prouvés par laparoscopic. En raison de toutes ces difficultés, il fut convenu de contacter les patientes hospitalisées entre le premier janvier 1988 et le 30 juin 1989 de manière rétrospective parle biais des archives médicales. Par ailleurs, cette procédure est extrêmement lourde et entraîïie souvent des biais de sélection dont il faudra tenir compte dans l'analyse ultérieure des informations.
Le recrutement du second groupe de femmes (consultant pour une MTS) s'est fait auprès de quelques cliniques du territoire où l'on retrouvait une clientèle significative de femmes consultant pour ce type d'affection. Seuls les cas d'infection à C. trachomatis et à N. gonorrhoeae ont été retenus pour l'étude. Trente cinq femmes provenant de 4 centres médicaux ont été rencontrées en entrevue. De ce nombre, 29 entrevues ont été retenues pour l'étude, les 6 autres ayant été exclues parce que leur infection n'était pas associées à N. gonorrhoeae ou à C. trachomatis.
Le troisième groupe (groupe Témoin), fut sélectionné auprès de la population desservie par les CH participant. L'échantillonnage fut cependant soumis à la bonne volonté des centres collaborateurs qui ont accepté de faire passer le questionnaire à leur clientèle. Ainsi, certaines cliniques ont manifesté un plus grand intérêt que d'autres, occasionnant alors une surreprésentation des femmes consultant pour de la contraception après interruption volontaire de grossesse. Toutefois, une analyse des caractéristiques associées aux consultations médicales et principalement aux antécédents de MTS n'a pas
montré de différence entre les deux groupes. Au total, 94 questionnaires complétés par des femmes de 15 à 44 ans ont été retenus.
Les outils de collecte des données
Différents outils ont servi à la collecte des données. Chacune des femmes traitées pour salpingite et des femmes traitées pour MTS ont été rencontrées pour une entrevue d'une durée variant entre 30 et 90 minutes. Des informations sur les caractéristiques des cas, les comportements sociaux et préventifs, les antécédents médicaux, la contraception et toutes les consultations médicales entourant l'épisode de salpingite ou de MTS, ont été recueillies à l'aide d'un questionnaire standard. De plus, une grille de saisie, intégrée au questionnaire, a permis de recueillir des informations sur la maladie elle-même (ses manifestations, les réactions de la patiente et son cheminement dans le système de soins).
Pour la collecte des données spécifiques provenant des dossiers médicaux des patientes traitées pour une salpingite une formule standardisée a été utilisée. Dans certains cas, où cela s'est avéré nécessaire, nous avons eu recours, grâce à la collaboration de la patiente et du médecin traitant, à certaines informations contenues dans le dossier médical de la patiente.
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 Pour le groupe Témoin, les données ont été recueillies à partir d'un questionnaire de type fermé. Dans chacune des cliniques participantes, les médecins proposaient aux patientes, répondant aux critères de sélection, de compléter un questionnaire qui requérait line dizaine de minutes de leur temps. Les thèmes du questionnaire portaient sur les caractéristiques socio-démographiques des cas, sur leurs comportements sociaux et préventifs, sur leurs antécédents médicaux et sur la contraception.
Pour l'analyse des données d'entrevue et des questionnaires, deux méthodes ont été retenues, soit l'analyse de contenu et l'analyse statistique descriptive. L'analyse de contenu par le biais d'un processus informatisé a permis d'établir des typologies de réponse à partir de données qualitatives. L'utilisation de statistiques descriptives (tableau de contingence et test statistiques) a permis d'identifier les caractéristiques des femmes traitées pour salpingite, leurs antécédents médicaux, leur histoire contraceptive ainsi que leurs comportements sociaux et préventifs, et de les comparer à ceux des autres groupes.
Un certain nombre de variables de base ont été utilisées pour caractériser les cas:
l'âge, le statut civil, l'occupation principale et le niveau de scolarité. Des informations sur les antécédents médicaux de type gynécologique et des données complètes sur la contra- ception ont aussi été analysées pour les trois groupes de femmes. De plus, des données ont été recueillies pour des variables telles l'âge au début de la vie sexuelle active, le nombre de partenaires à vie, les partenaires occasionnels, la situation de couple et les
pratiques sexuelles en vue de connaître l'importance de ces facteurs et de les comparer avec ceux d'autres groupes de femmes sexuellement actives dans des groupes d'âge semblables.
Dans bien des cas, la salpingite est le résultat d'une complication d'une maladie transmissible sexuellement En vue d'évaluer les raisons influençant l'hospitalisation pour salpingite plutôt que le traitement préventif des infections, des profils de cheminement (profil de vie sexuelle active et profil de cheminement dans le système de soins entourant l'épisode de salpingite) ont été élaborés. De plus, certaines informations concernant les habitudes de consommation des services de santé, les services utilisés entourant l'épisode de salpingite, et les comportements sociaux et préventifs, ont été analysées. Une démarche similaire a aussi été réalisée avec les femmes traitées pour une MTS afin d'établir une base de comparaison du point de vue des profils de cheminement
RESULTATS
LA PROCEDURE DE RECRUTEMENT
Les principaux biais associés à la procédure de recrutement sont: l'exclusion des personnes qui ont changé d'adresse au cours de la période à l'étude, ceux associés au caractère volontaire de la participation et le problème de la qualité des sources orales, la
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 AQ
mémoire étant altérée par le temps. Une étude récente portant sur la fiabilité des réponses fournies par les patients, lors d'entrevues structurées concernant des questions relatives à la santé, a permis de tester la validité de certains types de réponse atténuant ainsi le biais de mémoire. A partir d'un indice de fiabilité (indice Kappa), les auteurs ont pu déterminer les conditions médicales et de santé pour lesquelles on obtient les réponses les plus fiables. Ainsi, toutes les informations, concernant les maladies ayant nécessité une hospitalisation, les événements entourant la reproduction et la prise de contraceptifs oraux, sont généralement rapportées de manière consistante et ce, même après une période de plus d'un an après l'événement.
Les biais associés à la non-participation des femmes qui n'ont pu être rejointes en raison d'un changement d'adresse et ceux liés à la participation volontaire demeurent entiers. Dans un des établissements, où les médecins eux-mêmes ont fait les démarches pour contacter leurs patientes en leur demandant l'autorisation de transmettre leur nom pour l'étude, seulement trois (3) patientes ont refusé et le taux de participation a été de 70%. Cependant, dans les autres établissements, les taux de participation sont inférieurs à 30% et ceci constitue un inconvénient majeur dont il faut tenir compte dans l'interpréta- tion des résultats.
Pour chacun des cas échantillonnés, une collecte minimale de données provenant du dossier médical a permis de comparer les participantes à celles qui ont refusé ou qui
n'ont pas été rejointes. Les résultats de cette démarche apparaissent au tableau I. Les quatre paramètres retenus pour chacun des cas de salpingite sont: l'âge, l'occupation, le lieu de résidence et le type d'affection. Toutefois, pour ce qui est de la variable occupation, elle n'était pas toujours disponible dans le dossier médical et elle n'a pu être déterminée chez 28% des patientes n'ayant pas participé à l'étude. L'âge moyen des femmes qui ont accepté de participer à l'étude (28,1 ans) est légèrement plus élevé que celui des femmes qui n'ont pas participé (26 ans), et ce, même si la différence n'est pas significative (t-student p> 0,1).
Le taux de participation chez les étudiantes (6 sur 7) et chez les femmes au foyer (8 sur 11) est supérieur à celui des femmes qui ont un emploi (16 sur 29) ou qui sont en chômage (1 sur 4).
La distribution des patientes, selon les causes de la salpingite (tableau I), indique une participation plus importante chez les femmes dont la salpingite est attribuable à l'utilisation d'un stérilet. Par ailleurs, les patientes chez qui on n'a pas identifié clairement la cause de la salpingite ont été moins nombreuses à participer.
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10
14 (45,2) 17 (54,8) 31 (100,0)
5 (7M) 2 (28,6) 7 (100,0)
10 (333) 20 (66,7) 30 (100,0) 2 (50,0) 2 (50,0) 4 (100,0)
31 (43,0) 41 (57,0) 72 (100,0)
TABLEAU L Distribution des cas de salpingite chez les participantes et chez les non-participantes selon les types de salpingite.
NON-
PARTiaPANTES PARTICIPANTES TOTAL
N % N % N % Salpingite primaire
- Associée à des micro-organismes - Associée à l'utilisation du stérilet - Sans précision
Salpingite secondaire
TOTAL
* Salpingite primaire: résultant de la dispersion de micro-organismes en provenance du vagin.
** Salpingite secondaire: la salpingite est causée par une infection à partir des organes pelviens ou de l'appendice.
Dans les pays industrialisés, il est couramment admis que la proportion des salpingites causées par des micro-organismes transmis sexuellement ou associées à ces derniers dépasse 80%*. Dans la présente étude, la proportion des salpingites associées à des micro-organismes est de 42% si l'on s'en tient à un test positif en laboratoire. Par ailleurs, l'évaluation des causes de la salpingite par le biais de critères, tels: 1) un partenaire traité pour un écoulement et 2) la présence de symptômes évidents chez la patiente (diagnostiqués par le médecin traitant, mais sans preuve microbiologique) donne une proportion de 71% de salpingites associées à des micro-organismes.
Parmrtes cas de salpingite retenus pour l'étude, on compte 26 salpingites aiguës et cinq salpingites sub-aiguës. Pour 23 des 31 patientes, il s'agissait d'une première salpingite, 6 en étaient à leur deuxième et 2 à leur troisième. Près de la moitié des salpingites considérées dans l'étude (14) ont été associées directement à des micro-organismes et le tiers (10 cas) n'ont pas été précisées (tableau I). Parmi ces dix cas, trois femmes en étaient à leur deuxième salpingite.
Cinq cas de salpingite sont survenus chéz dès porteuses de stérilet. Parmi ces dernières, trois sur cinq ont présenté une salpingite aiguë dont l'une associée à une infection à C. trachomatis et les deux autres cas se sont présentés sous la forme sub-aiguë lors d'un traitement en infertilité ou lors d'une ligature des trompes. Parmi les salpingites associées à des MTS, l'infection à C. trachomatis est retrouvée neuf fois sur dix.
LES FACTEURS DE RISQUE
Les caractéristiques des groupes étudiés
Du point vue de leurs caractéristiques socio-démographiques, les femmes des trois groupes sont relativement semblables si ce n'est que les femmes du groupe MTS sont significativement plus jeunes (t-student p < 0,0001) que leurs consoeurs et qu'elles sont plus
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 souvent célibataires. Toutefois, du point de vue de leur scolarité et de leur occupation elles ne sont pas vraiment différentes.
Les femmes du groupe Salpingite ont en moyenne 28,1 ±1,2 ans (moyenne ± erreur-type). Elles se distribuent à peu prés également dans toutes les catégories d'âge sauf chez les 30-34 ans où l'on retrouve une plus grande concentration de cas (figure 1A).
Les femmes traitées pour une salpingite vivent en couple dans 58,1% des cas (35,5%
mariées et 22,6% en union de fait), elles sont célibataires (38,7%) ou séparées (3,2%) dans 41,9% des cas (figure 2A). Elles ont complété une scolarité de niveau collégial (29,0%) ou de niveau universitaire (35,5%) dans 64,5% des cas (figure 2B). Prés de la moitié 48,4%
d'entre elles ont un emploi rémunéré, tandis que les autres sont étudiantes (22,6%) ou travaillent au foyer (22,6%) (figure 2C).
Les femmes du groupe MTS ont en moyenne 23,7 ±0,9 ans. Elles ont principalement entre 15 et 29 ans avec une proportion plus importante chez Jes 20-24 ans (figure 1B).
Majoritairement célibataires (72,4%) (figure 2A), elles sont sur le marché de l'emploi (62,1%) ou aux études (31,0%) (figure 2B) et ont complété des études post-secondaires dans 69,0% des cas (figure 2C). Les femmes traitées pour une MTS ont moins de 30 ans dans la majorité des cas (figure 1B) et n'appartiennent pas spécifiquement à des groupes socio-économiques défavorisés.
Figure 1 : Structure d'âge des femmes selon le groupe: A: Salpingite, B: MTS et C: Témoin.
A
401
B
40 -]2 N N 5
uS © uS ô tn
<• n N n n
C
40-,30-
Age
SALPINGITE : ETUDE D E CAS Page 16
Figure 2: Distribution des groupes de femmes selon: A: le statut civil, B: l'occupation et C:
le niveau de scolarité.
100 -
%
B
%
%
SALPINGITE MTS
100-,
TEMOIN
80 -
60-
40-
2 0 -
0-
SALPINGITE MTS TEMOIN
• Séparée
• Union de fait M Mariée B Célibataire
• En chômage
• A la maison JU Aux études
M Sur le marché du travail
• Universitaire g} Collégiale M Secondaire
Les femmes du groupe Témoin (sans infection due à une MTS) ont en moyenne 26,7
±0,7 ans et se distribuent dans toutes les catégories d'âge (figure 1C). Elles sont célibataires dans 44,7% des cas (figure 2A) et occupent un emploi rémunéré (55,3%) ou sont aux études (27,7%) dans la majorité des cas (figure 2B). Elles ont complété des études collégiales (43,6%) ou universitaires (23,4%) dans les deux tiers des cas (figure 2C). Les femmes de ce groupe appartiennent généralement à des groupes socio-économiques relativement instruits et sont nombreuses à occuper un emploi salarié.
Les consultations gynécologiques antérieures
Pour l'analyse des consultations gynécologiques antérieures, les femmes du groupe MTS et celles du groupe Témoin ont été regroupées (consultation externe) pour les comparer à celles du groupe Salpingite. Ces dernières indiquent, dans 19% des cas, avoir déjà consulté antérieurement pour ce type d'affection, alors que leurs consoeurs ne rapportent que 2% de consultations pour salpingite (tableau II). Près de la moitié (42%) des femmes du groupe Salpingite ont déjà utilisé un stérilet contre 11% chez les femmes vues en consultation externe (p <0,02). Même si la différence n'est pas significative, 10%
des femmes hospitalisées pour salpingite ont déjà consulté pour une grossesse ectopique contre 2% pour leurs consoeurs. Les femmes du groupe salpingite rapportent un peu plus souvent des consultations pour kyste ovarien (p <0,02). Cependant, elles rapportent moins souvent de consultations antérieures pour des problèmes liés au cycle menstruel (p <0,02).
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 Il n'y a pas non plus de différence entre les femmes des deux groupes du point de vue de la parité.
TABLEAU IL Proportion des femmes selon les types de consultations gynécologiques antérieures et selon le groupe (Salpingite et Consultation externe).
Consultations antérieures - Salpingite - Pose d'un stérilet - Kyste ovarien
- Ligature des trompes - Grossesse ectopique - MTS
- Problèmes associés au cycle menstruel.
- Nb. de grossesses (incluant IVG)
SALPINGITE CONSULTATION EXTERNE
N = 31 N = 123
N % N % P*
6 (19) 3 ( 2 ) 0,002
13 (42) 14 (11) 0,0002
6 (19) 6 ( 5 ) 0,0&
3 (10) 6 ( 5 ) N S . .
3 (10) 2 ( 2 ) N S , .
6 (19) 41 (33) NS
4 (13) 45 (37) 0,02
M (±0,2) 14 (± 0,1)
T Test exact de fisher.
Les femmes traitées pour une salpingite sont moins nombreuses à avoir consulté pour une MTS antérieurement soit 19% contre 37% chez les femmes vues en consultation externe, cependant, il n'existe pas de différence significative entre les femmes des deux groupes.
' La contraception
Les informations fournies par les femmes, sur l'ensemble des moyens de contracep- tion utilisés depuis le début de leur vie sexuelle active, ont permis de dresser un profil d'utilisation en tenant compte du premier moyen de contraception utilisé et du second lors- que ce dernier était un stérilet (figure 3). Des données sur la contraception utilisée au moment de l'épisode de salpingite ou de MTS (ensemble des événements à partir des premiers signes d'infection génitale qui ont mené à la consultation pour salpingite ou MTS jusqu'à la guérison) ou au moment de l'enquête pour les femmes du groupe Témoin ont
aussi été colligées (figure 4).
Les femmes des trois groupes ont eu recours à la prise d'anovulants comme premier moyen de contraception dans plus de 80% des cas (figure 3A). Par ailleurs, la durée d'utilisation de ce moyen de contraception chez les femmes traitées pour une salpingite (2,3 ans) est significativement moins longue (t-student. p< .0,0001) que celle de leurs consoeurs du groupe MTS qui sont plus jeunes (3,7 ans) et du groupe Témoin qui ont sensiblement le même âge (4,5 ans). Dans 39% des cas, les femmes traitées pour une salpingite ont eu recours à d'autres moyens de contraception en raison de contre-indications médicales ou des effets secondaires trop importants. L'utilisation du stérilet comme second moyen de contraception a été rapporté par 14% des femmes du groupe MTS et par 11%
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10
Figure 3: Proportion de femmes selon le groupe (Salpingite, MTS et Témoin) ayant utilisé des anovulants (A) comme premier moyen de contraception et un stérilet (B) comme deuxième.
B
t 100 -
90 80 H 70 -
60 -
% 50 40 30 H
20 - 10 -
0 -
50 n 40 - 30 - 20 10 -
.0 -
%
SALPINGITE MTS TEMOIN
Département de santé communautaire - Hôpital du Saint-Sacrement
FIGURE 4: Proportion des femmes selon le moyen de contraception utilisé au moment de l'épisode de salpingite ou de MTS, ou au moment de l'enquête, selon le groupe: A: Salpingite, B: MTS et C: Témoin.
%
A %
100-
90-
80-
70-
60-
50"
40- 30-
2 0 - 1 0 -
0-
| ~ | SIérilet ou ligature des trompes H U Anovulants
f | | j Sans contraception
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 des'femmes du groupe Témoin, contre 42% chez les femmes traitées pour une salpingite (figure 3B). Chez ces dernières, le stérilet fut utilisé 2,3 ± 0,7 ans en moyenne.
Au moment de l'épisode de MTS, 59% des femmes du groupe MTS utilisaient des anovulants contre 45% pour les femmes du groupe Témoin et 29% pour celles du groupe Salpingite (figure 4). Une proportion importante de femmes traitées pour une salpingite étaient sans contraception au moment de l'épisode, soit 52%. De plus, l'utilisation du stérilet (10%) et la ligature des trompes (10%) caractérisaient 20% des femmes de ce groupe. Même si 16% des salpingites sont directement ou indirectement associées à l'utili- sation d'un stérilet (tableau I), il n'était utilisé que par 10% des femmes au moment de l'épisode de salpingite.
Les comportements sexuels
Les fenunes traitées pour une MTS (16,9 ±0,4 ans) ont débuté leur vie.sexuelle active significativement plus jeunes (t-student <0,002) que celles du groupe Salpingite (17,9
±0,6 ans) et du groupe Témoin (18,6 ±0,3 ans). Pour leur part, les femmes du groupe Salpingite ne se distinguent pas de l'ensemble des femmes du point de vue de l'âge au début de la vie sexuelle active.
Le nombre cumulé de partenaires depuis le début de la vie sexuelle active (nombre - de^partenaires à4vie), regroupé en quatre catégories, (figure 5A) ne varie pas significative-
ment d'un groupe à l'autre. Les femmes traitées pour une salpingite et celles du groupe Témoin ont eu moins de 6 partenaires à vie dans respectivement 74% et 71% des cas. Il est à noter que plus du tiers des femmes traitées pour une salpingite ont eu un seul partenaire à vie (figure 5A). Chez les femmes qui consultent pour MTS, la proportion de celles qui ont eu moins de 6 partenaires à vie est de 59%. Par contre, elles sont moins de 15% à avoir eu un seul partenaire à vie et sont plus nombreuses (28%) à en avoir eu plus de 10.
Du point de vue de la situation de couple (un seul partenaire, un nouveau partenaire, plusieurs partenaires ou aucun partenaire) au moment de l'épisode (MTS ou Salpingite) ou au moment de l'enquête, il n'existe pas de différence significative entre les groupes. Toutefois, les femmes traitées pour une MTS sont plus souvent dans des situations à risque que leurs consoeurs des deux autres groupes, soit qu'elles ont plus d'un partenaire (21%) ou qu'elles ont un nouveau partenaire (21%) (figure 5B). Les femmes traitées pour une salpingite ont un partenaire régulier dans 68% des cas, plus rarement un nouveau partenaire (10%) ou plus d'un partenaire (6%) (figure 5B). Celles du groupe Témoin ont un partenaire régulier dans 65% des cas, un nouveau partenaire dans 19% des cas et plus d'un partenaire dans 4% des cas (figure 5B).
Lorsqu'il y a un partenaire régulier, la durée de la relation avec ce dernier est très variable au sein des trois groupes de femmes, soit en moyenne 7 ±1,2 ans chez les femmes
Figure 5: Distribution des groupes de femmes (Salpingite, MTS et Témoin) selon: A: le nombre de partenaires à vie, B: la situation actuelle du couple, C: les partenaires du partenaire et D: la présence de partenaires d'un soir.
%
100 n
90 -
8 0 -
70 -
6 0 -
50 "
40 "
30 "
20 10
0 SA
7 I Z
W toi/
LPINGITE MTS TEMOIN
10 et plus entre 5 et 10
entre 2 et 5
1 seul
B
%
Aucun partenaire Plus d'un partenaire Un nouveau partenaire
Un seul partenaire
SALPINGITE MTS TEMOIN
100 -,
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80
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50 40 30
20 10
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Au moins une autre partenaire Je ne sais pas
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%
100 -
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20 10
0
Aucun
Un seul
Plusieurs
MTS
0»
(D ro
du groupe Salpingite, 2,6 ±0,9 ans chez celles du groupe MTS et 5 ±0,6 ans chez celles du groupe Témoin. La durée de la relation avec le dernier partenaire est en moyenne plus courte chez les femmes du groupe MTS qui sont aussi plus jeunes que leurs consoeurs.
Concernant la délicate question des partenaires du partenaire, les femmes du groupe Salpingite ont indiqué la présence d'une autre femme dans 29% des cas (figure 5C). La même situation prévaut chez celles ayant consulté pour une MTS, où le partenaire a eu au moins une autre partenaire durant la période de vie commune dans 35% des cas. Par ailleurs, les femmes du groupe Témoin sont plutôt convaincues que leur partenaire n'a pas eu de relation avec d'autre partenaire depuis qu'ils sont ensemble (78%) (figure 5C).
A la question "avez-vous déjà eu des partenaires d'un soir11, au moins la moitié des femmes ont répondu qu'elles en avaient eu un ou plusieurs. Les femmes du groupe Salpingite et celles du groupe Témoin sont plus nombreuses à n'avoir jamais eu de partenaires d'un soir, soit respectivement 64% et 44% (figure 5D). De manière inverse celles du groupe MTS sont plus nombreuses à avoir eu plus d'un partenaire d'un soir soit 45%. Toutefois, il n'existe pas de différence significative entre les femmes des différents groupes.
Les questions ayant trait aux pratiques sexuelles concernaient la fréquence des relations génitales, orales et anales. De plus, la pratique des relations génitales durant la
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 période menstruelle fut considérée. La majorité des femmes ont indiqué avoir des relations vaginales sur une base régulière, toutefois cette mesure n'est pas suffisamment précise pour déterminer les risques liés à la fréquence des relations sexuelles et ces données ne furent pas considérées. Il en est de même pour la relation orale, rapportée par 88% de l'ensemble des femmes (tableau m), mais qui ne présente pas de risque pour la salpingite.
Globalement, entre 4% et 18% des femmes indiquent avoir des relations anales sur une base occasionnelle ou régulière. Même si les femmes du groupe Salpingite (18%) indiquent une fréquence légèrement plus élevée de relations anales que les femmes des autres groupes, la différence n'est pas significative. Un peu plus de la moitié (54%) des femmes, peu importe le groupe, ont des relations génitales durant la période menstruelle.
Ce sont les femmes du groupe Témoin (67%) qui rapportent le plus fréquemment ce type de pratique sexuelle et celles du groupe Salpingite (42%) qui indiquent le moins souvent avoir des relations durant la période menstruelle (p <0,001).
TABLEAU ni: Proportion des femmes selon le groupe (Salpingite, MTS et Témoin) et selon le type de pratique sexuelle.
SALPINGITE MTS TEMOIN
N = 31 N = 29 N = 94
Régulier ou occasionnel N % N % N % P*
- Relation orale 26(96) 13 (82) 86(92) N S . . • •
- Relation anale 5(18) 1 ( 4 ) 9 (12) NS
- Relation génitale durant 10 (42) 15(54) 52(67) <0,001 la période menstruelle
* Seuil prédictif basé sur un test de chi 2.
** Non significatif
La relation entre les types de pratiques sexuelles et l'âge ne varie pas de façon significative pour l'ensemble des femmes. Celles qui rapportent des relations orales (p
<0,5), des relations anales (p <0,9) ou des relations génitales durant la période menstruelle (p <0,5) proviennent de toutes les catégories d'âge.
L'utilisation du condom lors de la première relation sexuelle avec pénétration et les habitudes subséquentes en regard du condom comme moyen de protection contre les MTS ônrété'évaluées. De manière générale, 18% des femmes disent avoir utilisé le condôm lors de la première relation sexuelle (tableau IV). Il n'y a pas vraiment de différence que l'on appartienne à l'un ou l'autre des groupes; la proportion varie entre 17% pour les femmes du groupe Salpingite et 21% pour celles qui consultent pour une MTS. Par ailleurs, la moitié des femmes (51%) indiquent ne pas avoir utilisé de moyen de contraception lors de leur première relation sexuelle. Si les femmes du groupe Témoin ont été un peu plus nombreuses (40%) à utiliser un moyen de contraception hormonal ou mécanique lors de leur première relation sexuelle, il n'existe cependant pas de différence significative entre les groupes.
L'utilisation du condom comme moyen de protection contre les MTS n'est pas une pratique courante pour l'ensemble des femmes, 77% d'entre elles ont indiqué avoir rarement ou jamais eu recours à ce moyen (tableau V). La proportion des femmes qui utilisent rarement ou jamais le condom comme moyen de protection est un peu plus élevée
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 chez les femmes traitées pour une salpingite (93%) et chez celles traitées pour une MTS (83%), comparativement à celles du groupe Témoin (69%). Cependant, la différence n'est pas significative. Seulement 7% des femmes traitées pour une salpingite disent utiliser le condom avec tout nouveau partenaire.
TABLEAU IV: Le moyen de contraception ou de protection utilisé lors de la première relation sexuelle selon le groupe (Salpingite, MTS et Témoin).
Moyen utilisé - Aucun
- Moyen hormonal ou mécanique - Comdon
Valeur du d u 2: 6,45 Degré de liberté: 4 P: NS
SALPINGITE MTS TEMOIN TOTAL N = 31 N = 29 N = 94
N % N % N % N %
17(55) 18 (62) 40 (43) 75 (49) 8(26) 5(17) 38(40) 51(33) 6(19) 6(21) 16(17) 28(18)
TART P.ATI V: La fréquence d'utilisation du condom comme moyen de protection contre les MTS selon le groupe (Salpingite,, MTS,et Témoin).
Utilisation du condom - Rarement ou jamais
- Avec tout nouveau partenaire ou avec les partenaires occasionnels
Valeur du chi 2: 7,96 Degré de liberté: 2 P: <0,02
S A L P I N G I T E M T S T E M O I N T O T A L
N = 31
N % ZX It N = 94
N % N %
28(93) 24(83) 61(93) 113(77)
2 ( 7 ) 5(17) 27(31) 34(23)
LES PROFILS DE CHEMINEMENT DES FEMMES TRAITEES POUR SALPINGITE ET POUR MTS
Une analyse des profils de cheminement (profil de vie sexuelle active des femmes et leurs démarches dans le système de soins) a été effectuée en vue de comprendre les raisons qui font qu'un nombre croissant de femmes atteintes de salpingites sont hospitali- sées alors qu'il existe des traitements efficaces pour les principales causes d'infection pelvienne. Ces profils de cheminement ont été élaborés à partir de quatre catégories d'analyse qui tiennent compte des différentes raisons ayant limité ou favorisé le traitement préventif, soit: 1) le caractère asymptomatique de l'infection; 2) un profil atypique de la clientèle occasionnant un retard dans le traitement; 3) le manque d'assiduité au traitement de la part des patientes, et finalement 4) un profil typique entraînant une réponse rapide et un traitement efficace.
Les femmes traitées pour salpingite
Les femmes traitées pour une salpingite ont un profil de cheminement différent de leurs consoeurs traitées pour une MTS. Alors qu'un bon nombre de femmes du groupe MTS (55%) ont présenté des infections asymptomatiques identifiées lors d'une consultation pour d'autres motifs, celles du groupe salpingite ont eu de la difficulté à obtenir un traitement rapide (58%) en raison de symptômes plus diffus et d'un profil de clientèle
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 30 atypique. EUes* sont'généralement plus âgées (28 ans) et présentent, en apparence, moins de risque du point de vue de leurs comportements sexuels puisqu'elles sont souvent mariées ou vivent avec un partenaire.
Les salpingites asymptomatiques (figure 6A) se présentent soit subitement par des douleurs abdominales après une longue période d'incubation ou elles sont découvertes lors d'un traitement pour infertilité ou d'une intervention gynécologique. Ces femmes ont eu en moyenne 6 partenaires à vie (pour une vie sexuelle active de 10 ans). Elles ont généralement un partenaire régulier (3 femmes sur 4) depuis 4,7 ans et seulement une d'entre elles a eu un partenaire occasionnel durant cette période. La moitié d'entre elles ont eu un ou des partenaires d'un soir et aucune n'avait consulté antérieurement pour MTS. Le nombre moyen de consultations associées à cet épisode de salpingite est de 3 et le délai entre le début des symptômes et le traitement efficace est en moyenne de 16 jours.
Une patiente a pu identifier le moment présumé du contact infectant, soit environ 7 mois (1 cas) avant l'hospitalisation pour salpingite. De plus, selon cette dernière, son partenaire n'aurait pas été traité puisqu'il ne présentait pas de symptôme.
Plus de la moitié des femmes traitées pour une salpingite présentaient un profil atypique. Elles ne s'apparentaient pas aux groupes traditionnellement identifiés à risque pour une MTS, soit celui d'une jeune femme célibataire provenant d'un milieu moins favorisé, ayant de multiples partenaires (figure 6B). Les femmes au profil atypique ont en
Hôpital du Saint-Sacrement
ASYMPTOMATIQUE ( N - 4 )
la 19
Partenaires à vie 6 (±2.9) Partenaire d'un soir 2 sur 4
Partenaire régulier 3 sur 4 durée 4,7 ans (± 3,4)
•c +
i 3
•= -S
SALPINGITE
contact infectant 1 sur 4 (7 mois) partenaire non traité
2 0 21 22 23
_ _ _ _ _ _ _ _ — * -X— — ••
-H 1 1 |N'— ' '—->
24 25 26 27 28 a Délai 28 ans
15 Jours
B
PROFIL ATYPIQUE (N - 18)
I I
18 19 20
Partenaires è vie 7 { t 2) Partenaire (fun soir 2,3 sur 6
Partenaire régulier 4.3 sur 6 duréée 6 ans (± 1,6)
v r» o
D s i contact infectant 1,3 sur 6 ( 1 3 m o l s ± 5 ) moins de la moitié des partenaires traités
» • • N • Jr -
- V
Délai 10.0 mois (±7,3)21 22 23 24 25 26 27
MANQUE D'ASSIDUITE AU TRAITEMENT ( N - 3 )
£ "5 '
„ § Partenaire é vie 1 (± 0.3)
£ g Partenaire cfun soir 1 sur 3
18 H 19
Partenaire régulier 3 sur 3 durée 0 ans (± 4.8)
co m
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s i contact infectant 2 sur 3 (12 mois) partenaires non traités
2 0
~~ ~ ~~ "7 ~ | ~ ~~ ~7 ~~ ~i y -r,. r - r . ^
21 22 23 24 25 26 27
Délai 10 mois (±10)
28 ans
PROFIL TYPIQUE ( N - 6 ) ©
« S 1 1 1 8 o I—
17 18 19
Partenaires è vie ,. 5 (±3.9) Partenaire d'un soir 1 sur 6
Partenaire régulier 4 sur 6 durée 6 ans (±1,6)
20 21 22 23 24 25 26 H N
27
(0 «O CM CNJ
s contact Infectant 2 sur 6 (1 mois) 3 « i n partenaire non traité T ^ . • > Délai 1,5 mois (± 1,4)
28 ans
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 moyenne 7 partenaires à vie (pour une vie sexuelle active de 10 ans) et le tiers d'entre elles ont eu un ou des partenaires d'un soir, 3 fois sur 4 elles ont un partenaire régulier depuis en moyenne 6 ans. La présence de partenaires occasionnels(les) de la femme ou de son conjoint n'est pas fréquemment rapportée (lui: 1,4 sur 6; elle:0,7 sur 6). Elles ont consulté en moyenne à quatre reprises dans un délai moyen de 11 ±7,3 mois. Celles qui identifient un contact infectant, le situent à environ 13 mois avant l'hospitalisation pour salpingite.
Moins de la moitié des partenaires ont reçu un traitement. Dans bien des cas, l'infection remontait à plusieurs mois, voir à plusieurs années pour certaines femmes. Seulement le tiers de ces femmes avaient déjà consulté pour une MTS antérieurement
Les femmes qui ont présenté des problèmes d'assiduité au traitement (figure 5C) ont un profil différent de leurs consoeurs. En moyenne, elles ont eu 1 partenaire à vie (pour une vie sexuelle active de 10 ans), et seulement le tiers d'entre elles ont déjà eu une aventure avec un partenaire d'un soir. Dans tous les cas elles ont un partenaire régulier depuis en moyenne 9 ans et tous les partenaires ont eu des relations hors du couple alors que seulement une des femmes a eu un partenaire occasionnel. Ainsi, en général le manque d'assiduité au traitement est imputable au partenaire qui n'a pas pris conscience de son infection asymptomatique ou qui n'a pas prévenu sa partenaire, alors qu'il se savait infecté.
Ces femmes enregistrent le plus grand nombre de consultations pour un même épisode (en moyenne 7 par patiente) dans un délai moyen de 10 mois. Les deux tiers d'entre elles
identifient le moment du contact infectant à 12 mois avant l'hospitalisation pour salpin- gite.
Les femmes dont la première consultation a rapidement été suivie d'un traitement, ont en moyenne amorcé leur vie sexuelle à 17 ans. Elles ont eu 5 partenaires à vie (pour une vie sexuelle active de 11 ans) et seulement une d'entre elles a eu un ou des partenaires d'un soir. Elles ont un partenaire régulier (4 sur 6) depuis en moyenne 6 ans et le tiers d'entre elles indiquent la présence d'un partenaire occasionnel durant cette période. Du côté du conjoint, 1 sur 3 à eu des relations hors couple. Le nombre de consultations entourant l'épisode de salpingite est en moyenne de 2 pour un délai de 1,5 mois. Le contact infectant précède généralement de près l'épisode (1 mois).
Les femmes traitées pour MTS
Chez les femmes traitées pour MTS, les infections asymptomatiques (figure 7A) représentent plus de la moitié des cas. Ces femmes ont en moyenne 25 ans. Elles ont amorçé leur vie sexuelle à 17 ans, ont eu en moyenne 10 partenaires à vie (8 ans de vie sexuelle active) et un peu plus de la moitié d'entre elles ont eu des partenaires d'un soir.
Seulement la moitié d'entre elles ont un partenaire régulier et cette situation est relativement récente (moyenne 2,6 ans). Le quart d'entre elles ont eu un partenaire occasionnel durant cette période et le partenaire est lui aussi impliqué dans une relation
SALPINGITE : ETUDE D E CAS Page 10 hors couple une fois sur quatre. Elles ne sont pas très nombreuses à avoir consulté antérieurement pour une MTS et en général le délai de consultation est d'environ 15 jours.
Le moment du contact infectant se situe à environ 6 mois avant la consultation pour MTS.
Les partenaires sont traités dans la majorité des cas et ce sont des épisodes qui ne nécessitent généralement pas plus d'une consultation.
Il est plutôt rare que les femmes traitées pour MTS, aient eu à consulter à plusieurs reprises avant de trouver une solution à leur problème (figure 7B). Dans cette catégorie où l'on retrouve seulement trois cas, la moyenne d'âge lors de la consultation pour MTS est de 24 ans et l'âge moyen à la première relation sexuelle est de 16 ans. Le nombre de partenaires à vie est de 6 (8 ans de vie sexuelle active) et deux femmes sur trois indiquent avoir eu des partenaires d'un soir. Seulement une d'entre elles a un partenaire régulier depuis 1,3 ans. Les partenaires occasionnels durant cette période sont présents chez la femme traitée pour une MTS et chez son partenaire et deux d'entre elles ont consulté antérieurement pour MTS. En général le délai de consultation est de 3,2 mois et le moment du contact infectant se situe en moyenne à 9 mois avant l'épisode avec des écarts très importants (erreur type ± 7,5 mois). Dans ces cas, ce sont généralement les partenaires non traités (2 sur 3) qui ont été à l'origine de la réinfection et de la nouvelle consultation.
Malgré tout, le nombre moyen de consultations occasionnées par cet épisode se situe en deçà de deux.
ASYMPTOMATIQUE ( N - 16)
3 ? MTS
l 2 1 0 ( ^ 3 ) P ^ r é Q d * a 5 . u , 4 « S î . r " '
I fi Partenairetfunsoir 2,2eut4 durée 2,6ans (± 1.3) - i
P , , , , , > W a i <15jours
17 18 10 20 21 22 23 24 25 ans
PROFIL ATYPIQUE ( N - 3 )
i
e> n
3 3 MTS
g <8 § 9 contact infectant 9 mois (±7,5)
E Partenaires à vie 6 (±2.8) Partenaire régulier 1 sur 3 cm 1 - s partenaires traités 2 sur 3
Partenaire d'un soir 2 sur 3 durée 1,3 ans (± 0.7 ans) I #
4-0 — 4»
. i i .NJ 1 1 • • • •
B | H i - H < 1 ' ' N
16 17 18 19 20 21 22 23
Délai - 3 . 2 mois (±1.3) 24 ans
MANQUE D'ASSIDUITE AU TRAITEMENT (N « 4)
16 17
Partenaires â vie 10 (±2,7) Partenaire régulier 3 sur 4 ~ Partenaire d'un soir 4 sur 4 durée 3,4 ans (± 1,4)
4 -0
1 1 1 1— 1 1 s i
M
MTS
contact infectant 2 . 2 mois (± 0.7) partenaires traités 4 sur 4
T . - . T - - - 4 ;
< N Délai 0
18 19 20 21 22 23 24 25 ans
PROFIL TYPIQUE ( N - 6 )
£ S
p I
i
3
0
<0 <0 h. b 3 3 3
MTS
contact infectant 1,4 mois (±0,4) partenaires traités 5 sur 6
17 18 19 N1
Partenaires ft vie Partenaire cfun soir
3 (±0,9) 5 sur 6 Délai 1 mois
20 ans
Partenaire régulier 4 sur 6 durée 0 , 6 ans (± 0. 2)
0)
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 Les femmes dont la MTS est associée à un manque d'assiduité au traitement ont en moyenne 25 ans (figure 7C). Elles ont débuté leur vie sexuelle à 16 ans et ont eu en moyenne 10 partenaires à vie (9 ans de vie sexuelle active) et elles ont toutes eu un ou des partenaires d'un soir. Elles sont généralement avec un partenaire régulier depuis 3,4 ans et dans la moitié des cas elles et leurs partenaires ont eu des relations hors couple. Trois d'entre elles ont déjà consulté antérieurement pour une MTS et la consultation retenue pour l'étude est une nouvelle infection après traitement. Finalement, lors de cette dernière consultation, tous les partenaires ont été traités.
Lés femmes dont la consultation est suivie d'un traitement sont généralement très jeunes (20 ans), en moyenne elles ont eu leurs premières relations sexuelles à 17 ans (figure 6D). Elles n'ont pas non plus un grand nombre de partenaires à vie (3 pour une vie sexuelle active de 3 ans), mais sont nombreuses à avoir eu des partenaires d'un soir (5 sur 6). Les deux tiers d'entre elles ont un partenaire régulier depuis moins d'un an. Les partenaires occasionnels hors couple sont relativement fréquents soit une fois sur trois pour elle et pour son partenaire. Seulement une d'entre elles a déjà consulté antérieure- ment pour MTS. Le moment du contact infectant remonte en moyenne à 1,4 mois et le délai de consultation est relativement court (1 mois). La majorité des partenaires (5 sur 6) ont été traités lors de l'épisode de MTS.
- Hôpital du Saint-Sacrement
LES HABITUDES DE CONSOMMATION DES SERVICES MEDICO-HOSPITALIERS
Les consultations gynécologiques représentent une part importante des demandes de soins provenant des femmes. Afin de vérifier le niveau de satisfaction des femmes traitées pour MTS et salpingite face aux soins qui leur ont été offerts, une partie de l'entrevue portait sur l'accessibilité et les modèles d'utilisation des services. De manière générale, les femmes des deux groupes estiment à plus de 75% qu'elles ont accès à des services de première et de seconde ligne dans des délais très raisonnables. Chez celles qui signalent des difficultés à obtenir un rendez-vous rapidement et qui ont tendance à consulter en CH, on ne note pas de relation entre secteurs de résidence et difficulté d'accès aux services.
En regard des habitudes de consommation de services médicaux, il appert que la majorité (87,1%) des femmes traitées pour salpingite ont tendance à consulter un ou deux médecins, soit un omnipraticien et un gynécologue sur une base régulière, tandis que les femmes traitées pour MTS sont un peu plus nombreuses (37,9%) à avoir changé de médecin et de lieu de consultation (p <0,05) (tableau VI). Les principaux facteurs qui influencent le changement de médecin sont: les déménagements de la patiente ou du médecin, l'absence de réponse adéquate en regard du problème de santé pour lequel elles ont consulté et la gêne de la patiente vis-à-vis son médecin régulier en raison de la nature de la consultation (MTS).
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10
TABLEAU VL Les habitudes de consommation en regard du médecin traitant chez les femmes du groupe Salpingite et du groupe MTS.
SALPINGITE MTS N % N % - J'ai l'habitude de consulter le même médecin 27 (87,1) 18 (62,1) - Je n'ai pas de médecin régulier 4 (12,9) 11 ( 37,9) TOTAL 31 (100,0) 29 (100 fl)
Valeur du chi 2: 5,01 Degré de liberté: 1 P: <0,05
Par ailleurs, même si la majorité des femmes indiquent avoir consulté généralement le même ou les deux mêmes médecins, la situation analysée au moment de l'épisode de salpingite ou de MTS est différente. Alors que la clinique médicale a été le premier lieu de consultation pour 69% . des . femmes dégroupe MTS, seulement 58% des femmes du groupe Salpingite se sont rendues chez leur médecin régulier lors de l'épisode de salpingite.
Ainsi, 42% des femmes du groupe Salpingite et 31% de celles du groupe MTS ont consulté directement à l'urgence ou à la clinique externe. Par ailleurs, 9 des 31 femmes traitées pour salpingite (29%) présentaient des symptômes aigus ayant nécessité une consultation d'urgence et l'hospitalisation dans les heures subséquentes.
De mariière générale, les partenaires des femmes ayant consulté pour MTS ont été traités dans 79% des cas soit, directement par le même médecin (48%) ou par un autre (31%). Au moins une MTS a été identifiée chez 10 femmes traitées pour une salpingite, et seulement 3 patientes étaient certaines que leur partenaire avait été traité.
Du point de vue des conseils et des explications reçus, la majorité des femmes traitées pour salpingite (61,3%) et traitées pour MTS (75,2%) (tableau VI) étaient très satisfaites des explications fournies par le médecin. Ce dernier a supporté la femme dans la recherche de ses contacts dans 9,7% des cas. Par contre chez les femmes traitées pour salpingite, 38,7% ont eu peu ou pas d'information ou estiment qu'elles ont été victimes des préjugés associés aux MTS.
TABLEAU VII: Appréciation des conseils et des explications reçus concernant les MTS et la salpingite lors de l'épisode de MTS ou de salpingite.
SALPINGITE MTS N % N %
- Recherche des contacts supportée par le médecin 0 ( 0,0) 3 ( 9,7) - Les explications reçues étaient satisfaisantes 19 (61,3) 19 (65,5) - Manque d'explication ou victime de préjugés 12 (38,7) 7 (24,1)
TOTAL 31(100,0) 29(100)
Valeur du dû 2:4,25 Degré de liberté: 2 P: NS
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 DISCUSSION
LES FACTEURS DE RISQUE
Dans l'ensemble, les femmes traitées pour une salpingite qui ont accepté de participer à l'étude ne semblent pas se distinguer du groupe de femmes consultant pour de la contraception ou pour un examen gynécologique. Alors que celles traitées pour une MTS sont généralement plus jeunes (moyenne d'âge: 24 ans) et plus souvent célibataires, les femmes traitées pour une salpingite ont en moyenne 28 ans et vivent avec un partenaire régulier. Toutefois, compte tenu du fait que la participation était volontaire, il est possible qu'une proportion importante des femmes qui n'ont pas répondu à la demande aient un profil différent de celles qui ont accepté même si elles se situent dans les mêmes groupes d'âge.
Du point de vue de l'âge au moment de la salpingite, nos données ne sont pas différentes de celles fournies par d'autres é t u d e s2 8^3 0 où l'âge moyen des femmes hospitalisées pour une salpingite se situe entre 25 et 34 ans. De plus, elles sont conformes aux informations fournies dans une étude sur l'hospitalisation pour salpingite dans la région de Québec où on estime qu'en moyenne les femmes consultent pour une MTS entre l'âge
22
dé 15 et 24 ans alors que l'âge au moment de la salpingite se situe entre 25 et 30 ans . Dans les faits, là salpingite touche de manière tout aussi importante les jeunes femmes de
15 à 24 ans, cependant la majorité des cas se présentent sous une forme sub-aiguê et sont traités efficacement en externe.
Outre le fait que les femmes du groupe MTS soient plus jeunes et plus nombreuses à être célibataires, il n'existe pas vraiment de différence entre les groupes d'un point de vue socio-démographique (figure 2). Les jeunes femmes sont relativement plus exposées aux
MTS parce qu'elles ne sont généralement pas engagées dans une relation de couple à long terme, mais entretiennent plutôt des relations de type monogame dont la durée varie entre quelques mois et quelques années (monogamie sériée). A cet égard, les femmes traitées pour salpingite ne présentent pas le même profil. Elles sont plus âgées et vivent en association familiale avec un partenaire, ce qui a pour effet de les exclure des groupes à risque pour les MTS. Du point de vue de leur statut marital, les femmes du groupe Salpingite s'apparentent davantage à celles du groupe Témoin. Des résultats semblables ont été observés dans une étude récente28 où l'auteur n'a trouvé aucune différence significative entre les femmes traitées pour une salpingite et celles d'un groupe de référence concernant le statut marital.
L'association entre salpingite, MTS et milieux socio-économiques défavorisés avait antérieurement été démontrée***®^®^*"^, toutefois, ce lien est de moins en moins évident et certaines études plus récentes2®^ indiquent que les infections à Chlamydia trachoma- tis touchent de façon indifférenciée toutes les classes sociales. Ainsi, l'épidémie de
SALPINGITE : ETUDE DE CAS Page 10 chlamydia qui sévit actuellement, constituerait un important facteur de risque, pour toute personne sexuellement active qui n'est pas engagée dans une relation exclusive à long terme, et ce, peu importe son statut socio-économique. Le caractère asymptomatique de l'infection à chlamydia est souvent responsable d'infections sub-aiguës qui passent inaperçues.
Même s'il n'existe pas de différence significative entre les trois groupes étudiés, les femmes traitées pour une salpingite sont un peu plus souvent au foyer que leurs consoeurs et un peu plus nombreuses à vivre en union de fait Elles ont fait des études universitaires dans une proportion plus grande que celles des deux autres groupes (figure 2).
Les résultats de la présente étude indiquent des risques relativement élevés de contracter une MTS pour l'ensemble des femmes célibataires peu importe leur niveau de scolarité et leur occupation. D en va de même pour les cas de salpingite hospitalisés qui semblent toucher des femmes de toutes les catégories. Toutefois, compte tenu des limites associées au faible nombre de cas étudiés, d'autres recherches similaires seront nécessaires pour confirmer ces résultats.
Les femmes traitées pour salpingite, ont, à certains égards, plus de problèmes gynécologiques ou consultent plus souvent pour des affections telles que la salpingite, les kystes ovariens, l'installation d'un stérilet et les problèmes associés au cycle menstruel.
Toutefois, elles sont moins nombreuses que leurs consoeurs à signaler des consultations antérieures pour MTS, soit 19% d'entre elles. Sur ce point, nos résultats diffèrent de ceux fournis dans une étude de Westrom1 où il est mentionné que 33% des femmes ayant un diagnostic de salpingite avaient indiqué au moins une MTS antérieurement. Par ailleurs, ils s'apparentent à ceux d'une recherche plus récente^ où aucune différence significative entre les femmes traitées pour une salpingite et celles du groupe de référence en regard des antécédents de MTS n'a été mise en évidence.
Du point de vue de la contraception, il faut garder en mémoire qu'une bonne partie des femmes du groupe Témoin consultaient précisément pour cette raison. Toutefois, les résultats de l'enquête suggèrent quelques pistes intéressantes en regard de la contraception, comme le fait que les femmes traitées pour salpingite présentent plus souvent des incompatibilités à l'utilisation d'anovulants (figuré 3A) et sont, par le fait même, plus nombreuses à ne pas utiliser de moyens de contraception. Ces femmes ont généralement eu recours aux contraceptifs oraux au tout début de leur vie sexuelle active pour constater rapidement qu'elles présentaient des effets secondaires importants et même dans certains cas des problèmes de santé associés à ce moyen de contraception. Parmi l'ensemble des femmes, le stérilet n'apparaît pas comme un moyen de contraception privilégié (figure 3B).
La très grande majorité des médecins ont prescrit ce moyen après avoir constaté un échec à l'utilisation des contraceptifs oraux. Cependant, les femmes traitées pour salpingite semblent plus nombreuses à connaître des difficultés avec les anovulants et le recours au