L'historienne Françoise Hiraux décrit les archives personnelles comme des « documents produits et conservés par les hommes »1. Les données personnelles ne peuvent être traitées de la même manière que les données publiques. Il faut donc s’interroger d’abord sur la perception des archives privées par la profession avant de tenter de comprendre la place occupée par les archives personnelles.
10 Christine Nougaret, Pascal Éven, dir., Archives privées : manuel pratique et juridique, Paris, La Documentation Française, 2008, p. 18 Les archives de la vie privée [en ligne], disponibles sur http://ww.archivesdelavieprivee.ch/ (consulté le 3 février 2014). Les archives personnelles peuvent apparaître à certains comme un objet de désir et de fascination.
L’individu, un archiviste insoupçonné ?
Certains guides abordent la question des archives privées et au-delà comme des archives personnelles. Ces divisions permettent de juger ces documents selon la valeur et l'utilité que leur attribue le titulaire. 43 Claudine Dardy, « De la paperasse à l'archive : l'administration domestique », dans Daniel Fabre, L'écriture : ethnologie des écrits quotidiens, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1997, p.
Cette décision dépend alors de l’usage et de la valeur que le propriétaire donne à ses documents et de ce qu’il doit ou non conserver. 55 Claudine Dardy, « De la paperasse à l'archive : l'administration domestique », dans Daniel Fabre, L'écrit : ethnologie des écrits quotidiens, Parys, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1997, p. 58 Claudine Dardy, « De la paperasse à l'archive : l'administration domestique », dans Daniel Fabre, L'écriture : ethnologie des écrits quotidiens, Parys, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1997, p.
L’habitat, comme lieu d’archives
Ce schéma nous fait comprendre que les habitants de la Vallée de l'Ubaye ont développé une culture du charognard. Mais, il ne s'agit pas de n'importe quelle galerie, car les documents sélectionnés reflètent une « image de soi, une construction d'identité personnelle ». FABRE (Daniel), dir., Par l'écriture : ethnologie des écrits quotidiens, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme p.
S’intéresser à l’histoire de l’immigration nécessite de considérer des archives multiples : archives publiques et privées. Virginie Beaujouan, chargée de mission à l'association Génériques74, précise que « les archives privées constituent une source essentielle pour l'histoire de l'immigration »75. En effet, les archives d’entreprises, d’associations ou encore les archives religieuses et syndicales sont aussi des données pour constituer l’histoire de l’immigration.
Making the History and Memory of Immigration Known [en ligne], disponible sur http://www.generiques.org (consulté le 25 novembre 2013). Selon les raisons de leur immigration, les immigrés rencontrés apportaient avec eux des papiers spécifiques. Les papiers déposés par les immigrés qui ont épousé un Français reflètent naturellement le mariage dans le pays d'origine de l'immigré.
Nous comprenons donc que les documents sélectionnés pour voyager dépendent du statut d'immigré qui sera appliqué en France. Cet inventaire n'est pas représentatif de l'ensemble du domaine des archives personnelles concernant les immigrants. Lors de l'entretien, à la question "Avez-vous emporté vos documents personnels avec vous lorsque vous êtes allé en France ?"
Les archives personnelles, qui proviennent certainement du pays d'origine, ne semblent pas à toutes les personnes rencontrées comme le symbole d'une revendication d'appartenance à une culture d'origine. Abdelkafi, son épouse, présente au moment de l'entretien, précise : « C'est vrai qu'il n'avait rien, il n'avait absolument rien. Ceux qu'il cite lors de l'entretien sont ceux qui appartenaient à son père : « Ce que j'ai hérité de mon père, c'est cette poche, deux foulards en soie et une cravate.
De nouveaux papiers comme la preuve d’une adaptation au pays d’accueil
Bemanana se souvient exactement du jour et de l'heure de son arrivée à Paris, il raconte les différentes lignes du métro parisien qu'il a emprunté pour rejoindre sa sœur. C'est le premier article qu'il présente en début d'entretien, sur la question des archives personnelles. Le fait de conserver cette pièce d'identité s'explique aussi par sa fierté des voyages qu'il a effectués.
Cette valise noire qu'il utilisait pour venir en France fut également utilisée plus tard pour les cours qu'il suivait à l'université. Tous ces documents d'identité sont standardisés et codifiés pour se conformer à un modèle contrôlé par l'État et les institutions. En témoigne le fait que chaque individu porte sur lui ses documents d’identité, notamment lorsqu’il se trouve dans l’espace public.
Face à l'individualisme des sociétés modernes, « l'identité des individus ne se définit plus dans le cadre de l'espace de reconnaissance mutuelle » 83 qu'ils ont connu. Les changements d'identité auront un impact sur le traitement par les immigrés de leurs documents personnels une fois arrivés en France. À leur arrivée, les immigrés ne reçoivent pas la carte nationale d’identité française dont disposent les citoyens français.
En tout cas, selon l'INED85, qui a réalisé une étude sur le rapport des immigrés à l'identité nationale86, cela ne contredit pas le fait de se sentir français, dont l'origine est importante pour l'identité des immigrés. La carte nationale d'identité du pays de naissance que possèdent les immigrés perd sa valeur première à leur arrivée en France, elle n'a aucune validité légale. Les immigrés et leurs descendants face à l'identité nationale », extrait de l'étude Trajectoires et Origines (TeO), INED-INSEE.
Ces nouveaux Français pourront ensuite disposer d'un acte de naissance français et obtenir une carte nationale d'identité française ainsi qu'une carte d'électeur.
Les photographies, l’exemple d’un tissage culturel
Elle dit vouloir retravailler cette photo pour lui redonner de l'éclat et c'est ce qu'elle fait. Les images sont donc mixtes et représentent la vie qu'il a menée au Maroc et celle qu'il a vécue en France. Il précise qu'il existe d'autres photographies qui sont principalement liées à sa vie de famille en France.
Les photographies qu'il attribue ici correspondent à ses photographies, c'est-à-dire celles prises dans son pays d'origine. Cependant, le salon est rempli de photographies de sa famille qu'il a fondée en France. Il termine en concluant : « La photographie, c'est se dire qu'on a encore des liens familiaux, des liens sociaux, un repère familial, qu'il ne faut pas oublier, avec son pays d'origine.
Pour être honnête, pour moi c'est un peu, un peu de pudeur dans le sens où ce n'est pas que je ne veux pas que les gens voient mes parents sur les photos ou mes frères sur les photos, mais ça reste intime. . Elle dit qu’elle était très proche de sa famille et qu’elle n’en avait jamais été aussi loin. En effet, pour lui, « les photos sont comme tout le monde, ce sont des souvenirs, qu'on soit expatrié ou non, on garde les souvenirs.
Enfin, les valeurs attribuées à ces archives personnelles justifient leur place dans l'espace domestique de chacun. Nous constatons qu’aucun schéma ni aucun parcours type n’ont émergé pour cette question. Mais justement s’intéresser au quotidien est important pour capter les pratiques les plus courantes et percevoir que la conscience archivistique n’est pas exclusive au métier, mais qu’elle est ouverte et accessible à tous.
Ce sont là les seuls liens matériels qu’ils conservent de leur famille et de leur culture.
RETRANSCRIPTIONS PARTIELLES DES ENTRETIENS
- Présentation brève de chaque témoin
- Retour sur le pays d’origine
- Un intérêt tardif pour les archives privées
- Le traitement des archives personnelles appliqué par la profession
- Le goût pour les archives ordinaires
- Les archives personnelles dans le cadre domestique
- La production et la collecte d’archives de soi
- Le classement domestique
- Une cartographie de l’habitat
- Des conditions particulières de conservation
- De l’intimité à une ouverture vers l’extérieur
- Sources législatives et réglementaires
- Sources orales
- Les papiers d’origine, une représentation de la vie passée
- Prouver administrativement son identité première
- S’exprimer par les archives personnelles
- L’importance des objets matériels
- Le souvenir de l’entre deux : le voyage
- Le rapport à l’identité dans la société française
- Une nouvelle identité civile
- La diversité des photographies
- L’habitat, un lieu d’exposition hybride
- Les photographies, vecteurs de souvenirs
Elle a donc été vécue de multiples façons selon chacun, d’autant que le départ du pays d’origine ne s’est pas produit au même âge. Oui, j'ai eu le choix quand j'ai obtenu mon master en droit public, j'ai eu le choix de passer les concours, d'aller à l'Ecole Nationale de la Magistrature ou à l'Ecole Nationale d'Administration Malgache, mais mon choix c'est d'aller en France pour allez, il y a aussi les parents qui m'ont poussé. Bouasba : « Ce sont les études et puis l'envie d'aller en Europe, en France, un pays développé et surtout de dire qu'on n'a pas eu l'occasion de faire des choses techniques et scientifiques autrement qu'en expatriation.
Quand je suis arrivée en Allemagne, j'ai postulé dans trois universités françaises pour étudier la psychologie qui m'a toujours tenu à cœur et j'ai donc postulé à Nantes, Angers et Besançon et c'est Angers qui a répondu positivement et je suis donc venue à Angers pour continuer mes études. . en psychologie à l'Université d'Angers. Mme Perrochon : « Non, ce n'était pas pour émigrer, mais comme je me suis mariée, j'y ai rencontré mon mari, nous nous sommes mariés. Bemanana : "C'est d'abord la famille, puis il y a le poids de l'histoire. Je dis cela parce que peut-être que nous sommes une colonie britannique, peut-être que je serais en Angleterre.
Madagascar est francophone, on a appris le français à l'école et puis les langues d'enseignement sont le français. Kouyaté : "Donc pour nous c'était très simple, comme nous étions des étudiants envoyés à travers le pays, il nous fallait un passeport, des visas, et puis nous étions accueillis dans une structure bien implantée à Paris qui nous emmenait dans les différentes universités parisiennes" envoyé" France, ça y est, je me suis retrouvé au Mans par hasard, ce n'est pas un choix. Bemanana : " En France, il faut d'abord s'inscrire sur le campus France, ce sont eux qui envoient toutes les universités françaises représentées dans le Dans les ambassades, il faut d'abord s'inscrire sur le campus de France et puis s'ils l'acceptent, on s'inscrit dans une université française et de là, si on a un formulaire d'inscription, on se présente à l'ambassade ou au consulat de France pour une demande de demande d'admission. titre de séjour étudiant.
Après le campus français tu reviens à l'ambassade, au consulat car j'étais au consulat de Tamatave, c'est la ville où j'habitais et là tu déposes les dossiers avec une somme d'argent, 650 000 francs malgaches, ça vaut ça vaut environ 57 euros et après ils vont traiter le dossier, c'est comme à la préfecture et après tu attends. Sahali répond : « Ah non, non, ce qui me relie sérieusement à l'Algérie, c'est ma famille, rien de plus. En Algérie, les seuls liens que j'ai sont ma mère, mes frères et mes sœurs.
Oui, régulièrement et puis j'y amène toujours des délégations Flech, sauf récemment, car nous sommes allés principalement au Mali, depuis les événements, c'est nous qui accueillons les Maliens ici, parce que la zone n'est pas sûre, nous ne prends pas de risques.