Enfin, les opérations canadiennes des ME du reste du monde se distinguent de celles des ME américaines par une meilleure perception de la coopération syndicale par les employeurs. Le niveau d'autonomie et la portée décisionnelle accordés aux opérations canadiennes des sociétés émergentes américaines ont donc diminué au fil des ans (Arthurs, 2009).
REVUE DE LA LITTÉRATURE
L A THÈSE DE LA CONVERGENCE ET LA THÈSE DE LA DIVERSITÉ
- L A THÈSE DE LA CONVERGENCE
- L A THÈSE DE LA DIVERSITÉ
Cette convergence se retrouve également au niveau de la GRH et des RI (Mcgraw et Harley, 2003). L’étude de la diffusion des pratiques de ME doit se faire en étudiant ces deux principes combinés.
L ES EFFETS DU PAYS
- L E PAYS HÔTE
- L E PAYS D ’ ORIGINE
- L ES ÉTUDES EMPIRIQUES
De même, certains auteurs se sont davantage intéressés à l’effet du pays d’origine sur les pratiques de SE. Ainsi, selon Charland (2008), dans certains cas, l’effet du pays d’accueil supprime celui du pays d’origine.
L ES RELATIONS DU TRAVAIL
- L ES RT DANS LES EM S
- L ES RT AU C ANADA
- L ES ASPECTS DES RT EXAMINÉS
La préférence des pays émergents pour la décentralisation de la négociation collective est reconnue au sein des associations d'employeurs (Marginson et Meardi, 2009). La reconnaissance syndicale dans une unité est généralement indépendante de la situation dans une autre (Slinn, 2009). La reconnaissance syndicale est même considérée comme un symbole d’échec de la direction (Ferner et al., 2005).
Les notions de partenariat et de coopération font partie de la gestion managériale de l'entreprise (Ferner et al., 2001). Cependant, la participation syndicale dépend en partie des lois du travail de chaque système local de RI, auxquelles les EM doivent se conformer. Enfin, la consultation des dirigeants avec les syndicats lors de la prise de décision a un effet positif sur le climat des RI.
L ES CONSTATS DE LA LITTÉRATURE
Les rares études qui le montrent montrent qu’ils ont tendance à adopter des pratiques similaires à celles des États-Unis, mais plus favorables aux syndicats. De leur côté, les pays émergents européens ont tendance à être moins unitaires que les pays émergents américains, mais le recours au modèle antisyndical anglo-saxon est possible. Dans un contexte mondialisé, les pratiques de RT sont plus susceptibles de varier d'un pays à l'autre que les pratiques de GRH car elles sont plus sensibles aux différences institutionnelles.
Le Canada dispose donc d'un système décentralisé, caractérisé par la reconnaissance des syndicats et la négociation collective au niveau institutionnel. Le taux de syndicalisation est relativement stable et le mouvement syndical est impliqué au niveau politique.
L A PROBLÉMATIQUE
De même, lorsque des sociétés canadiennes sont acquises par des pays émergents américains, les RT ont tendance à se détériorer. Il est donc utile d’en savoir plus sur les facteurs influençant les pratiques de RT des ME américains. C’est pour ces raisons que cette recherche s’intéresse particulièrement à la RT dans les opérations EM américaines.
En examinant cette question, il sera possible de déterminer si la politique canadienne favorisant l'IDE, notamment en provenance des pays émergents américains, a des effets négatifs sur les RT au Canada ou, à l'inverse, si elles sont de bonnes entreprises citoyennes. Cette recherche abordera également la question de l’identité des ME canadiens : ont-ils des pratiques uniques ou sont-ils une copie conforme des ME américains. Ainsi, il sera possible de tester différentes approches identifiées dans la littérature qui tentent de décrire les déterminants influençant les pratiques de SE.
MODÈLE D’ANALYSE ET MÉTHODOLOGIE
L E MODÈLE D ’ ANALYSE DE LA RECHERCHE
- L E MODÈLE CONCEPTUEL
- L E MODÈLE OPÉRATOIRE
- L ES HYPOTHÈSES
Selon la littérature, les pays émergents ont tendance à mettre en œuvre les pratiques de leur pays d'origine (Edwards et Ferner, 2002). H1.1 : Les OB américains reconnaissent moins souvent le syndicat dans leurs nouvelles institutions que les OB des autres pays. H1.2 : Les pays émergents américains ont une perception de l’union plus faible que ceux des autres pays.
H1.3 : La négociation collective est plus décentralisée dans les États membres des États-Unis que dans ceux des autres pays. H1.4 : Les ME américains impliquent moins les syndicats dans la prise de décision que les syndicats des autres pays. H1.5 : L'autonomie dans le développement des politiques de RT est plus faible dans les États membres américains que dans les États membres des autres pays.
L A MÉTHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
- L ES CARACTÉRISTIQUES DE LA RECHERCHE
- L E PLAN D ’ OBSERVATION
- L E PLAN D ’ ANALYSE
En effet, pour faire partie de la population ME, cette dernière devait compter au moins 500 employés à l'échelle mondiale, dont au moins 100 travaillant au Canada et au moins 100 autres travailleurs situés à l'étranger ( Bélanger et al., 2006). Une firme de sondage téléphonique a permis de déterminer avec qui communiquer (Bélanger et al., 2006). La validité externe de la recherche est assurée par le fait que le groupe de répondants est représentatif de la population d'EM ayant des opérations au Canada et aux États-Unis.
Un autre critère de représentativité du groupe répondant par rapport à la population concerne le nombre d'employés au Canada. Les répondants et les indicateurs de population sont répartis par catégorie de taille dans des proportions très similaires (voir Figure 3). Bref, tout montre que la validité externe de la recherche est assez bonne, même si nous n'avons pas pu l'évaluer selon le critère de syndicalisation des entreprises canadiennes.
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS
L ES STATISTIQUES DESCRIPTIVES
- L A VARIABLE INDÉPENDANTE : PAYS D ’ ORIGINE
- L ES VARIABLES CONTRÔLES : TAILLES , SECTEUR ET TYPE D ’EM S
- L ES VARIABLES DÉPENDANTES : L ES PRATIQUES EN RELATIONS DU TRAVAIL
La taille de la filiale est mesurée par le nombre de salariés dans les OC (indicateur A9M). Concernant la taille des OC, on retrouve une proportion de grandes ME (1000 salariés ou plus) dans le groupe des ME syndiquées que parmi les répondants et la population. En fait, près de la moitié (48,5 %) des répondants ont indiqué qu'ils n'avaient aucune autonomie.
Le tableau XVIII présente les résultats liés aux perceptions des employeurs concernant la coopération du syndicat et à l'attitude des représentants syndicaux (variables F8a et F8b). Presque la majorité (46,5 %) des OB interrogés sont d'accord ou tout à fait d'accord avec l'affirmation selon laquelle les représentants syndicaux travaillent ensemble pour résoudre les problèmes et atteindre les objectifs de l'entreprise, contre 19,2 % qui ne sont pas d'accord ou tout à fait d'accord ne sont pas d'accord. Plus précisément, deux politiques ont été retenues de l'étude de Bélanger et al. 2006) : la détermination de la reconnaissance syndicale (F12bM) et l'étendue de la participation syndicale à la prise de décision (F12cM).
L ES ANALYSES BIVARIÉES
- L ES VARIABLES INDÉPENDANTES
- L ES VARIABLES DÉPENDANTES
- L ES VARIABLES CONTRÔLES
Concernant les corrélations avec les variables de contrôle, la variable États-Unis est associée négativement au poids des OC. Enfin, il existe une forte corrélation entre la variable Canada et le poids de la variable de contrôle des CO au sein de la ME (R = 0,72 ; p < 0,01). Ce résultat influencera les analyses de régression linéaire avec la variable indépendante implication syndicale qui seront réalisées dans le prochain chapitre.
Une relation significative est constatée entre la variable Europe et la variable dépendante autonomie de la filiale en terme de RT (R = .21 ; p < .10). Deuxièmement, il existe une relation négative entre la variable du reste du monde et l’autonomie du CO en RH (R = -0,23 ; p < 0,05). La variable dépendante de la reconnaissance syndicale est positivement corrélée au poids variable des opérations sur les marchés émergents (R = 0,28 ; p < 0,01).
L ES RÉGRESSIONS STATISTIQUES
Le tableau XXV présente les résultats de l'analyse des déterminants de la perception des employeurs de la coopération entre les représentants syndicaux. Le tableau XXVI examine les déterminants de la perception d'une attitude conflictuelle des représentants syndicaux envers la direction. Par ailleurs, le poids des AC a une influence positive sur la perception d’une attitude conflictuelle des représentants syndicaux.
Enfin, l'évaluation à l'étranger est négativement liée à la perception d'une attitude conflictuelle de la part des représentants syndicaux. Le tableau XXVIII montre que le bloc 1, c'est-à-dire les variables de contrôle, explique 41 % de la variance de l'implication syndicale dans la prise de décision (ΔR² = 0,41 ; p < 0,01). Dans le tableau XXIX, sont présentés les résultats de la régression linéaire visant à identifier les déterminants de l'autonomie des OC en termes de RT.
ANALYSE ET DISCUSSION DES RÉSULTATS
L A VÉRIFICATION DES HYPOTHÈSES
- L A RECONNAISSANCE SYNDICALE
- L A PERCEPTION PATRONALE À L ’ ÉGARD DES REPRÉSENTANTS SYNDICAUX
- L A STRUCTURE DE LA NÉGOCIATION COLLECTIVE
- L’ IMPLICATION SYNDICALE
- L’ AUTONOMIE DES OPÉRATIONS EN MATIÈRE DE RT
- L ES VARIABLES CONTRÔLES
En effet, les OB européennes et le reste du monde constatent une plus grande coopération de la part des représentants syndicaux que les OB américaines. Cependant, aucune différence n’est constatée entre les États membres européens et ceux du reste du monde. Ces analyses montrent que les pays émergents canadiens sont plus syndiqués que les pays émergents américains.
La négociation collective est plus décentralisée dans les États membres américains que dans d’autres pays. H1.5 : l’autonomie dans l’élaboration des politiques de RT est plus faible dans les pays émergents. Ce résultat est cohérent avec la littérature selon laquelle les ME intégrés sont plus centralisateurs (Bartlett et Ghoshal, 1998).
L A RÉPONSE À LA QUESTION DE RECHERCHE
Troisièmement, nos résultats concernant le type de marchés émergents montrent que les marchés émergents qui sont intégrés à l’échelle mondiale, tels que mesurés par l’existence d’un comité RH mondial, ont moins d’implication syndicale dans la prise de décision. Ce résultat est à l’opposé du modèle développé par Bartlett et Ghoshal (1998), qui soutiennent que les marchés émergents intégrés à l’échelle mondiale adoptent des pratiques standardisées et que les sièges sociaux exercent un plus grand contrôle sur ces activités. Cinquièmement, les opérations canadiennes qui développent leur propre philosophie disposent de plus d'autonomie en matière de RT.
Comme le souligne la littérature, les ME prônant une stratégie d’adaptation locale attachent une grande importance aux différences nationales (Bartlett et Ghoshal, 1998), ce qui se reflète dans l’attribution d’autonomie tant en termes de philosophie de gestion que de matériel de RT pour les opérations. D’un autre côté, les opérations canadiennes des sociétés émergentes canadiennes, européennes et du reste du monde différaient des opérations canadiennes des sociétés émergentes américaines en ce qui concerne au moins trois des cinq pratiques de RT étudiées. Bref, la recherche permet de conclure que le pays d’origine influence les pratiques de RT et que cette influence dépend du pays et de la pratique en question.
L ES QUESTIONS SOULEVÉES PAR LES RÉSULTATS
En outre, ils perçoivent moins de coopération de la part de l’Union que les États membres européens et le reste du monde. Ces quelques différences suggèrent que les ME canadiens adoptent des pratiques de RT particulières distinctes de celles mises en œuvre par les ME américains. Notre thèse nous permet de documenter de manière originale le comportement des ME canadiens en matière de RT sur leur territoire et de le comparer avec celui des ME d'autres pays, plus spécifiquement américains.
Notre recherche est pionnière dans l’exploration des études sur la pratique de la RT dans les EM au Canada. Nous avons vérifié si, selon le pays d'origine, il existe des différences entre les ME en termes de pratiques de RT mises en œuvre dans leurs opérations canadiennes. De plus, l’idée selon laquelle les ME canadiens suivent les pratiques des ME américains ne s’est pas révélée tout à fait exacte.
Les RT des pays émergents américains sont-ils pires que ceux du Canada ou de l’Europe ? Les différences entre les marchés émergents européens et américains pourraient donc s’être réduites.