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Mémoire CAAAQ - Gouvernement du Québec

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Academic year: 2024

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1. Introduction...2

2. Portrait d’Exceldor coopérative avicole...3

2.1 Description de l’entreprise...3

2.2 Historique ...3

2.3 Les établissements...4

2.4 Positionnement concurrentiel ...4

3. Le cadre législatif ...5

3.1 La gestion de l’offre, le plan conjoint...5

3.2 La Convention de mise en marché...5

4. Les défis et les menaces...7

4.1 La surproduction nationale...7

4.2 Abattoirs provinciaux vs abattoirs fédéraux ...7

4.3 Le commerce interprovincial ...8

4.4 La biosécurité...9

4.5 La main-d’œuvre...9

4.6 La concentration des principaux acheteurs ...10

4.7 La stagnation de la consommation...10

4.8 L’Organisation mondiale du commerce...11

4.9 Coûts de production et transformation...12

5. Conclusion ...14

TABLE DES MATIÈRES

SIGLES UTILISÉS DANS LE MÉMOIRE

Sigles Définition

AAAQ Association des abattoirs avicoles du Québec

ACIA Agence canadienne d’inspection des aliments

CCTOV Conseil canadien des transformateurs d’œufs et de volailles

EQCMA Équipe québécoise de contrôle des maladies aviaires

EVQ Éleveurs de volailles du Québec

MAPAQ Ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec

OMC Organisation mondiale du commerce

PASAF Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme

PPC Producteurs de poulet du Canada

RMAAQ Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec

VAG Volume d’approvisionnement garanti

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Nous désirons tout d’abord remercier la Commission d’avoir invité Exceldor coopérative avicole (« Exceldor » ou

« Coopérative ») à participer à titre d’entreprise majeure à l’une de ses audiences publiques nationales. Exceldor possède des établissements tant dans l’est que dans l’ouest de la province, ce qui en fait un joueur d’envergure dans l’abattage, la transformation et la commercialisation de volailles non seulement au Québec, mais aussi au Canada.

Exceldor exploite des abattoirs de volailles depuis plus de 60 ans. Nous connaissons très bien l’industrie, notamment en matière d’abattage et de commercialisation, tout comme le point de vue des producteurs. En effet, étant la seule coopérative d’abattage de volailles au Québec, les préoccupations de nos 256 membres aviculteurs nous touchent et nous permettent d’avoir une vision globale des grands enjeux de l’industrie.

Dans ce mémoire, nous dresserons d’abord le portrait d’Exceldor pour ensuite étudier divers enjeux de l’industrie avicole.

1. INTRODUCTION

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2.1 Description de l’entreprise

Exceldor est une coopérative spécialisée dans l’abattage, la transformation et la commercialisation de volailles.

L’entreprise, dont le siège social est situé à Lévis, transforme environ 1 400 000 poulets sur une base hebdomadaire à partir de ses usines de Saint-Anselme, Saint-Damase et Grenville. En outre, Exceldor abat et transforme plus de 13 000 000 kg de dindon chaque année avec sa coen- treprise Unidindon inc. Ayant un chiffre d’affaires de plus de 350 000 000 $ et employant quelque 950 personnes, Exceldor est un chef de file dans la commercialisation de poulet et de dindon frais au Canada. Exceldor est aussi copropriétaire de deux autres entreprises dans le secteur de la volaille, soit Unidindon inc. et Volaille Giannone inc.

La mission d’Exceldor est :

« Abattre, transformer et commercialiser de la volaille » La vision d’Exceldor est :

« Exceldor, la référence en commercialisation de volaille fraîche au Canada »

Exceldor préconise les valeurs de respect, d’équité, de colla- boration et d’excellence.

2.2 Historique

Exceldor est issue de la fusion de deux anciennes coopératives qui ont toutes deux vu le jour en 1945 : la Coopérative avicole d’Etchemin et la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase.

En 1950, la Coopérative avicole d’Etchemin devient la Coopérative de Dorchester. Durant la même période, la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase est la première usine québécoise sous inspection fédérale et obtient le sceau « Approuvé Canada ». Par la qualité de ses installations, de son service et surtout de ses produits, elle gagne une place de choix sur les marchés québécois et canadien.

En 1970, la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase met en marché une nouvelle marque de commerce : le poulet Coquet. « Le poulet à tout faire »

— comme le disait la publicité de l’époque — s’est rapi- dement imposé sur le marché comme un produit de première qualité.

À la fin des années 80, la Coopérative de Dorchester acquiert l’entrepriseLa Poulette Grise inc. dont les princi- pales installations sont l’abattoir, situé à La Malbaie, et l’usine de surtransformation, située à Québec, cette dernière étant mieux connue sous l’appellation Produits Quatre Étoiles.

Finalement, la Coopérative de Dorchester et la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase fusion- nent en janvier 1995 pour donner naissance à une grande société avicole qui sera connue sous le nom de Groupe Dorchester/Saint-Damase, la coopérative avicole.

L’année 1996 verra naître Unidindon inc., une coentre- prise d’abattage de dindon détenue par Exceldor et par Olymel S.E.C.

En mai 1998, pour des raisons purement commerciales, le Groupe Dorchester / Saint-Damase change de nom pour Exceldor coopérative avicole.

En janvier 2000, en se portant acquéreur de certains actifs d’Abattoir Laurentien inc., Exceldor atteint 36 % des parts du marché de l’abattage au Québec, en plus de devenir l’entreprise qui commercialise le plus de poulets frais au Québec.

Au cours de l’année 2005, Exceldor et Olymel S.E.C. s’as- socient de nouveau et font l’acquisition de Volaille Giannone inc.

Enfin, en mars 2007, les actifs de Volailles Grenville inc.

passaient aux mains d’Exceldor.

Entreprise née des besoins des producteurs de se pren- dre en main et de faire progresser leur industrie, Exceldor est soucieuse de son avenir, de celui de ses membres, ainsi que du bien-être de l’industrie de la volaille.

2. PORTRAIT D’EXCELDOR COOPÉRATIVE AVICOLE

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2.3 Les établissements

Les activités d’Exceldor se déroulent à plusieurs endroits dans la province. Outre son siège social à Lévis et son bureau des ventes à Boucherville, Exceldor exploite directement trois abattoirs. Elle est la seule entreprise à posséder un abattoir d’importance dans l’est du Québec, soit à Saint-Anselme en Chaudière-Appalaches, où elle emploie près de 400 employés sur deux quarts de travail.

Environ 600 000 poulets y sont abattus par semaine.

Cette usine est spécialisée dans le refroidissement à l’air des poulets, un produit de plus en plus prisé par les con- sommateurs. La vitesse optimale d’abattage est de 8 520 poulets à l’heure.

Exceldor possède aussi un abattoir à Saint-Damase en Montérégie. Cette usine abat environ 400 000 poulets par semaine sur un quart de travail et emploie près de 240 employés. Elle est spécialisée dans le refroidissement à l’eau et la vitesse optimale d’abattage est de 14 910 poulets à l’heure (sur deux lignes d’abattage).

Exceldor exploite aussi depuis peu, par l’entremise de sa filiale Volailles Grenville S.E.C., un abattoir près de la fron- tière ontarienne située à Grenville dans les Laurentides.

Quelque 260 personnes y travaillent pour y abattre environ 400 000 poulets par semaine. La vitesse optimale d’abattage est de 7 450 poulets à l’heure. Cette usine est spécialisée dans le refroidissement à l’eau, mais peut aussi refroidir à l’air environ 10 000 poulets par jour.

Précisons qu’Exceldor détient une participation de 50 % dans Volaille Giannone inc., un abattoir situé à Saint- Cuthbert dans Lanaudière, où sont abattus quelque 250 000 poulets par semaine.

Elle est aussi copropriétaire à 32 % de Unidindon Inc.

Située à Saint-Jean-Baptiste de Rouville, en Montérégie, c’est la seule usine d’importance abattant des dindons au Québec.

Olymel S.E.C. est le partenaire d’Exceldor dans ces deux entreprises.

2.4 Positionnement concurrentiel

Grâce à l’acquisition des actifs de Volailles Grenville inc.

au début de mars 2007, Exceldor a consolidé sa position de chef de file dans la commercialisation de volaille fraîche au Canada et détient environ 43 % des parts du marché de l’abattage de poulets au Québec. Les membres d’Exceldor acheminent vers Unidindon environ 32 % des dindons du Québec.

Exceldor poursuit ses efforts pour promouvoir sa marque privée. Ses produits sont vendus sous le nom d’Exceldor, Exceldor Express et Exceldor l’Authentique. Exceldor dessert la plupart des grandes chaînes connues, tant au Québec qu’en Ontario et dans les Maritimes. Ses principaux clients dans ce domaine sont A&P, Costco Wholesale, IGA, Loblaws, Longos, Maxi, Métro, Provigo, Sobeys, Super C et Wal-Mart. Exceldor est aussi l’un des principaux four- nisseurs des rôtisseries St-Hubertet Scores, ainsi que des chaînes de restaurants PFK et Normandin. Exceldor se positionne parmi les deux plus importantes entreprises d’abattage, de transformation et de commercialisation de volailles au Québec et parmi les quatre plus impor- tantes au Canada.

Selon un classement effectué par le magazine L’Actualité alimentaire(mai-juin 2007, vol. 4 No3), Exceldor se classe au septième rang en importance dans l’industrie de la transformation agroalimentaire au Québec.

La Coopérative est un incontournable dans l’industrie de la volaille et son implication est importante dans les dif- férents organismes, tels que l’Association des abattoirs avicoles du Québec (AAAQ) ou encore le Conseil cana- dien des transformateurs d’œufs et de volailles (CCTOV) où ses représentants occupent des postes clés.

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3.1 La gestion de l’offre, le plan conjoint Les producteurs bénéficient d’un cadre législatif, soit la Loi sur les offices de producteurs agricoles (L.R. 1985 c. F-4) au niveau fédéral, la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (L.R.Q. c.

M-35.1) au niveau provincial, ainsi que le Plan conjoint des producteurs de volailles du Québec (R.R.Q. c. M.35.1 r. 360). Il y a également une entente fédérale-provinciale pour mettre sur pied un système de gestion de l’offre.

Dans un plan conjoint avec gestion de l’offre, la produc- tion intérieure est ajustée et limitée en fonction de la demande. Le niveau des importations est soumis à une clause de l’ALENA qui permet l’entrée sans tarifs douaniers de l’équivalent de 7,5 % de la production cana- dienne de l’année précédente.

L’organisation nationale responsable de l’application du plan se nomme les Producteurs de poulet du Canada (PPC). Son conseil d’administration est composé de 14 personnes dont l’office de commercialisation au Québec — les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) — se charge de la répartition des quantités à produire auprès des producteurs détenteurs de quotas du Québec et veille au respect des règles relatives à la vente des poulets par les producteurs.

3.2 La Convention de mise en marché

Au Québec, il existe depuis 1998 un système de Volume d’approvisionnement garanti (VAG). Reconnu par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) dans sa sentence arbitrale (décisions 8065, 8093 et 8153) tenant lieu de Convention de mise en marché du poulet (Convention), ce VAG assure à tout abattoir qu’il pourra acquérir auprès des producteurs de poulet du Québec une quantité prédéterminée de poulets, basée sur un historique de signatures d’ententes d’approvisionnement.

Le VAG, appuyé par la Convention, représente une con- trepartie équitable en regard du fait que les producteurs bénéficient du système de la gestion de l’offre canadien et d’un plan conjoint québécois.

Il s’agit d’un outil favorisant la canalisation des efforts des abattoirs vers la commercialisation des produits de volaille plutôt que vers les approvisionnements.

Toutefois, l’application de la Convention actuelle s’avère plutôt néfaste aux entreprises membres de l’AAAQ, lesquelles gèrent plus de 90 % du marché de l’abattage au Québec. En effet, au cours des années d’application de la Convention, les membres de l’AAAQ ont connu une décroissance de leurs parts de marché. Cette décrois- sance est due à plusieurs facteurs.

Premièrement, les producteurs de poulets titulaires de VAG font de plus en plus de demandes pour augmenter leur volume d’approvisionnement garanti jusqu’à con- currence du volume de leurs quotas de production.

Potentiellement, les producteurs titulaires de VAG pour- raient ainsi augmenter collectivement leur VAG à plus de 500 000 kg par période et ce, en priorité avant tous les autres acheteurs.

Deuxièmement, les demandes périodiques d’approvi- sionnements exceptionnels retranchent systématique- ment 679 000 kg de poulet vif des allocations disponibles à tous au Québec.

Troisièmement, le fait que les abattoirs, ayant moins de 0,75 % de la transformation du Québec, puissent faire une demande d’approvisionnement prioritaire dès qu’il y a croissance enlève toute possibilité aux abattoirs majeurs d’avoir accès à de la volaille supplémentaire.

3. LE CADRE LÉGISLATIF

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Il faut ici souligner l’importance des abattoirs membres de l’AAAQ et leur contribution à l’économie québécoise.

Nous comprenons que de petits abattoirs puissent répondre à des marchés de niche et qu’un approvision- nement adéquat leur soit attribué. Toutefois, les mem- bres de l’AAAQ, responsables de plus de 90 % de l’a- battage des poulets du Québec, sont les véritables moteurs de l’industrie. Si on persiste à imposer des règles les défavorisant, comment pourront-ils faire face, de façon efficace, à la concurrence croissante des autres entreprises canadiennes ou, pis encore, à la concurrence internationale ?

De plus, le commerce interprovincial permet aux abat- toirs des autres provinces de se procurer autant de poulets qu’ils le veulent au Québec, car ils ne sont soumis d’aucune façon à la Convention. Ils sont donc libres de jouer sur notre patinoire, mais sans le fardeau des règles et limitations imposées aux entreprises québécoises.

Nous y reviendrons plus loin.

Enfin, la Convention reconnaît à certains individus (nom- més acheteurs reconnus) qui n’exploitent pas d’abattoirs le droit de transiger de la volaille à titre d’intermédiaire.

Ces individus apportent non seulement aucune valeur ajoutée à l’industrie, mais leur impact est néfaste : ils favorisent l’attribution de primes aux producteurs et per- mettent la sortie de quantités appréciables de poulets vers l’Ontario, au détriment des abattoirs québécois qui n’ont plus accès à cet approvisionnement.

Il est totalement illogique que les entreprises, qui investissent des sommes importantes dans leurs usines au Québec au profit des travailleurs du Québec, soient défavorisées à ce point dans l’accès aux approvision- nements par rapport à certains individus dont les seuls investissements s’avèrent un téléphone cellulaire et un véhicule.

L’ensemble de ces facteurs a fait en sorte que les mem- bres de l’AAAQ ont connu une décroissance de leur VAG au cours des dernières années, alors que les autres inter- venants ont augmenté leurs parts de marché, et ce, dans un contexte de croissance de l’industrie.

Le renouvellement de la Convention devra tenir compte davantage de l’importance des grandes entre- prises comme moteur économique de l’industrie.

Nous croyons fermement que les intermédiaires, tels les acheteurs reconnus, devraient être purement et simplement bannis de nos systèmes de mise en marché puisqu’ils n’y créent que des inconvénients.

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Nous abordons ici les sujets qui sont préoccupants pour Exceldor et pour l’ensemble de l’industrie.

4.1 La surproduction nationale

Le cadre législatif, décrit au point 3.1, devrait permettre la production et la mise en marché de suffisamment de volailles pour répondre à la demande et pour assurer des marges bénéficiaires raisonnables à tous les intervenants de l’industrie. Or, le système connaît fréquemment des ratés qui menacent la rentabilité des transformateurs. En effet, les allocations de production, déterminées par les PPC, sont déraisonnablement élevées et gonflent inutile- ment les inventaires. Il en résulte une pression à la baisse sur les prix de vente.

Les inventaires canadiens ont atteint de nouveaux som- mets au cours de l’année 2006. En effet, on retrouvait en mai 2006 près de 39 millions de kg de volaille dans les congélateurs des transformateurs canadiens, soit 10 mil- lions de kg de plus que ce qui serait considéré comme un niveau acceptable. Cette situation est la con- séquence directe d’allocations de production déraisonnables dans les mois précédents. Nous n’ar- rivons toujours pas à comprendre que l’industrie cana- dienne puisse en arriver à de tels niveaux d’inventaires alors qu’elle a tous les outils en main pour contrôler sa production. Tout récemment, lors des discussions visant à fixer l’allocation de la période de production A-79, les PPC ont décidé, malgré l’opposition de tous les parte- naires de l’industrie qui ne sont pas des producteurs (4 sièges sur 14 au conseil d’administration), de mettre en production des volumes de loin supérieurs aux besoins des marchés. Les producteurs bénéficient d’une marge bénéficiaire prédéterminée et sont assurés de vendre tous leurs produits aux transformateurs qui, eux, assument tous les risques liés aux inventaires.

Le système d’établissement des allocations nationales a été dénaturé. Il est devenu un forum pour défendre les parts de marché respectives des provinces, alors qu’on devrait y établir les justes volumes requis par l’industrie et les consommateurs au Canada.

Bien que la situation de l’industrie avicole soit relative- ment stable et bonne depuis les trois dernières années, le système demeure fragile.

Nous affirmons clairement qu’il ne s’agit pas ici de remettre en question la gestion de l’offre. Cette dernière a, somme toute, bien servi les intérêts généraux de l’industrie jusqu’à maintenant. Nous croyons toutefois que ce système devrait être rééquili- bré en donnant un plus grand pouvoir décisionnel aux transformateurs et en rendant les PPC imputables de leurs décisions.

De plus, la Loi sur la mise en marché des produits agri- coles alimentaires et de la pêche (L.R.Q. c. M.35.1) devrait faire l’objet d’une révision. Un nouvel équilibre entre producteurs et transformateurs devrait être établi.

4.2 Abattoirs provinciaux vs abattoirs fédéraux Selon le Portrait sommaire de l’industrie de la volaille au Québec(document de référence produit par le Ministère de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation (MAPAQ) en juin 2006 dans le cadre de l’examen périodique des interventions de la Fédération des producteurs de volailles du Québec dans la mise en marché du poulet et du dindon au Québec), 48 entreprises faisaient de l’abattage de volailles au Québec en 2005. 18 d’entre elles étaient sous inspection gouvernementale, dont 12 agréées fédérales (Exceldor opérant sous ce régime) et 6 agréées provinciales. Il existe également environ 30 abattoirs dits de type « B » qui n’ont pas besoin de permis.

Nous désirons soulever trois éléments quant à cette situation : Premièrement, il serait bien d’uniformiser les règles fédérales et provinciales de l’inspection. Il s’agit d’as- surer non seulement l’équité entre les abattoirs, mais aussi la cohérence entre deux types de législation visant sensiblement les mêmes buts, soit la sécurité et la salubrité des aliments.

En second lieu, les règles d’étiquetage sont beaucoup plus sévères et un contrôle serré est effectué par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Encore une fois, pour une raison d’équité et pour une diffusion adéquate de l’information aux consom- mateurs, les règles provinciales devraient être harmonisées avec les règles fédérales.

4. LES DÉFIS ET LES MENACES

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Troisièmement, les abattoirs de type « B » ne devraient pas être exemptés de permis. Les mêmes normes mi- nimales de production doivent impérativement s’im- poser à tous, sans exception.

La volaille est, encore aujourd’hui, perçue largement comme un produit de commodité. Il ne suffit que d’un mauvais épisode en matière de salubrité, provenant d’un abattoir de type « B », pour éclabousser toute l’industrie et entraîner une perte de confiance du consommateur.

4.3 Le commerce interprovincial

Ce type de commerce se fait à grands frais pour les trans- formateurs des deux provinces d’abord parce que de généreuses primes y sont rattachées et aussi parce que les frais de transport sont importants. Actuellement, le commerce interprovincial représente l’une des plus grandes menaces à l’industrie, que ce soit en regard d’une mise en marché ordonnée ou de la gestion de l’offre. En moyenne, au cours des périodes A-72 à A-80 inclusivement, près de trois millions de kilos de poulets vivants ont traversé périodiquement la frontière du Québec pour être abattus en Ontario. Un volume com- parable de poulets de l’Ontario est abattu au Québec, excluant toutefois les poulets des producteurs de l’Est de l’Ontario qui, historiquement, ont toujours fait abattre leurs poulets au Québec (question de proximité).

En ce qui concerne les primes versées aux producteurs québécois, elles sont distribuées par deux types d’inter- venants : a) les abattoirs ontariens en quête du volume qu’ils ne peuvent obtenir dans leur propre province; b) les intermédiaires qui y trouvent un profit facile et à peu de frais en prenant une commission sur la volaille qu’ils revendent à grand prix aux abattoirs ontariens en manque d’approvisionnement.

Les entreprises ontariennes qui achètent de la volaille au Québec jouissent, au surplus, d’un avantage consi- dérable : elles ne sont pas liées par la Convention. Elles ne sont donc pas limitées dans leurs achats par un VAG.

Théoriquement, ces entreprises pourraient donc vider le

québécoises possédant un VAG, car ce kilo ne sera plus disponible pour l’abattage au Québec. La même si- tuation se produit à l’inverse, soit pour les entreprises québécoises qui achètent de la volaille en Ontario.

Les conséquences de ce commerce interprovincial sont très néfastes pour les abattoirs du Québec. Il en résulte une telle perte de productivité que des pertes d’emplois seront inévitables dans les abattoirs du Québec. Si la situation persiste, nous risquons de voir des entreprises fermer au Québec faute de rentabilité.

En plus, la guerre des primes risque de s’accentuer puisque certains abattoirs du Québec, privés de leur vo- lume, se tournent vers les producteurs ontariens pour pouvoir approvisionner leurs chaînes d’abattage. Un cercle vicieux s’installe donc présentement : ce sont une fois de plus les abattoirs qui en feront les frais en payant les poulets plus cher et en assumant des coûts de trans- port beaucoup plus élevés.

Enfin, mentionnons que les producteurs de volailles du Québec, qui font affaire avec les entreprises ontariennes, prennent un risque important. En effet, les provinces à l’ouest du Québec sont de plus en plus agressives pour acquérir de nouvelles parts de marché. Le fait d’expédier le poulet à l’extérieur de la province ne fait que donner des arguments de plus à nos concurrents du Canada désireux de s’accaparer cette production, notamment dans un contexte où le Québec produit, proportionnelle- ment à sa population, davantage de poulets que l’Ontario.

Il est essentiel de trouver une solution aux problèmes suscités par le commerce interprovincial. L’AAAQ travaille déjà à identifier des pistes de solution avec l’association qui regroupe les transformateurs ontariens. Des consultations devraient être entreprises entre les dirigeants politiques québécois et des représentants de l’industrie avicole, ainsi qu’avec leurs homologues ontariens à cet égard. Autant la RMAAQ que l’organisme équivalent en Ontario ont été sensi- bilisés à cette problématique et il va de soi que les

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4.4 La biosécurité

La biosécurité est un sujet incontournable dans l’industrie de la volaille. Il s’agit d’une préoccupation importante puisque plusieurs intervenants doivent poser des gestes pour s’assurer de l’innocuité de la volaille dès l’éclosion jusqu’à ce que le produit transformé arrive dans l’assiette du consommateur. Bien sûr, l’ACIA assure un suivi à cet égard. Toutefois, l’industrie du Québec a jugé bon de mettre en place un dispositif provincial, en collaboration avec le MAPAQ, pour parer aux menaces de plus en plus persis- tantes de grippe aviaire et autres zoonoses. L’industrie tra- vaille donc à bonifier un plan de gestion avicole pour améliorer le temps de réaction et définir les actions qui seront prises par différents intervenants en cas de détec- tion d’un foyer de maladie aviaire. Des représentants d’Exceldor participent activement aux travaux du comité technique et du comité décisionnel de l’Équipe québé- coise de contrôle des maladies aviaires (EQCMA). Lors des diverses discussions tenues au sein de l’EQCMA, nous avons été à même de constater que certaines interven- tions permettant d’endiguer rapidement une pandémie sont freinées pour des raisons économiques. En effet, si le plan de gestion proposait de détruire rapidement des lots complets de volailles soupçonnés d’être atteints par la maladie, il n’est pas certain que le producteur visé verrait ses pertes compensées si la destruction des oiseaux n’avait pas été ordonné par l’ACIA.

Nous suggérons donc de mettre en place un fonds provincial de dédommagement des entreprises ou des producteurs qui pourraient être touchés par un pro- blème lié à la biosécurité.

L’EVQ travaille aussi auprès des éleveurs de volaille pour mettre en place le Programme d’assurance de la salubrité des aliments à la ferme (PASAF). Nous déplorons toutefois que le Québec soit aujourd’hui la province la moins avancée dans la mise en place de ce programme. Une chaîne n’est jamais plus forte que le plus faible de ses maillons. Il est de la responsabilité de tous, dans la filière de l’industrie avicole, de mettre en place les dispositifs de biosécurité pour s’assurer à tout le moins d’être en mesure de bien contrôler chacune des activités de production de volaille.

Nous saluons d’ailleurs l’initiative du MAPAQ d’avoir exigé depuis le 4 novembre 2005 le confinement des volailles, toutes espèces confondues, dans des bâtisses fermées. Il s’agit d’une bonne mesure de protection du cheptel avicole.

Nous regrettons toutefois l’assouplissement des règles de confinement qui n’exigent plus un toit solide au- dessus des oiseaux auparavant élevés à l’extérieur, mais tolèrent un simple filet comme protection. Nous croyons que cet assouplissement vient miner l’effet escompté.

La menace d’une grippe aviaire planera toujours au-dessus de l’industrie. Un seul cas de grippe aviaire pourrait faire perdre confiance aux consommateurs. L’expérience vécue par les Européens en est un bon exemple : dans certains pays, pourtant exempts de grippe, la consommation de poulet a quand même chuté considérablement.

Nous croyons que le MAPAQ devrait resserrer ses règles de confinement.

4.5 La main-d’œuvre

La disponibilité de la main-d’œuvre n’est pas un pro- blème exclusif à l’industrie avicole. Nous savons tous que l’industrie manufacturière dans son ensemble doit com- poser avec ce problème. La tendance démographique n’est pas particulièrement encourageante pour les prochaines années au Québec.

L’immigration est-elle une solution? Nous devons mal- heureusement constater que les immigrants ne se dirigent que très rarement vers les milieux ruraux.

Lorsqu’ils s’installent dans de grandes agglomérations, ils choisissent rarement le Québec.

Les entreprises d’abattage, telles qu’Exceldor, souffrent d’handicaps supplémentaires. Notre type d’entreprise utilise beaucoup de main-d’œuvre à cause de la nature de ses activités. La mécanisation a ses limites et certaines opérations ne peuvent être faites que manuellement. Ce sont aussi des types d’emplois qui ne sont pas parti- culièrement recherchés. Bien que ce soit des emplois de qualité, la nature même de l’abattage ne convient pas à tous.

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Toutes ces raisons font que la rétention des employés y est plus difficile que dans d’autres domaines. De plus, la main-d’œuvre spécialisée, les mécaniciens d’entretien, par exemple, se raréfie. Mentionnons, en outre, que nos usines sont situées dans des milieux ruraux. Ce n’est un secret pour personne que la plupart des jeunes adultes de ces milieux quittent relativement tôt leur patelin pour se trouver un emploi dans les zones urbaines, réduisant d’autant la relève qui pourrait occuper ces types d’em- plois dans les campagnes. Près de 70 % de nos employés ont plus de 40 ans. Cette donnée démontre bien l’impact de cette situation.

Pour remédier à cette situation, nous croyons que les instances gouvernementales devraient adopter des mesures pour favoriser le développement d’une plus grande mécanisation des usines d’abattage et de transformation. Une politique d’immigration, dans le but d’attirer davantage d’immigrants en milieux ruraux, devrait aussi être développée et mise en place le plus rapidement possible.

Soulignons également une autre problématique de l’in- dustrie avicole, soit celle de l’attrapage. Pour mettre les volailles destinées à l’abattage dans les cageots de trans- port, les membres de l’équipe de chargement attrapent toujours les oiseaux à la main. Il s’agit d’un travail ardu, fait dans des conditions difficiles, car il doit être fait dans toutes sortes de conditions climatiques et souvent à des heures tardives. Le problème des entreprises s’occupant du chargement des oiseaux dans les cages est criant : la main-d’œuvre est rare et le roulement est impression- nant dans ce type de travail. Il existe évidemment des moyens mécaniques d’attraper les oiseaux, mais ils sont coûteux et pas nécessairement adaptés aux types de poulailler existant au Québec.

L’industrie devra se pencher sous peu sur ce problème et des ressources financières importantes devront y être consacrées.

4.6 La concentration des principaux acheteurs Au Québec, les trois acheteurs principaux, soit Loblaws, Sobeys et Métro, contrôlent 91 % du marché, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Cette rationali- sation nous a forcés à changer nos façons de faire. La tendance est à la concentration des centres de distribution et des centres décisionnels. Les acheteurs étant moins nombreux, les débouchés pour nos produits sont donc plus limités qu’auparavant. Il faut composer avec ce nou- veau contexte dans un milieu où les marges bénéficiaires sont déjà limitées. Cette situation rend les entreprises encore plus vulnérables.

4.7 La stagnation de la consommation

La consommation de poulet a connu une progression fulgurante au cours des cinquante dernières années.

En 1960, seulement 12,8 % de toutes les viandes consommées au Canada étaient du poulet. En 2005, le poulet représentait 32,7 % de la consommation de viande par habitant au Canada. Toutefois, il faut noter que ce pourcentage semble stagner depuis l’année 2001 où il s’établissait à 31 %.

Pour ce qui est du dindon, la situation est plus drama- tique. En effet, au cours des cinq dernières décennies, la consommation de dindon n’a pratiquement pas augmenté. De 3,9 % de la consommation de toutes les viandes au Canada en 1960, ce pourcentage a augmenté à 4,6 % seulement en 2005.

Tout porte à croire que la croissance de l’industrie de la volaille sera faible au cours des prochaines années. Elle suivra probablement les tendances démographiques québécoises et canadiennes. Compte tenu de la valeur actuelle du dollar canadien et des coûts élevés de nos opérations, nous pouvons difficilement envisager une croissance de nos activités par le biais des exportations.

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4.8 L’Organisation mondiale du commerce Depuis plus de deux ans se tiennent des négociations intensives au sein de l’Organisation mondiale du com- merce (OMC), notamment quant à l’accès aux marchés mondiaux. La gestion de l’offre, en vigueur au Canada dans le secteur de la volaille, est particulièrement me- nacée dans le cadre de ces négociations. Bien que les autorités gouvernementales canadiennes se soient engagées à préserver le système de gestion de l’offre au pays pour la volaille, les œufs et le lait, cet engagement n’offre qu’une protection limitée à partir du moment où une baisse des tarifs douaniers ou encore une augmen- tation de l’accessibilité des produits étrangers sans tarifs deviendraient des options envisageables par les négo- ciateurs canadiens.

Une baisse des tarifs pourrait avoir des effets dévasta- teurs sur notre industrie. Par exemple, nous savons qu’en 2005, une entreprise a importé du poulet brésilien en payant le tarif très élevé de 238 % imposé sur ces pro- duits. On peut aisément supposer qu’une baisse des tarifs encouragerait de plus en plus d’entreprises à importer des produits étrangers au pays, pouvant ainsi faire ici concurrence à nos propres produits à des prix compétitifs.

Nous avons déjà mentionné que l’ALENA permet actuellement l’entrée sans tarifs douaniers de l’équivalent de 7,5 % de la production de volaille de l’année précé- dente. Une accessibilité plus grande aurait un effet néfaste sur les prix de la volaille transformée et réduirait les marges déjà minces dont nous bénéficions.

Bref, l’impact économique d’une baisse des tarifs ou d’une augmentation de l’accessibilité à nos marchés nous forcerait à rationaliser nos opérations de façon fort importante. Exceldor consolide présentement ses opéra- tions de façon à réduire ses coûts pour pouvoir faire face à la concurrence éventuelle des produits étrangers. Au moment où ce mémoire sera présenté devant la Commission, il pourrait y avoir déjà eu des bouleverse- ments importants dans l’industrie, car les négociations se sont beaucoup intensifiées au cours des dernières semaines.

Il faudra aussi que nos gouvernements soient bien attentifs et s’assurent d’avoir un meilleur contrôle sur la qualité des produits entrant au pays. Les normes de qualité sont particulièrement élevées au Québec et au Canada.

Il serait néfaste pour toute l’industrie que les produits en provenance de l’étranger n’offrent pas les mêmes garanties de qualité que les produits locaux qui se retrouvent sur les tablettes des épiceries québécoises.

Lorsque nous parlons de qualité, nous croyons qu’il s’agit beaucoup plus que de la simple salubrité et de l’innocuité du produit. Les méthodes d’élevage, d’attra- page, de transport et d’abattage, utilisées à l’étranger, devront s’avérer aussi bonnes que celles que nous nous imposons ici.

Au moment du dépôt du présent rapport, les négo- ciations avaient repris de plus belle à l’OMC. Un docu- ment rendu public en avril 2007 par le président des négociations agricoles au sein de l’OMC, Crawford Falconer, laissait entrevoir d’importantes baisses de tarifs douaniers qui ouvriraient les frontières du Québec et du Canada aux importations étrangères de volaille. Il est certain qu’une décision en ce sens, ou tout autre déci- sion qui menacerait les principes de la gestion de l’offre, transformeraient en profondeur le paysage de l’industrie avicole québécoise et canadienne. La seule issue possi- ble pour les transformateurs serait la consolidation et la rationalisation de leurs entreprises. Cette consolidation est déjà présente au Québec puisque deux entreprises, Exceldor et Olymel, contrôlent près de 90 % des abattages de la province. Toutefois, face au géant améri- cain et aux pays en émergence, nous croyons que cette consolidation s’accentuerait et s’étendrait à l’ensemble du pays pour pouvoir faire face aux menaces provenant de l’étranger.

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Nous recommandons que le gouvernement du Québec fasse de vigoureuses représentations auprès des instances fédérales en lien avec l’OMC, afin de pro- téger le cadre du système de gestion de l’offre au pays en ce qui concerne la volaille.

Il y aurait lieu de resserrer les contrôles de qualité des produits alimentaires entrant au pays afin de s’assurer que ces produits obéissent aux mêmes normes de pro- duction qualitatives et quantitatives que les produits locaux.

4.9 Coûts de production et transformation La position de l’industrie avicole québécoise est aussi affectée par des coûts de production et de transforma- tion élevés. Les coûts de production et de transformation dépendent de différents facteurs. La structure même de l’aviculture québécoise rend notre compétitivité plus fragile, notamment face à la concurrence étrangère.

À titre d’exemple, le Brésil et les États-Unis possèdent un système intégré où les entreprises de transformation contrôlent l’ensemble du processus de production, du poussin à l’abattage.

Au Québec, toutes les étapes de production sont con- trôlées par des intervenants différents : couvoirs, meu- niers, producteurs et abattoirs. Que chacun désire faire des profits est tout à fait légitime, mais cela a pour effet de hausser notablement le prix des produits finis, réduisant d’autant la position concurrentielle de notre industrie face aux produits étrangers.

Comme nous l’avons mentionné précédemment, le manque de main-d’œuvre au sein des abattoirs devient de plus en plus problématique. Vu la difficulté d’engager des travailleurs dans nos usines, les coûts de rétention de la main-d’œuvre ont pour effet de désavantager les entreprises québécoises face à la concurrence.

Le prix des oiseaux vivants est aussi fort préoccupant, notamment face à l’éventualité de voir les produits étrangers pénétrer au Canada. Le prix payé aux produc- teurs du Québec est prévu à l’article 7.03 de la Convention. On y prévoit que le prix de la catégorie de référence est identique au Canada central. Cela veut dire que le prix payé aux producteurs québécois sera fixé à partir du prix de référence payé aux producteurs ontariens. Or, la formule d’établissement de prix en Ontario est basée sur le coût des intrants, notamment le coût des moulées, à laquelle on ajoute une marge béné- ficiaire fixe décidée ou arbitrée entre les producteurs et les transformateurs. Récemment, compte tenu de la flambée des coûts du pétrole, nos voisins du sud se sont intéressés de plus en plus à la production d’éthanol.

En 2004, 11 % du maïs des États-Unis était utilisé pour fabriquer de l’éthanol et on prévoit qu’en 2007, ce pour- centage passera à 31 %. La spéculation sur le marché des grains à Chicago a fait monter en flèche le prix du maïs, ce qui affecte directement le prix du poulet payé aux producteurs.

Cette situation n’est pas de bon augure. Plusieurs élé- ments sont inquiétants. Tout d’abord, en avril 2007, le coût moyen payé par kilo vivant de poulet au Canada était de 1,41 $ alors qu’aux États-Unis, on payait le même kilo 0,82 $.

Nous sommes aussi en moins bonne posture face aux Américains quant à nos coûts de transformation par kilogramme. En 2006, ces coûts étaient de 0,75 $ le kilo au Canada alors qu’aux États-Unis, ils étaient de 0,54 $ du kilo.

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Toujours en 2006, les salaires horaires canadiens s’éle- vaient en moyenne à 18,09 $ l’heure alors qu’aux États-Unis, il n’était que de 12,60 $ l’heure. En matière d’avantages sociaux, la situation est tout à fait semblable : on parle de 5,12 $ en moyenne au Canada alors que cette moyenne ne s’établit qu’à 2,94 $ aux États-Unis.

Enfin, la productivité des entreprises américaines est supérieure à celle des entreprises canadiennes. En 2006, on abattait au Canada en moyenne 214 poulets par employé, par heure travaillée, alors qu’on en abattait 272 aux États-Unis.

À tout cela s’ajoute une devise canadienne qui ne cesse de prendre de la valeur face à la devise américaine. Un dollar faible nous conférait un avantage concurrentiel sur les marchés étrangers. La récente hausse du dollar cana- dien démontre bien que notre plus faible productivité par rapport à celle des entreprises américaines et des pays en émergence ne nous permet plus alors d’être concurrentiels.

Tous ces facteurs, joints à une probable entrée de pro- duits étrangers au pays, nous laissent croire que plusieurs entreprises québécoises seront en difficulté si des actions vigoureuses ne sont pas prises pour réduire nos coûts de production et améliorer notre productivité.

Malgré ces actions, il faudra faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’innovation pour pouvoir concurrencer nos voisins du sud qui sont de plus en plus agressifs.

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Bien entendu, nous ne prétendons pas avoir couvert l’ensemble des problèmes et des enjeux de l’industrie avicole.

Nous nous sommes concentrés sur ceux que nous jugeons les plus préoccupants.

Soucieux de l’avenir de l’agriculture et l’agroalimentaire au Québec dans sa globalité, Exceldor a aussi participé aux délibérations de l’Alliance des transformateurs alimentaires (ALTA), du Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation (CTAC), de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), et bien sûr de l’AAAQ, tous ces organismes ayant déposé un mémoire devant votre Commission. Nous appuyons la très grande majorité des recommandations incluses dans ces mémoires.

Afin de faire face à la concurrence étrangère, les autres maillons de l’industrie devront également s’ajuster puisqu’il n’y a pas que les coûts de transformation qui expliquent la position précaire de l’industrie avicole canadienne par rapport aux autres pays. Tous les intervenants de l’industrie doivent mettre en œuvre des efforts de rationalisation permettant de réduire les coûts.

Chez Exceldor, nous allons continuer à poser les gestes qui vont assurer notre avenir dans les secteurs où nous pou- vons intervenir. Pour ce qui est des domaines qui ne sont pas de notre ressort, nous espérons que les autres maillons de l’industrie avicole, à leur tour, agiront en conséquence.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez au présent mémoire.

Jean-Pierre Dubé René Proulx

Président du conseil d’administration Président et directeur général

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5. CONCLUSION

Referencias

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