L'événement, indissociable du quotidien qu'il ponctue ou perturbe, permet de réfléchir sur le monde dans lequel il se déroule et sur les traces qu'il y laisse. La collection « Autour de l'événement » accorde une grande place aux jeunes recherches et aux approches innovantes et combine des études d'histoire, d'histoire de l'art, d'ethnologie, d'archéologie, d'archivistique et de muséologie, qui explorent les nombreux secrets de ce moment quotidien et extraordinaire. Autour de l'inauguration de l'alimentation au conseil municipal italien (fin du Ier siècle - début du IVe siècle).
Imprimé au Canada Dépôt légal T1 2019 Les Presses de l'Université Laval www.pulaval.com. Toute reproduction ou distribution de tout ou partie de ce livre par quelque moyen que ce soit est interdite sans l’autorisation écrite des Presses de l’Université Laval. Chaque année, les Presses de l’Université Laval reçoivent une aide financière du Conseil des Arts du Canada et de la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec pour l’ensemble de leur programme d’édition.
ET DES TABLEAUX
Ce n’est que dans les années 1960 et 1970 que l’industrie est devenue une industrie, quoique vulnérable, apportant des avantages économiques et des emplois à une grande partie de la population1. Du fait de l'absence de leurs maris, ce sont elles qui, parfois pendant une grande partie de l'année, doivent assumer des responsabilités normalement partagées avec leurs épouses et doivent assurer le bon fonctionnement du ménage, mais aussi du village, comme le font les hommes. les migrations furent nombreuses. région5. Le but de cette recherche est donc de dresser un portrait de la situation des femmes de Charlevoix qui ont dû composer avec l'absence prolongée de leur mari.
En particulier, nous nous concentrerons sur la période allant de la frontière que nous permettent les sources orales aux changements socio-économiques dans la région qui ont modifié de manière significative le phénomène de migration saisonnière masculine. Dans Charlevoix, la migration périodique des hommes était un dispositif si répandu qu'elle marquait le tissu social au point que les villages de la région étaient souvent décrits comme des « paroisses de femmes »7. Ce travail se compose de trois parties dont chacune porte sur une place dans la vie des femmes étudiées.
Le premier chapitre est consacré à l'espace économique, où sont abordées les réalités économiques et environnementales, notamment en relation avec le besoin de multiactivité et, par conséquent, la migration. La diversité territoriale de la région et ses effets sur les activités de subsistance sont présentés.
L’ESPACE ÉCONOMIQUE : D’EXIL ET D’ANCRAGE
Ces apparences, aussi prononcées soient-elles, témoignent néanmoins de la morphologie très particulière de la région. Jean Barry, Aspects de la géographie du peuplement dans le district de Charlevoix-Ouest, p. Jean Barry, Aspects de la géographie du peuplement dans le district de Charlevoix-Ouest, op.
C'est le cas de l'arrière-pays de Charlevoix, qui bénéficie également d'importantes ressources forestières à proximité. Les différentes niches écologiques de la région varient les associations d'activités économiques favorisées. Tout comme Caroline Bretell l'a noté à propos de la paroisse de Lanheses au Portugal.
A l’inverse, pour l’un de nos participants, l’hiver est synonyme de renouveau de la vitalité du village. À Montréal, on sait qu'il y avait plus de travail qu'à Saint-Joseph-de-la-Rive, hein.
L’ESPACE FAMILIAL : GÉRER L’ABSENCE,
Et après deux ans là-bas, l'électricité était allumée et il va sans dire que nous nous sommes connectés tout de suite, ouais. On trouve une abondance de témoignages qui soulignent qu'il fallait « tout faire ». Le travail n’est pas forcément synonyme de misère, et certaines tâches sont parfois accomplies avec plaisir.
Quand j'y pense, je pense qu'il a tellement donné de lui-même pour nous tous, je ne pense pas que cela ait du sens. Il apparaît également qu’en l’absence de leur mari, de nombreuses femmes disposaient d’une marge de manœuvre considérable pour exercer cette prérogative. Paradoxalement, même si les femmes admettent qu’elles ont pris plus de décisions ou qu’elles l’ont fait.
Cependant, pour de nombreuses personnes, cela s’est produit lorsqu’ils étaient encore jeunes, avant de se marier ou du moins avant d’avoir des enfants. Mme Deschênes ne semble cependant pas l'avoir regretté, acceptant l'idée que « sa place, ici, chez elle. Les femmes disposent désormais d’une partie de leurs revenus qu’elles peuvent gérer comme elles le souhaitent et dépenser selon leurs besoins.
MPB : Quel était le casse-tête lorsqu'il n'était pas là, qu'est-ce que c'était. J'ai essayé de leur expliquer : ils ont compris, mais parfois cela a pris un peu plus de temps. L’absence alimente donc des sentiments contradictoires, de l’inquiétude au désir, preuve que l’attente qu’elle crée n’est pas seulement nuisible.
La lettre, moins qu'un substitut au téléphone, est un supplément qui a d'autres fonctions. Deux types de vie se succèdent à un tel rythme qu'une habitude se crée. Donc il n'était pas capable de comprendre cela non plus, parce que ce n'était pas là, ça n'a jamais été là.
Cependant, cela ne doit pas occulter les défauts qu’ils ont, comme tout le monde. Louise n'aimait pas que son mari parte, elle pleurait tout le temps, mais qu'est-ce que tu veux, c'était pareil.
DU RÉSEAU FAMILIAL
Il arrive qu’un parent masculin devienne en quelque sorte une figure de substitution pour le mari. On remarque que les voisins interviennent surtout en cas d'urgence ou de besoin urgent d'aide, dans cet esprit de village qui ne veut que personne ne reste dans la misère. C'était, eh bien, c'était toujours la famille immédiate. Eh bien, j'avais ma famille immédiate, donc je n'avais pas besoin de demander aux [autres].
Même si les villages de Charlevoix étaient sillonnés par des réseaux d'entraide, il apparaît que le « voisinage » n'était pas une coutume. Eh bien, je devais sortir quand Paul était là et que nous avions une fête ou une réunion. Donc c'est un couple, c'est comme si elle avait découvert qu'elle n'avait pas sa place22.
Ma mère] était toujours accueillante, donc s'il y avait des gens, de la famille ou quelqu'un qui venait chez nous, elle disait "d'accord, viens chez nous", et c'était comme si ça devait l'ennuyer. Les femmes se retrouvent ainsi au centre d’un réseau qu’elles contrôlent largement et dans lequel l’absence fréquente des hommes renforce leur domination. C'est pour cela que nous sommes là : quelque chose va vous arriver, vous avez certainement de l'aide.
Si vous en avez un qui est cousin, un autre cousin, un autre cousin, un autre est mon oncle, votre tante : nous sommes tous apparentés. Les femmes qui connaissent les migrations saisonnières masculines sont donc au centre des réseaux sociaux qu’elles construisent et entretiennent. Pourtant, les femmes semblent s’être très peu confiées sur leurs malheurs, les cachant souvent sous une carapace féminine.
Enfin, l'expérience de solitude conjugale vécue par ces femmes a été compensée par la solidarité qu'elles ont vécue dans l'espace communautaire. Les femmes n’ont jamais été vraiment seules dans le sens où elles disposaient d’un solide réseau de soutien composé principalement de leur famille. Mais du fait de leur situation, les femmes ont développé une autonomie que la plupart d'entre elles se reconnaissaient et elles n'ont pas fait appel à leurs réseaux.
Sans être ouvertement dépendantes de leur environnement, les femmes s'y attachèrent par tant de liens qu'elles s'y enracinèrent et firent de la migration un phénomène périodique et masculin. Il semble qu’en plus de l’espace, il y ait aussi le temps, ce qui change la réalité de ces femmes.