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(1)

Les immigrants et le français au Québec :

un portrait statistique complexe et nuancé qui s’impose

Jean-Pierre Corbeil, Ph. D. (Université Laval) René Houle, Ph. D. (Statistique Canada)

Colloque Au-delà des clichés sur les immigrants et la langue au Québec : l’heure juste sur les enjeux et les défis d’une réalité aux contours multiples

90eCongrès de l’Acfas, Montréal, 9 mai 2023

(2)

❑ Les immigrants et la langue française au Québec : un rapport évolutif complexe et à volets multiples;

❑ Grandes tendances de quelques indicateurs sur les caractéristiques et les usages du français chez les immigrants : de quoi parle-t-on ?

❑ Illustration de rapports diversifiés et différentiés à la langue publique commune : l’intégration d’indicateurs multiples;

Plan de la présentation

(3)

Les immigrants et la langue française au Québec : un rapport évolutif complexe et à volets multiples

➢ L’examen du rapport des immigrants avec la langue française requiert une meilleure prise en compte de la diversité et de la complexité croissantes des pratiques linguistiques au Québec;

En 2021, la moitié des 1 023 000 immigrants de la RMR de Montréal* parlaient au moins deux langues à la maison (58 % chez les 763 000 immigrants ayant une langue tierce comme langue maternelle);

➢ Il appelle également à mieux rendre compte de la complexité du

processus d’intégration linguistique des nouveaux arrivants à la société québécoise et de sa temporalité;

➢ Il doit refléter les formes multiples que prennent les contributions à

l’espace francophone des personnes dont le français n’est pas la langue première ou celle qui domine dans leur sphère familiale;

(4)

➢ Énoncé de politique en matière d’immigration et d’intégration du gouvernement québécois (1990) intitulé Au Québec pour bâtir ensemble :

o Faire du Québec une société dont le français est la langue commune de la vie publique (1990, p. 16).

o L’accent mis sur la vie publique est particulièrement important dans la mesure où

➢ « [c]ette valorisation du français comme langue officielle et langue de la vie publique n’implique toutefois pas qu’on doive confondre maîtrise d’une langue commune et assimilation linguistique. En effet, le Québec, en tant que société démocratique, respecte le droit des individus d’adopter la langue de leur choix dans les communications à caractère privé (ibid, p.17) ».

Les immigrants et la langue française au Québec : un rapport évolutif complexe

et à volets multiples

(5)

➢ Le modèle d’intégration québécois […] a la vertu de permettre une pluralité de rapports à la langue française. Ce modèle exige le respect du statut privilégié du français et, par le fait même, des politiques publiques mises en place pour favoriser son rayonnement, tout en laissant le soin aux individus de déterminer la nature de leur rapport avec la langue publique commune (Maclure, 2006, p. 167).

➢ La croissance du plurilinguisme [parmi la population issue de l’immigration]

qui prévaut nous force à repenser le schéma d’analyse de la dynamique des langues, de façon non plus unidirectionnelle, mais interactive et réellement dynamique (Létourneau, 2010).

Les immigrants et la langue française au Québec : un rapport évolutif complexe

et à volets multiples

(6)

Sources: Recensements de la population de 1971,1981, 1991, 2011, 2016 et 2021; Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

Note: À l’exception de 1971 (réponses multiples non saisies), les réponses multiples ont été redistribuées de la façon suivante : Anglais = Anglais + Anglais-tierce; Français = Français + Français-tierce; Tierce = Tierce seulement; Français-anglais = Français-anglais + Français-anglais-tierce.

19,7 22,5 19,6 20,3 20,7 23,3 25,2 22,6 26,8 29,3 34,1 38,2 41,7 42,5

27,6 21,6

14,4 10,9 8,5 7,6 8,1

37,2 32,4 26,3 21,4 18,2 16,5 16,9

52,8 53,4

65,4 68,2 70,5 68,2 65,4

40,2 38,6 42,6 42,5 42,8 38,7 37,4

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

1971 1981 1991 2001 2011 2016 2021 1971 1981 1991 2001 2011 2016 2021

Langue maternelle Langue parlée le plus souvent à la maison

Langue maternelle et langue parlée le plus souvent à la maison, population immigrante, Québec, 1971 à 2021

Français Anglais Langues tierces Français-anglais

Au Québec, depuis 1971, la part des immigrants ayant une langue tierce comme langue maternelle a augmenté, sauf depuis 2011. Il en va de même pour ce qui est de la langue parlée le plus souvent à la maison. De plus, la part de l’anglais a connu une baisse soutenue comme principale langue d’usage à la maison (exception faite depuis 2016) alors que celle du français s’est accrue.

(7)

Sources : Statistique Canada, Recensement de la population, 1971, 1981, 1991, 2001, 2016 et 2021; Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

Note 1: Les immigrants récents sont définis comme les personnes à qui les autorités de l’immigration ont accordé le droit de résider au Canada en permanence (immigrant reçu ou résident permanent) au cours des cinq années précédant le recensement.

L’usage du français à la maison ou dans l’espace public requiert nécessairement un prérequis : la capacité de soutenir une conversation dans cette langue. Au Québec, la part des immigrants connaissant le français, a augmenté au fil des décennies. Toutefois, entre 2016 et 2021 on a constaté un recul de la connaissance du français chez les immigrants récents.

52,8

65,7

70,7

75,5

79,2 80,5 80,5

49,0

67,0 66,9

71,7

80,8 80,7

75,8

55,0

62,6

68,6 68,3 68,4

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0

1971 1981 1991 2001 2011 2016 2021

Capacité autodéclarée de soutenir une conversation en français chez les immigrants, les immigrants récents1et les résidents non permanents (immigrants temporaires), Québec, 1971 à 2021

Ensemble des immigrants Immigrants récents Résidents non permanents

(8)

Sources : Statistique Canada, Recensement de la population de 2006, 2016 et 2021; Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

Entre 2016 et 2021, les facteurs d’ordre migratoire (international et interprovincial) sont principalement responsables de l’évolution de la part

relative du français et de l’anglais dans la province. Au cours de la période, on a constaté une croissance de 73 000 unilingues anglais (8 600 entre 2011 et 2016) au sein de l’ensemble de la population québécoise. La croissance de l’unilinguisme anglais a été particulièrement marquée chez les résidents non permanents et, dans une moindre mesure, chez les immigrants récents.

116 382

32 380

15 094 127 936

31 640

18 042 135 760

28 600

23 550 148 650

38 135

54 780

0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 140 000 160 000

Immigrants établis Immigrants récents Résidents non permanents

Effectifs des immigrants établis, des immigrants récents et des résidents non permanents ayant déclaré pouvoir soutenir une conversation en anglais mais non en français, Québec, 2006, 2011,

2016 et 2021

2006 2011 2016 2021

(9)

À partir des informations du recensement sur la connaissance du français et de l’anglais, de la langue maternelle et de langue parlée le plus souvent à la maison, il est possible de dériver la première langue parlée, parmi le français et l’anglais. Au Québec, il existe un lien étroit entre cet indicateur et la langue dans laquelle on est habituellement le plus à l’aise pour communiquer.

Sources : Statistique Canada, Recensements de la population de 1971 à 2006, 2016 et 2021; et Enquête nationale auprès des ménages, 2011.

35,3

62,6 56,8

33,4

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0

1971 1981 1991 2001 2011 2016 2021

Proportion de la population immigrante selon la première langue officielle parlée, Québec, 1971 à 2021

Français Anglais

(10)

Source : Statistique Canada, recensement de la population de 2021

Entre 2016 et 2021, le nombre de travailleurs unilingues anglais au sein de la population québécoise s’est accru de 60 000 (+ 5 000 entre 2011 et 2016). Chez les immigrants, la proportion des travailleurs capables de parler le français est généralement très élevée, quoique plus faible chez les immigrants récents et les résidents non permanents. De fait, près de 30% des travailleurs immigrants unilingues anglais dénombrés en 2021 sont arrivés au pays entre 2016 et 2021 ou sont des résidents non permanents.

11,8 12,6 15,8

11,7 11,6

21,6 27,2

87,5 86,1

82,7 87,3 87,0

75,9

69,1

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0

Avant 1981 1981 à 1990 1991 à 2000 2001 à 2010 2011 à 2015 2016 à 2021 Résidents non permanents

Proportion des travailleurs pouvant soutenir une conversation en français ou ne parlant que l’anglais en 2021, selon le statut d’immigrant et la période d’immigration (immigrants permanents), Québec.

Ne parle que l'anglais Parle le français En 2021, 93 %

des travailleurs immigrants qui déclaraient pouvoir soutenir une conversation en français, l’utilisaient de façon au moins régulière au travail.

(11)

L’usage du français au travail par les travailleurs immigrants permanents et temporaires (RNP) avait connu une croissance importante entre 2006 et 2016, tant comme langue prédominante qu’à égalité avec l’anglais. Entre 2016 et 2021, l’anglais semble globalement avoir gagné du terrain.

Source: Statistique Canada, recensements de la population de 2006, 2016 et 2021; Enquête nationale auprès des ménages, 2011

Note 1 : Les réponses multiples «français-langue tierce», «anglais-langue tierce» et «français-anglais et langue tierce» ont été regroupées avec les réponses

«français», «anglais» et «français et anglais», respectivement.

* Note 2 : Selon Statistique Canada, les données de 2021 sur les langues utilisées le plus souvent au travail peuvent être comparées avec celles des cycles précédents, mais ces comparaisons doivent être faites avec prudence et en prenant en considération l’effet du changement apporté à la question (diminution des réponses multiples et hausse des réponses uniques).

53,2

31,4

11,9

43,5 43,0

6,2 55,2

28,3

13,5

52,3

35,6

8,0 56,3

24,2

17,0

50,6

33,7

10,9 61,1

26,8

9,9

54,3

35,5

5,8

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0

Français Anglais Français et anglais Français Anglais Français et anglais

Immigrants Résidents non permanents

Proportion des travailleurs immigrants et temporaires (RNP) utilisant le français, l’anglais ou le français et l’anglais à égalité au travail, 2006 à 2021*, Québec.

2006 2011 2016 2021

(12)

L’évolution de l’unilinguisme anglais parmi les travailleurs immigrants récents et temporaires (résidents non permanents) ainsi que chez les étudiants internationaux est grandement tributaires de l’évolution dans la composition des pays d’origine de ces immigrants.

➢ Près des deux tiers des 67 000 travailleurs immigrants récents et temporaires qui ne pouvaient parler que l’anglais au Québec en 2021 provenaient de l’Inde, des Philippines, de la Chine, de l’Iran, des États-Unis et du Nigéria.

➢ Les travailleurs immigrants récents (et RNP) unilingues anglais étaient

particulièrement surreprésentés chez les professionnels des sciences naturelles et appliquées; les métiers, transport et machinerie ainsi que des domaines de la

fabrication et des services d’utilité publique.

➢ En 2021, près du tiers des étudiants internationaux qui avaient fréquenté une université québécoise au cours de l’année 2020-2021 ne connaissaient que

l’anglais. De plus, environ 40 % avaient l’anglais comme première langue officielle (du Canada) parlée.

➢ Chez les étudiants universitaires internationaux, l’Inde, la Chine, l’Iran et les États-Unis formaient les principaux pays de naissance des étudiants unilingues anglais.

(13)

❑ Le français peut être une langue parlée à la maison, mais pas nécessairement la langue prédominante.Il peut être parlé à égalité avec une autre langue voire n’être parlé de façon régulière que comme langue secondaire.

❑ Il est souvent la principale langue de travail, mais peut également être utilisé régulièrement selon des fréquences variées.

❑ On peut fréquenter l’école primaire ou secondaire de langue française, sans que le français ne soit parlé à la maison.

❑ On peut également pouvoir parler le français sans le parler à la maison ni au travail, mais parfois dans d’autres domaines de l’espace public.

❑ L’adoption de la langue française au quotidien dépend d’une foule de facteurs dont la durée de séjour au Québec.Elle ne devient pas la principale langue d’usage du jour au lendemain…

❑ Il nous faut donc reconnaître que la réalité du plurilinguisme se traduit par des gradients d’usage et de la présence du français au quotidien (Lamarre, 2009 ; Arsenault Morin et Geloso, 2019).

Le plurilinguisme croissant au sein de la société québécoise se traduit souvent par des rapports diversifiés et différentiés à la langue publique commune, tout particulièrement chez les immigrants dont la langue maternelle n’est ni français ni l’anglais.

(14)

Illustration de rapports diversifiés et différentiés à la langue publique commune : l’intégration d’indicateurs multiples (1)

Source : Statistique Canada, recensement de la population de 2021

Note 1: La présence ou l’usage cumulé du français représente ici la contribution « marginale » de chacun des éléments d’usage ou de présence du français au total, En d’autres termes, chaque situation d’usage ou de présence du français sur cette échelle est mutuellement exclusive. Par exemple, les personnes qui utilisent ici le français de façon prépondérante au travail ne parlent pas le français de façon

prépondérante ou à égalité avec une autre langue à la maison, et ainsi de suite.

75,6

79,6 82,4

86,2

89,7 90,7 90,7

96,0

32,8

42,3

55,9

64,3

70,6 71,8 72,9

81,6

35,1

41,0

49,2

55,4

60,0 62,4 63,2

68,6 63,7

69,0

74,7

79,7

83,9 85,0 85,3

91,5

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Français à la maison, prépondérant

Français à la maison le plus souvent à égalité avec une

autre langue

Français au travail, prépondérant

Français à la maison, régulièrement (usage

secondaire)

Français le plus souvent au travail à égalité avec une

autre langue ou régulièrement (usage

secondaire)

Enfant d'un parent qui n'est pas un ayant droit / enfant fréquente une école de

langue française

Immigrants originaire d'un pays de tradition française

ou francophone

Connaît le français assez bien pour soutenir une

conversation

Présence ou usage cumulé1du français selon le statut d'immigrant, RMR de Montréal, 2021

Née au Canada Immigrant

Résident non permanent Total

(15)

Illustration de rapports diversifiés et différentiés à la langue publique commune : l’intégration d’indicateurs multiples (2)

Source : Statistique Canada, recensement de la population de 2021.

Note 1: La présence ou l’usage du français représente ici la contribution « marginale » de chacun des éléments d’usage ou de présence du français au total.

Note 2 : Lesrégions d’Amérique latine, de l’Europe, du Moyen-Orient-Afrique et de l’Asie et du Pacifique excluent les immigrants originaires de pays de tradition française/francophone et ceux originaires de tradition anglais ou anglophone.

68,3

7,5

19,0 16,7 16,9

10,1

33,1 12,5

3,9

10,6 7,0 10,4

4,4

9,0 10,7

4,7

27,5

15,1 14,6

12,4

12,8 4,4

7,0

11,4

11,7 12,3

8,2

8,1 0,8

10,1

7,6

8,3 9,7

8,8

6,1

0,3

1,7

2,8

1,1

2,2

2,0

1,4

3,0

8,9

11,2

19,7 11,6

11,7

9,3

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0

Pays de tradition française ou francophone

Pays de tradition anglaise ou anglophone

Amérique latine Europe Moyen-Orient et Afrique Asie et Pacifique Total

Présence ou usage du français1au quotidien chez les immigrants, selon l'origine géolinguistique2, RMR de Montréal, 2021

Français à la maison, prépondérant Français à la maison le plus souvent à égalité avec une autre langue

Français au travail, prépondérant Français à la maison, régulièrement (usage secondaire)

Français au travail le plus souvent à égalité avec une autre langue ou régulièrement (usage secondaire) Enfant d'un parent qui n'est pas un ayant droit - enfant fréquente une école de langue française Connaît le français assez bien pour soutenir une conversation

100 %

43,8 %

90,1 %

79,8% 77,7 %

57,7 %

79,8 %

(16)

Illustration de rapports diversifiés et différentiés à la langue publique commune : l’intégration d’indicateurs multiples (3)

Source: Statistique Canada, recensement de la population de 2021

Note 1: La présence ou l’usage du français représente ici la contribution « marginale » de chacun des éléments d’usage ou de présence du français au total.

Note 2: Immigrants adultes âgés de 20 ans ou plus

28,7

36,5

46,9

56,3

62,7 63,9

78,1

35,2

45,2

59,7

67,0

74,8 75,7

81,3

33,5

44,6

63,5

70,7

78,3 79,0

84,3

33,9

45,6

66,2

73,0

80,0 81,3

86,3

34,2

43,4

62,1

68,6

75,7 76,8

82,5

31,8

39,8

51,3

57,8

63,9 65,4

71,0

31,7

40,9

55,4

63,2

70,0 71,2

80,2

0 20 40 60 80 100

Français à la maison, prépondérant

Français à la maison le plus souvent à égalité avec une autre langue

Français au travail, prépondérant

Français à la maison, régulièrement (usage

secondaire)

Français au travail le plus souvent à égalité avec

une autre langue ou régulièrement (usage

secondaire)

Immigrants originaires d'un pays de tradition français ou francophone

Connaît le français assez bien pour soutenir une

conversation

Usage ou présence cumulé1du français au quotidien chez les immigrants adultes2, selon la période d'immigration, Québec, 2021

En 1996 ou avant 1997 à 2001 2002 à 2006 2007 à 2011 2012 à 2016 2017 à 2021 Ensemble des immigrants

(17)

❑ Face aux nombreux défis et enjeux en matière d’immigration et d’intégration : Importance d’un discours nuancé sur les rapports, les usages et l’adoption de la langue française chez les

populations issues de l’immigration au Québec;

❑ On associe trop souvent une entité (le locuteur) à une autre (la langue). Or, la langue n’est pas une entité, mais un comportement. Une personne peut parler plus d’une langue selon le contexte et le moment, et une personne n’égale pas forcément une seule langue.

❑ Les mesures et les politiques en matière d’intégration linguistique et de contributions à l’espace francophone visant les immigrants permanents et temporaires dont le français n’est pas la langue première doivent s’ancrer dans une perspective qui reposent sur tous les faits et qui n’aspire pas par magie à « régler le déclin du français une fois pour toutes ».

❑ Reconnaître les formes multiples que prennent les contributions à l’espace francophone québécois c’est également prendre acte de la complexité des dynamiques linguistiques inhérentes à

l’existence d’une société de langue publique française dans un contexte canadien et nord- américain dominé par l’anglais.

❑ Donner l’heure juste sur les enjeux et les défis d’une réalité aux contours multiples requiert de prendre un recul face à la promotion de solutions simples à des réalités complexes.

En conclusion…

(18)

Je vous remercie de votre attention!

« La survie du français au Québec suppose une vigilance de tous les instants […]. En revanche, la vitalité du fait français suppose que l’on passe d’une

rhétorique de l’injonction et de l’interdiction à une rhétorique de l’invitation et de la proposition. S’arc-bouter sur un patrimoine menacé n’est pas un projet de société viable, encore moins attrayant pour des nouveaux venus ».

Rachida Azdouz, Le vivre-ensemble n’est pas un rince-bouche, 2021.

Referencias

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