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Penser sans absolu - Presses de l'Université Laval

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Academic year: 2023

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Le gouvernement Charest tombera également lors des élections anticipées de la fin de l’été, ce qui n’est pas rien. Le néant et le néant sont des catégories de pensée religieuse, de métaphysique et d'ontologie. Mais il choisit plutôt de s’interroger sur les sources et les conséquences d’une analyse de la démocratie fondée sur la question du nihilisme.

Ce constat appelle à explorer une approche différente de la démocratie, libérée de l’emprise de la question du nihilisme ou du grand récit de la décadence.

Le PrObLème du NIhILIsme Chez PLATON (eT queLques

Il y a en réalité plus dans le problème d'Antisthène, à savoir celui de l'apparente absence de forme. L'interprétation platonicienne de l'allégorie revêt une grande importance pour Heidegger dans « La Doctrine platonicienne de la vérité »29. En fait, sa priorité n’est pas seulement temporaire ; son caractère a priori consiste en ce qu'il conditionne l'existence de l'être observable.

Chez Platon, la préséance ontologique de l’être sur l’être n’est nulle part plus visible que dans la doctrine de la réminiscence, que cherche à développer le Phédon.

NIhILIsme : sémIOTIque in sIgNe

Je dirais maintenant que le mot nihilisme est, et c'est assez rarement, ce qu'il dit : rien. Si elle n'est pas nécessairement liée à ce qu'elle signifie, il faut lui reconnaître une autonomie au moins par rapport au langage. Le conditionnel signifie seulement qu’il n’est pas possible de savoir ce que pourrait être l’être une fois l’individu projeté dans l’immanence21.

On pourrait facilement croire qu'il accomplit justement l'essence de l'être en étant précisément cet infini.

Le mONde suPrAseNsIbLe

Pour Nietzsche, c’est le platonisme qui joue le rôle fondamental dans la nature nihiliste de la pensée occidentale. Nous pouvons ainsi comprendre un premier sens de ce que signifie la nature nihiliste de la pensée occidentale. Nietzsche affirme que le contenu de la connaissance donne sa forme à notre expérience du monde.

Parce que la vie est un devenir constant, le monde de l’expérience exige que le contenu des connaissances soit constamment reformulé. En dessous, le monde formé par la présence de la vie est le monde sensoriel. C’est selon cette structure que l’histoire de la pensée occidentale s’est déroulée comme nihiliste.

Le moment du développement de « l'esprit » est celui de la recherche sur la connaissance du monde. Le royaume de la loi divine est celui de la substance active plurielle des individus séparés. De cette position, ils exprimaient une avancée similaire dans la pensée occidentale.

Pourquoi la pensée cherche à être dans un au-delà, s'éloignant ainsi de la vie. Ce qui nous échappe, c'est le domaine féminin, tenu à l'écart du domaine de la connaissance.

NIhILIsme eT démOCrATIe

Dans l’histoire de la pensée occidentale, la vision ontologique ou théologico-politique de la démocratie reste fortement marquée par l’empreinte de Platon. Enfin, les récits nietzschéens et heideggeriens du nihilisme relient donc la question politique et plus précisément à la question de la démocratie. Dans les deux cas, qu’on propose une histoire centrée sur quelques noms propres ou une auscultation élargie des formes de la volonté de puissance ou des visages de l’être, le fait politique semble secondaire.

La démocratie se veut liberté, égalité ou, si vous préférez, autonomie. Nous procéderons de manière très classique en distinguant d'abord l'analyse de la démocratie proposée par Aristote et l'analyse de Platon. La démocratie permet aussi de concrétiser à une échelle plus large que tout autre régime la figure du citoyen, qui est une des formes du bien-vivre et de l'excellence éthique.

Socrate déploie une longue série de questions sur la justice dont le cœur est la recherche de l'idée pure de justice fondée sur une réflexion sur l'ordre désirable de la Cité et de l'âme. D'autres aspects de l'œuvre de Platon, notamment dans la Politique et dans les Lois, permettent de nuancer cette critique ontologique de la démocratie. Ce n’est donc pas pour rien qu’un heideggerien comme Vioulac se réapproprie les analyses de la Démocratie en Amérique, même s’il transforme en quasi-fatalité ce que Tocqueville présentait comme un risque à combattre.

Mais le thème de l’oubli de la question d’être favorisé par la métaphysique et le business fait écho aux grands axes de ce que Platon faisait déjà allusion. Penser la démocratie à distance de la question du nihilisme Pour contrer la nostalgie de l'abondance et de la présence, deux grandes stratégies semblent possibles.

NIhILIsme Ou POLITIque ?

C’est ainsi que s’exprime le rejet des prétentions objectivistes, rejet qui insiste néanmoins sur le maintien de la pertinence de la question de l’objectivité. L’art rhétorique joue sur un tout autre terrain que celui du fondement métaphysique ou de sa négation, à savoir le terrain du consensus et de la doxa. J'essaierai ensuite de montrer comment l'art rhétorique aborde la question de la légitimation du discours en se concentrant sur la question de l'accord et en recherchant les prémisses de la pensée politique.

Pour lui, « tout discours qui ne prétend pas à une validité impersonnelle est de la rhétorique. Ce que nous dit Aristote, c’est qu’il existe des domaines importants de la vie humaine où la question de l’évidence ou de la certitude ne se pose tout simplement pas. Il s’agit d’une sorte de rationalité propre à l’étude des pratiques humaines, qui en exclut toute possibilité.

En conséquence, c'est une caractéristique de l'argumentation pratique, du discours rhétorique, qu'elle n'ait pas pour horizon la vérité impersonnelle et éternelle, scientifique, logique et apodictique – la vérité mathématique ou divine, par exemple24. Et surtout, le fait que « les masses et les gens distingués »35 s'accordent sur le fait qu'une vie heureuse est un concept de l'action humaine est ce sur quoi le philosophe s'appuie pour argumenter sa perspective eudémoniste. Quiconque pose le consensus comme le telos du discours rhétorique ne conclut pas nécessairement à la nécessité et à la possibilité d’un consensus universel.

C’est là un autre aspect, et non le moindre, de l’inévitable problématique de la vie politique observée sous l’angle rhétorique. La rhétorique a toujours combiné logos, ethos et pathos comme trois moments indissociables du discours persuasif.

L’éVOLuTION de L’ImPrImerIe

La création de l’imprimerie en Occident semble être le moment où la capacité de produire des déclarations de vérité n’est plus exclusivement contrôlée par l’Église. Nous proposons une lecture commune de la conceptualisation de l'autorité d'Hannah Arendt et de Gérard Leclerc. Cela nous ramène à la définition de Mommsen, qui donne à l'autorité un sens difficile à comprendre pour les observateurs contemporains.

Ces éléments sont ici des traits essentiels pour comprendre les changements de sens de l’autorité qu’elle entraîne. Cette compréhension de l'autorité lui confère un caractère fortement politique, qui relève de l'organisation formelle d'une société et de ce qui assure sa pérennité, tout en la distinguant des structures de. Gérard Leclerc, Histoire de l'autorité : l'attribution des énoncés culturels et la généalogie des la foi, coll.

McKitterick utilise l’expression discours médiatisé en privé20 pour parler de la relation que nous entretenons avec l’écriture depuis l’avènement de l’imprimerie. Ces tentatives de contrôle du contenu imprimé suggèrent qu’elles doivent être considérées comme de simples actes qui ne pourraient pas fonctionner, en partie à cause d’une mauvaise compréhension de l’objet censuré. Ainsi, la crainte exprimée à propos de l’imprimerie par l’Église et d’autres voix conservatrices de la société vise généralement le manque de contrôle sur qui lit quoi.

Ces changements ont permis l’émergence d’une conception moderne de l’auteur, qui fait principalement référence à la possibilité de créer et de valider des idées individuelles. Leclerc, Gérard, L'histoire de l'autorité : l'affectation des énoncés culturels et la généalogie de la foi, comp.

L’idée originelle de l’humanisme est que l’homme se définit avant tout comme une relation sujet-objet avec lui-même7. La naissance de l'humanisme comme mouvement au début du XVe siècle », Annales : histoire, sciences sociales, 68e année, n° 3, 2013, p. Si l’on considère que l’une des définitions de l’homme est qu’il est en quête de sens, eh bien, l’humanisme classique constitue un excellent résultat.

Colonisation qui suit l’assimilation, c’est-à-dire une transformation de l’autre en soi. Et n'est-ce pas précisément ce que réalisent les humanistes en se plaçant au centre de l'univers, en se proclamant grands créateurs et détenteurs de sens et de vérité. Pour citer Jérôme Bindé, l'affaiblissement de l'humanisme est peut-être une conséquence du fait que les hommes « ne se reconnaissent plus d'une manière ou d'une autre dans le monde qu'ils ont créé14.

Son raisonnement part de l’idée que l’humanisme participe fondamentalement d’une métaphysique à la fois fermée et totalisante. Selon lui, cette production virtuelle d’une pensée comme vraie et authentique de l’homme – grâce au renversement de la même logique – pourrait soutenir une définition de ce qui n’est pas humain15. Nous devons prendre au sérieux cette possible conséquence ultime de l’humanisme et sa confirmation métaphysique, à savoir la déshumanisation active.

Comment affirmer une normativité, un sens ou une fonctionnalité humaine sans subir une dangereuse subversion. Ce qui distingue la condition humaine de l'idée de l'homme, c'est qu'elle est avant tout dans le négatif, contrairement à l'idée qui est positive.

PeNseurs de LA ruINe

POLITIque mOderNe

Deuxièmement, cette tradition se caractérise par un attachement à l’analyse et à la critique de l’État, figure essentielle de la modernité politique, tant en théorie qu’en pratique. Enfin, hommage a été rendu à Hegel, qui a ramené la raison spéculative sur un plan horizontal et qui a fait de l’histoire un terreau fertile pour le progrès de la raison. Ainsi le marquis de Sade, qui fonda les républiques coïtales en marge de la Révolution française.

Agir autrement, et c'est la démonstration du chapitre huit du Capital, s'apparente à la production crapuleuse de fables justificatives. Il faut considérer la juridiction autant comme un devoir que comme un droit de la puissance publique. La violence politique n’a toujours aucun sens – telle est, à mon avis, la description pratique de la tendance anarchiste du nihilisme politique moderne.

Ce que cette pensée touche ainsi de manière privilégiée, on l’imagine aisément, c’est la question classique du fondement. Par quelle logique le pouvoir peut-il se séparer de la société pour la mettre en ordre ? Un nihiliste est donc un homme qui connaît les principes de la civilisation, même superficiellement.

La violence en action qui maintient l’État en place (qui donne force à la loi) est la répétition sans fin et indéfinie de la violence fondatrice. Sur la question théorique de la performance politique comme autoproduction matérielle et symbolique, voir Giroux, 2008b.

Referencias

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