La société québécoise s'est engagée dans un vaste processus de réflexion sur l'avenir du Québec, avec la jeunesse comme thème principal. Quatre grands projets et ateliers régionaux, dans toutes les régions du Québec, ont nourri cette réflexion, culminant avec le Sommet Québec et jeunesse (SQJ), tenu les 22, 23 et 24 février 2000 à Québec. Les retombées de SQJ ont été multiples ; parmi ceux-ci, l'engagement des partenaires à adopter une politique de jeunesse à la fois globale et inclusive.
Les partenaires ont en effet confirmé que l'éducation, l'emploi, la lutte contre l'exclusion, l'exercice de la citoyenneté par les jeunes ainsi que le développement durable seront les repères de ce projet politique et de sa mise en œuvre. Les travaux seront réalisés dans le respect des spécificités régionales et culturelles du Québec. Ce projet sera développé en concertation avec les groupes de jeunes, notamment ceux des régions, et en concertation avec les partenaires. Ce document fait état de l'expérience d'autres pays ayant adopté une politique jeunesse, de recommandations au sujet des organisations internationales, des engagements antérieurs de l'État québécois et surtout des attentes exprimées par les jeunes et les autres citoyens. .
Il met en lumière quelques pistes à considérer lors de l’élaboration et de l’adoption d’une politique de jeunesse. Il est présenté comme un document informatif destiné à alimenter la réflexion en vue de l'élaboration d'une politique de jeunesse.
R APPEL H ISTORIQUE
Initiatives antérieures
Les trois pôles autour desquels s'est structuré le plan d'action québécois pour souligner l'Année internationale de la jeunesse, sous le thème PAIX, PARTICIPATION, DÉVELOPPEMENT, étaient : Concrètement, l'Année internationale de la jeunesse a donné lieu à une série d'activités de la part des acteurs locaux, nationaux et de caractère international, initié par les jeunes eux-mêmes, comme en témoignent les quelque 700 projets communautaires subventionnés par le Secrétariat à la jeunesse (budget de 9 millions de dollars sur 2 ans). année). Cette Année internationale de la jeunesse a également permis de tenir des colloques sur la jeunesse et l'emploi : Changeons les consignes (automne 1984 - mai 1985) qui ont permis de se réunir pour la première fois à la même table, et ce : dans onze villes du Québec, des jeunes et des représentants des milieux municipal, scolaire, patronal et syndical.
Le Rapport de la Commission consultative du travail et la révision du Code du travail en 1985 ont formulé plusieurs recommandations, qui faisaient écho à celles présentées par la Table de concertation des organismes jeunesse-travail, et ont ouvert la voie à plusieurs programmes jeunesse et orientations gouvernementales touchant particulièrement les jeunes. : des programmes visant à stimuler l’emploi – plutôt que la création d’emplois temporaires – en mettant l’accent sur le développement local et l’entrepreneuriat des jeunes ; améliorer l'information sur les mesures destinées aux jeunes, les services d'orientation,. Ces auditions ont eu lieu au printemps 1989 et ont donné lieu au rapport Les couleurs de la jeunesse NOIR sur BLANC. Pour notre génération, les années 1980 ont été principalement caractérisées par la dépendance accrue des jeunes : dépendance croissante à l’égard de l’État et de ses programmes, et dépendance croissante à l’égard de la famille.
Nous sommes confrontés à la question de l'équité fiscale et du fardeau de la dette pour les générations futures. Le Sommet de l'économie et de l'emploi de 1996 a notamment permis la création du Fonds anti-pauvreté et le lancement de la Mission économie sociale dont est responsable Nancy Neamtam.
Engagements gouvernementaux
L E CADRE DANS LEQUEL S ’ INSCRIT LA POLITIQUE JEUNESSE
- Éléments contextuels
- Priorités ciblées en fonction des consensus du Sommet
- Les caractéristiques de politiques jeunesse dans d’autres pays
- Enjeux d’une politique jeunesse au Québec
Le CPJ a évoqué la nécessité d'une reconnaissance des organismes communautaires et la nécessité d'un véritable partenariat entre l'État et les organismes qui contribuent à améliorer la situation des jeunes. Plus récemment, le CPJ4 a conclu sur la nécessité d'une vision de la jeunesse dans laquelle l'État doit prendre le leadership pour assurer la cohérence (et donc la fin de la fragmentation) entre toutes les interventions des partenaires de la société civile. Une politique de jeunesse est une déclaration politique impartiale, centrée sur les besoins des jeunes.
L'idée d'une politique jeunesse a été bien accueillie au Sommet Québec et jeunesse. Le Conseil Permanent de la Jeunesse aura réussi à faire adhérer les partenaires à la plupart des orientations qu'il prône depuis plusieurs années. 10 Déclaration conjointe faisant état du consensus atteint par les participants et les participants associés au Sommet Québec et jeunesse.
Ces membres participeront aux travaux et seront consultés tout au long de l'élaboration de la politique. Depuis 1985, dernière Année internationale de la jeunesse, nous avons assisté à un changement dans la perception et l’orientation des politiques de jeunesse dans les pays occidentaux. En 1995, à l'occasion du dixième anniversaire de l'Année internationale de la jeunesse, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté un Programme d'action pour la jeunesse jusqu'en l'an 2000 et au-delà.
Le Conseil de l'Europe s'adresse également aux jeunes pour promouvoir le développement de la tolérance et de l'harmonie entre les différents peuples et cultures. Chaque pays de l'Union européenne dispose d'une agence nationale chargée de la mise en œuvre des programmes. Concernant les objectifs, on retrouve la présence évidente d'un objectif transversal et prioritaire commun à tous les programmes : celui de promouvoir une idée « européiste » auprès des jeunes des différents pays européens.
Il s'agit de diffuser, auprès de la jeune clientèle, une vision de l'identité canadienne bâtie autour de la promotion du multiculturalisme, du pluralisme et des différences culturelles. On constate un déplacement des préoccupations vers les problèmes d'intégration sociale des jeunes et de leur participation aux affaires publiques. Au total, 140 pays, dont plus d'une centaine de ministres de la jeunesse, ont participé pour présenter la politique de jeunesse de leur pays.
Au cours des dernières décennies, le développement accéléré des technologies et la mondialisation des marchés ont grandement changé le visage du Québec. La décision des partenaires du sommet québécois et de la jeunesse de doter le Québec d'une politique jeunesse est d'autant plus importante que le poids démographique à lui seul ne pourra pas équilibrer les forces de pression.
L E CHAMP D ’ ACTION D ’ UNE POLITIQUE JEUNESSE
Comme le souligne le rapport Promouvoir une société équitable, chaque membre de la communauté, de l’école et de la famille a des responsabilités à des degrés divers envers les jeunes. L'école et la communauté, qui favorisent l'épanouissement des jeunes, ont également une responsabilité à leur égard. Ils reflètent les priorités que le Québec veut se fixer à l'égard des jeunes et, en ce sens, ils représentent la base sur laquelle s'appuieraient les orientations politiques.
À partir des débats publics, nous pouvons identifier trois valeurs importantes qui sous-tendent l’élaboration des politiques. Le Premier Ministre dans son discours inaugural, les coprésidents des Projets du Sommet dans leur déclaration commune, le Conseil Permanent de la Jeunesse dans son avis de septembre 1999, le Comité Consultatif de la Jeunesse lors de ses réunions avec le Ministre chargé de la Jeunesse, ont convenu de la nécessité aller plus loin que les mesures et identifier ce que pourrait être une approche gouvernementale globale en faveur de la jeunesse. Traduite en lignes directrices, cette planification devrait conduire à un changement de mentalité et à une meilleure cohérence dans les actions de tous les membres de la société.
Nous ne réussirons que si nous nous imprégnons de leur vision et de leurs aspirations, s'ils s'impliquent dans la construction de la société de demain et veillent à l'initiation des changements nécessaires. Avant de « aidez-nous », nous avons beaucoup entendu parler de « respectez-nous » de la part des jeunes.