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MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE .SUPERIEUR ET DE
LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE
INSTITUT DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
ET HUMAINES
COMITE PERMANENT, INTER-ETATS DE LUTTE CONTRE LA SECHERESSE
AU SAHEL INSTITUT DU SAHEL
CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHE SUR LA POPULATION
POUR LE DEVELOPPE MENT
INTERRELATIONS ENTRE POPULATION SANTE ET DEVELOPPEMENT
I E S. D. I
RAPPORT SOCIO-ECONOMIQUE
Frédéric O. PALE Issoufou SANOU
Jean-Pierre OUEDRAOGO
: géographe : économiste - sociologue
MINISTERE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRE , SUPERIEUR ET DE
LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE
INSTITUT DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
ET HUMAINES
COMITE PERMANENT, INTER-ETATS DE LUTTE CONTRE LA SECHERESJ
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INSTITUT DU SAHEL
CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHE SUR LA POPULATION
POUR LE DEVELOPPEMENT
INTERjRELATIONS ENTRE POPULATION
S J A N T E ET DEVELOPPEMENT
I B S.D.I
RAPPORT SOCIO-ECONOMIQUE
Frédéric O. PALE : géographe Issoufou SANOU : économiste Jean-Pierre OUEDRAOGO : sociologue
J
0 M M A I R EPage
1 7 NTRODUCTION 1 4
i
I LES CARACTERISTIQUES GENERALES DE LA ZONE 5
1.1. Les conditions physiques. 56
1.2. Le milieu humain et les structures sociales. 711 1.3. Les activités économiques traditionnelles. ... 11
1.3.1. L'agriculture. 1114
1.3.2. L'élevage. 1416
II. LES ASPECTS SOCIOECONOMIQUES ET CULTURELS DE
' ■ ■ • — M » * » ■ « H ^ ^ a . . ! . . . . I ^ l ■ I ! ■ — ■ ' — ■ — ■ ' ■ ! ! ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ! ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ ■ . ■ ■ I ! ■ I I I Mil I II ■■ 1
L'OPERATION VALLJEE DU KOU. 17
II.1. Historique de l'aménagement. 1718 II.2. L'évolution des activités économiques. ... 19
II.2.1. L'agriculture. 19 II.21.1. La riziculture irriguée 19
II.211.1, Caractéristiques du système de
production. 19
11,2111,1. La réorganisation foncière : système d'attribution et de gestion des
terres. 1921
II.21111.1. Les contraintes lié à l'aménage
ment. 2223
•• /• •
11.21111.2. Problème d'accès à la terre 24-28 11.21111.3. Accroissement démographique dans la zone
et pression sur la terre* 29-33 11.2111.2. Le système d'irrigation : mise en place et
fonctionnement. 34-38 11.2111.3. Les techniques culturales et l'organisation
du travail au sein de l'exploitation. ... 39-^1
11.211.2. Les résultats agronomiques. 42 11.2112.1. Les niveaux de production. 42-48 11.2112.2. Les superficies exploitées 49-50
11.2112.3. Les rendements. 50-57 11.211.3. L'organisation et la gestion du périmètre :
objet de grands enjeux. 58-60 11.2113.1. La coopérative. 61 11.21131.1. Les difficultés de mise en place d'un
véritable mouvement coopératif. ... 61-74 11.21131.2. La commercialisation : une délicate
fonction. 74-81 11.21131.3. Les autres fonctions de la coopérative. .. 81-84
11.21131.4. La réorganisation de la coopérative. ... 85-93
11.2113.2. La commercialisation. 93 11.21132.1. Le circuit de la commercialisation. ... 94-96
11.21132.2. Les entraves à la commercialisation. ... 96-98 11.211322.1. Le développement de l'auto-consommation.. 99-105 11.211322.2. Le prix du riz au niveau de la coopérative.t)5-107 11.211322.3. L'endettement du producteur. ... 107-108
• • / m •
11.21132.3. L'exploitant et le crédit. 108-122 11.21132.4. Le revenu de l'exploitant. 123 11.211324.1. Appréciation du revenu théorique
rizicole. 123-125 11.211324.2. Appréciation du revenu brut effectif. 126
11.211324.3. Le compte d'exploitation de l'exploitant.127-136
11.211324.4. Les dépenses des ménages. 136-142 11.21.2. L'agriculture pluviale. 143
11.212.1, Au niveau des non riziculteurs 143-148 11.212.2, Au niveau des riziculteurs. 148 II.2.2. L'élevage dans le nouveau système de
production. 151-152 II.3. L'évaluation des effets de l'aménagement 153
11.3.1. Les objectifs de l'aménagement. 153-155 11.3.2. Les indidences de l'aménagement sur la
la balance des paiements. 155 11.32.1. Les facteurs favorables. 155 11.321.1. La diminution des importations 156-158 11.321.2. L'apport en capital par les bailleurs
de fonds. 158-159 11.32.2. Les facteurs défavorables. 159
11.3.3. Les effets sur les finances publiques. ... 159-162 11.3.4. Les transformations et les problèmes
intervenus avec 1'aménagement. 163 II.34.1. Les transformations socio-économiques. ... 163
• • / • •
11.341.1. Le développement des activités commerciales. 163167 11.341.2. La condition de la femme. 168
11.3412.1. Condition sociale. 168172
11.3412.2. Condition économique. 172179 11.34.2. Les transformations politicoadministratives. 179182 11.34.3. Les problèmes liés à l'aménagement. 182 11.343.1. Des problèmes sociologiques. 182 11.3431.1. Les incertitudes sur l'avenir du périmètre. 182183 11.3431.2. Les difficultés d'organisation. 183184 11.343.2, Les problèmes techniques. 184
11.3432.1. Les problèmes d'eau. 185187
11.3432.2. Les limites à l'extension du périmètre. ... 187194
I T ONCLUSION 195198
Liste des tableaux 199202
Liste des figures 203
Références bibliographiques 204207
—^—♦— -r~-^-~ ♦—^—^— "» — *Ç— ♦— -w —
J J NTRODUCTION
Le périmètre de la Vallée du Kou a été aménagé de 1969 à 1974 grâce à la coopération bilatérale entre
le gouvernement du Burkina Faso (République de Haute-Volta à l'époque) et le gouvernement de la République de Chine
r
pour recevoir la riziculture irriguée à raison de deux récoltes par an.
Il occupe une plaine hydromorphe comportant
2300 hectares de terres irrigables située sur la rive gauche du Kou, rivière qui prend sa source à proximité de Bobo-
Dioulasso, deuxième ville du pays, distante de quelques 25 km du périmètre. Le débit du Kou en étiage était de 3200
litres par seconde ; ce qui permettait d'irriguer 1260 hectares en toutes saisons.
La mise en valeur réalisé au fur et à mesure des progrès de l'aménagement a nécessité un transfert de popula- tions de différentes régions du pays, particulièrement celles du plateau central très éprouvées par les sécheresses et les famines successives de la fin des années 1960 et du début des années 1970. De par ses origines, le peuplement de la Vallée du Kou est un melting-pot avec à la fois des
potentialités et des difficultés de création de formes de
.. /..
- 2 -
sociabilité spécifiques. Les anciens propriétaires des
terres, d'ethnie Bobo, dont le village Bama a été incorporé dans le périmètre, ont été expropriés sans dédommagement ; ceux d'entre eux qui remplissaient les conditions de recru- tement d'exploitants - à savoir disposer d'au moins 4 actifs et accepter le cahier des charges - et qui en ont fait
la demande, ont reçu une parcelle d'environ un hectare au même titre que les immigrants.
Le système de production instauré pour l'exploi- tation du périmètre était inédit pour la quasi-totalité des exploitants •» la monoculture du riz destinée à la vente, l'utilisation à fortes doses d'intrants, les techniques de production et le calendrier agricole intangible, les
problèmes de crédits, l'organisation coopérative...
comportaient autant de contraintes nouvelles auxquelles s'ajoutent celles spécifiques dues à la modification de l'environnement écologique et humain.
Dès la première année d'exploitation, l'Etat a mis en place d'autorité une coopérative à laquelle sont obligatoirement tenus d'adhérer tous les exploitants. Cette coopérative fortement appuyée par la direction du projet était chargée non seulement de la collecte et de la commer- cialisation des- produits, de l'approvisionnement des membres
../..
- 3 -
en intrants et en équipements, de l'entretien des infras- tructures physiques, mais aussi de la gestion d'affaires des habitants jusque dans les villages créés de toutes pièces pour installer les familles des exploitants.
Très tôt des difficultés dans l'écoulement de la production par la coopérative se sont fait jour, à la faveur desquelles les coopérateurs se sont tournés vers les commerçants privés pour vendre leurs récoltes et ont créé des exploitations de céréales traditionnelles en culture pluviale afin d'assurer la survie des membres de leur famille dont l'accroissement avec le temps ne semble pas avoir été pris en compte par les promoteurs du périmètre.
De nombreux immigrants spontanés ont été attirés par le rayonnement de la zone de la Vallée du Kou dont les activités commerciales, artisanales, de services et de loisirs se sont trouvées accrues à la fois du fait de la concentration humaine, de la facilité d'accès et de
l'influence de la ville de Bobo-Dioulasso. Une telle
concentration pose des défis en termes d'actions et d'équi- pements collectifs (écoles, centres de santé, centres
communautaires, formation, alphabétisation ...) et d'accès des différentes couches de la population à ces actions et équipements eomme condition d'une intégration sociale harmonieuse.
•. / •.
- 4 -
Le présent rapport qui constitue le volet socio- économique de l'étude des interrelations entre population, santé et développement, étude financée par le CIïRPOD et réalisée par l'Institut de Recherche en Sciences Sociales et Humaines du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, s'efforce d'analyser les problèmes nés des nouveaux rapports sociaux à l'intérieur et en dehors des exploitations, de l'accès aux ressources et leur utilisation entre les strates et à l'intérieur des unités constitutives de celles-ci. Il s'articule sur trois points qui sont :
- les données générales du milieu ;
- les activités économiques traditionnelles j ".
- les aspects socio-économiques et culturels induits par l'opération d'aménagement.
* CERPOD : Centre d'Etudes et de Recherche sur la Population pour le Développement.
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I - LES CARACTERISTIQUES GENERALES DE LA ZONE.
1.1. Les conditions physiques.
Le périmètre de la Vallée du Kou est situé à 25 km au Nord-Ouest de Bobo-Dioulasso sur l'important axe routier bitumé reliant cette ville au Mali. Il fait partie d'un ensemble géomorphologique constitué par un plateau sédimentaire à faible pente (grès et schistes de Bobo-Dioulasso) où de nombreuses cuvettes mal drainées ont formé des dépressions marécageuses séparées par des reliefs cuirassés et des levées alluviales. L'une de ces dépressions, particulièrement importante a permis le développement d'une large plaine d'inondation s'étendant sur 97.100 ha dont seulement 2.300 ha exploitables sur lesquels le périmètre rizicole a été aménagé grâce à une dérivation des eaux du Kou. Les sols hydromorphes qui s'y sont développés sur des alluvions argileuses propres à la riziculture occupent 80 % de la zone.
Ils portent une végétation graminéenne dense à base d'andropogonées tandis que les sols ferrugineux qui couvrent environ 20 % de la zone sont le domaine de la savane arborée.
•. / •.
- 6 -
Le climat est de type soudanien avec une saison sèche de novembre à avril et une saison humide de mai à octobre durant laquelle il tombe 1.000 à 1.100 mm d'eau en moyenne par an. Les températures moyennes s'établissent au- tour de 30°C avec des maxima de 40°C et des minima de 10CC et les amplitudes journalières et saisonnières sont assez fortes. Aussi, la pluviométrie n'est-elle supérieure à
l'évapotranspiration que pendant deux mois de l'année (juillet- août). Mais l'existence d'un cours d'eau pérenne, le Kou,
affluent du cours supérieur de la Volta Noire qui se développe dans la plaine ci-dessus décrite a permis la mise en place d'un système d'irrigation.
Long de 30 km, son débit varie entre 3,5 et 15 m3/S dans l'année. Essentiellement exploitée par la population
autochtone dans le cadre d'une agriculture pluviale portant sur les mils, le maïs, l'arachide et le coton, cette plaine constitue également un parcours important pour les éleveurs peul de la région.
../..
- 7 -
1.2. Le milieu humain et les structures sociales :
Le peuplement actuel de la Vallée du Kou
résulte d'importants mouvements migratoires entamés depuis des années et particulièrement amplifiés par l'aménagement du
périmètre rizicole.
Avant l'aménagement, l'essentiel de la population était constitué par les Bobo, ethnie autochtone auxquels étaient venus s'ajouter quelques Sénoufo, Mossi, Dioula et Peulh-éleveurs. Selon des études réalisées entre 1955 et 1961 par l'ORSTOM et la SOGETEC, la population totale de la zone s'élevait à cette époque à 1.647 habitants.
De nos jours, l'aménagement du périmètre rizicole a entrainé une forte immigration de populations venant de toutes les régions du Burkina et particulièrement du "Plateau Mossi" : transfert de populations pour la mise en valeur du
périmètre et migrations spontanées plus au moins liées à celle-ci.
Ce phénomène démographique combiné aux effets d'accroissement naturel des familles transférées et de la population autoch- tone a abouti à la mise en place d'une population beaucoup trop nombreuse pour les capacités actuelles d'accueil du péri- mètre.
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A la première saison agricole de 1970, 75 % des 100 premières familles installées sur le périmètre amé- nagé étaient originaires de la ville de Bobo-Dioulasso et des villages avoisinants (Diaradougou, Badara, Sandimisso,
Bama, Toungbagama etc . . . ) . Puis progressivement la Vallée du Kou s'est peuplée de migrants provenant essentiellement de régions surchargées, aux conditions agro-climatiques médiocres (notamment le Centre du pays).
Le recensement démographique de 1987 a donné une population résidente totale de 16.812 habitants dont 8.320 hommes et 8.492 femmes. Sa répartition par groupe ethnique se présentait de la façon suivante (en %)
Mossi t 59
Bobo : : 19
Samo : 3
Marka-Dafing : : 3
Peul : : 5
Sénoufo : ; 4 Divers ! 7
Les données ci-dessus montrent une nette pré- dominance du groupe ethnique mossi (plus de la moitié de la population). La venue de ces populations étrangères avec
../ • •
- 9 -
leurs valeurs sociales et leurs traditions n'est certaine- ment pas sans effets sur les structures sociales pré-
existantes, notamment celle de l'ethnie autochtone majori- taire (les Bobo) dont il convient ici de présenter les princi- paux traits d'organisation.
Traditionnellement la société Bobo est une société de type communautaire dont l'organisation se traduit par la superposition de deux systèmes d'autorité : l'un à l'échelon de la famille, l'autre au niveau du village.
La famille se présente comme une communauté de type patriarcal qui réunit sous l'autorité de son chef
(l'aîné du groupe lignager), tous les individus issus de la même lignée paternelle. L'autorité du chef de famille s'étend sur tous les membres de la famille. Il dirige et contrôle l'exploitation familiale dans l'intérêt général de la
communauté. Il est également le dépositaire de la vie reli- gieuse du groupe.
A l'échelle du village, les pouvoirs sont détenus par les plus anciens des descendants du premier occupant. Ils sont essentiellement socio-économiques et religieux. Le chef de village est le seul garant du patrimoine foncier dont il
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10
assure la gestion. Seul dépositaire des droits de jouissance de la terre, il officie les cultes agraires avant et après les travaux agricoles. Ces droits de jouissance interdisent tout droit d'appropriation, de location ou de cession, la terre étant considérée ici comme un bien inaliénable et imprescriptible.
Ce type de régime foncier qui se justifiait dans une économie d'autosubsistance a subi de nos jours de profondes transformations sous l'impact de l'économie monétaire. La
monétarisation progressive de l'économie a conféré à la terre une valeur marchande favorisant ainsi l'apparition de la
notion de la propriété privée individuelle. A l'intérieur de la grande famille apparaissent des sources nouvelles de
tensions. La possibilité désormais offerte par les cultures commerciales à l'individu d'acquérir de l'argent et d'en dis
poser à son gré a favorisé l'individualisme et le goût de l'indépendance. De plus en plus les ambitions personnelles prennent le pas sur les intérêts de la communauté familiale, d'où la dislocation progressive de celleci, l'anéantisse
ment de l'autorité patriarcale et l'apparition de petites unités de productions regroupant des ménages souvent mono
nucléaires. Cela entraîne nécessairement un partage de l'ex
ploitation familiale, de ses moyens de production et de sa gestion,entre l_as unités économiques désormais distinctes.
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L'expansion démographique dans la zone viendra amplifia? ce phénomène déjà en cours par la rarefaction
des terres cultivables et le renforcement de leur ap- propriation privée.
1.3. Les activités économiques traditionnelle.-:.
1.3.1. Llâgriculture
L'agriculture constitue la principale activité économique de la région. Aussi le système agraire pratiqué par les Bobo est très diversifié et associe trois types de champs : le terroir villageois comprend trois parties dis- posées en couronnes plus ou moins régulières autour du
village, représentant des zones de culture de moins en moins intensives au fur et à mesure qu'on s'éloigne de celui-ci.
Ce sont respectivement : - Les champs de caae
- Les champs intermédiaires - Les champs de brousse.
Les premiers qui sont des champs permanents continuellement enrichis par les détritus ménagers et les déjections animales sont essentiellement consacrés à la culture du maïs, de la tomate et du tabac.
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Par ses dimensions très importantes et l'éventail de ses cultures nettement plus diversifiées, les champs
intermédiaires qui enserrent les champs de case sont ceux
sur lesquels le paysan Bobo fonde en grande partie son économie agricole. Ce sont des champs semi-permanents affectés aux
associations végétales les plus variées. Sur les terres hautes et meubles, on cultive le maïs, le sorgho (rouge et blanc), le petit mil (pennisetum), le haricot et accessoirement le coton. Le maïs tardif, la patate douce, l'igname, le riz sont réservés aux bas-fonds humides tandis que les sols gravillon- naires et secs reçoivent le pois de terre, l'arachide et le fonio. Souvent sur les pourtours de ces champs, les femmes sèment quelques graines de gombo (Hibiscus esculentus), de da
(Hibiscus sabdarifla) et de piment.
Ce dispositif de culture varie peu d'une année à l'autre. Il arrive seulement que le gros mil rouge soit rem- placé l'année suivante par le petit mil et qu'une parcelle
soit réservée à la culture unique du pois de terre ou de l'arachide. Les bas-fonds humides sont cependant affectés au maraîchage en saison sèche. Lorsque le champ est situé sur un terrain en pente, le cultivateur limite l'érosion par ruissellement en construisant des murettes anti-érosives.
Dans les bas-fonds humides, il élève des buttes volumineuses pour domestiquer et contrôler les eaux d'inondation.
. •/..
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Ces champs bénéficient également de la fumure par l'apport de détritus ménagers et d'engrais desséchés re-
cueilles dans des étables à moutons et à chèvres et des parcs à boeufs. Mais cette fumure qui se limite " souvent aux points les plus proches du champ est généralement insuffisante pour stabiliser la fertilité des terres et assurer la pérennité des cultures.
Si dans les champs permanents et semi-permanents le paysan pratique, par l'application de techniques efficaces des cultures plus ou moins intensives, dans les champs de brousse par contre,les techniques culturales sont réduites à leur simple expression : la culture extensive sur brûlis.
Ce sont les champs les plus vastes et les plus éloignés du village, conquis sur des jachères en regénération naturelle depuis des années (15 à 30 ans en moyenne). On y sème le gros mil blanc associé au maïs, le petit mil et plus rarement
l'arachide au le pois de terre.
Ces champs sont exploités jusqu'à épuisement puis laissés en jachère à la végétation naturelle. Ils sont alors remplacés par de nouveaux champs conquis eux-aussi sur la végétation naturelle voisine. Ce sont donc des champs tempo- raires sommairement aménagés, ne bénéficiant d'aucune fumure.
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Seule la cendre de la végétation brûlée sur place et parfois le passage des troupeaux au début de la saison sèche les en- graissent sporadiquement.
1.3.2. L^élevage
Bien qu'intervenant en seconde position loin
derrière l'agriculture, l'élevage occupe une place importante dans le système agraire autochtone. Ici, le troupeau est un capital, une fortune tangible qui apporte non seulement un certain prestige au paysan, mais aussi une aide précieuse à l'agriculture en lui fournissant comme nous l'avons dit plus haut, la fumure. Certaines familles possèdent un troupeau de bovins, d'ovins et de caprins qui est plus ou moins impor- tant selon la richesse de la famille. La garde est confiée aux enfants pour les petits ruminants, aux peulh pour les bovins.
Venus de Barani dans la Province de la Kossi vers les années 1950 à la recherche de meilleurs pâturages, les Peulh vivent actuellement dans un campement appelé Djériwal*
à environ 4 km au Nord de Bama. Les terres sur lesquelles ils se sont installés appartiennent à Bama. Devenus éleveurs,
* Djériwal signifierait prospérité en fulfuldé.
•. / •.
- 15 -
agriculteurs, ils s'adonnent parallèlement à l'élevage, à la culture du maïs, du sorgho, du mil et de cultures fourragères.
Ici, l'agriculture est associée à l'élevage, dans un système de production relativement intensif. Les champs bénéficient systématiquement de la fumure animale pour leur fertilisation et fournissent en retour le fourrage au bétail. Les Peulh
achètent également de la paille de riz à la Vallée du Kou pour l'alimentation de leurs animaux. En retour ils vendent aux exploitants de la Vallée une partie de leur fumier et souhaite- raient que ceux-ci s'adressent à eux pour l'acquisition des
boeufs de labour. . ,
Mais d'une manière générale, hormis le campement peulh, l'élevage dans cette région démeure encore un élevage extensif non associé de façon systématique à l'agriculture.
Très peu développés, le commerce et l'artisanat viennent compléter l'éventail des activités économiques traditionnelles de la région". La production artisanale es"-*, essentiellement soutenue par la sculpture, la vannerie, le
tissage, la poterie et le matériel agricole (daba, hache etc..)
Avant l'aménagement du périmètre rizicole, l'unique marché de la localité était celui de Bama. Au delà, il y avait le marché de Dandé et de Bobo-Dioulasso pour ne citer que les
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plus importants. Les échanges se limitaient essentiellement aux produits agricoles, à ceux de l'élevage (volaille et petits ruminants essentiellement), de l'artisanat à quelques produits manufacturés de première nécessité (savon, pétrole..
huile, vêtements, e t c . ) .
Telle se présentait de façon globale la vie économique régionale avant la mise en valeur de la plaine rizicole. Il est certain que celle-ci a subi une évolution sous l'action conjuguée des nouveaux facteurs économiques et du phénomène migratoire consécutifs à l'aménagement.
. «/ •.
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II. - LES ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES DE L'OPERATION VALLEE DU KOU.
II.1.- Historique de l'aménagement
L'idée de la création d'un périmètre rizicole dans la Vallée du Kou remonte aux années 1-950 mais elle ne s'est concrétisée qu'à partir de 1960 dans le cadre de la coopération sino-burkinabé qui avait déjà permis la création des périmètres de Boulbi (75 ha) et de Louda (112 ha) dans le "Plateau Mossi entre 1962 et 1965. Il s'agissait de créer un périmètre irrigué de 1.500 ha et d'y installer 1.500 ex- ploitants, migrants pour la plupart, dans des villages créés de toutes pièces et lotis selon un plan en damier où ceux-ci auraient un revenu monétaire net de 150.000 F en double
culture annuelle de riz. C'est ainsi qu'entre 1970 et 1974, 1.260 ha de terres furent aménagées pour 8 villages dont le village traditionnel Bobo, Bama.
L'encadrement des exploitants fut d'abord assuré par les techniciens de la Chine de Formose jusqu'en 1973, puis de la Chine Populaire en 1974. Le 30 décembre 1975 le périmètre aménagé fut officiellement remis au gouvernement burkinabé (voltaïque à l'époque) qui confia désormais la
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- 18 -
responsabilités de l'encadrement à l'ORD des Hauts-Bassins*
jEn 1970, les exploitants ont créé une coopérative essentiellement chargée de leur approvisonnement en intrants»
de la commercialisation du riz et de l'entretien du réseau hydro-agricole.
Mais après quelques années de fonctionnement ac- ceptable, le périmètre aménagé a commencé à se dégrader en- traînant ainsi une baisse inquiétante des rendements et une désorganisation de la coopérative. Cela a suscité en 1980, la mise en oeuvre d'un vaste projet de réhabilitation d'un coût global de 1,5 milliards de F CFA constitués d'un prêt de 372 millions de F CFA auprès de la BOAD et des subventions de l'état et des Pays-Bas. Ce projet a essentiellement pour objectifs de restaurer la fertilité' des sols, d'accroître la superficie irriguée de 300 ha par le réaménagement du réseau d'irrigation et de drainage, de développer l'élevage bovin (fumier, traction, embouche) et de redynamiser la coopérative.
* Organisme Regional de Développement.
../..
- 19 -
II.2.- L'évolution des activités économiques.
II.2.1. ^agriculture
L'activité agricole de la zone revêt essentielle- ment deux formes : l'agriculture pluviale traditionnelle et la riziculture irriguée récemment introduite avec l'aménage- ment. Nous analyserons d'abord cette dernière afin de voir ses effets sur les systèmes de production traditionnels.
II.21.1. La_riziculture_irriguée
I I . 211.1 . Çaractéristiotue_du_sy-stème_d p r o d u c t i o n
I I . 2 1 1 1 . 1 . L a _ r é o r g a n i s a t i o n _ f o n ç i è r e : système _i_._l_.-._.i^_._:2-l_§_i__l_:__._;S_.i2_i
d e s _ t e r r e s
Au regard des blocages qui ressortaient dans le système agraire traditionnel et surtout compte tenu de la
sous-e-tploitation des potentialités de la zone, l'Etat a exercé son droit par expropriation des populations autochtones en vertu de la loi N° 29 de juillet 1963. Cette loi stipule que les
terres vacantes situées hors agglomérations sont propriétés de l'Etat. Dans ces conditions, il n'y avait pas de dédommange- ment sinon qu'il ne représentait pas grand chose surtout quand
• • / • •
- 20 -
l'expropriation est faite pour cause d'utilité publique.
Dans le cas du périmètre aménagé de la Vallée du Kou, l'expropriation n'a donné lieu à aucune indemnisation.
La seule compensation apportée aux autochtones justifiant de droits coutumiers de tenure ou d'usage a été de les caser
prioritairement sur les parcelles. Ce droit de préférence était expressément subordonné aux normes de la nouvelle stratégie de développement ce qui semblait mettre les autochtones dans une forme de sujétion mal acceptée dont les conséquences n'ont pas tardé à se produire (abandon par démission).
L'Etat propriétaire des terres aménagées les a concédées à des exploitants (autochtones et migrants) dans le but d'atteindre les objectifs suivants :
- la stabilisation des conditions d'exploitation par une maîtrise de la situation foncière (modification des droits sur la terre).
- le développement des actions tendant à créer de nouvelles formes d'exploitation individuelle et/ou collective.
Dans les faits, l'exploitant ne disposait que d'un droit tenus et éphémère sur la parcelle qu'il exploitait, ce qui est en contradiction flagrante avec l'objectif de stabili- sation des conditions d'exploitation. Cette situation entraînera bon nombre de conséquences néfastes à l'aménagement.
.. / ..
- 21 -
En effet, l'attribution d'une parcelle ne confé- rait pas un titre de propriété mais seulement un droit d'usage qui excluait toute forme d'aliénation, de vente, d'échange
ou même de transfert. L'exploitant non propriétaire se trouvait ainsi dans une situation juridique très précaire dans la
mesure où il peut être dépossédé à tout moment du droit d'usage pour les motifs suivants :
- non respect des directives techniques diffusées par l'ORDv ;;
- non respect des clauses de reconstitution et du maintien de la bonne structure du sol par l'apport de fumure organique, de pailles et de déchets d'animaux ;
- non rentabilisation de la parcelle selon les normes de production définies ;
- non règlement et à bonne date des différentes redevances à la coopérative.
(1) directives de l'ORD.
- semis et repiquage aux dates prescrites ;
- réalisation des trois sarclages aux moments recommandés ; - respect des doses d'engrais ;
- entretien individuel des diguettes, des drains et des canaux d'irrigation ainsi que la fermeture des brèches dans les limites de la parcelle octroyée ;
- récolte du riz à bonne date suivi du séchage selon les techniques recommandées (séchage à l'ombre pour éviter le taux élevé de brisure à l'usinage).
../..
- 22 -
II.21111.1. Les_çontraintes_liées_à_l^aména gement
L'aménagement en tant 0ue système a introduit des transformations souvent même radicales dans les différents domaines : techniques, économiques et sociales.
La remise en cause par l'Etat du droit de propriété et/ou d'usage sur les terres familiales ou individuelles a entrainé de grands bouleversements dans la configuration fon- cière locale. Face à un système foncier établi, l'Etat en procédant par expropriation des autochtones a introduit un nouveau système foncier. La redistribution aux paysans des terres appropriées et aménagées par l'Etat à des fins d'exploi- tation ecus le contrôle de l'encadrement contraint ces
derniers à l'application des techniques culturales élaborées en la matière dans le but de réaliser les niveaux de rende- ments escomptés.
L'exploitant est soumis à une force extérieure qui lui dicte l'application des résultats des recherches agronomiques et des principes organisationnels systématiques (affiliation à la coopérative), et lui impose le temps de travail, le calendrier agricole etc. Ce pouvoir étendu sur l'exploitant remet en cause le principe de son autonomie ou du système de partenariat entre la Direction et lui.
Sa soumission était un moyen d'aiguillonner son travail
*>•/••
- 23 -
en vue d'obtenir une meilleure productivité et un contrôle très serré pour l'obliger à pratiquer souvent même contre son gré la culture de riz.
Le système en dépit des contraintes ci-dessus énumérées laisse cependant la liberté d'organiser les formes de travail. Aussi l'organisation type la plus courante sur le périmètre sera l'exploitation familiale en tant que
simple transposition des formes d'organisation du travail de l'agriculture vivrière dans un cadre différent. Cette forme, si elle est apparue comme la plus économique tant pour
l'exploitant que pour les promoteurs du fait de la non rémunération de la force de travail familial, ne pourrait se maintenir durablement dans le cadre d'une agriculture commerciale.
En effet, si la distribution des produits vivriers dans une unité de consommation collective ne posait pas
problème dans l'agriculture traditionnelle, cela n'est pas le cas dans l'agriculture commerciale. Dans ce contexte nouveau, les revenus monétaires générés sont inégalement distribués, ce qui crée des rapports d'exploitations des
cadets et des femmes par les aînés attributaires des parcelles, L'affaiblissement de l'unité de production-consommation
entraînera à la longue la remise en cause du système •- de l'exploitation familiale et la recherche par les cadets de leur autonomie.
• • / • •
24
11.21111.2. Problème_d^accès_à_la_terre
L'occupation continue des terres qui restent dans la possession des mêmes unités de production, a considérable
ment réduit les jachères tant dans la pratique que du point de vue durée. La famille en tant qu'unité collective de production et de consommation tend à se dissoudre en petites
unités individuelles. Chez les autochtones, cette situation est déjà observable dans la mesure où les disponibilités de terres ont plus ou moins permis l'émiettement à un certain moment donné. Mais de nos jours, cela n'est plus possible vu les risques qui pèsent sur la capacité de reproduction de la force de travail.
Chez les migrants confrontés à une pénurie réelle de terres, l'éclatement de l'unité de production même désiré par les cadets ne pourrait pas se réaliser concrètement. L'on comprend ainsi la résignation dans laquelle se trouvent plongés les migrants sans terre (surtout ceux de la 2è génération des riziculteurs) qui faute de trouver quelque chose sur place prennent souvent le chemin de l'émigration. En tant que force principale de travail au niveau de 1■exploitation, ces départs perturbent certainement la production et se traduiront par une baisse du niveau de vie de la famille restée sur place.
• • / • •
- 25 -
Pour les migrants venus dans l'espoir de la
riziculture, la possibilité de disposer d'une parcelle était la première préoccupation. Au départ, il fallait disposer de 4 actifs pour prétendre à l'hectare de la parcelle rizicole.
Ceux qui ont pu en bénéficier trouvent aujourd'hui ces parcel- les exiguës au regard de la taille des ménages directement concernés par l'exploitation. En effet, la taille des ménages a partout augmenté (12 en moyenne) ainsi que le nombre des actifs potentiels alors que la parcelle qui n'a pas connu une extension en superficie, est devenue incapable de nourrir correctement les membres de l'exploitation. Cette situation a rendu nécessaire la recherche des terres pour l'agriculture pluviale.
Les disponibilités en terres de la zone ne sont pas aussi importantes dans le sens de couvrir ces nombreux besoins tant au niveau de l'agriculture traditionnelle (autochtones et migrants) que de l'aménagement non extensible. L'accès difficile aux terres de bonne qualité a conduit à la mise en culture des terres marginales. La situation présentée dans les différents quartiers (ex villages) permettra de rendre :.
compte de la dimension du problème.
• e / • •
- 26 -
. Situation dans les villages du périmètre et dans les villages traditionnelles Bama et Badara.
Au regard de leur emplacement, les villages 1 , 2 , 3 et 4 ne disposent pas dans le voisinage immédiat de dis- ponibilités pour les champs hors casiers. De ce fait ces
derniers seront seront très éloignés des domiciles (15 à 25 km et même plus).
Au niveau des villages 5 et 6, la relative dispo- nibilité des terres est nettement insuffisante pour couvrir les besoins des ménages qui vont défricher très loin des villages. Cette situation conduit inéluctablement à
l'éparpillement des familles dont une partie (surtout les femmes et les enfants) est envoyée dans les champs hors casiers et l'autre sur la parcelle rizicole.
Bama : Les autochtones de Bama en tant que propriétaires terriens dans le sens du droit coutximier ne devraient pas être confrontés à des difficultés d'accès à la terre. Cependant, ils mettent en cause l'aménagement qui les privent d'une bonne partie de leurs terres, et de surcroît a développé un fort
courant d'immigration dans la zone, ce qui a contribué davantage à l'occupation sauvage des terres environnantes. Les autoch-
tones éprouvent un réel malaise et se disent assiégés par des migrants peu irrespectueux des coutumes, et qui réduisent
leur mobilité sur des terres qu'ils exploitaient autrefois cer- tes insuffisamment, mais avec moins d'appréhension
qu ' au jourd ' hui.
• e / • •
- 27 -
Badara : En tant que village d'anciens migrants, les terres appartiennent aux autochtones de Bama qui leur ont cédé un droit d'usage quasi perman :t compte tenu des relations consolidées depuis plus de 30 ans. L'arrivée massive des
migrants suite à l'aménagement a rendu plus difficile l'accès à la terre pour les besoins de l'habitation et des cultures, ce qui a contraint beaucoup de migrants à l'émigration.
Campement peulh : Les peulh et les Bobo entretiennent entre eux des rapports de parenté à plaisanterie, au nom desquels les autochtones leur ont octroyé des terres (droit de pâturages et de culture). L'accroissement de la population peulh d'une part et l'augmentation de la pratique de l'agriculture au sein
des différentes populations (peulh, autochtones et les migrants spontanés) ont sérieusement réduit l'espace vital initiale-
ment accordé aux peulhs. Les conflits incessants qu'ils ont aujourd'hui avec les agriculteurs (autochtones comme migrants) témoignent des difficultés auxquelles ils sont confrontées pour la pâture de leurs animaux.
.. / ..
- 28 -
Les taux de pratique de l'agriculture pluviale dans les différents quartiers ressortent dans le tableau
suivant.
Tableau 1 . Le_ taux de pratique de l'agriculture pluviale.
Bama Q1 Q2
-f . V —
Q4 Q5 Q6 Q7 Badara
Pratique Non
90,6 9,4
54,5 48,1 45,5 51 ,9
52,1 47,9
51,1 82,3 48,9 17,7
75 25
Ces taux sont suffisamment élevés dans Bama, les quartiers 6 et 7. Ils sont moyens dans les quartiers
1, 4, et 5. Le niveau le plus bas ressort dans le quartier 3.
Les disponibilités en terre au niveau de la zone semblent aujourd'hui entamées, à tel enseigne que le développement du phénomène migratoire risque d'être confronté aux contraintes de l'espace.
• • / • •
29
1 1 . 2 1 1 1 1 . 3 . Accroissement_démograpj2^
zone_et _p_ression_sur_la_t e r r e . Tableau 2 : données^de^mbgraphiques
; t a u x d ' a c : c e u i l : popula— ,
t i o n : 1985
.nouvelles n a i s . s a n c e s !
î s o l d e m i g r a
: t o i r e :
p o p u l a t i q
1985 ; t a u x d ' a c : c e u i l
t a u x de n a t a l i t é
: V a l l é e du Kou ! :Badara
:Bama !
: 10.503 i
: 4 . 4 9 5 :
! 4'. 659
! 566
: 229 ! 219 :
: 248 : 179
• 1 0 4 ■
11.317 : 4 . 9 0 3
: 4.982
! 7 , 7 5 : 9 , 0 7 : 6 , 9 3
:53,9 &
:50,9 %' :47 %°
3
: Total i
', 19.657 .1.014 s ! 531 ! ; 21.202 i 7 , 8 6 :51,58 %°Sources : recensement 1985
Dans l'ensemble le rythme d'accroissement de la population dans la zone a été très soutenu (7,86 % en moyenne),
ce qui est très élevé par rapport à ceux des villages avoi
sinants et même de celui de la ville de Bobo.
Ce taux d'accroissement résulte de l'effet con
jugué de deux facteurs :
la politique de transfert organisé et sa con
séquence, l'arrivée massive de migrants spontanés ;
le croît naturel qui en résulte. (51,58 %° dans la zone).
• e / • •
- 30 -
La pression démographique dans la zone a conduit de toute évidence à une très forte densité de population dans un milieu naguère peu peuplé. Cela entraîne des consé- quences sur la disponibilité des ressources en particulier le facteur terre. Dans l'analyse des rapports existants entre la pression démographique et les ressources disponibles,
W, Hance (1969) retient les 11 critères suivants :
- la fragmentation des terres et la proportion croissante des personnes sans terres ;
- l'utilisation des terres marginales ; - la réduction de la période de friche ;
- la détérioration ou la dégradation du sol ; - le déclin du rendement par ha ;
- le passage à des cultures moins exigeantes ; - la détérioration du rythme de l'agriculture
indigène ;
- l'apparition de la faim et de la malnutrition ; - l'endettement rural croissant ;
- le chômage et le sous-emploi ;
- l'apparition de certaines formes d'émigration.;
Au regard de la situation dans la zone, la plupart des critères ci-dessus semblent être vérifiés.
• e / e •
- 31 -
La fragmentation des terres surtout au niveau de l'agriculture pluviale est une conséquence très nette de la difficulté d'accès à la terre surtout de bonne qualité. Elle se traduit par la mise en exploitation des terres marginales, des superficies trop émiétées (petites superficies dominantes) pour ceux qui ont pu en disposer, laissant de plus en plus des paysans sans terres. L'exploitation abusive de ces terres (san.
jachère ou réduction de leur durée) a conduit à la dégradation rapide des sols, ce qui oblige le passage à des cultures moins exigeantes (tomate, blé, soja en cultures intercalaires avec le riz) avec pour conséquence de toute façon la baisse ten- dancielle des rendements, toute chose qui fait planer de fréquentes menaces de malnutrition et de la faim au sein des exploitations.
Le sous emploi et le chômage s'exacerbent avec son corollaire l'endettement pour la survie et à l'extrême le dé- part forcé pour l'émigration. Bien que le constat soit là, il ne peut servir de.cause pour expliquer la situation, C'est ainsi que la faible productivité de l'agriculture dans la zone ne saurait être liée uniquement à la forte densité de popula- tion. La baisse des rendements résulte davantage des pratiques culturales archaïques (dans l'agriculture de subsistance et même au niveau de l'agriculture irriguée utilisant faiblement ou pas d'intrants et surtout de la fumure organique) et des moyens de production trop rudimentaires.
.. / ..
-
32-
L'attelage est une exception (sauf chez les rizi- culteurs) et l'extension des cultures se fait non pas d'après un processus d'intensification de la productivité (recours à des techniques améliorées) mais par la mise en labour des terres nouvelles. C'est dans ce contexte que la pression démographique en terme de pression sur la terre peut être né- faste, car elle conduit à raccourcir les jachères, ce qui
réduira inéluctablement le potentiel productif faute de moyens de soutien (engraissage etc).
Le faible degré d'ouverture à l'innovation ne corrobore pas la thèse d'Ester BOSERUP selon laquelle la
pression démographique renforcée serait un stimulant à l'innova- tion. La suroccupation et la surexploitation des terres avec très peu ou pas d'apport de techniques améliorées (pour freiner la dégradation et régénérer la fertilité des sols) n'ont pas permis d'élever le niveau de la productivité, l^iieux, ils ont accéléré la dégradation du potentiel productif, ce qui cons- titue un sérieux problème quant à la réalisation d'une agri- culture moderne dans la zone.
Le contexte de la Vallée du Kou est délicat pour la réussite de cet objectif. En tant que lieu des enjeux, la convergence des idéaux n'est pas assez évidente pour susciter des actions unitaires salutaires à tous.
• • / • •
- 33 -
Les migrants constituent la fraction la plus importante de la population (environ 75 %) et disposent de 94,4 % des exploitations rizicoles et de 75,4 % des champs de culture pluviale. Leur nombre constitue un poids important de la pression sur la terre et par conséquent devait les
conduire à l'innovation pour rationaliser l'usage du facteur limitant qu'est la terre. Mais leur statut d'étrangers dans la zone et par rapport à la propriété de la terre les conduit à se préoccuper peu des questions de l'environnement aux-
quelles les autochtones accordent une certaine importance (respect des jachères, rites et sacrifices liés à la terre etc). Ce déphasage d'intérêt ou de préoccupation ne peut permettre d'espérer un puissant effet d'entraînement des migrants sur les autochtones. L'horizon très court dans le- quel se complait le migrant ne lui permet pas d'entreprendre des actions novatrices de longue durée, ce qui limite son
influence positive sur les autochtones qui observent une grande passivité vis-à-vis du projet. Les conséquences de cette
situation se ressentent au niveau des résultats agronomiques.
- 34 -
II.2111.2. Le_sY§tème_d^irrigation_mlse_en
£lace_e^_fonetionnement.
Le système d'irrigation comprend une prise d'eau, un canal d'amenée, un canal primaire, 8 canaux secondaires, 72 canaux tertiaires, tous bétonnés ; 298 canaux quartenaires et 98 canaux de drainage non bétonnés, et en aval des rizières, un grand collecteur des eaux de drainage.
La prise d'eau située a Diaradougou à 11 km du périmètre aménagé est composée d'une partie centrale com- portant deux vannes s'ouvrant verticalement au moyen de deux volants, et de deux parties bétonnées protégeant les berges de part et d'autre des vannes.
Le canal d'amenée d'une capacité de 3,5 m3/S, con- duit les aaux dérivées vers le périmètre rizicole. Il est
bordé de deux levées et comporte quatre ponts et quatre passages pour piétons. Il dessert d'abord un périmètre fruitier de 30 ha et 3 petits périmètres maraîchers couvrant 80 ha, avant d'atteindre le périmètre rizicole. Il se prolonge à ce niveau par le canal primaire qui ceinture le périmètre sur 10 km afin de pouvoir assurer l'approvisionnement en eau de tous les
casiers rizicoles.
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36-
Les canaux secondaires et tertiaires d'une
longueur totale de 96 km dessinent sur le périmètre des figuras géométriques. Les premiers qui se rattachent au canal primaire sont parallèles entre eux et perpendiculaires aux seconds.
Ces derniers églament parallèles entre eux desservent chacun un ou deux blocs de rizières de 12 ha délimitées par des pistes carrossables et divisées en quartiers de 3 ha alimentés par les canaux quaternaires ; les quartiers sont à leur tour
divisés en lots d'un hectare qui se subdivisent en 20 casiers de 5 ares, séparés par des diguettes.
Les canaux d'irrigation sont prolongés par des canaux de drainage qui se déversent dans le collecteur princi- pal chargé de l'évacuation des eaux utilisées. Des pistes carros- sables permettent l'accès aux différents casiers du périmètre.
foi \
Sept (7) villagesv ''créés de toutes pièces entre 1970 et 1974 regroupent les migrants officiellement installés (villages nc 1 A créé en 1970 et n°1 B en 1971, village n°2 en 1972, villages n°3 en 1973, villages ncs4, 5 et 6 en 1974).Cent hectares de
(1) Actuellement et respectivement quartiers n°s 4, 3, 2, 5,6 et 7, Bama étant le quartier n° 1 et Badara le n°8.
• * / • *
- 37 -
rizières furent aménagés pour la première saison agricole de 1970 permettant ainsi l'installation de 100 familles. Dès leur arrivée, celles-ci obtenaient une parcelle d'habitation de 600 m2 et 1 hectare de rizière. Ces parcelles d'habitation étaient destinées à la construction de logements standardisés à deux pièces (8,40 m x 3,50 m) grâce à un prêt en nature .2)
d'une valeur de 40.000 F CFA accordé par l'état et remboursable sur les quatre premières récoltes. Parallèlement à la création des villages et à l'installation des familles, des travaux d'extension du périmètre furent exécutés : 220 ha en 1971, 310 ha en 1972, 300 ha en 1973 et 330 ha en 1974 soit au total 1.260 ha aménagés.
(2) 200 briques de ciment, 2 fenêtres de 80 cm x 60 cm, une porte en tôle et 20 tôles galvanisées. Il est a signaler cependant que tous les exploitants des deux derniers
villages n'ont pas bénéficié du prêt pour la construction de leuBshabitations.
• • / • •
- 38 -
Mais seulement 1040 ha sont actuellement ex- ploités par 943 exploitants répartis selon le tableau ci- dessous.
Tableau 3 : Nombre d'exploitants par quartier.
Quartiers jRiziculteurs pourcentage
%
n° 1 (Bama) n° 2
n° 3 n° 4 n° 5 n° 6 n° 7
n° S (Badara)
53 232 102 246 94 79 136 1
5,6 24,5 10,8 26,1 10
8,4 14,4
0,1
Total 943 100
. . / .
3ç
11.2111 . 3 . L e s _ t e c j h n i g>u e s _ c u l t u r a l e s _ e t _ ^
£i_2i_ÎË.ti2£_._i.-_._._§^ &es
§_3_i2i_;2_.i22S ■
Le système de production mis en place permet une double culture annuelle de riz. La première campagne agricole va de décembre à juin et la deuxième de juin à décembre.
Les travaux de pépinière annoncent le début de la campagne. L'exploitant trempe ses semences dans un récipient contenant de l'eau afin de pouvoir récupérer les bonnes graines tombées au fond de celuici. Il les met ensuite dans des sacs qu'il trempe dans une solution de granosan ou de mercuran pendant deux ou trois heures.
Les semences sont par la suite rincées et gardées dans de l'eau pendant deux ou trois jours avant d'être retirées pour leur germination. Pendant ce temps le paysan fait des
planches de 1,20 m de large et de 20 m de long, séparées par des si3"i<>n5 de 30 cm sur les terres retenues pour la pépinière dont la superficie nécessaire au repiquage d'un hectare de rizière est d'environ 4 ares. Cette pépinière est engraissée avant les semis (1 kg d'urée, 4 kg de phosphate d'amoniac et 5 kg de sulfate de potasse) et 3 à 7 jours avant le repiquage
(2 kg d'urée). On procède pendant ce temps au labour (concassage, planage) qui permet d'enfouir 5 ou 6 t de fumier par ha dans
les rizières. Le repiquage est ensuite effectuée par touffes de 3 à 5 plants de riz tous les 22 cm.
../..
- 40 -
Dix jours après le repiquage, le paysan procède au premier épandage d'engrais, suivi du sarclage, du binage et du traitement des plants contre les maladies et les in- sectes ; Le reste de l'engrais nécessaire à l'exploitation est utilisé tous les dix jours et obligatoirement 35 jours après le repiquage. Les rizières sont irriguées une fois tous les deux ou trois jours à une épaisseur d'eau de 2 cm au repiquage et de 10 à 12 cm à 1'épandage des engrais.
La récolte intervient en juin. Les hommes s'occupent de la coupe des gerbes tandis que le battage et le vannage sont réservés aux femmes et aux enfants. Le calendrier agricole ci- dessus présenté indique que le paysan du périmètre irrigué de la Vallée du Kou est occupé par la riziculture presque toute l'année (environ 11 mois) avec deux pointes d'activité intense en rnai-juin et en novembre-décembre. Ces deux périodes se caractérisent particulièrement par un travail abondant : récolte, séchage et battage du paddy immédiatement suivis par la constitution des pépinières et le labour des parcelles.
Ces contraintes de calendrier agricole exigent donc une main-d'oeuvre abondante au-delà de la main-d'oeuvre familiale. Si les entraides agricoles contribuent efficace- ment à résorber ce goulot d'étranglement, elles n'écartent
cependant pas le recours à la main-d'oeuvre salariée.
- 41 -
Ainsi 24,5 % des exploitations rizicoles emploient la main-d'oeuvre salariée ; ce qui va à 1*encontre du système de production conçu pour être strictement de type familial.
Mais d'une manière générale, les riziculteurs semblent pri- vilégier les échanges de services entre eux qui sont pratiques courantes dans le milieu, plutôt que de recourir à une main- d'oeuvre extra-familiale qu'ils jugent peu qualifiée pour le travail des rizières. De leur côté, les ouvriers agricoles sont généralement réticents à cet emploi qu'ils trouvent très dur et peu rémunérateur : le salaire de l'ouvrier agricole nourri et logé se situe entre 30.000 et 45.000 F CFA par an (soit 2.500 à 3.750 F par mois). Le travail journalier semble cependant
plus rémunérateur (500 à 800 F/jour) et attire plus les ouvriers,
En somme., pour mener à bien ses travaux et être aux rendez-vous des différentes opérations culturales de la
campagne, le paysan de la Vallée du Kou engage dans ses rizières en plus du travail de sa famille, les entraides agricoles et la main-d'oeuvre saLteriée. Cet important investissement en travail se justifie-t-il par rapport aux réalisations ? L'ana- lyse des résultats agronomiques et des revenus issus de la
commercialisation du riz permettra de répondre à cette question.
• • / • •
- 42 -
11.211.2. Les_résultats_agronomigkues II. 2112.1 . Les_niveaux_de_p_roduction
Un des objectifs majeurs de l'aménagement était d'accroître la production agricole notamment du riz, grâce à la maîtrise de l'eau et surtout aux techniques améliorées employées. Les données sur la production permettent d'ap- précier les résultats obtenus.
Le tableau ci-desscus nous donne les niveaux de la production depuis le début de l'aménagement jusqu'en 1988.
Les deux premières années 1970 et 1971 assez particulières ne seront pas prises en compte dans l'analyse de l'évolution de la production .
d)
Le niveau de la production apprécié par rapport à l'indice 100 de 1972 donne le chiffre de 186 pour 1988, et 143,9 pour la période 1972-1988. Ce dernier niveau correspond à un taux d'accroissement global de 43,9 % en seize années de production, soit un taux annuel de 2,74 %. Le niveau moyen de production du paddy atteint 8.190 tonnes/an. L'évolution en dents de scie de la production témoigne des nombreux à coups subis. L'écart type de 1.214 tonnes rapporté sur la moyenne de la production donne une fluctuation d'environ 15 %, ce qui est
(1) La première année n'a porté que sur une seule campagne avec 100 ha. La deuxième année avec un total de 421 ha reste encore loin du compte de 1.260 ha.
•. / ..
- 43 -
Tableau 4 ; Evolution de la production nationale de riz (ensemble, VDK), importations et aides reçues en riz. (en tonnes).
Source. INSD.
en Paddy riz décortiqué [Production
: totale [nationale : 1
:Production:
: VDK :
2 :
Importations;
: 3 ! Aides :
4 î
: % ':
2/1 :
2/3 + 4
%' riz décor-"- tiqué : : 70 : 36.280 : : 670 : . 2.555 : -1,8 ;
16,25 :: 71 : 36.080 : 2.850 : 1.135 : :
7,9
155,7 : : 72 : 33.600 5.795 40,8 j 500 :17,2 !
8.806 : : 73 : 31.800 6.598 3.578 3.00020,7 :
114,3 : i 74 : 35.200 : 7.946 : 3.055 , 8.50022,6 : 161,2 :
: 75 ! 39.900 : 7.601 ! 9.721 :19 i 48,5 :
i 76 : 45.450 : 6.986 : 12.364 : -15,4 î 35,03 :
i 77 : 37.610 : 7.727 : 15.051 : 3.331 •20,5 : 31,8 :
: 78 : 39.720 7.455 7.981 i 2.270 !; 18,8 « 57,9 :
: 79 : 46.920 8.640 ! 21.157 ! ! 4.422! 18,4
! 25,3 ':: 80 : 40.210 : 8.744 24.820 ! 5.289
! 21,7 ! 21,8
\ : 81 ! 45.260 . 7.259 : 11.520 ; \ 3.558! 16 .
39,1 \ : 82 . : 37.860 ; 8.334 : 32.499 i 929! 22
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14,2 •:' 84 ! 51.300 . 8.257 . 77.845 :
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assez important et montre à quel point la maîtrise de la production est loin d'être parfaite. Cela a beaucoup entravé l'objectif de production qui connaît un sentier d'expansion très tortueux.
De 1972 à 1980, l'accroissement de la production a présenté des écarts favorables (positifs) par rapport au trend. Cette situation s'est détériorée à partir de 1981 qui a accusé un creux très profond. La reprise de 1982 à 1986 est restée assez timorée pour ne pas pouvoir redresser la tendance. Les deux années suivantes 1987 et 1988 ont été plus favorables.
Dans l'ensemble du pays la riziculture est une activité qui subit les contrecoups climatiques surtout dans lin pays très peu nanti comme le Burkina. La production est assez irrégulière même dans le cas de la riziculture irriguée.
C'est ce qui rend malaisé la conduite des objectifs de
production assignée à cette activité pour assurer une couver- ture satisfaisante des besoins. Dans le cas du périmètre aménagé de la Vallée du Kou, l'appréciation de ces objectifs se présente comme suit :
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- De 1970 à 1987, la production de riz de la
Vallée du Kou a représenté en moyenne 20,18 % de la production nationale. Au cours des toutes premières années (70-71),
les niveaux atteints étaient très insignifiants (1,8 à 7,9 %).
Ils ont rapidement augmenté tout en fluctuant d'une année à l'autre. Les niveaux les plus élevés correspondent à des années de faible production dans l'ensemble (1985-1987) où le riz des bas-fonds cultivé en pluviale uniquement a connu de sérieux problèmes d'eau). On peut dire que le riz de la Vallée du Kou tient une bonne place dans la production nationale de riz dont il amortit les mouvements de baisse dans un contexte où la rizi- culture se porte assez mal. Cet apport modeste ne permet pas de réduire de façon significative les importations de riz sur- tout lorsque les besoins augmentent très vite.
En effet, sur la période 72-86, la production de la Vallée du Kou n'a atteint le niveau des importations que sur trois aimées consécutives (1971 à 1974). Passée cette période, les importations ont connu une envolée et depuis, le niveau de la production de la Vallée du Kou en riz est resté très en deçà de celles-ci. La couverture moyenne sur la période 1975-1986 n'a été que de 27 % et les années de forte détériora- tion 1982-1985 correspondaient à des importations records de riz.
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Les objectifs de production assignés au périmètre s'ac-
commodent mal avec des importations intempestives qui inondent le marché national rendant l'ubiquité du riz importé pres-
que totale dans le pays. S'il est vrai que la production lo- cale ne couvre pas l'ensemble des besoins et qu'il faille importer, il est clair que cette opération menée de façon anarchique compromet sérieusement l'objectif d'import-subs- titution assigné à la production nationale. Les producteurs tant qu'ils ne sont pas assurés d'écouler leurs produits ne peuvent être encouragés à produire en abondance pour le marché Chaque fois que des difficultés sont apparues dans l'écoule- ment, l'ajustement s'est fait dans le sens de la baisse du niveau de la production. La Vallée du Kou a été confrontée à de tels problèmes au cours des années 1975 ; 1976 ; 1978 ; 1981 et 1984. C'est la preuve que les vicissitudes de la commercialisation influent sur le niveau de la production et les décisions de produire en dépendent dans le contexte d'une agriculture commerciale.
Dans l'analyse de l'évolution de la production, deux éléments retiendront notre attention à savoir les super- ficies et les rendements.
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II. 2112.2. Les_sugerf ^ies_ exploité es
Le tableau suivant laisse apparaître le rythme de mise en valeur des superficies aménagées dans le péri- mètre de la Vallée du Kou.
Tableau 5 : rythme de mise en valeur des terres aménagées
: Années ; Ha aménagés . % ':
: 1970 : 1.00 ! 7,9 i
: 1971 • ; 211 : 16,7 :
: 1972 : 310 \ 24,6 ':
: 1973 : 300
: 23,8 S
: 1974 : 340 : 27 :
: Total : 1.260 : 100 :
L'essentiel de l'aménagement en terme d'extension du périmètre s'est achevé depuis 1974.
La production beaucoup corrélée avec l'augmenta- tion des superficies s'est vite stabilisée depuis. La super- ficie moyenne exploitée sur la période 1972-1988 a été de 196;
ha en double culture, soit environ 985 ha/carapagne. Cette
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