Le fardeau financier annuel d’une population vieillissante devrait être similaire à celui observé ces dernières années. Notre analyse des conséquences du vieillissement de la population sur le financement du système de santé au Québec comporte quatre parties.
N OTRE AVENIR : TROIS PROJECTIONS
Projections du vieillissement de la population
La part de la population âgée ne doublera donc pas au cours des dix prochaines années. Par ailleurs, les données du tableau 1 montrent que le phénomène du vieillissement de la population n’est pas nouveau.
Projections des dépenses publiques de santé
Il conclut que « l'impact du changement démographique s'accompagne souvent d'une demande accrue résultant de la forte augmentation du vieillissement de la population. Même si l’impact du changement démographique ne changera pas à l’avenir, il y aura un changement dans les contributions indépendantes du vieillissement de la population et de l’évolution de la population à la croissance des dépenses. Étant donné que le taux de croissance démographique diminuera, la contribution de l’évolution démographique à la croissance des dépenses diminuera également.
Ces projections ne confirment pas l’affirmation selon laquelle le vieillissement de la population entraînera une accélération alarmante de l’augmentation des dépenses publiques. En outre, l’effet accéléré du vieillissement démographique sur la consommation sera compensé par une réduction du taux de croissance démographique global.
Projections des revenus totaux (PIB)
De plus, les projections ne prennent pas en compte l'augmentation de la productivité (produit par travailleur). L’examen historique de la question nous enseigne qu’il est raisonnable de s’attendre à ce que la productivité augmente progressivement à l’avenir. Une augmentation de la productivité de l'ordre de seulement 0,6 % par an annulera donc l'effet de cette baisse du nombre de travailleurs.
Un examen des données historiques suggère que la productivité devrait généralement croître de plus de 0,6 % par an. Ainsi, même si le nombre de personnes sur le marché du travail diminue, le PIB devrait augmenter, mais à un rythme plus lent que celui qui prévaudrait si le nombre de travailleurs augmentait ou restait stable.
Commentaires
L’ ANALYSE
Pour bien évaluer les effets des changements démographiques sur le financement des services de santé, il est nécessaire de bien comprendre les quatre sujets abordés dans cette section : ... L'expérience du Québec face au vieillissement de la population et à l'augmentation des dépenses en santé au fil des ans trente dernières années; .. les effets de la croissance économique sur le financement des coûts de santé ; .. les conséquences des évolutions technologiques dans le secteur de la santé sur l'évolution des dépenses de santé ; .. les expériences d'autres pays en matière de vieillissement de la population.
L’effet du vieillissement de la population sur les dépenses de santé
À l'instar des études québécoises, ces études démontrent que l'essentiel de l'augmentation des dépenses de santé au cours des 40 dernières années est attribuable non pas au vieillissement de la population âgée, mais à une augmentation de l'utilisation moyenne des services de santé pour les personnes âgées. En conclusion, les données du Québec et des autres provinces démontrent qu'au cours des 30 dernières années, le vieillissement de la population n'a eu qu'un effet très limité sur les dépenses de santé. Ces dernières années, le vieillissement de la population n’a eu qu’un effet limité sur les dépenses.
En effet, si le vieillissement de la population était la seule cause de la hausse des coûts des soins de santé, l’augmentation des dépenses aurait été très modeste. Cette analyse indique également que la principale raison de l'augmentation future des coûts de santé sera la croissance de l'utilisation des services par personne. personne parmi les personnes âgées.
Les effets de la croissance économique
Mais si la croissance est suffisante, les Québécois pourront consommer davantage de services de santé et davantage d’autres biens et services. Ainsi, même sans le phénomène de vieillissement de la population, les dépenses de santé devraient augmenter. Premièrement, la croissance économique nous permettra d’élever notre niveau de vie malgré le vieillissement de la population.
Nous concluons donc qu’avec une croissance raisonnable de la productivité, l’augmentation des dépenses de santé due aux changements démographiques ne réduit pas l’accès à d’autres produits et services. Croissance économique et fardeau de la hausse des coûts des soins de santé lorsque le nombre de travailleurs diminue.
Les changements technologiques dans le secteur de la santé
Résultat : L'accès aux services de santé augmente de 1,5% et l'accès aux autres biens et services augmente de 0,19. Même si l’augmentation de la productivité était modeste, l’augmentation des coûts de santé n’implique pas une réduction de l’accès à d’autres produits et services. L’augmentation des dépenses serait moindre et donc l’accès à d’autres produits et services serait plus facile.
Résultat : L'accès aux services de santé augmente de 1,5% et l'accès aux autres biens et services augmente de 1,06. Même si la plupart sont coûteuses, les innovations technologiques entraîneront une augmentation des coûts des soins de santé.
Le Québec n’est pas seul à faire face au vieillissement de sa population
L ES CONSÉQUENCES SUR LES POLITIQUES SOCIALES
La troisième stratégie sera examinée plus en détail que les deux autres car elle reçoit généralement plus d'attention dans les débats actuels sur le vieillissement de la population. Une remarque préliminaire : il est essentiel de comprendre que le Québec dispose d'un certain temps pour développer des politiques solides en matière de vieillissement. Il n’est donc pas nécessaire de mettre en œuvre rapidement une solution dans les six à douze prochains mois.
Par ailleurs, les conséquences du vieillissement sur les dépenses de santé au Québec au cours des prochaines années ne devraient pas être très différentes de celles des années passées. Au cours des dernières décennies, les changements démographiques n’ont pas provoqué de problèmes financiers plus graves.
Encourager la croissance économique
Nous discutons ici de trois types de stratégies possibles pour alléger le fardeau de ces augmentations. Le gouvernement du Québec devrait donc encourager la mise en œuvre de politiques visant à stimuler une forte croissance économique. Si les travailleurs de demain sont mieux formés, ils pourront être plus productifs et accroître la croissance économique.
Une autre façon de permettre une croissance plus forte serait que le Québec, en collaboration avec les autres provinces, tente d'influencer les politiques de croissance économique du gouvernement fédéral. Le taux de croissance du Canada a été lent au cours de la dernière décennie, tout comme celui du Québec.
Améliorer la performance du système de santé
- La prévention des maladies
- L'efficacité du système de santé
- Les nouvelles technologies
- U N RÔLE PLUS IMPORTANT POUR LE FINANCEMENT PRIVÉ ?
En fait, les dépenses en santé représentent environ le tiers des dépenses publiques au Québec. Supposons que ces mesures réussissent et que le taux de croissance annuel des coûts de santé soit limité à environ 1 ou 2 %. Comme nous l'avons montré, le vieillissement n'a pas contribué de manière significative à l'augmentation des coûts de santé.
Les prévisions disponibles, ainsi que notre propre analyse, montrent que le gouvernement devrait disposer de revenus supplémentaires suffisants pour faire face à l’augmentation des dépenses de santé au cours des 30 prochaines années. Notre analyse suggère également qu’accroître le rôle du financement privé n’est pas une solution souhaitable au soi-disant problème de l’augmentation des dépenses de santé. Il n’est pas nécessaire de modifier à la hâte l’organisation de notre système de santé au cours des douze prochains mois.
Jusqu’à présent, les effets du vieillissement démographique en tant que tel sur les dépenses de santé ont été assez limités.
Les répercussions des changement démographics sur les budgets
Les effets de l'augmentation du financement privé
Effets du financement privé sur l’efficacité économique
La privatisation du secteur financier pourrait améliorer l’efficacité économique si elle rendait le système de santé ou l’économie en général plus efficaces. Si le Québec augmentait le rôle du financement privé, il y aurait probablement un impact négatif sur l'efficacité du système de santé, car il est probable que la privatisation de l'assurance privée entraînera une augmentation des coûts administratifs du système de santé. La plupart de ces travaux indiquent que les frais d'utilisation n'améliorent pas l'efficacité d'un système de soins de santé (Evans 1995, Rice 1998, Soderstrom 1987).
Toutefois, les coûts totaux (publics et privés) de ces services sont restés inchangés (Beck et Horne, 1980). Ce plan obligerait les ménages à payer eux-mêmes une partie du coût de leurs services de santé (ou au moins à souscrire une assurance privée, ce qui entraînerait des coûts administratifs plus élevés).
Effets du financement privé sur l’équité sociale
Même si les mêmes services sont offerts dans le système public, l'accès aux services serait plus rapide dans ces cliniques privées. De plus, l'accès aux services du système public serait limité dans la mesure où les médecins seraient plus incités financièrement à travailler dans des cliniques privées que dans des hôpitaux publics (DeCoster 1998). Lorsque les patients paient pour des services dans des cliniques privées, ces cliniques peuvent généralement offrir une meilleure rémunération aux médecins que les hôpitaux publics.
De plus, plusieurs croient que les services professionnels essentiels fournis à domicile devraient être accessibles selon le même principe. Plusieurs chercheurs ont démontré que les coûts des soins de longue durée, y compris les coûts des services non médicaux, augmentent considérablement chez les personnes de plus de 80 ans ainsi que pendant la période précédant le décès (Task Force 2000, Spillman et Lubitz 2000).
Sommaire
Le vieillissement de la population en tant que tel n'a pas créé de problèmes financiers sérieux au cours des dernières décennies, au Québec ou ailleurs. Selon certains chercheurs, la principale cause de l’augmentation des dépenses de santé (après ajustement à l’inflation) au cours des dernières décennies est l’augmentation de la consommation moyenne de services destinés aux personnes âgées et non l’augmentation du nombre de personnes âgées. Comme par le passé, la croissance économique devrait faciliter le financement des dépenses supplémentaires causées par le vieillissement de la population et l'évolution de la population en général.
Le Québec est encore en mesure d'alléger le fardeau de l'augmentation des dépenses causée par le vieillissement de la population. Rapport de la Commission d'enquête sur les services de santé et les services sociaux, Les Publications du Québec, 803 p.