• No se han encontrado resultados

apliut-2650-volume-xxxi-n-2-pour-une-education-au-cinema-integree-dans-une-pedagogie-de-projet-multimedia-un-exemple-de-translitteratie

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2020

Share "apliut-2650-volume-xxxi-n-2-pour-une-education-au-cinema-integree-dans-une-pedagogie-de-projet-multimedia-un-exemple-de-translitteratie"

Copied!
19
0
0

Texto completo

(1)

Recherche et pratiques

pédagogiques en langues de

spécialité

Volume XXXI N° 2  (2012)

Les supports filmiques au service de l'enseignement des langues étrangères

...

Irma Velez

Pour une éducation au cinéma

intégrée dans une pédagogie de

projet multimédia : un exemple de

translittératie

...

Avertissement

Le contenu de ce site relève de la législation française sur la propriété intellectuelle et est la propriété exclusive de l'éditeur.

Les œuvres figurant sur ce site peuvent être consultées et reproduites sur un support papier ou numérique sous réserve qu'elles soient strictement réservées à un usage soit personnel, soit scientifique ou pédagogique excluant toute exploitation commerciale. La reproduction devra obligatoirement mentionner l'éditeur, le nom de la revue, l'auteur et la référence du document.

Toute autre reproduction est interdite sauf accord préalable de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France.

Revues.org est un portail de revues en sciences humaines et sociales développé par le Cléo, Centre pour l'édition électronique ouverte (CNRS, EHESS, UP, UAPV).

...

Référence électronique

Irma Velez, « Pour une éducation au cinéma intégrée dans une pédagogie de projet multimédia : un exemple de translittératie », Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité [En ligne], Volume XXXI N° 2 | 2012, mis en ligne le 18 May 2012, consulté le 07 June 2012. URL : http://apliut.revues.org/2650 ; DOI : 10.4000/ apliut.2650

Éditeur : Association des Professeurs de Langues des IUT (APLIUT) http://apliut.revues.org

http://www.revues.org

Document accessible en ligne sur : http://apliut.revues.org/2650 Ce document est le fac-similé de l'édition papier.

(2)

Université Paris Sorbonne – IUFM de Paris

Pour une éducation au cinéma inté-grée dans une pédagogie de projet multimédia : un exemple de translit-tératie

Fostering film education in a multi-media project-based pedagogy: an example of transliteracy

Mots-clés

littératie multimodale, éducation aux mé-dias, dispositif pédagogique technologique, mobilité, compétence, TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement), translittératie

Keywords

multimodal literacy, media literacy, techno-logical learning design, mobility, compe-tence, ICTE (Information and Communica-tion Technology in EducaCommunica-tion), transliter-acy

Résumé

Si la didactique du cinéma et par le cinéma éveille aujourd’hui l’attention des cher-cheurs, c’est pour répondre à l’urgence d’une formation des enseignants du premier degré qui intègre le langage audiovisuel dans une littératie médiatique multimodale. C’est aussi pour mieux répondre aux enjeux d’une démocratie participative qui se veut globale et multimédia dans ses stratégies de communication. À partir de l’évolution des usages du cinéma à l’école, toute considéra-tion faite aux dispositifs pédagogiques technologiques exploités et à la place ac-cordée aux apprenants, l’article résumera une proposition de formation des ensei-gnants mise en place à l’IUFM de Paris Sorbonne dans le cadre d’une spécialisation en « E-learning et mobilité » du nouveau Master Enseignement, Éducation, Média-tion. L’article suggère que l’éducation au cinéma intégrée dans une pédagogie de projet multimédia dans un dispositif hy-bride de formation peut servir d’exemple de translittératie.

Abstract

(3)

Université Paris Sorbonne – IUFM de Paris

Pour une éducation au cinéma intégrée dans une pédagogie

de projet multimédia : un exemple de translittératie

Il faudrait une compétence de tout enseignant à considérer le cinéma et la photographie comme documents des lieux, du temps, de l’histoire et quelquefois de l’art. Anne-Marie Garat in Alain Cadet, Le cinéma à l’école (2002)

Si la didactique des langues par le cinéma suscite enfin aujourd’hui un débat scien-tifique, c’est bien parce qu’aucune étude n’est encore en mesure de démontrer de quelles manières et suivant quelles méthodologies nous atteindrons les objectifs nombreux en matière d’acquisition des langues étrangères, pour un usage pertinent du cinéma en didactique des langues. Pour quelles connaissances, quels savoirs et quels savoir-faire doit-on alors convier le cinéma en cours de langue ? Ou devrait-on penser qu’aucune prescriptidevrait-on ne s’impose car

il n’y a pas de méthode, il y a des passeurs contagieux. Peu importe par où l’on commence, l’essentiel c’est d’être ensemble [dans une pédagogie de réalisation filmique] et de considé-rer une trace qui a répondu à un désir ou à une intention (Garat in Cadet 2002).

Le cinéma a souvent été le bienvenu à l’école mais la façon dont on l’a intégré dans l’apprentissage des langues reste balbutiante. Dans le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) la place du cinéma demeure discrète. Rare-ment évoqué avant le niveau B1, le cinéma est un média et, à ce titre, il fait partie de l’éducation aux médias1 qui traverse toutes les compétences du Socle commun des connaissances et des compétences2. Sa présence dans le cours de langue est très

sou-vent envisagée dans une réception culturelle et/ou linguistique permettant de

1 J’entends ici l’éducation aux médias telle qu’elle est définie par les instances communautaires. Cette

définition incorpore huit concepts clés qui permettent d’aborder l’éducation aux médias (EAM) : 1) Tous les médias sont des constructions ; 2) les médias construisent la réalité ; 3) chaque personne interprète les messages différemment ; 4) les médias ont des intérêts commerciaux ; 5) les médias contiennent des messages qui colportent des valeurs et qui sont idéologiquement orientés ; 6) Les médias ont une influence sur la vie sociale et politique ; 7) La forme et le contenu sont reliées de façon intime dans les médias ; 8) Chaque médium a une esthétique unique. (Velez à paraître). Il est entendu que le cinéma est un média de masse et que cette définition reconnait désormais le droit de tous à l’accès aux médias en tant qu’usagers et praticiens (droit qui ne figurait pas pleinement dans les propositions de la Déclaration de Grunwald en 1982 mais qui commence à s’envisager dès L’éducation aux médias. Le kit à l’intention des enseignants, des élèves, des parents, et des profes-sionnels (Frau-Meigs 2006) et trouvera son expression dans la Résolution du Parlement européen du 16 décembre 2008 sur La compétence médiatique dans un monde numérique).

2Le Socle fut mis en place par le décret du 11 juillet 2006 (Direction générale de l’enseignement

(4)

ployer des activités langagières. Néanmoins, le passage de l’analogique au numéri-que a facilité le développement d’une éducation aux médias intégrée à des pédago-gies de projet multimédia. C’est donc l’occasion de mieux comprendre un langage audiovisuel techniquement de plus en plus complexe, qui restera source et moyen de communication pour des apprentissages culturels et linguistiques.

Alors que certains pays comme le Japon passent déjà au tout-numérique, afin de récupérer des fréquences libérées pour la télévision linéaire et donc d’« accroître la production multimédia vers les téléphones portables » (Mesmer 2011 : 75), d’autres pays n’hésitent plus à intégrer dans le cahier des charges des enseignants une appro-che multimodale ou à prendre en compte les nouvelles technologies matérielles dans la littératie des nouveaux médias, telles que les livres numériques, les tablettes, les téléphones mobiles, les projecteurs miniatures, les écrans flexibles et les services informatiques « en nuage » (Liu 2012 : 3). En France, une rigoureuse prudence se marie mal avec les recommandations ministérielles pour lesquelles trop peu de moyens sont mis en place. D’aucuns prétendent privilégier le développement de la capacité critique sur la capacité à recevoir ou à produire de l’information, hissant des étendards contre le « cybermassage (ou cyberhoarding) » et le développement de « cyberglandeurs ou cybercondriaques » (Nayebi 2010 : 137-144). D’autres aspirent à éduquer la génération C (C comme dans « communiquer, collaborer, créer ») (Fourgous 2011 : 23-26) tout en ignorant qu’avec 31 élèves par classe dès le cours préparatoire et une seule salle informatique pour une école entière, il est difficile de développer les compétences médiatiques nécessaires à des communautés de pratique démocratisantes3. La didactique des langues pourrait néanmoins tirer bien des béné-fices du cinéma, notamment celui d’engager le dire et l’interagir par la réalisation filmique dans un environnement multimédia favorisant la translittératie, c’est-à-dire le développement de « l’ensemble des compétences d’interaction avec tous les moyens d’information et de communication » (Serres 2012 : 1) ou encore, pour re-prendre la définition de Sue Thomas,

l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux4 (Thomas et al. 2007).

Le concept de translittératie émergeant des sciences de l’information et de la com-munication a donc son chemin à parcourir dans l’intégration du cinéma à la didac-tique des langues. Le présent essai prétend en rendre compte en proposant d’abord un bref état des lieux sur les dispositifs pédagogiques technologiques actuels et les différents usages du cinéma ainsi que les approches pédagogiques privilégiées en didactique des langues. Une proposition concrète de formation des professeurs des écoles illustrera ensuite la place que pourrait occuper le cinéma en didactique des langues dans une articulation optimisée de ces trois aspects engageant la

3 La locution anglaise « Community of practice » fut proposée par Lave & Wenger (1991). 4 Traduction proposée par François Guité sur le blog Relief :

(5)

ratie. Mise en place à l’IUFM de Paris Sorbonne dans le cadre du parcours 5 (E-learning et mobilité) du nouveau Master EEM (Enseignement, Éducation, Média-tion), cette formation illustre une pratique du cinéma à l’université avec des effets que l’on espère voir se répercuter à l’école primaire, afin que les enfants, dès leur plus jeune âge, fassent sens d’un langage audiovisuel qui leur apprend, entre autres, à s’exprimer. Pour finir, je proposerai une ébauche de réflexion pour élaborer une cartographie des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être déployables dans le cadre de la formation des enseignants du premier degré, éduqués aux médias, et au cinéma en particulier5. Cette réflexion s’inscrit dans le cadre d’une pédagogie de projet collaborative centrée sur une mobilité virtuelle et géographique. Elle est actuellement menée dans un dispositif hybride de formation, en présentiel et à dis-tance, qui a permis une rencontre féconde entre didactique des langues et cinéma comme exemple de translittératie.

1. Didactique des langues et cinéma : état des lieux

En France, le cinéma a historiquement été incorporé à l’école avec un préjugé litté-raire et artistique fort6. Ceci s’est produit dans le fait qu’il a été pensé

essentielle-ment comme un objet d’étude artistique à part entière pour lequel il fallait les outils et les techniques propres d’une littératie spécifique, celle de l’éducation à l’image, permettant de comprendre son langage. Un préjugé disciplinaire, voire documen-taire, prévaudrait également dans les usages du cinéma en cours de LVE, pour il-lustrer l’interprétation d’une œuvre littéraire ou comme témoignage historique dans la représentation d’un évènement. Le cinéma aura donc essentiellement été perçu, dans le milieu scolaire, comme narration et technique, c’est-à-dire à partir des ou-tils traditionnels de l’analyse du discours appliqué à l’image. De ce fait, l’insertion du cinéma à l’école n’est pas sans rapport avec les valeurs et surtout les méthodes que l’on prétend lui faire défendre en matière d’alphabétisation. Son insertion n’en est pas moins liée à son histoire particulière, dans un monde qui se globalise, cer-tes, mais dont les spécificités culturelles ne disparaissent pas pour autant, malgré l’expansion des nouveaux modes de communication multimédias venus d’ailleurs. Quelle pourrait donc être la place du cinéma dans nos écoles, compte tenu de l’évolution actuelle des dispositifs pédagogiques technologiques ?

Afin de mieux repenser la fonction communicative du cinéma plus que sa technicité ou sa nature artistique à proprement parler7, et ses usages au sein du premier degré, je

5 Cette proposition fait suite à une réflexion menée avec Frédérique Longuet (Velez & Longuet 2010)

ainsi qu’au travail de recherche de F. Longuet sur l’évaluation par compétences (Longuet 2010).

6 Bien entendu, ceci n’exclut pas les désirs de « révolution silencieuse de la pédagogie de projet » qui

ont été menés en France avec la mise en place du Plan de Jack Lang et de Catherine Tasca dont la voca-tion citoyenne était affichée (Lismonde 2002 : 123-126), mais qui n’a pu se maintenir avec les politiques successives de réduction budgétaire des effectifs enseignants à l’école publique (Lang 2011).

7 Pendant longtemps, l’exploitation du cinéma à l’école est passée par une première phase pédagogique

(6)

suis partie d’un constat, lui-même le fruit d’une évolution historique bien précise. Le cinéma est entré à l’école pour servir essentiellement trois types de pédagogie8 qui se

croisent aujourd’hui dans les pratiques mais qui se succèdent chronologiquement dans leur apparition : 1) une pédagogie illustrative disciplinaire ayant pour but les représentations d’évènements historiques ou biographiques (a), voire les représenta-tions documentaires ou testimoniales (b) ; 2) une pédagogie explicative techniciste de découverte du langage filmique (a) et de l’exploration du cinéma en tant que lieu de projection, de ressenti et de performance spectatorielle (b) ; enfin 3) une pédagogie créative et transversale de/du projet pour réaliser des films d’animation (a), des courts métrages de fiction (b) ou des enquêtes documentaires (c). Le tableau ci-dessous (tableau 1) est une synthèse des pratiques professionnelles que j’ai pu analy-ser sur le terrain et dans les traces écrites (création de blogs ou sites web) des prati-ques françaises à ce jour en matière d’intégration du cinéma dans le cours de langue.

Acteur social envisagé Usages pédago-giques du ciné-ma Pédago-gie privi-légiée en didacti-que des langues Apprenant envisagé en didactique des langues Dispositifs pédagogi-ques techno-logiques Compétences ciblées

1 Spectateur cultivé illustratif discipli-naire une péda-gogie gramma- tico-lexicale l’apprenant cultivé Le mode réactif Savoirs

2 Spectateur spécialisé explicatif techni-ciste une péda-gogie commu-nicative l’apprenant communicant Le mode proactif Savoir-faire

3 Spectateur réalisateur créatif et transver-sal de projet une péda-gogie action-nelle des appre-nants agissant dans un contexte authentique et engageant Le mode mutuel et interpersonnel Savoir-être (atti-tudes et compor-tements), savoir-devenir (dévelop-pement de projets)

Tableau 1. Usages du cinéma corrélé aux dispositifs pédagogiques technologiques et aux compétences ciblées

De l’analyse de ces pratiques observées, trois tendances prévalent. Elles regroupent une approche du cinéma s’adressant à des spectateurs cultivés en devenir

cinéma avait toute sa place à l’école, pourvu qu’on le conçoive comme un objet d’étude artistique. Néanmoins et déjà dans les écrits de Bergala se dessine une démocratisation initiale de la pédagogie de projet filmique valorisant la réalisation filmique plus que son analyse technique (Bergala 2002).

8 Perrine Boutin a écrit une thèse (2010) portant sur les médiations dans les dispositifs d’éducation à

(7)

gie illustrative disciplinaire) (Santos Gargallo & Santos Gargallo 2005), à des spec-tateurs spécialisés (pédagogie techniciste), pour arriver enfin à envisager l’apprenant comme un spectateur participatif, c’est-à-dire en mesure d’agir : des

réalisateurs néophytes capables d’assumer les différentes étapes de la réalisation d’un film de fiction ou d’animation (pédagogie créative actionnelle) et d’y porter un regard critique (Sánchez Carrero 2008).

Les deux premières pédagogies ont une approche transmissive classique des savoirs alors que la dernière engage une action et un travail qui mobilise les savoirs, les sa-voir-faire et les stratégies pour agir avec des savoir-être adaptés. Si les deux premiè-res sont des pédagogies qui incorporent, à plus ou moins bon escient, des objectifs d’ordre linguistique (lexical, grammatical) et culturel, la dernière ne peut s’envisager que dans une approche par compétences9 englobant les savoirs déclaratifs (les

théori-ques disciplinaires) et les connaissances conditionnelles (les savoir quand) et procé-durales (les savoirs comment, techniques) (Scallon 2004 : 43-44). Aux stratégies classiques de discrimination (décrire, interpréter, juger)10 s’ajoutent celles

d’élaboration et de résolution de problème dans lesquelles les compétences linguisti-ques et de communication ont un rôle crucial. Les trois types d’intégration pédagogi-que du cinéma cités ci-dessus ont évolué d’ailleurs de façon parallèle à la didactipédagogi-que des langues. Celle-ci est passée de 1) l’apprenant distancé (pédagogie grammatico-lexicale) à 2) l’apprenant communicant (pédagogie communicative) pour enfin concevoir 3) l’apprenant agissant (pédagogie actionnelle). Cette évolution didacti-que s’est vue également accompagnée de dispositifs pédagogididacti-ques technologididacti-ques qui ont eux aussi évolué. Si l’on reprend ceux proposés par Marcel Lebrun pour l’Internet en particulier mais adaptables à l’éducation au média cinématographique, ils se résument également à trois modalités : 1) le mode réactif11, 2) le mode proac-tif12 et 3) les modes mutuel/interpersonnel13 (Lebrun & De Ketele 2007 : 117-146).

9 Selon Gérard Scallon: « on parle de compétence lorsqu’un individu mobilise, c'est-à-dire utilise à

bon escient, ses savoirs et ses savoir-faire dans des situations variées » (Scallon 2004 : 11).

10 Pour le développement de ces stratégies dans l’exploitation du film de fiction dans l’enseignement

secondaire voir Condé, Fonck & Vervier (2006).

11 Lebrun précise : « c’est le professeur ou l’ordinateur qui a l’initiative en tant que source du savoir.

L’élève « répond » à leurs questions, à leurs utilisations, c’est l’ordinateur qui circonscrit le problème, qui pose les questions, qui vérifie si la réponse est correcte, « si c’est juste ». La priorité est mise sur la restitution des connaissances en réponse à des questions relativement fermées. Ce sont les premiers niveaux taxonomiques – connaître, comprendre et appliquer − qui sont les plus impliqués. L’attention est particulièrement mise sur le savoir et son support, le média » (Lebrun & De Ketele 2007 : 121).

12 Lebrun et De Ketele écrivent : « Dans ce mode, on pourrait dire que c’est l’apprenant-utilisateur

(8)

On s’aperçoit alors qu’une formation de spectateurs réalisateurs éduqués aux médias permet d’engager des apprentissages linguistiques et technologiques actifs, commu-nicants et interculturels. Dit autrement, un mode mutuel et interpersonnel d’approche des TICE et une éducation aux médias favorisent le caractère coopératif du projet, la réflexion critique et l’engagement créatif des échanges. L’école peut ainsi développer des projets de translittératie en intégrant l’éducation au média cinématographique à la didactique des langues afin d’actualiser les modes de communication des apprenants en langue étrangère, tout en maintenant l’éveil critique indispensable au développe-ment d’une compétence médiatique.

La difficulté en didactique des langues réside dans le dépassement du deuxième stade de la pédagogie dite communicative, qui permettrait un usage autre que sé-miotique et culturel du cinéma dans la classe de langue pour passer de l’interprétation et l’analyse à la réalisation cinématographique. Les difficultés ren-contrées en didactique des langues pour affronter une littératie multimodale14 ne sont néanmoins guère spécifiques à la seule didactique des langues. Ce sont les difficultés rencontrées par toutes les approches disciplinaires, y compris celles sur le langage audiovisuel, soucieuses de développer des apprentissages multimodaux basés sur des tâches aboutissant à des productions (Deacon, Morrison & Stadler 2005). C’est pourquoi certains pays comme l’Australie s’emploient à faire collabo-rer chercheurs et professeurs des écoles, afin que la théorie et la pratique s’harmonisent pour des pédagogies efficaces et innovantes qui démarrent dans le primaire avec d’éventuels effets sur le secondaire et le supérieur. Pour mieux pen-ser cette intégration de la translittératie dans la formation des enseignants nous avons misé – les enseignants chercheurs de l’équipe du parcours 5 du Master EEM de Paris Sorbonne15 − sur la création de ressources multimédias intégrées à des formations professionnalisantes en lien avec les apports de la recherche.

retrouve l’idée du rôle de l’ordinateur comme lien entre les expériences du premier ordre (expériences concrètes) et du deuxième ordre (expériences sur les représentations). » (2007 : 124-125)

13 Pour Lebrun et De Ketele : « Ces modes résultent d’une conjonction des deux modes précédents.

En effet, l’apprenant et l’ordinateur y ont tour à tour l’initiative. L’accent est mis sur le caractère social de la construction du savoir et sur les qualités de l’apprentissage coopératif. Du caractère unidi-rectionnel des modes précédents (soit dans l’un l’ordinateur interroge et évalue, soit dans l’autre l’apprenant interroge et évalue), on passe à un mode bidirectionnel. Il s’agit selon nous d’une bonne image de l’interactivité dans laquelle les actions de chacun des pôles se répercutent dans une trans-formation ou une modification de l’autre pôle. Cette interactivité fonctionnelle entre l’apprenant et la machine se complète heureusement (au niveau de l’apprentissage) dans une interactivité entre les différents utilisateurs (professeurs et élèves co-constructeurs de savoirs. » (2007 : 128)

14 Je reprends ici la définition d’une littératie multimodale que proposent les dix chercheurs du New

London Group, en s’apercevant qu’un seul anglais standard ne pouvait être préconisé dans les proces-sus d’alphabétisation, et qui ont rédigé un « manifeste programmatique » en 1996 dans lequel ils ont souligné les six dispositifs permettant la construction du sens dans les processus d’alphabétisation : les sens linguistique, visuel, auditif, gestuel, spatial et le sens multimodal qui met en corrélation les cinq premiers (Cazden et al. 1996 : 4).

15 L’équipe d’enseignant-chercheurs est constituée de : Pierre Couprie, Muriel Grosbois, Fredérique

(9)

2. Le parcours 5 du Master EEM de Paris Sorbonne : éducation à l’image

cinématographique et pédagogie de projet interculturel multimédia

Au sein de la spécialisation que je dispense en matière d’éducation aux médias, j’ai retenu trois raisons évoquées par les didacticiens (Roegiers & De Ketele 2004) pour adopter une pédagogie par compétences dans une approche actionnelle de la didacti-que des langues et interpersonnelle des TICE avec une éducation intégrée aux mé-dias : 1) la multiplication et l’accessibilité des connaissances, 2) le besoin de donner du sens aux apprentissages dans cette surenchère de l’information virtuelle et surtout 3) l’assurance de préserver l’équité entre les apprenants (Scallon 2004 : 11). Quels apports spécifiques offre le cinéma que ne saurait donner un autre média dans le cours de langue ? Voici une question centrale à laquelle bien des enseignants ont du mal à répondre dans leur choix, par-delà la légitimité culturelle qu’acquièrent certai-nes œuvres d’art dans les programmes. Pourtant, les choix se font bien plus naturel-lement lorsque les situations d’apprentissage permettent de développer des compé-tences observables en situation. Néanmoins, « consommer de l’image n’est pas for-cément communiquer » écrivaient déjà en 1994 deux instituteurs et un formateur de l’IUFM qui se sont penchés sur les usages de la vidéo en maternelle (Bressy et al. 1994 : 5). Le cœur du problème est donc bien dans l’intégration du cinéma à la di-dactique des langues : comment rendre l’image communicante par-delà le niveau zéro du pré-, post- ou para-verbal qui l’accompagne avec les supports technologiques qui les diffusent ? Nous voilà donc bien au croisement des littératies multimodales, identifiées par la didactique des langues et stabilisées avec le CECRL, et d’une tran-slittératie répondant aux besoins de communication rendus possibles par les nou-veaux médias, que le CECRL n’avait pas intégrés.

Face aux difficultés structurelles, budgétaires et didactiques16, nous avons envisagé au sein du parcours 5 de l’IUFM de Paris Sorbonne d’entreprendre une pédagogie collaborative en matière d’apprentissage des langues étrangères et d’éducation au cinéma (car l’on parle et l’on fait du cinéma à plusieurs) afin de travailler les compé-tences interculturelles, linguistiques et artistiques des étudiants par le biais d’un tis-sage entre didactique des langues, éducation aux médias et création de ressources numériques17. L’offre des supports commercialisés n’engageant que trop rarement

une réflexion sur les modes de communication (qu’il s’agisse du cinéma ou d’autres médias), j’ai souhaité repenser les usages du cinéma à l’école pour une éducation au cinéma intégrée dans une pédagogie de projet qui puisse servir l’apprentissage des langues tout en développant les connaissances et les compétences d’une éducation aux médias adaptée à des contextes multiculturels (Velez à paraître).

16 Il faut compter 30 élèves par classe dans le primaire en moyenne aujourd’hui sur l’Académie de Paris. 17 Ce travail est la suite d’une réflexion entamée en 2007 où il apparaissait que les enseignements

(10)

Figure 1. Le cône de l’apprentissage d’Edgar Dale (1954)

(Symboles verbaux / Symboles visuels / Images fixes, Radio, Enregistrements / Films / Expositions / Sorties scolaires / Démonstrations / Participation dramatique / Expériences contraintes /

Expériences directes, significatives)

(11)

Figure 2. Le cône de l’apprentissage d’Edgar Dale revisité18

Partant de ces résultats, nous avons mis en place à l’IUFM de Paris Sorbonne au sein du Master EEM un parcours en « E-learning et mobilité» qui a pour vocation de former les professeurs des écoles – à partir d’une expérience de mobilité virtuelle et réelle – à une pédagogie collaborative alimentée par l’apport des nouvelles technologies et, en particulier, des ressources numériques multimédias, dans un contexte interculturel19. Afin de systématiser une approche transdisciplinaire, cette formation incorpore l’éducation aux médias et la maîtrise des TICE dans le but de créer des ressources pédagogiques adaptées à une mobilité professionnelle lors d’un stage de formation à l’étranger. Cette expérience de formation qui s’est déroulée sur l’année universi-taire 2010-11 a permis de constater que, de façon générale en Europe, le retard est encore important en matière d’éducation aux médias et de dispositifs d’apprentissage multimodaux adaptés à des démarches actionnelles pour ce qui concerne la didactique des langues étrangères. Par-delà les certifications nationales qui attestent d’un niveau de maîtrise élémentaire des outils TICE plus que du déve-loppement d’un esprit critique concernant lesdits outils, ou de réalisations concrè-tes à partir de ceux-ci, la créativité multimédiatique est encore loin de voir le jour dans les cours de langues étrangères où tous les supports pédagogiques demeurent néanmoins des supports médias20. De même, et de façon générale avec tous les

partenariats engagés, la translittératie n’est pas apparue comme une priorité, ni même parfois une considération dans le cours de langue.

18 En ligne : http://www.buzz-comm.com/wp-content/uploads/2011/10/Co%CC%82ne-de-Dale.png. 19 La formation propose un séminaire d’éducation aux médias, indispensable pour évaluer les enjeux du

numérique dans le monde éducatif, un séminaire des usages du cinéma à l’école, un séminaire sur la didac-tique du cinéma dans l’enseignement des langues étrangères ou autres disciplines scolaires et un atelier de création de cinéma d’animation pour des apprentissages transversaux intégrés dans une pédagogie de projet.

20 On constate ainsi à quel point la création d’un consensus passe par une division entre les moyens de

(12)

Entrer dans la didactique des langues ne saurait pourtant se faire qu’à partir d’une pensée critique sur les usages et fonctions des processus médiatiques qui colportent ou conçoivent les représentations auxquelles nous sommes sur- ou sous-exposés. Les supports devenant multimédias, nous devons a fortiori concevoir les médias comme générateurs de culture, de comportements et de langage, car « les médias cessent d’être des industries plus ou moins aliénantes pour devenir de vraies mé-diacultures, des lieux faisant se rencontrer des mondes plus ou moins marqués par la défense ou l’abandon d’identités » (Maigret 2005 : 34). La didactique des lan-gues devra donc repenser la dimension culturelle des nouveaux médias et ses effets sur la communication verbale et les apprentissages linguistiques dans leur dimen-sion locale et hypertextuelle autant qu’audiovisuelle. Elle se doit, en définitive, d’actualiser les apports des approches d’une littératie multimodale dans des projets de translittératie interculturelle.

Pourtant, malgré l’urgence première et plus ancienne d’une pédagogie de la multi-littératie (Cazden et al. 1996), et les rapports scientifiques favorables aux apprentis-sages multimodaux et multimédia (Metiri Group 2008), sans omettre les considéra-tions actuelles sur la translittératie, le monde éditorial continental européen semble un peu s’être endormi sur ses lauriers, et la formation des enseignants n’a pas beau-coup répondu à la suggestion d’Anne-Marie Garat citée en épigraphe. Nombreux sont les produits commercialisés21 se caractérisant par un singulier désamorçage de leur fonction critique sur les médias envisagés et sur les processus de médiatisation, qui se résument à un saupoudrage d’activités langagières plaquées sur une bande son ou filmique. Au fond, la didactisation du cinéma pour le cours de langue est encore fortement teintée des pratiques transmissives et d’une approche par activité langa-gière même si, de façon générale, les propositions éditoriales émises semblent toutes partir d’un présupposé qui n’est qu’un syllogisme : le cinéma est motivant, le cinéma est porteur de culture et de langage non-verbal, les étudiants vont se rapprocher des aspects culturels ou linguistiques de la langue grâce au cinéma. L’action de l’étudiant face au langage audiovisuel reste globalement passive.

Nous nous sommes donc inspirés du modèle multimodal mis en place par le Lon-don Group pour explorer beaucoup plus que les modalités du texte (écrit ou virtuel) et les codes sémiotiques linguistiques ou gestuels. Nous avons souhaité faire du cinéma un moyen créatif d’expression en LVE et un passage obligé dans le déve-loppement d’une pensée critique sur les médias. L’engouement général pour les TICE et la volonté de déborder du cadre scolaire traditionnel nous a considérable-ment facilité la tâche. À partir d’une discussion sur un forum engageant les souve-nirs d’enfance du cinéma à l’école, les étudiants ont découvert à quel point les choix prédéfinis des films, ainsi que leur modalité de projection (VO, VOST, VF) ne laissent pas indifférent, au point de conditionner les façons de regarder dès la

21 Cette généralisation se base sur les rares cas proposés pour l’espagnol (Santos Gargallo & Santos

(13)

plus tendre enfance22. Puis nous nous sommes engagés dans la création de ressour-ces multimédias, incorporant le cinéma d’animation et les didactisations filmiques dans des supports multimédias aussi dynamiques et interactifs que les ebooks, afin d’expérimenter en VO un « passage à l’acte ». Ce passage à l’acte nous a permis de constater combien « la création n’est pas l’envers de l’analyse » (Bergala 2002 : 108), mais bien son noyau dur.

Par ailleurs, et comme le soulignait déjà le New London Group, « malgré toute la différentiation culturelle morcelant des niches de commercialisation distinctes, peu d’espace commercial est accordé à refléter une diversité authentique parmi les en-fants et les adolescents »23 (Cazden et al. 1996 : 9). Paradoxalement, le cinéma en

tant que réalisation collective et narration, demeure un espace certain d’individuation contre l’homogénéisation identitaire de nature commerciale qui s’impose à nous. Le cinéma permet, en effet, de singulariser les histoires dans des projets créatifs et col-laboratifs. Le New London Group a d’ailleurs beaucoup insisté sur l’importance de pratiques en situation d’authenticité professionnelle ou privée24 pour passer d’une

pédagogie transmissive à une pédagogie analytique développant une plus grande conscience des modalités de signification. Ce groupe de recherche a souligné l’importance de la collaboration et la capacité critique à réévaluer les méthodes adap-tées aux différents besoins culturels. Il nous est donc apparu urgent de reprendre ces propositions scientifiques et de les intégrer à la formation des enseignants du premier degré en les adaptant aux pré-requis nationaux en matière de didactique des langues, tout en intégrant une éducation aux médias qui permette de considérer l’image mou-vante dans ses divers supports multimédias.

3. Développer une cartographie des compétences

Si la pédagogie de projet n’est pas nouvelle, et si ses mérites ont longuement été débattus par de grands pédagogues25, il semble néanmoins urgent de la

profession-naliser afin de mieux la généraliser. Car c’est en raison de la difficulté à l’évaluer qu’un spécialiste de l’évaluation, Gérard Scallon, déclare :

Loin de nous de nier les effets bénéfiques de cette approche [par projet] pour les élè-ves, mais force est de constater que ces modèles pédagogiques n’ont pas de retombées

22 Il n’est donc pas insignifiant que dans les anciens empires coloniaux priment les projections en

version doublée alors que dans les anciennes colonies, un plus grand respect de l’œuvre est mis en avant avec des diffusions en VOST. L’intégration de l’éducation aux médias dans toute didactisation filmique, est à la fois nécessaire et motivante car elle permet de structurer une pensée critique trans-versale et une compétence interculturelle indispensable, et ce, dès le plus jeune âge.

23 Ma traduction de : « despite all the subcultural differentiation of niche markets, not much space is offered in the marketplace of childhood that reflects genuine diversity among children and adoles-cents » (Cazden et al. 1996 : 9).

24 Cf. « Situated Practice », « Overt Instruction », « Critical Framing » et « Transformed Practice »

(Cazden et al. 1996 : 20-22).

25 La liste serait longue mais des auteurs tels que Dewey, Claparède, Freinet et Decroly sont cités

(14)

clairement définies et sont loin d’offrir une véritable « cartographie » des savoirs, des savoir-faire déployés dans telle ou telle situation-problème » (Scallon 2004 : 144).

Pour développer des compétences de communication vitales à l’intégration démo-cratique dans les sociétés complexes de demain, la consommation et la production judicieuses d’images permettent, à ce titre, de mettre les apprenants en situation. La prétendue difficulté à son évaluation ne devrait en aucun cas y mettre un frein mais démultiplier les possibilités et les compétences à évaluer.

En effet, cartographier les savoirs et les savoir-faire déployés permettrait sans doute de professionnaliser la démarche et de la généraliser, sans oublier pour autant que la pédagogie de projet n’est pas, comme le rappelle Anne-Marie Garat, une pédagogie de la prescription. Créer une cartographie des compétences, qu’il s’agisse des ensei-gnants de demain ou des élèves, voire des étudiants en cours de formation, permet d’envisager les apprentissages en situation et de négocier avec les apprenants des objectifs réalisables, prescriptibles certes, mais aussi à découvrir en fonction des compétences individuelles au sein des groupes. Une cartographie des compétences permet de distribuer des tâches et de monter des scénarios où les apprentissages s’intègrent en fonction de la situation soulevée à résoudre. Mais procéder à un cons-tat des possibilités éventuellement inattendues est parfois plus impressionnant que systématiser pour prescrire et évaluer, deux démarches qui peuvent brider la création. Que l’on opère d’une façon ou d’une autre, l’important, me semble-t-il, est d’évoquer les questionnements indispensables quant aux motifs des choix d’exploitation didac-tique en matière de médias et de supports de communication.

D’après Scallon, la compétence doit se distinguer de la performance qui en est la manifestation (2004 : 103) et ne saurait être observée hors contexte. L’habileté est l’application de façon routinière ou répétée de principes ou de règles dans des si-tuations familières, un savoir-faire donc (Scallon 2004 : 104), alors que la compé-tence, elle, engage à un savoir agir (Le Boterf 1994 : 35). Si l’on a depuis long-temps su envisager des habiletés et des savoir-faire (analyser une séquence filmi-que, identifier un contexte historifilmi-que, un point de vue, un cadrage), il ne faut pas exclure la possibilité d’acquérir des compétences pour des savoir-agir qui conju-guent l’apprentissage des langues étrangères et une éducation judicieuse au cinéma, voire au multimédia. Les étudiants – et plus tard leurs élèves – pourront ainsi réali-ser un film ou une publicité en langue étrangère, déconstruire un vidéo-clip musi-cal, intégrer des réalisations audiovisuelles dans un ebook pour le développement de compétences linguistiques, proposer des lectures hypertextuelles de séquences filmiques sur des supports multimédias.

(15)

décla-ratives (juridiques, linguistiques) et procédurales (techniques) lors d’un séminaire de recherche conçu autour d’un atelier de création filmique.

Compétence Connaissances Habiletés Stratégie

Savoir-agir Savoir Savoir-faire Savoir comment Savoir quand

Savoir rédiger un scénario en LV2

Techniques d’écriture de scéna-rio

Rédiger un scénario à plusieurs mains

Évaluer les contenus des trois parties d’un scénario

Savoir découper un scénario par plan/séquence

Langage

audiovi-suel élémentaire Découper un scénario par plan/séquence

Attribuer des tâches variées au sein d’un montage

Réaliser des dé-cors/personnages

Dessin

Découpage Assembler

Intégrer des change-ments nécessaires de décors pour les adapter aux prises de vue

Savoir créer une bande

sonore en LV2 Fonctionnement d’Internet

Sélectionner des sons libres de droits sur Inter-net et les adapter aux besoins

Modifier les produc-tions réalisées

Savoir prendre des photos pour un mon-tage d’animation

Fonctionnement technique d’un Reflex

Prendre des photos bien exposées, cadrées et répondant à une com-mande

Assembler les images prises

Réaliser un montage d’animation

Maîtrise du logiciel iMovie

Assembler la bande son et image sur le logiciel

Répartir des rôles pour des tâches pré-définies ou à définir

Savoir présenter un film en LV1

Prise de parole en public

Mettre en place une stratégie collective de présentation du film

Organiser une cohé-rence de groupe perti-nente à la présentation

Tableau 2. Illustration des compétences, connaissances, habiletés et stratégies développées dans le cadre d’une réalisation filmique dans la formation des enseignants du premier degré

en didactique des langues

Ceci est un exemple qui illustre une pratique ponctuelle d’éducation au cinéma intégrée à la formation des enseignants. Il s’est déroulé dans un dispositif hybride en présentiel pour la co-construction de la scénarisation et à distance pour l’exploitation des ressources créées, mises en œuvre dans des cours de FLE à l’étranger. La certification reste un autre moyen de faire un bilan des compétences au sein d’une formation. Elle permet de valider les compétences académiques et professionnelles parmi lesquelles pourront être relevées les compétences linguisti-ques, technilinguisti-ques, en matière d’éducation aux médias (cinématographique entre autres) et interculturelles acquises. Des indicateurs de compétences en communica-tion audiovisuelle sont d’ores et déjà disponibles pour des projets plus ambitieux de formation spécialisée et ont été mis en place par le groupe de travail « Education and Training » de la Commission Européenne (Ferrés i Prats 2007).

(16)

l’exemple ci-dessus, contredit donc le pronostic annoncé par Scallon qui n’y voyait pas de « retombées clairement définies » (Scallon 2004 : 144) et définissables sont envisageables dans une approche par projet. Lorsque nous sommes dans une situa-tion pédagogique où les savoir-être et agir sont amplement mobilisés par un mode mutuel et interpersonnel des usages TIC, envisager des spectateurs réalisateurs, éduqués aux usages du multimédia dans un contexte linguistique authentique per-met de déployer une réelle cartographie des compétences, connaissances, habiletés et stratégies développées. La réalisation d’un film d’animation ou le tournage de mini-séquences pourra dès lors s’intégrer dans des productions virtuelles plus éla-borées, permises aujourd’hui par la diversité des supports multimédias.

Conclusion

Si l’apport du cinéma à l’apprentissage des langues est désormais une valeur sûre, il semble néanmoins nécessaire de revoir comment apprendre à regarder pour mieux communiquer et non pas seulement écouter ou voir communiquer pour éventuellement mieux parler. L’urgence dans les pratiques est de repenser les pro-cessus d’alphabétisation avec les outils qui caractérisent le monde actuel de la communication et la place du langage universel qu’est l’audiovisuel, désormais inscrit dans le multimédia, avec une dynamique interculturelle sans précédent. Le cinéma demeure le protagoniste par excellence de cette révolution qui a supposé le dépassement de la lecture et de l’écriture comme moyen d’information (Pereira Domínguez 2005 : 206) et, de ce fait, nous ne pouvons que nous rendre à l’évidence qu’« une civilisation démocratique se sauvera seulement si elle fait du langage de l’image une provocation à la réflexion et non une invite à l’hypnose »26

(Eco 1977). À l’ère du numérique, le langage de l’image devra désormais être une provocation à une réflexion qui engage la communication en langue étrangère par l’iconographie tout autant que l’oralité ou le cinéma, Internet ou les réseaux so-ciaux. La didactique des langues sera alors un berceau expérimental pour la tran-slittératie permettant au cinéma de s’y intégrer comme art, mais aussi comme outil de communication.

Alors que le langage dans ses manifestations littéraires, historiques ou information-nelles reflète des réalités politiques et culturelles très différentes (pendant que les Français font leur cinéma ou font tout un cinéma, les Espagnols seraient plus propi-ces à hacer comedias, et les Anglais act like they care), les médias ont colonisé, à leur façon, nos pratiques culturelles et nos institutions. Les politiques éducatives devraient donc développer les processus d’alphabétisation multimodaux et la translit-tératie, car l’apprentissage d’une langue suppose que l’on soit exposé aux moyens de communication avant même qu’aux langues qui y sont véhiculées. Force est de cons-tater que les enjeux du développement d’une compétence médiatique dans toutes les disciplines sont majeurs pour la formation des citoyens d’une démocratie

(17)

tive. Repenser le cinéma dès l’université, c’est aussi envisager son utilité cognitive en matière d’éducation au langage audiovisuel et pas uniquement sa politique cultu-relle. Il s’agit bien que l’université fasse du cinéma un média productif dans la cons-truction du sens et de la communication pour lesquels nous alphabétisons les élèves, puis les étudiants (Laurillard 2002), et par lesquels nous sommes tous un tant soit peu

a- ou trans-culturés en version originale ou en VFST.

Bibliographie

Arpin, L. & L. Capra. 2001. L’Apprentissage par projets. Montréal : Chene-lire/McGraw-Hill.

Bergala, A. 2002. L’hypothèse cinéma. Petit traité de transmission du cinéma à l’école et ailleurs. Paris : Cahiers du cinéma.

Boutin, P. 2010. Le 7e art aux regards de l’enfance : les médiations dans les

dispo-sitifs d’éducation à l’image cinématographique. Avignon, Université

d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Thèse soutenue le 01/12/2010, mise en li-gne le 17/01/2011 (consultée le 10/07/2011) <http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/55/66/57/PDF/These_PerrineBoutin.pdf>.

Bressy, D., P. Desplats & J.-P. Viala. 1994. Faire de la vidéo en maternelle. Paris : Armand Colin.

Cadet, A. 2002. Le cinéma à l’école. Cass. vidéo (VHS) (15 min) et brochure. Lille : CRDP Nord-Pas-de-Calais, Ressources formation vidéo multimédia. Cazden, C. et al. (1996). « A pedagogy of multiliteracies: Designing social

fu-tures ». Harvard Educational Review, mis en ligne le 24/07/2004, consulté le 28/07/2011,

<http://wwwstatic.kern.org/filer/blogWrite44ManilaWebsite/paul/articles/A_Pe dagogy_of_Multiliteracies_Designing_Social_Futures.htm>.

Chomsky, N. et I. Ramonet. 2005. Cómo nos venden la moto. Información, poder y concentración de medios. Barcelone : Icaria.

Condé, M, V. Fonck & A. Vervier. 2006. À l’école du cinéma : Exploiter le film de fiction dans l’enseignement secondaire. Bruxelles : De Boeck & Larcier. Dale, E. 1954. Audio-Visual Methods in Teaching. New York : Dryden.

Deacon, A., A. Morrison & J. Stadler. 2005. « Designing for learning through mul-timodal production: Film narrative and spectatorship in Director’s Cut ». Interna-tional Journal of Education and Development using information and Communi-cation Technology (UEDICT)vol. 1, n° I : 72-89, consulté le 01/07/ 2011, <http://ijedict.dec.uwi.edu/include/getdoc.php?id=221&article=26&mode=pdf>. Direction générale de l’enseignement scolaire. 2006. Le socle commun des

connaissances et des compétences. Tout ce qu’il est indispensable de maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. Direction générale de l’enseignement scolaire. MENESR.

Eco, U. 1977. Apocalipticos e integrados ante la cultura de masas. (Trad.

(18)

Ferrés i Prats, J. 2007. « La competencia en comunicación audiovisual: dimensiones e indicadores ». Comunicar, v. XV, nº 29 (100-107), mis en ligne le 30/03/2007, consulté le 05/05/2011,

<http://www.revistacomunicar.com/numeros_anteriores/archivospdf/29/29-17-investigaciones-ferres.pdf>.

Fourgous, J.-M. 2011. Réussir à l’école avec le numérique. Le guide pratique.

Paris : Odile Jacob.

Frau-Meigs, D. 2006. L’éducation aux médias. Le kit à l’intention des enseignants, des élèves, des parents, et des professionnels. Maçon : Buguet-Comptour. Gauthier, C. 1996. « De la pédagogie traditionnelle à la pédagogie nouvelle ». In

Gauthier, C. & M. Tardif (dir.). La pédagogie. Théories et pratiques de l’Antiquité à nos jours. Montréal : Gaëtan Morin,131-155.

Husson, D. (dir). 2001. Images, Cinéma, Éducation : pratiques et ressources. Pa-ris : Vidéadoc / CNDP.

Lang, J. 2011. Pourquoi ce vandalisme d’état contre l’école : lettre au président de la république. Paris : Félin.

Laurillard, D. 2002. Rethinking university teaching: a conversational framework for the effective use of learning technologies. Londres et New York : Routledge Falmer. Lave, J. & E. Wenger. 1991. Situated learning: legitimate peripheral participation.

Cambridge et New York : Cambridge University Press.

Le Boterf, G. 1994. De la compétence : essai sur un attracteur étrange. Paris : Les Éditions d’Organisation.

Lebrun, M. & J.-M. De Ketele. 2007. Des technologies pour enseigner et appren-dre. Bruxelles : De Boeck.

Lismonde, P. 2002. Les arts à l’école. Le Plan de Jack Lang et Catherine Tasca. Paris : SCEREN-CNDP et Éditions Gallimard.

Liu, A. [en ligne], « Translittératie : le Big Bang de la lecture en ligne », INA, mis en ligne le 01/2012, consulté le 30/01/2012, <http://www.ina-

sup.com/ressources/dossiers-de-laudiovisuel/les-e-dossiers-de-laudiovisuel/translitteraties-le-big-bang-de-l>.

Longuet, F. « Évaluer dans une approche par compétences : quelle logique de l’Évaluation ? ». Communication au Symposium maghrébin, ENS Alger, 5/6 mai 2010.

Maigret, É. 2005. « Après le choc cultural studies ». In Maigret, É. & É. Macé (dir). Penser les médiacultures : nouvelles pratiques et nouvelles approches de la représentation du monde. Paris : Armand Colin,17-40.

Metiri Group (2008). « Multimodal learning throught media: What the research says ». Cisco Systems, Inc., mis en ligne le 4/03/2008, consulté le 23/12/2011, <http://www.cisco.com/web/strategy/docs/education/Multimodal-Learning-Through-Media.pdf>.

(19)

<http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/07/25/le-japon-dit-adieu-a-la-television-analogique_1552506_3236.html>.

Nayebi, J.-C. 2010. Enfants et adolescents face au numérique – Comment les pro-téger et les éduquer. Paris : Odile Jacob.

Pereira Domínguez, Mª C. 2005. « Cine y educación social ». Revista de Educación vol 338 (2005) : 205-228. Mis en ligne le 3/03/2006, consulté le 25/05/2011, <http://www.revistaeducacion.mec.es/re338/re338_14.pdf>.

Roegiers, X. & J.-M. De Ketele. 2004. Une pédagogie de l’intégration : compéten-ces et intégration des acquis dans l’enseignement. Bruxelles : De Boeck. Sánchez Carrero, J. 2008. Pequeños directores: Niños y adolescentes creadores de

cine, video y televisión. Séville : Aconcagua.

Santos Gargallo, I. & A. Santos Gargallo. 2005. De cine: fragmentos

cinematográficos para el aula. Cuaderno de actividades. Alcobendas

(Madrid) : Sociedad General Española de Librerías.

Scallon, G. 2004. L’Évaluation des apprentissages dans une approche par compé-tences. Bruxelles : De Boeck.

Serres, A. « Un exemple de translittératie : l’évaluation de l’information sur Inter-net », INA, mis en ligne 01/2012, consulté le 30/01/2012, <http://www.ina-sup.com/node/2689>.

Thomas, S. et al. « Transliteracy: Crossing divides ». First Monday, Vol. 12 N° 12, 3 Dec. 2007, mis en ligne le 30/11/2007, consulté le 25/05/2011, [http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/viewArticle/2060/1908]. Velez, I. 2007. « Sa-voir lire les médias dans le cours de langue vivante étrangère

(LVE) ». Éduquer aux médias ça s’apprend ! Actes du colloque National, Clermont-Ferrand, IUFM d’Auvergne : Les Cahiers du CREDAM Atelier 11

sur Cd-Rom : 1-6.

Velez, I. À paraître. « S’éduquer aux médias par la mobilité : Paradigme pour un nouvel habitus pédagogique ». Colloque « Éduquer aux (nouveaux) médias, ça s’apprend ? » organisé par la CDIUFM, le CLEMI et l’IUFM d’Alsace les 16, 17 et 18 nov. 2010, IUFM d’Alsace et Conseil d’Europe, Strasbourg. Paris : CLEMI. Velez, I. & F. Longuet. 2010. « El e-book para una Pedagogía de proyecto ».

Communication à l’université de Grenade, Espagne, 11 avril 2010.

Referencias

Documento similar

Dominique Païni resumió en Cahiers du cinéma algunas de las contradicciones mayores de este diálogo, con las que todo cineasta ha tenido que lidiar desde el principio: la dificultad

Pour étudier le devenir des espaces périurbains dans la région du grand Sousse, il nous faut dans une première partie de faire l’état des diverses notions sur l’idée

Pour moi, il y avait quelque chose d’irrésistiblement drôle dans ce nom et dans l’idée qu’une femme aussi brillante puisse être une parente éloignée du risible

Je te les mets dans deux boîtes: d'une part 2 tartelettes aux abricots pour toi et ta maman, deux au citron pour ta copine et ton frère, et une à la rhubarbe pour ton frère;

Les présidences de l’Union européenne n’ont pas le sceptre à la main. Elles assument un dispositif de pouvoir symbolique dans la mécanique du Conseil de l’Union, pour une durée

Dans ce contexte, il a été décidé à Saragosse de saisir l’occasion de l’Expo 2008 pour établir une nouvelle relation avec les fleuves, l’Èbre, le Gállego, le Huerva et

Pour envoyer votre dossier, cliquez sur le bouton « Envoyer », qui sera transmis au poste diplomatique pour validation.. Une fois envoyé, un message de confirmation apparaîtra en

 F-83XX: Aceros moldeados de baja aleación para F-83XX: Aceros moldeados de baja aleación para usos generales.. anulado a la norma UNE