Fonctions d'echelle interpolantes, polyn^omes de Bernstein et
ondelettes non stationnaires
Pierre Gilles Lemarie-Rieusset
Resume.
La theorie de la convergence des fonctions d'echelle (non- stationnaires) et l'approximation des ltres d'echelle interpolants a l'ai- de de polyn^omes de Bernstein, permettent la construction d'une fonc- tion d'echelle interpolante non-stationnaire aux proprietes d'approxima- tion remarquables.Abstract.
The theory of convergence for (non-stationary) scaling func- tions and the approximation of interpolating scaling lters by means of Bernstein polynomials, allow us to construct a non-stationary interpo- lating scaling function with interesting approximation properties.0. Introduction.
Dans cet article, nous nous interessons essentiellement a des dis- tributions ' du type suivant: leur transformee de Fourier ^', denie formellement par
(1) '^() =h'eixi=
Z +1
;1
'(x)e;ixdx
91
est un produit inni
(2) '^() = Y1
j=1mj
2j
ou les fonctions mj verient pour deux constantes C0 1 et N 0 independantes dej
(3) mj 2C1(R=2Z) mj(0) = 1
kmjk1 C0 d d mj
1
C0jN :
Sous les hypotheses (3), il est facile de voir que le produit inni
1
Y
j=1mj
2j
converge ponctuellement, uniformement sur tout compact et dansS0(R) vers une fonction continue ^'a croissance lente. Pour le verier, il sut d'ecrire jN CN 2j=2 et donc, pour jjp2,
j'^()j Y1
j=1minnC01 +C0CNjj
p2
jo
jj2logC0=log2+Y1
j=0(1 +C0CN2;j=2): En fait, il sut de supposer que
1
X
0 2;j d d mj
1
<+1 puisque pour jj=2j assez petit
log mj
=2j
C2;j d d mj
1 jj:
Les produits innis du type (2) avec mj =m0 independants de j font depuis 1986 l'objet d'une etude intensive. Nous sommes alors dans le cadre de l'analyse multi-resolutionde S. Mallat et Y. Meyer 20], 21], du
moins lorsque'est de carre integrable et que la famillef'(x;k)gk2Zest une base de Riesz d'un sous-espace ferme deL2(R). Les proprietes de la fonction d'echelle'en fonction dultre d'echellem0 ont ete abondam- ment decrites, en particulier celles qui decrivent la regularite de ' (A.
Cohen 4], A. Cohen et I. Daubechies 6], I. Daubechies et J. Lagarias
9], T. Eirola 12], L. Herve 14], O. Rioul 23], L. Villemoes 30], par ex- emple:::). Ces resultats forment ce que nous appellerons dans la suite la \theorie classique" des ondelettes, dont nous rappellerons dans la Sec- tion 2 quelques traits fondamentaux sur lesquels nous baserons la suite de nos resultats. Le resultat principal (Proposition 2) indique, sous l'hypothese que le ltre m0 verie lecritere d'Albert Cohen, l'existence d'un indice 0 2];1+1] tel que pour s > 0, ' 62 Hs (espace de Sobolev) et pours < 0 'est adecroissance rapidedansHs (i.e. pour tout k 2 N, xk' 2 Hs) ce resultat donne de plus le calcul de 0 en fonction des proprietes spectrales de l'operateur de transitionT2 associe
a m0, et deni par T2f() =m0
2
2f 2
+m0
2 +2f
2 +:
Une premiere serie de resultats, presentes dans la Section 3, concerne le probleme de l'approximation de la fonction d'echelle ' par des fonc- tions d'echelle plus simples 'N (essentiellement, on demandera a 'N
d'^etre a support compact). La question etudiee est essentiellement la suivante: comment l'approximation du ltre m0 par des ltres mN se traduit-elle sur la qualite de l'approximation de ' par les fonctions 'N associees? Par rapport a la \theorie classique", il s'agit donc es- sentiellement d'un theoreme de dependance continue par rapport aux parametres, et il y aura donc besoin de peu d'innovation reelle pour obtenir ces resultats. (La Section 3 contient donc des resultats orig- inaux, dont la demonstration est tres courte et renvoie a la Section 2
la Section 2 contient une presentation de resultats classiques refondus pour ^etre immediatement operationnels dans les sections 3 et 7).
Le design de ltres d'echelle nous imposera parfois d'introduire des ltres mN dont la limite n'est pas C1 (par exemple, si mN est le N-ieme ltre de Daubechies 8], le ltre jmN()j2 converge vers la fonction 2-periodiquem1 valant 1 sur ];=2=2, 1=2 en=2 et 0 sur ]=2] le probleme demN lui-m^eme se complique encore de l'etude de sa phase 16]). Nous discuterons brievement dans la Section 10 des fonctions d'echelle a decroissance lente, correspondant a des ltres peu reguliers.
L'etude des produits innis (2) avecmj dependant de j est beau- coup plus recente, et a ete theorisee sous le nom d'analyse multi-resolu- tion non-stationnaire 10]. La principale motivation de cette etude est qu'elle permet l'obtention de fonctions d'echelle (non-stationnaires)C1 et a support compact, ce qui n'est pas possible dans le cas stationnaire.
(Si ' est une fonction d'echelle de classe CN, alors le diametre de son support est au moins N + 2): Les exemples usuels de telles fonctions d'echelle non-stationnaires sont la fonction de Rvachev up(x;1) 26],
11] et la base de Berkola ko et Novikov 2], 7] qui permettent une approximation spectrale des fonctions regulieres.
La fonction de Rvachev up(x) est encore mal connue du public (mathematique) occidental, les principales references etant en russe ou en ukrainien (dont le livre 27] paru en 1979). Nous en rappellerons les principales proprietes dans la Section 5. (Cette section expose les resultats de Rvachev. Nous avons prefere travailler dans R plut^ot que dans ;11]).
La seconde serie de resultats, que nous presentons dans la Section 7, concerne lesanalyses multi-resolutions quasi-stationnaires. L'idee est d'appliquer tout le mecanisme de l'analyse du comportement asympto- tique des suites de ltres d'echelle developpee dans la premiere serie de resultats a la suitemj qui intervient dans le produit (2):Nous verrons que si la suitemj converge vers un ltre asymptotem1la connaissance des proprietes de m1 et de sa fonction d'echelle '1 simplie grande- ment l'etude de la convergence du produit inni (2) et de la taille et de la regularite de la fonction d'echelle non-stationnaire ainsi denie.
(Avec la Section 3, c'est le principal resultat du papier).
La troisieme serie de resultats (sections 7 et 8) concerne la con- struction e"ective des suites de ltres approximant un ltre donne. La construction est quasiment immediate pour le cas des ltres associes a des fonctions d'echelle interpolantes, et fait intervenir l'approximation des fonctions par des polyn^omes de Bernstein. En particulier, nous sommes a m^eme de construire une fonction d'echelle interpolante non- stationnaire, ou \ondelette de Kharkov", jouissant de proprietes d'ap- proximation remarquables (cf. Theoreme 4).
Le cas des fonctions d'echelle orthogonales est beaucoup plus com- plexe, a cause du probleme de la phase. Nous essayerons ici de bien poser le probleme, en reservant l'eventuelle solution a des travaux ulteri- eurs.
1. Decroissance et convergence rapides dans un espace local de distributions.
Nous avons regroupe dans cette section quelques lemmes techniques sur la convergence rapide (cf. Denition 2), qui nous seront utiles pour verier les qualites d'approximation dans les theoremes des sections suivantes. Nous avons choisi de presenter ces lemmes dans un cadre axiomatique assez general (ce que nous appelons dans la Denition 1 un espace local de distributions), mais en realite nous travaillerons avec des espaces simples comme L2, L1, Hs ou B11 (c'est-a-dire l'espace de Holder C si > 0 et 62N, l'espace de Zygmund C si 2N):
Denition 1.
Un espace local de distribution(ouE.L.D.) est un espace de Banach E, contin^ument injecte dans D0(R), tel quei) pour tout'2E et tout ! 2Cc1(R), ! ' 2E,
ii) il existe C0 0 et N0 2 N tel que, pour tout ' 2 E et tout
! 2Cc1 avec supp! ;11], (4) k'!kE C0XN0 p=0
dp
dxp !L1(;11])k'kE
iii) pour tout ' 2 E et tout x0 2 R, '(x ;x0) 2 E et il existe C1 0 et N1 0 tel que
(5) k'(x;x0)kE C1(1 +jx0j)N1k'kE pour tout '2E et tout x0 2R.
Denition 2.
Soit E un E.L.D.i) ' est a decroissance rapide dans E si pour tout entier k 2 N, xk'2E:
ii)Une suitef'ngn2Nest a convergence rapide dansEsi les'nsont
a decroissance rapide dans E convergent dansE vers une distribution 'et pour tout entier k 2N, xk'n converge dans E vers xk'.
On dira de m^eme qu'une seriePk2Z'k est a convergence rapide si les sommes partiellesfPn0'kgn2N etfP0;n'kgn2N sont a convergence rapide.
Lemme A
(Lemme des blocs). Soit E un E.L.D.a) Si supp'k k ;1k+ 1] pour tout k 2 Z, alors PZ'k est a convergence rapide dansE si et seulement si la suitefk'kkEgk2Zest a decroissance rapide (pour tout p2N, fkpk'kkEgk2Z2`1(Z)).
b) ' est a decroissance rapide dans E si et seulement si ' se decompose en PZ'k avec supp'k k ;1k + 1] et fk'kkEgk2Z
a decroissance rapide.
c)pour qu'une suitef'ngn2N converge rapidement dans E,il sut que f'ngn2N converge dans E et que pour tout p2N, supkkxp'kkE <
+1.
Preuve. a) Le lemme est presque evident. Si f'ng converge rapide- ment dans E, il est clair que supkkxp'kkE < +1. En particulier, si P'k converge rapidement, avec supp'k k ; 1k + 1], on a supkkxp'kkE < +1. Mais si ! est C1, vaut 1 sur ;11] et a son support contenu dans ;22], on a, pour jkj3,
'k =!k(x;k)xp'k(x) avec !k = (x+k);p!(x): (4) et (5) permettent de conclure que
k'kkE Cp(1 +jkj)2N1;pkxp'kkE
et donc que fk'kkEg est a decroissance rapide. Inversement, si k'kkE
est a decroissance rapide, on ecrit xp'k = ~!k(x ;k)'k avec ~!k = (x+k)p!(x) on a alors
kxp'kkE Cp(1 +jkj)2N1+pk'kkE
de sorte que Pk2Zkxp'kkE <+1. La serie Pxp'k converge dans E, et converge vers xpP'k puisque E s'injecte dans D0. Le point a) est donc prouve.
b) est immediat: si ' est a decroissance rapide, on prend 2Cc1 avec supp ;11] et P (x;k) = 1 et on pose 'k = ' (x;k).
Alors pour jkj3, on a
k'kkE =k (x;k)x;pxp'kE Cp(1 +jkj)2N1;pkxp'kE et fk'kkEg est a decroissance rapide.
c) est tout aussi immediat: si 'n converge vers ' (x ;k)'n
converge vers (x;k)' or on a
k (x;k)'nkE Cp(1 +jkj)2N1;pkxp'nkE :
Le point c) du Lemme A se generalise de la maniere evident sui- vante:
Lemme B.
Soient E E1 E2 trois E.L.D. tels que E1 \E2 E et, pour tout f 2E1\E2kfkE C2kfkE1kfk1E;2
pour un 2]01. Alors si f'ngn2N converge dans E1 et verie pour tout p2N, supnkxp'nkE2 <+1, f'ng converge rapidement dansE.
Preuve. M^eme demonstration: f (x;k)'ngn2N converge dans E (puisque elle est de Cauchy dans E1 et bornee dans E2) de plus
k (x;k)'nkE1 C(1 +jkj)2N1k'nkE1 et
k (x;k)'nkE2 Cp(1 +jkj)2N2;pkxp'nkE2 :
Lemme C.
Soit E un E.L.D. et 'a decroissance rapide dans E.a)Si '=P'k est une decomposition en blocs de' (i.e. supp'k
k ;1k + 1] et la serie converge rapidement dans E) alors si b 2 C1(R)est a croissance lente ainsi que toutes ses derivees(pour tout p2
N il existe N 0, (jxj+ 1);Ndpb=dxp 2 L1) la serie Pk2Zh'kbi converge vers une somme independante du choix des blocs 'k et notee
h'bi.
b) La transformee de Fourier de ', ^'() =h'eixi, est une fonc- tion C1 a croissance lente ainsi que toutes ses derivees.
Preuve. Remarquons d'abord que d'apres (4) on a: si supp! ;11]
et '2E
jh'!ijCk'kEXN p=0
dp! dxp
L1(;11)
en e"et, on a pour 2 E avec supp ;11], jh1ij CkkE et on utilise ceci pour ='!$. On en conclut que
jh'kbijC(1 +jkj)M+2N1k'kkE XN p=0
(1 +jxj);M dpb dpx
1
de sorte que Pjh'kbij converge. Le point a) est alors immediat.
Pour le point b), il sut de verier que ^' est continue, puisque (d=d)N'^ = (;\ix)N' et que xN' est encore a decroissance rapide dans E. Mais ^'() =Pk2Z'^k() et on a
j'^k()jC(1 +jkj)2N1k'kkE(1 +jj)N de sorte que P'^k converge uniformement sur tout compact.
Lemme D
(Lemme de derivation).a) Soient E1 et E2 deux E.L.D. tels que d=dx est continu de E1
dans E2. Alors si ' est a decroissance rapide dans E1, d'=dx est a decroissance rapide dans E2.
b) Le resultat reste vrai si l'on suppose seulement que d=dx est continu deE10 =f'2E1 : supp' ;11]g dans E2.
c) On a de plus
d'c
dx(0) =
Dd' dx1
E= 0:
Preuve. Il sut de prouver b). On decompose ' en blocs '=P'k:
Alors d'
dx =
Xd'k dans D0. De plus dx
d'k dx
E2 C(1 +jkj)N1+N2k'kkE1 de sorte que kd'k=dxkE2 est a decroissance rapide.
Ce lemme a une reciproque.
Lemme E
(Lemme de primitivation). Soient E1 et E2 deux E.L.D.tels que: '!R;1x '(t)dt est continu de E2(0) =f'2E2 : supp'
;11] et h'1i = 0g dans E1. Alors si ' 2 E2 est a decroissance rapide, ' peut s'ecrire'=d!=dxou ! est a decroissance rapide dans E1 si et seulement si h'1i= 0.
Preuve. Si ' = d!=dx, on a ^' = i!^ donc ^'(0) = 0. Pour le resultat inverse, il sut de montrer qu'on peut ecrire ' = P'k une decomposition en blocs avec h'k1i = 0 pour tout k. Si !k est le primitive a support compact de 'k, on aura alors
k!kkE1 C(1 +jkj)N1+N2k'kkE2
et donc P!k sera une decomposition en blocs d'une distribution ! a decroissance rapide dans E1.
On commence par decomposer'en'=Pk, une decomposition en blocs sans condition sur k. On prend alors 2E, supp 01]
et h1i= 1 (un tel existe si E 6=f0g). On ecrit
k= k;hk1i(x;k) +hk1i(x;k):
La somme X
k2Zk;hk1i(x;k)
est une decomposition par blocs avec des blocs de somme nulle. Nous sommes ramenes a traiter le cas de
'=X
k2Z"k(x;k)
avec f"kg a decroissance rapide et P"k = 0. Il sut d'ecrire "k = sk;sk+1 et
'=X
k2Zsk((x;k);(x;k+ 1))
on conclut en remarquant que fskg est a decroissance rapide puisque sk =+X1
k "p =;kX;1
;1
"p :
Lemme F
(Lemme de primitivation discrete). Soit E un E.L.D. et 'a decroissance rapide dans E. Alors les trois proprietes suivantes sont
equivalentes:
F1)pour tout k 2Z, ^'(2k ) = 0,
F2)Pk2Z'(x;k) converge dans D0 vers 0, F3)Il existe ! 2E a decroissance rapide tel que
'=!(x);!(x;1):
Preuve. Il n'y a presque rien a demontrer. F3) implique F1) est
evident, puisqu'alors ^' = (1;e;i) ^!. Pour F1) implique F2) et F2) implique F3), on commence par remarquer que si ' est a decroissance rapide dans E, alors P'(x;k) converge dans D0 (et m^eme dans S0)
X
h'(x;k)i=D'X(x+k)E et P(x+k) est C1 bornee ainsi que toutes ses derivees.
Il reste a verier que
X'(x;k) =X'^(2k )eikx
c'est evident si le support de ' est compact. Dans le cas general, on decompose ' en blocs P'p on a
X'(x;k) =XX'p(x;k) au sens que pour toutb2S,
XX
jh'p(x;k)bij<+1:
On a donc X
'(x;k) =X
p
X
k '^p(2k)eikx et comme
j'^p(2k )jCN (1 +jkj)N 1 +p2
la convergence dans D est immediate.
Si P'(x ;k) = 0, on a ^'(2k ) = 0. Si ^'(2k ) = 0, on a
P'(x;k) = 0 on denit alors
! =X1
k=0'(x;k) =; X;1
k=;1'(x;k): On a
k (x;p)'(x;k)kE C(1 +jkj)N1k (x;p+k)'kE et on deduit tout de suite que! est a decroissance rapide dans E.
2. La theorie classique des fonctions d'echelle.
La notion de fonction d'echelle reguliere a ete introduite en 1986 par Y. Meyer et S. Mallat 20], 21].
Denition 3.
Une fonction d'echelle reguliere est une fonction ' 2 L2(R) telle quei) 'est a valeurs reelles,
ii)'est a decroissance rapide dans L2: pour toutk 2Z,xk'2L2, iii) ' engendre une base de Riesz f'(x;k)gk2Zd'un sous-espace fermeV0 de L2,
iv)'(x=2)2V0.
L'etude des fonctions d'echelle se ramene a celle desltres d'echelle:
l'appartenance de '(x=2) a V0 se reecrit en
(6) 'x
2
=X
k2Zak'(x;k)
ou les ak sont a valeurs reelles et dans `2(Z). Le ltre d'echelle associe
a 'est la fonction 2-periodiquem0 denie par
(7) m0() = 12X
k2Zake;ik:
Quelques lemmes classiques permettent alors de se ramener a l'etude des proprietes de m0.
Lemme 1.
Si ' et x' sont de carre integrable, alorsX
k2Z
j'^(+ 2k )j2 converge uniformement sur ;].
Preuve. j'^j2 2L1 donc
X
k2Z
j'^(+ 2k )j2
converge presque partout, donc en au moins un point 0: Il sut alors d'ecrire pour 20;0+]
X
jkj>K
j'^(+ 2k )j21=2; X
jkj>K
j'^(0+ 2k )j21=2
X
jkj>K
j'^(+ 2k );'^(0+ 2k )j21=2
X
jkj>K
j;0j
Z +2k
0+2k
d'^
d()2d1=2
j;0j1=2Z
j;0j>2K;
dd '^()2d1=2:
Lemme 2.
i) Si ' et x' sont de carre integrable, alors f'(x ;k)gk2Z est une base de Riesz d'un sous-espace ferme de L2 si et seulement si
Pk2Zj'^(+ 2k )j2 ne s'annule pas sur ;]:
ii) La fonction m0 ltre d'echelle associe a une fonction d'echelle reguliere ', est C1 et verie '^(2) =m0() ^'().
Preuve. Le point i) est evident: si '2 L2, le fait que f'(x;k)gk2Z soit une famille de Riesz est equivalent a ce que
inf ess X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 >0
et que
sup ess X
k2Z
j'^(+ 2k )j2<+1 si de plus x'2L2, alors
X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 est continue. Pour ii), il sut de remarquer que
m0() =
X
k2Z'^(2+ 4k ) ^'(+ 2k )
X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 =
X
k2Z
D'x 2
'(x;k)Ee;ik
X
k2Z
h'(x)'(x;k)ie;ik
et que les coecients h'(x=2)'(x ; k)i et h'(x)'(x ; k)i sont a decroissance rapide.
Lemme 3.
Si'est une fonction d'echelle reguliere, de ltre m0, alors m0(0) = 1, ^'(0)6= 0 et'^() = ^'(0)Y1
j=1m0
2j
:
Preuve. On remarque quejm0(0)j1
X
k2Z
j'^(4k )j2=jm0(0)j2X
k2Z
j'^(2k )j2: On a alors
j'^()j=YN
j=1
m0
2j
'^ 2N
=j'^(0)jY1
j=1
m0
2j
:
La convergence du produit inni est en e"et immediate: sijm0(0)j<1, il converge vers 0, si jm0(0)j = 1, on a jm0()j= 1 +O(=2j). On en conclut que ^'(0)6= 0, donc que m0(0) = 1 et enn que
'^() = ^'(0)Y1
j=1m0
2j
:
Lemme 4.
Si m0 2C1(R=2Z) et m0(0) = 1,alors la fonction1
Y
j=1m0
2j
estC1.
Preuve. Comme
'^() =Y1
j=1m0
2j
verie
'^() = YN
j=1m0
2j
'^ 2N
il sut de le verier sur un voisinage assez petit de 0. Mais siest assez petit, Rem0(=2j)>0 pour tout j et on peut passer au logarithme
'^() =eP1j=1Logm0(=2j):
Maintenant, si est denie sur ;""] (" > 0), C1 sur ;""] et si
(0) = 0 alors Pj1(=2j) est C1 sur ;""]: la convergence des series derivees est immediate et celle de la serie de depart s'obtient par
2j
C jj 2j :
Les lemmes 3 et 4 ramenent donc l'etude des fonctions d'echelle regulieres a celle des ltres d'echelle. Les ltres d'echelle ont ete car- acterises par de nombreux travaux (nous utiliserons essentiellement 4],
6] et 14]). Une consequence immediate du Lemme 2 est que si'est une fonction d'echelle reguliere alors ^'ne peut avoir de zero 2-periodique
cela se caracterise facilement sur le ltre m0: c'est le critere d'Albert Cohen.
Denition 4.
Une fonction m0 2 C1(R=2Z) telle que m0(0) = 1 satisfait le critere d'Albert Cohen s'il existe un compactK reunion nie d'intervalles fermes tel que 0 est un point interieur a K et tel que(9) X
k2ZK(+ 2k ) = 1 presque partout
ou K(x) =
1 si x2K 0 si x62K : Pour tous 2K, j 1,
(10) m0
2j
6= 0:
Un tel compact est appele compact d'Albert Cohen associe am0. Le r^ole de ce critere est explicite par le lemme suivant
Lemme 5.
Soit m0 2C1(R=2Z) telle que m0(0) = 1et soit '^= Y1j=1m0
2j
:
i) ^' n'a pas de zero 2-periodique si et seulement si m0 verie le critere d'Albert Cohen.
ii)Dans ce cas, si K est un compact d'Albert Cohen associe a m0, on a inf2Kj'^()j>0. De plus les fonctions
N() =K 2N
YN j=1m0
2j
convergent ponctuellement vers'^ et sont dominees par '^
jN()j 1
inf2Kj'^()jj'^()j:
En particulier si 1 p < +1 et w 2 L1loc avec w(x) > 0, les trois assertions suivantes sont equivalentes:
j) N !'^ dansLp(w dx) quand N !+1, jj) ^'2Lp(w dx),
jjj) supN1kNkLp(wdx)<+1.
Preuve. Ce lemme est evident. Si ^'n'a pas de zero 2-periodique, on note I0 la collection des intervalles sur lesquels ^'ne s'annule pas, et I
la collection des intervalles I de la formeI =I0+2k , I0 2I0, k 2Z on a clairement ;] SI2II et le compactK se construit a l'aide d'un sous-recouvrement ni de ;].
Inversement, si K est un compact d'Albert Cohen pour m0, ^' ne s'annule pas sur K (puisqu'aucun des termes m0(=2j) ne s'y annule) et y est continue on a donc min2Kj'^()j > 0. Maintenant, si 2
R, il existe necessairement k 2 Z tel que ^'( + 2k ) 2 K: en e"et
k2ZK+ 2k est localement fermee, donc fermee, donc co ncide avec
R tout entier (puisque jRnZK+ 2k )j= 0). Le reste du lemme est alors immediat, puisque
N() =
8
>
>
<
>
>
:
'^() '^
2N
si 22NK 0 si 622NK :
Le resultat classique principal est alors le suivant 6], 14].
Proposition 1.
Soit m0 2C1(R=2Z) telle que m0(0) = 1. On note '^la fonction'^() =Y1
j=1m0
2j
et T2 l'operateur agissant sur les fonctions 2-periodiques deni par T2f =m0
2
2f 2
+m0
2 +2f
2 +: Alors les deux assertions suivantes sont equivalentes:
A1) ^'est la transformee de Fourier d'une fonction d'echelle reguli-
ere,
A2)m0 satisfait les trois conditions suivantes:
i) m0() =m0(;),
ii) m0 satisfait le critere d'Albert Cohen, iii) supN2NkT2N(1)k1<+1.
De plus, lorsque A1) ou A2) sont veriees, il existe > 0 tel que '2H (i.e. tel que jj'^2L2).
Preuve. A1) implique A2) est evident: i) vient de ce que ' est a valeurs reelles, ii) de ce que ^' n'a pas de zero 2-periodique, enn iii) vient de ce que
() =X
k2Z
j'^(+ 2k )j2
ne s'annule pas et de ce que T2 est un operateur positif
1 1
inf
jj () () et T2( ) = , de sorte que
T2N(1)() 1 inf
jj ()T2N( )() = () inf
jj () :
A2) implique A1): On va commencer par montrer qu'il existe un 0 2
]01 tel que
(11) sup
2;]Nsup
2N
;0N X
2Nj+2kj<2N+1
j'^(+ 2k )j2 <+1: Cela implique en particulier que ^' appartient a H des que 20 < 1 (i.e. pour tout <log(1=0)=log2).
Pour cela, on note
IN() = X
2Nj+2kj<2N+1
j'^(+ 2k )j2: On a, puisque ^'() =m0(=2) ^'(=2),
IN() =m0
2
2IN;1
2
+m0
2 +2IN;1
2 +
=T2(IN;1)() et donc
IN() =T2N(I0()): De m^eme, on note
JN() = X
j+2kj<2N
j'^(+ 2k )j2
et on a JN =T2N(J0), d'ou
kJN()k1 kJ0k1kT2N(1)k1 ce qui prouve
(12) sup X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 <+1:
En particulier, ^'2 L2 et les '(x;k), k 2 Z engendrent une base de Riesz d'un sous-espace fermeV0 de L2 (car
X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 inf
2Kj'^()j2 >0 pour K un compact d'Albert Cohen associe am0): De plus,
X
k2Z
j'^(2k )j2 =X
k2Z
j'^(2k)j2+jm0()j2X
k2Z
j'^(+ 2k )j2 ce qui prouve que m0() = 0 (car Pk2Zj'^(+ 2k )j2 > 0) et donc que ^'(2k) = 0 pour k 2 Z: On en conclut que I0() verie, pour
jj,
I0() = X
j+2kj2
j'^(+ 2k )j2CjjC sin 2
de sorte que
IN()C T2Nsin 2
: Il reste a estimer
T2Nsin 2
1
: On remarque d'abord que T2 laisse invariant
E0 =nf 2C0(R=2Z) : df
d 2L1 et f(0) = 0o: De plus, sif 2E0, on a
kT2N(f)k1 kT2N(1)k1kfk1 Ckfk1