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L'ethos aux temps de la colère. Analyse de l'image d ... - Dialnet

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Academic year: 2025

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Pour cela, nous partirons de la classification des ethos proposée par Charaudeau (2014) pour l'analyse de l'image des individus dans le domaine du discours politique, qui nous intéresse ici. D'autre part, la référence allocutionnaire contribue à créer, grâce à différentes modalités, certaines figures de l'éthos du « leader ». Sur la base de ces considérations, nous partons de l’hypothèse selon laquelle la formation de l’éthos dépend de manière décisive de certains éléments de ce que l’analyse du discours appelle la situation de communication.

Ainsi, la construction de l’éthos dépendrait de la recréation de certains facteurs fondamentaux de ce que Charaudeau (2001) appelle la scène de l’annonce. Cela concerne avant tout l’image du récepteur, mais aussi d’autres éléments essentiels de la situation de communication. Amossy reprend la notion de « présentation de soi », proposée par le sociologue américain Goffman (1973) dans le cadre de son analyse de la construction de l'identité sociale.

Nous abordons ensuite les aspects du geste et de la déclamation de la parole qui contribuent de manière significative à la construction de l'éthos de Macron. Cet ensemble visuel est accompagné du symbole sonore de la France : on écoute les premières mesures de l'hymne national. Le ton est un facteur essentiellement lié à la parole, qui participe directement à la création de l’éthos discursif.

Le positionnement du Président

C'est précisément à partir de cette identification au groupe qu'il s'impose comme le porte-parole de la communauté et s'attribue la légitimité pour s'adresser à l'ensemble de la Nation. L'utilisation de l'expression modale dua et des phrases adverbiales cherche immédiatement à créer une impression de détermination dans la réponse et le comportement de chacun. Selon la description polyphonique du présupposé (cf. Ducrot), le locuteur, étant un discours responsable de l'apparition d'un énoncé, représente deux prononçants responsables de deux perspectives différentes.

Selon la description de Charaudeau, les modalités délocutoires sont séparées du locuteur et de l'interlocuteur. L’orateur identifié à Macron se présente comme le porte-parole d’un collectif qui comprend les plus hauts dirigeants politiques de l’État. Le ton baisse et souligne cette déclaration catégorique destinée à renforcer l’éthos d’un leader souverain dirigeant fermement le gouvernement.

Le mouvement de la caméra accompagne cette affirmation en reprenant un gros plan de la poitrine. Il considère en effet cet outrage comme licite, refusant de le réduire au "comportement inacceptable" qu'il vient de dénoncer. La figure du sentiment s’oppose ainsi à la figure de l’avertissement et à celle de la malveillance à laquelle a recours l’orateur en évoquant les responsables des violences.

En fait, le présentateur reprend de manière anaphorique la colère soulevée par Macron pour introduire continuellement, sous une apparence objective, méthodique, presque scientifique, les différents aspects de cette réalité qui apparaît donc comme dégagée de la responsabilité de l'orateur. Il évoque ensuite différentes facettes de cette colère liées à l'image de certains membres de la société. Le choix de ces figures prototypiques et le lexique de la détresse qui les accompagne font appel aux émotions du public.

En effet, en choisissant ces images prototypiques de ce que Charaudeau (2000) appelle les « thèmes de la douleur », il cherche à mettre en valeur une image sympathique de lui-même. Par cette affirmation à la première personne, le locuteur mobilise la figure fondamentale de l'éthos solidaire : celle de « l'écoute » (Charaudeau. Le marqueur à la première personne n'apparaît qu'à la place de l'objet indirect et présente le locuteur identifié à Macron comme un récepteur passif d’un acte dont il n’est en aucun cas responsable.

En effet, il rappelle à son auditoire que c’est la nation tout entière qui instaure cette légitimité.

Les mesures annoncées par le Président

Il devient le porte-parole de la nation et clame cette aspiration générale à un avenir meilleur. L'éthique du leader-souverain est immédiatement mise en avant lorsque Macron, recourant à la modalité allocative d'une demande, prononce une déclaration : « Je demande au gouvernement et au parlement de faire le nécessaire pour que nous puissions mieux vivre de notre travail dès le début du prochain Ici, le leader adopte des manières modestes et montre ainsi sa volonté de céder le premier rang aux autres institutions fondamentales de la nation, que sont le gouvernement et le parlement, et de partager avec elles le pouvoir qui appartient pour lui en tant que leader. pays.

En revanche, la personne responsable de l'action corrective est parfaitement identifiable : c'est une personne qui fait référence au président et au gouvernement dans son ensemble. Une nouvelle pause et une nouvelle approche de la caméra signifient une reprise du discours. Le président montre le côté ambitieux de l'amélioration de la situation du pays et appelle à la solidarité avec ses concitoyens, confirmant que "nous ne pouvons pas nous arrêter là".

Ce rappel vise évidemment à proposer une philosophie de « sérieux », d'un leader digne de la confiance des citoyens, c'est-à-dire des futurs électeurs. Cependant, Macron ne veut pas donner une image trop complaisante de cette société, une image qui irait à l’encontre de son éthique de caractère, de l’image ambitieuse qu’il s’est créée en matière de réformes conduisant à une amélioration significative du niveau de vie. de la population. Cette reprise est cependant marquée par un début, ainsi que par un éloignement et un rapprochement de la caméra, qui encadre l'affirmation catégorique du Président.

Cette détermination se caractérise par un mouvement de la main gauche qui apparaît sur l'écran malgré le gros plan de la poitrine. Ces transformations semblent donc légitimées par le jeu de la démocratie qui donne aux peuples la possibilité de choisir l'action politique qu'ils souhaitent. Les mains du président, désormais visibles, s'élèvent légèrement de la table et effectuent des mouvements verticaux.

Deux nouveaux mouvements de caméra encadrent cette déclaration et les mains du président soutiennent les mots clés : rassembler, rassembler et essentiel. En définitive, il souhaite aborder un sujet très délicat, celui de l'immigration, un sujet qui touche à « l'identité profonde » de la nation. Le dirigeant souverain ne veut éluder aucun sujet, aussi délicat soit-il, pas même celui de la question identitaire.

La troisième déclaration de la série nous inclut qui relie le Président et son auditoire et scelle enfin l'alliance que ce père a faite avec la Nation au début de son discours : « Notre seul combat est pour la France.

Conclusion

L'éthos de « solidarité » dans le texte recourt souvent à un énoncé allocatif, à l'usage fréquent du nous, à la présence d'un lexique de détresse, à la présence d'une anaphore rhétorique, construite de manière à introduire des créatures prototypiques. de souffrance à partir du présent. Ce travail complexe et sensible vise à créer une image du leader idéal de Macron, mais aussi à réparer les aspects de l'image présidentielle les plus menacés par les événements et l'absence de réponse efficace du gouvernement. Le travail précis et consciencieux de correction et de construction de l'ethos, que nous avons souligné lors du discours, vise sans aucun doute à assurer une apparence fiable et à restaurer l'image politique du chef de l'Etat, accusé d'inaction et de manque d'empathie. aux citoyens en difficulté.

Cet effort considérable, ce souci du détail, perceptible dans toutes les parties du discours, confirme que l'un des principaux objectifs du discours du Président de la République est justement l'élaboration d'une image de l'orateur attirant aux yeux de son public S'il est admis depuis Aristote que la construction de l'éthos est au service du message à transmettre, il est également vrai que le message peut être mis au service de la construction de l'éthos. Je le veux pour la France parce que c'est notre vocation à travers l'histoire d'ouvrir des voies qui n'ont jamais été explorées pour nous et pour le monde.

Cela ne peut être réalisé que grâce à de meilleures écoles, universités, apprentissages et formations qui enseignent aux jeunes et aux moins jeunes ce qu’il faut pour vivre et travailler librement. Je demande au gouvernement et au Parlement de faire le nécessaire pour que nous puissions mieux vivre de notre travail dès le début de l'année prochaine. Pour ceux qui perçoivent moins de 2 000 euros par mois, nous annulerons l'augmentation de la CSG qui en résulte en 2019.

J'entends que le gouvernement poursuive l'ambition de transformer notre pays que le peuple a élue il y a 18 mois ; nous devons procéder à une réforme en profondeur de l’État, des allocations de chômage et des retraites. Le devoir de produire pour redistribuer, le devoir d’apprendre à être un citoyen libre, le devoir de changer pour prendre en compte l’urgence de notre dette climatique et budgétaire. Je souhaite que soit posée la question de l'équilibre de notre fiscalité, pour qu'elle permette à la fois la justice et l'efficacité du pays.

Je souhaite que se pose la question de l'organisation du pays, de la manière dont il est gouverné et géré depuis Paris, sans doute trop centralisé depuis des décennies. Je veux également que la nation se réconcilie avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, pour aborder la question de l’immigration.

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