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Les individus se définissent non seulement par les va

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Academic year: 2023

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Les aspects socioculturels

Tableau 8.1

Population selon la langue maternelle, la langue d’usage au foyer et la langue de travail, Québec, 1971-2001

Année Français Anglais Autre Total

% Langue maternelle

1971 80,7 13,1 6,2 100,0 1976 81,1 12,8 6,1 100,0 1981 82,4 11,0 6,6 100,0 1986 82,8 10,4 6,8 100,0 19911 82,0 9,2 8,8 100,0

19961 81,5 8,8 9,7 100,0

20011 81,4 8,3 10,3 100,0 Langue d’usage (langue parlée

le plus souvent à la maison)

1971 80,8 14,7 4,5 100,0 1981 82,8 12,3 4,9 100,0 1986 83,1 11,8 5,1 100,0 19911 83,0 11,2 5,8 100,0 19961 82,8 10,8 6,4 100,0 20011 83,1 10,5 6,5 100,0 Langue de travail (utilisée

le plus souvent)

20011 84,0 15,0 0,9 100,0 1. Les réponses multiples sont réparties également entre les langues déclarées.

Source : Statistique Canada, Recensements du Canada et Profi l des langues au Canada (96F0030XIF2001005).

L

es individus se défi nissent non seulement par les va- riables démographiques que sont l’âge, le sexe, l’état matrimonial et le lieu de résidence, mais aussi par d’importantes variables socioculturelles comme la langue, la scolarité, la religion, le revenu, la profession, l’activité, etc.

Les bulletins de déclaration des naissances, des mariages et des décès contiennent peu de renseignements concernant les variables sociales, mais ils comportent quand même quelques questions relatives à la langue et à la scolarité. Le présent chapitre aborde aussi l’évolution des naissances selon la scolarité de la mère, le rang de naissance de l’enfant et le lieu de naissance des parents. Les mariages sont répartis en mariages religieux et en mariages civils, selon l’autorité qui offi cialise le mariage. Ce sont les caractéristiques des immi- grants internationaux qui sont les mieux connues, mais seules les caractéristiques linguistiques sont présentées ici. Une nouvelle section présente des données sur la citoyenneté.

Deux courtes sections sur le choix des prénoms et du nom de famille à la naissance complètent le chapitre.

La langue et l’origine ethnique

Le Recensement de 2001 permet de présenter la répartition de la population totale selon la langue maternelle et la langue d’usage (tableau 8.1). À l’intention des lecteurs intéressés par la situation linguistique, mentionnons la publi- cation d’un important document de suivi de cette situation par l’Offi ce québécois de la langue française (2005).

Depuis le Recensement de 1986, la formulation de la question relative à la langue maternelle permet les réponses multiples, ce qui complique la comparaison historique; Statis- tique Canada répartit également ces réponses multiples entre les langues déclarées. La très grande majorité des Québécois sont de langue maternelle française, soit 81,4 % en 2001,

tandis que 8,3 % des Québécois ont déclaré l’anglais comme langue maternelle. Enfi n, 10,3 % des Québécois ont une langue maternelle autre que le français ou l’anglais.

La proportion de personnes de langue maternelle française a augmenté, entre 1971 et 1986, de 80,7 % à 82,8 %, et elle a diminué depuis à 81,4 %; par contre, le poids de la langue maternelle anglaise baisse de 13,1 % en

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1971 à 8,3 % en 2001, tandis que celui des autres langues s’accroît de 6,2 % à 10,3 % au cours de ces 30 années. Le groupe des autres langues maternelles dépasse le groupe de langue anglaise depuis 1996.

La répartition de la population selon la langue d’usage, ou la langue parlée le plus souvent à la maison, donne une image légèrement différente des groupes linguistiques, sur- tout dans le cas des groupes anglophones ou allophones.

En 2001, 83,1 % des Québécois ont déclaré utiliser le français au foyer, en regard de 81,4 % qui ont le français comme langue maternelle; 10,5 % des Québécois ont déclaré l’anglais comme langue d’usage en regard de 8,3 % ayant l’anglais comme langue maternelle. Par ailleurs, 6,5 % des Québécois ont déclaré une langue d’usage autre que l’anglais ou le français en regard de 10,3 % ayant une langue maternelle autre.

En Ontario, on compte 71,3 % de la population de langue maternelle anglaise, 4,5 % de langue française et 24,2 % d’une autre langue. Le contraste est important avec la langue parlée le plus souvent à la maison qui est l’anglais dans 82,7 % des cas; la proportion se situe à 2,7 % pour ce qui est du français et à 14,5 % quant aux autres langues.

De nouvelles questions ont été posées sur la langue de travail au Recensement de 2001 à la population active.

En répartissant également les 5 % de travailleurs qui ont déclaré à la fois l’anglais et le français comme langue utilisée le plus souvent, on compte 84 % des travailleurs qui utilisent surtout le français, tandis que 15 % utilisent surtout l’anglais et 1 %, une autre langue.

Le recensement pose aussi une question sur les ori- gines ethniques ou culturelles. Statistique Canada (2003) mentionne qu’il s’agit d’un concept « fl uide » et « proba- blement le plus complexe à être mesuré dans le cadre du recensement ». Les principales réponses – soit celles qui ont été fournies par au moins 50 000 personnes –, plus quelques autres, se trouvent au tableau 8.2. Traditionnellement, les Canadiens d’origine française lointaine, sauf les Acadiens, se défi nissaient comme Canadiens (par opposition aux Anglais, par exemple). Près de la moitié des répondants québécois au recensement ont indiqué « Canadien » comme unique origine ethnique, et le cinquième, « Canadien » et une autre origine, si bien que près de 70 % de la population a déclaré être d’origine canadienne. Dans l’ensemble des autres provinces, seulement 11 % des répondants ont

Tableau 8.2

Population selon les principales origines ethniques, Québec, 2001

Origine ethnique Total Réponses Réponses

uniques multiples

%

Total 100,0 73,7 26,3 Canadien 68,7 47,9 20,8 Français 29,8 9,5 20,3 Irlandais 4,1 0,7 3,3 Italien 3,5 2,3 1,2 Anglais 3,1 0,6 2,4 Écossais 2,2 0,3 1,8 Québécois 1,3 0,9 0,4 Allemand 1,2 0,3 1,0 Juif 1,2 0,7 0,4 Haïtien 1,0 0,9 0,1 Chinois 0,9 0,7 0,2 Grec 0,8 0,6 0,2 Libanais 0,7 0,5 0,2 Portugais 0,7 0,5 0,2 Origines autochtones

Indien 1,8 0,7 1,1 Métis 0,3 0,1 0,2 Inuit 0,2 0,1 Source : Statistique Canada, Recensement de 2001.

indiqué « Canadien » comme origine unique et 12 %, « Ca- nadien » et une autre origine. L’origine canadienne n’est plus l’apanage des Canadiens d’origine française et on ne peut pas connaître avec précision la principale origine ethnique représentée au Québec. À part les groupes d’origine britan- nique ou française, seulement neuf origines ont un certain poids démographique. On compte 3,5 % des Québécois qui ont déclaré une origine italienne (unique ou multiple) et 1 %, une origine allemande, juive ou haïtienne. Suivent les origines chinoise, grecque, libanaise et portugaise qui sont en dessous de 1 %. On remarque que l’origine juive fait plutôt référence à une religion, tandis qu’on observe plusieurs groupes ethniques au Liban. En fait, la notion d’origine est souvent confondue avec celle de citoyenneté; on trouve par exemple les origines suisse, belge, et les noms de tous les pays d’Amérique du Sud. Une personne née en Argentine, par exemple, peut déclarer ici une origine argentine, mais, en Argentine, cette même personne pourrait déclarer une origine italienne. Il faut donc être très prudent dans l’utilisation des données du recensement quant à l’origine ethnique.

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1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 0

10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Les bulletins d’enregistrement des naissances, des mariages et des décès de l’Institut de la statistique du Québec ne comportent plus la question sur l’origine ethnique depuis 1975; des questions sur les langues l’ont remplacée, soit des concepts moins « fl uides ».

Un peu plus de 2 % des Québécois ont déclaré une origine autochtone unique ou multiple, soit 130 000 Indiens, 22 000 Métis et 11 000 Inuits; les réponses mul- tiples (autochtone et autre) sont plus nombreuses que les réponses uniques.

Les caractéristiques linguistiques des parents au mo- ment d’une naissance, des conjoints lors d’un mariage et des personnes au moment de leur décès sont enregistrées depuis 1977. Cependant, certaines omissions au moment de remplir la déclaration rendent la comparaison diffi cile entre certaines années : par exemple, la proportion de bulletins de décès où la langue d’usage n’est pas déclarée passe de 5 % en 1987 et en 1988, à 13 % en 1990 et en 1991, puis elle est de 11 % en 2004 et en 2005. L’ampleur des omissions est toutefois moindre dans les déclarations des naissances.

En répartissant les non-déclarations (2 %) des naissan- ces de 2005 au prorata des déclarées, 80,4 % des mères ont le français comme langue d’usage (y compris 2,7 % ayant à la fois le français et une autre langue comme langues d’usage), 13,2 % l’anglais (y compris encore les déclarations multiples) et 10,4 % une langue d’usage autre (y compris les déclarations multiples) (tableau 423). Rappelons que les données de 2005 sont encore provisoires.

En répartissant les 11 % de cas où la langue d’usage n’est pas mentionnée, on estime que 86,5 % des personnes décédées en 2005 avaient le français comme langue d’usage (y compris les déclarations multiples), 10,9 %, l’anglais (y compris les déclarations multiples) et 4,1 %, une langue d’usage autre que le français ou l’anglais (tableau 318).

Notons toutefois qu’il se pourrait que la proportion des personnes ayant une langue d’usage autre que le français et l’anglais soit plus grande que la proportion obtenue en les répartissant au prorata, mais la répartition régionale des non-déclarés n’a pas de lien avec la proportion de personnes de langue autre que le français; la répartition est d’ailleurs faite par région.

La répartition des mariages selon la langue maternelle des conjoints révèle une sous-représentation des personnes de langue maternelle française par rapport à leur proportion dans la population des mêmes âges, et chez les hommes un peu plus que chez les femmes. La langue maternelle des épouses en 2005 est le français dans 72,0 % des mariages (y compris les déclarations multiples), l’anglais, dans 13,4 % des cas, et une autre langue, dans 16,9 % des cas (y compris encore les déclarations multiples); chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 70,7 %, de 15,1 % et de 16,8 %. Cette disparité signifi erait que la nuptialité est plus faible chez les personnes de langue maternelle française.

Grâce au croisement des données relatives à la lan- gue maternelle des époux (tableau 8.3), on peut mesurer l’exogamie linguistique ou les mariages mixtes. Plus du quart (28 %) des Québécois de langue maternelle anglaise épou- sent une femme de langue française, comme le font 19 % des Québécois d’une langue autre. Les hommes de langue maternelle française, beaucoup plus nombreux, ne peuvent proportionnellement pratiquer une telle exogamie, et seule- ment 4 % épousent une femme de langue anglaise et 4 % encore, une femme d’une autre langue. Les femmes, sauf celles de langue française, sont un peu plus endogames que

Source : Tableaux 606 et 607.

Figure 8.1

Immigrants selon la langue maternelle et la connaissance du français et de l’anglais, 1980-2005

%

Autre langue maternelle

Français, langue connue

Anglais, langue connue

Français, langue maternelle Anglais, langue maternelle

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les hommes. Notons que, chez les personnes d’une autre langue, il peut y avoir aussi des mariages entre conjoints de langues différentes (l’italien et le chinois par exemple).

Quant aux mouvements migratoires annuels, les caractéristiques linguistiques des migrants ne sont connues que dans le cas de l’immigration internationale. La fi gure 8.1 présente l’évolution de la langue maternelle des immi- grants ainsi que leur connaissance du français et de l’anglais.

En 2005, 14 % des immigrants sont de langue maternelle française, 3 %, de langue maternelle anglaise et 83 %, d’une autre langue.

La proportion des immigrants qui connaissent le français est de 57 % en 2005, tandis que 52 % d’entre eux connaissent l’anglais. Les proportions comprennent, dans les deux cas, les personnes qui parlent à la fois le français et l’anglais, soit 34 %. Il reste 24 % des immigrants qui ne savent ni le français ni l’anglais.

L’enregistrement des naissances permet de présenter un tableau des transferts linguistiques des femmes qui ont

Tableau 8.3

Mariages selon la langue maternelle des époux1, Québec, 2005p

Langue maternelle de Langue maternelle du conjoint

Français Anglais Français Français Anglais Français, Autre Total et anglais et autre et autre anglais

et autre

%

Époux 70,5 12,0 0,6 0,5 0,4 0,4 15,6 100,0 Français 91,9 3,5 0,2 0,2 0,1 0,0 4,1 100,0 Anglais 27,5 62,0 0,8 0,0 0,5 0,1 9,1 100,0 Français et anglais 38,1 15,0 31,5 2,7 3,4 6,8 2,4 100,0 Français et autre 27,3 1,9 3,4 54,0 0,9 1,7 10,8 100,0 Anglais et autre 17,1 15,3 2,3 4,6 47,4 9,3 4,0 100,0 Français, anglais et autre 11,4 3,0 12,7 6,4 3,6 60,9 2,1 100,0 Autre 18,6 6,7 0,2 0,4 0,3 0,0 74,0 100,0

Épouse 68,9 13,5 0,7 0,5 0,4 0,5 15,4 100,0 Français 89,9 5,3 0,4 0,2 0,1 0,1 4,1 100,0 Anglais 20,1 69,8 0,9 0,1 0,5 0,1 8,5 100,0 Français et anglais 24,7 18,3 37,0 3,2 1,6 11,1 4,0 100,0 Français et autre 22,5 0,0 3,5 54,1 3,5 6,0 10,4 100,0 Anglais et autre 10,8 16,8 6,1 1,2 49,5 4,8 10,9 100,0 Français, anglais et autre 1,1 2,2 11,2 2,2 9,0 74,2 0,0 100,0 Autre 18,3 7,9 0,1 0,4 0,1 0,1 73,2 100,0 1. Mariages de conjoints de sexe opposé. Les cas non déclarés sont répartis au prorata des déclarés.

Source : Tableau 507.

l’époux ou de l’épouse

eu un enfant en 2005, en croisant la langue maternelle et la langue d’usage (tableau 412). Notons qu’il s’agit de transferts survenus au cours de la vie des mères et non au cours de l’année 2005, et que les femmes ayant eu plusieurs enfants (jumeaux) sont comptées plus d’une fois. La langue d’usage de la mère sera vraisemblablement la langue maternelle des enfants, ce qui fournit un portrait de la mobilité linguistique entre générations.

On compte 1,0 % des mères de langue maternelle française qui déclarent l’anglais comme langue d’usage et 0,9 %, à la fois le français et l’anglais, tandis que 6,4 % des mères de langue maternelle anglaise effectuent un transfert vers le français et 4,3 % déclarent utiliser à la fois le français et l’anglais. En nombres absolus, cependant, il y a plus de transferts du français vers l’anglais que de l’anglais vers le français. Notons que les taux de transfert du français et de l’anglais vers une autre langue ne sont probablement pas signifi catifs. Enfi n, les mères allophones qui effectuent un transfert linguistique le font un peu plus souvent vers le français seulement que vers l’anglais seulement, soit dans des

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proportions de 21,3 % et de 16,6 % respectivement. De plus, celles qui déclarent comme langue d’usage le français et une autre langue (5,4 %) sont plus nombreuses que celles qui déclarent l’anglais et une autre langue (2,7 %).

La scolarité

La scolarité de la mère (dans le cas des naissances) ou des conjoints (dans celui des mariages) est le seul indicateur socioéconomique qui fi gure sur les bulletins de déclaration de l’un ou l’autre de ces événements. La question sur la scolarité a été retirée des formulaires de décès à cause du trop grand nombre d’omissions. La proportion de scolarité

« non déclarée » est d’ailleurs très élevée dans le cas des mariages, celle-ci atteignant jusqu’à 18 % chez les hommes en 2005.

En répartissant au prorata les cas de scolarité « non déclarée » (7 %), 80 % des femmes qui accouchent en 2005 ont 12 ans et plus de scolarité. La fi gure 8.2 permet de voir que, depuis 1986, c’est la part des naissances issues des mères les plus scolarisées (15 ans et plus) qui a davantage augmenté. La proportion de naissances de mères très ins- truites passe de 23 % en 1986 à 48 % en 2005. L’évolution est encore remarquable dans le cas des naissances de rang 3 : les mères très scolarisées représentent 43 % des mères en 2005 en regard de 21 % en 1986. Comme la hausse de la scolarité des femmes est très importante, on ne peut, avec ces seules données, déduire une augmentation de la fécondité des femmes instruites.

L’un des aspects intéressants de la scolarité est la variation importante de ce facteur avec la proportion des naissances hors mariage (fi gure 8.3). Sauf en ce qui concerne les femmes dont la scolarité est faible, plus les femmes sont scolarisées, plus la proportion des naissances hors mariage diminue. Ainsi, environ 75 % des enfants dont les mères ont de 8 à 10 ans de scolarité sont issus de mères non mariées, tandis que la proportion n’est que d’environ la moitié pour les mères ayant 17 ou 18 ans de scolarité. La proportion chute encore chez les femmes très scolarisées; ainsi, 38 % des enfants dont la mère a 20 ans et plus de scolarité naissent hors mariage, mais ces femmes sont peu nombreuses. La proportion varie donc près du simple au double et la varia- tion est régulière, mais les données sont ici lissées. Le cas des femmes peu scolarisées (moins de huit ans) est curieux.

Source : Tableau 424.

Figure 8.2

Répartition des naissances selon la scolarité de la mère, Québec, 1986-2005

%

Source : Institut de la statistique du Québec.

Figure 8.3

Proportion des naissances hors mariage selon la scolarité de la mère, Québec, 2005

%

1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 15

20 25 30 35 40 45 50

12-14 ans 15 ans et +

7-11 ans

6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 0

10 20 30 40 50 60 70 80 90

Années de scolarité

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Comme la scolarité est obligatoire au Québec de 6 ans jus- qu’à 16 ans depuis longtemps, il peut sembler étonnant de trouver des femmes si peu scolarisées. Il s’agit en majorité de femmes nées à l’étranger.

Le lieu de naissance des parents

L’importance de l’immigration internationale incite à présenter, à la fi gure 8.4, l’évolution des naissances selon le lieu de naissance des parents. Un code utilisé depuis 1997 permet de classer les lieux de naissance mal défi nis (par exemple l’Amérique du Sud) à l’extérieur du Canada et qui étaient placés avec les cas non déclarés. Cette précision fait beaucoup augmenter les naissances de parents nés à l’étranger en 1997. En 2005, 75 % des enfants sont issus de deux parents nés au Canada; dans 16 % des cas, les deux parents sont nés à l’étranger, tandis que 9 % des bébés ont un de leurs parents né à l’étranger (un peu plus souvent le père que la mère). Au début des années 1980, la proportion des enfants ayant deux parents nés à l’étranger était de 7 % et celle des enfants ayant un parent né à l’étranger, de 5 %;

en 1990, les proportions étaient de 8 % et de 6 % pour les deux catégories. Il y a donc, en 2005, un enfant sur quatre qui a au moins un parent né à l’étranger.

On peut expliquer les changements qu’a connus la pro- portion des enfants de parents immigrés par deux facteurs : l’augmentation du nombre de personnes nées à l’étranger et la fécondité plus forte de ces derniers. On a observé un fl ux assez important d’immigrants à la fi n des années 1980 et au début des années 1990, et un nouveau fl ux important ces dernières années. Une étude de Bélanger et Gilbert (2003 : 144) estime, pour l’ensemble du Canada pendant les années 1996-2001, un indice synthétique de fécondité de 1,82 enfant par femme chez les femmes nées à l’étranger en regard de 1,47 chez les femmes nées au Canada.

Les femmes nées à l’étranger sont davantage repré- sentées dans les naissances de rang élevé (tableau 420).

Selon les données provisoires de 2005, tandis que 18 % des premières naissances sont issues de mères nées à l’étranger, la proportion augmente à 22 % dans le cas des naissances de rang 3 et à 27 % dans celui des naissances de rang 4 et plus.

Source : Tableau 425.

Figure 8.4

Répartition des naissances selon le lieu de naissance des parents, Québec, 1986-2005

%

Sources : Tableau 513.

Institut de la statistique du Québec.

Figure 8.5

Proportion de mariages civils et de mariages

comprenant au moins un divorcé, Québec, 1969-2005

%

1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 0

5 10 15 20 25

Au moins 1 parent à l'étranger

2 parents à l'étranger 1 parent à l'étranger

1969 1973 1977 1981 1985 1989 1993 1997 2001 2005 0

5 10 15 20 25 30 35

Mariages civils

Mariages avec au moins un divorcé

(7)

Les mariages civils et les remariages de divorcés

Les mariages civils représentent 33 % des mariages de conjoints de sexe opposé en 2005, 78 % des mariages de conjoints de même sexe et 34 % de l’ensemble des maria- ges. En 1992 et en 1993, près de 32 % des mariages étaient des mariages civils, mais, de 1994 à 2003, leur proportion se situe entre 29 % et 30 %. Elle était de 19 % en 1980 et de seulement 4 % en 1970. C’est en 1969 que les pre- miers mariages civils ont été célébrés au Québec. La fi gure 8.5 présente aussi l’évolution de la proportion des mariages comprenant au moins un conjoint divorcé, et on constate qu’elle est semblable à celle de la proportion des mariages civils. En 2004, dans 33 % des mariages, au moins un des conjoints est divorcé, tandis que la proportion n’était que de 15 % en 1980. Toutefois, certains divorcés se remarient religieusement, puisque certaines confessions l’autorisent.

Les mariages civils sont beaucoup plus populaires dans l’ouest du Canada; en Colombie-Britannique, 61 % des mariages de 2004 sont des mariages civils.

Les prénoms

On peut presque deviner l’âge des personnes selon qu’elles s’appellent Gérard, Nathalie ou Samuel. Des in- nombrables prénoms qui ont cours, certains sont d’abord originaux, puis, leur diffusion augmentant, ils deviennent populaires et parfois à la mode, pour devenir trop communs,

usés et, enfi n, désuets. Les prénoms les plus fréquem- ment donnés aux enfants francophones nés en 2005 sont présentés à la fi gure 8.6. Il faut noter que les résultats ne proviennent pas d’un dénombrement exhaustif et qu’il est parfois diffi cile de regrouper certains prénoms composés qui s’écrivent différemment; nous avons par exemple rassemblé les Marie Pier, Marie-Pier et Marie-Pierre.

William est au premier rang (3,1 % des garçons), tandis que, chez les fi lles, Mégane est le prénom le plus donné (2,3 % des prénoms féminins). Suivent, chez les garçons, Mathis, Alexis, Samuel et Jérémy et, chez les fi lles, Léa, Émy, Rosalie et Laurie. Les 10 prénoms les plus populaires regroupent 25 % des garçons et 17 % des fi lles.

Chez les jeunes anglophones (fi gure 8.7), le prénom le plus populaire chez les garçons est Alexander, suivi de Nicholas et de Michael, tandis que, chez les fi lles, Emma devance Sarah et Olivia. Les cinq premiers prénoms féminins se terminent en a.

Les noms de famille

La coutume voulait qu’on donne aux enfants d’un cou- ple le nom de famille du père, mais la refonte de la section du droit de la famille du Code civil oblige l’attribution à l’enfant, au choix de ses père et mère, du nom de famille de l’un d’eux ou d’un nom composé d’au plus deux parties provenant des noms de ses père et mère (Code civil, art. 51).

Figure 8.6

Répartition des prénoms français les plus répandus, Québec, 2005

a) Garçons b) Filles

Rang Rang

Source : Institut de la statistique du Québec.

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

0 1 2 3 4 5

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

0 1 2 3 4 5

% %

William Mathis Alexis Samuel Jérémy Olivier Thomas Félix Antoine Xavier

Mégane Léa Émy Rosalie Laurie Océane Ariane Sarah Noémie Jade

(8)

Le nom composé est donné à 12 % des enfants nés en 2005, ce qui ne comprend pas les quelques cas où l’enfant a le même nom composé que celui de son père ou de sa mère (tableau 8.4). Le choix du nom du père reste le plus populaire, et 82 % des enfants ne portent que le nom de famille du père. On trouve 5 % des enfants ne portant que le nom de famille de la mère; dans la plupart de ces cas, le père est inconnu ou non déclaré, mais il y a quand même 1 % des femmes mariées qui donnent seulement leur nom à leur enfant. Par ailleurs, la tradition espagnole veut que le nom de l’enfant soit formé d’une partie du nom du père suivie d’une partie du nom de la mère; 4 % des enfants du Québec ont un nom composé de cette façon. Dans le cas de 8 % des enfants, le nom est composé du nom de la mère suivi du nom du père. On obtient ainsi un enfant sur huit identifi é surtout à ce que l’on pourrait appeler la lignée maternelle. Mentionnons que, dans notre échantillon, il y a 6 % de cas non déclarés ou considérés comme « curieux » – par exemple quand il s’agit du nom d’un tiers – qui ont été répartis au prorata des déclarés. On compte aussi 1 % des enfants dont les noms de famille des deux parents sont identiques, mais nous n’avons pas isolé les noms qui se res- semblent comme Ouellet et Ouellette, ni les juxtapositions improbables comme Lebœuf-Haché.

Le choix du nom composé évolue très rapidement; en 1980, seulement 2 % des bébés ont reçu un nom double et la proportion, qui était déjà de 15 % en 1986, atteint 22 % en 1992 et diminue à 15 % en 2000 et à 12 % en 2005.

Les données depuis 1986 sont estimées sans tenir compte

des naissances de la région de l’Outaouais, puisqu’un hôpital de cette région attribue systématiquement un nom double de façon informatique, ce qui hausse d’environ 2,5 points centésimaux la proportion de noms doubles. Mentionnons que les noms et prénoms inscrits sur le Bulletin de naissance vivante destiné à l’Institut de la statistique du Québec ne sont pas automatiquement les noms et prénoms offi ciels inscrits sur le formulaire de Déclaration de naissance destiné au Directeur de l’état civil; ce dernier formulaire, habituellement rempli à l’hôpital, peut cependant être envoyé à l’organisme dans les 30 jours suivant la naissance.

Il est évident que la mode des noms doubles est en train de décliner.

La citoyenneté

On peut penser que l’obtention de la citoyenneté, qui permet de participer pleinement à la vie civique, est une indication de l’intégration des immigrants à leur nouveau pays. Des statistiques annuelles du nombre de naturalisa- tions sont disponibles et les recensements recueillent aussi des renseignements sur la citoyenneté. Rappelons que les principales conditions pour obtenir la citoyenneté canadienne sont d’avoir 18 ans et plus, d’être un résident permanent du Canada, d’avoir vécu au Canada pendant au moins trois des quatre années précédant la demande et d’être en mesure de communiquer en français ou en anglais. Les parents peuvent demander la citoyenneté pour leurs enfants en même temps que pour eux-mêmes.

Figure 8.7

Répartition des prénoms anglais les plus répandus, Québec, 2005

a) Garçons b) Filles

Rang Rang

Source : Institut de la statistique du Québec.

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

0 1 2 3 4 5

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

0 1 2 3 4 5

% %

Alexander Nicholas Michael Matthew Aidan Luca Adam Benjamin Liam Lucas

Emma Sarah Olivia Brianna Sofi a Emily Kaylee Hanna Jasmine Megan

(9)

Tableau 8.4

Attribution du nom de famille1, Québec, 1980-2005

Choix 1980 1986 1990 1992 1995 2000 2001 2002 2003 2004 2005

%

Nom du père 92,5 76,6 72,9 71,2 73,6 78,0 78,8 79,8 81,1 81,6 82,2 Nom de la mère 4,9 7,7 6,4 6,3 6,4 5,8 5,3 5,2 5,0 4,6 4,7 Père-mère2 0,3 2,8 4,5 4,5 5,3 4,6 4,7 4,3 4,1 4,2 4,2 Mère-père3 1,5 12,1 15,4 17,2 13,8 10,5 10,2 9,7 8,8 8,6 7,8 Père=mère4 0,8 0,8 0,8 0,9 0,8 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 1. Les cas non déclarés ou autres sont répartis au prorata.

2. Nom du père suivi du nom de la mère.

3. Nom de la mère suivi du nom du père.

4. Les noms du père et de la mère sont identiques.

Source : Institut de la statistique du Québec.

En 2003 et en 2004, 19 200 et 18 700 immigrants résidant au Québec ont obtenu la citoyenneté canadienne (fi gure 8.8). C’est beaucoup moins que le nombre d’immi- grants reçus ces mêmes années mais, comme il faut trois ans de résidence pour être admissible, on doit plutôt comparer avec des années plus anciennes. Comme il y a d’importan- tes fl uctuations dans les nombres d’immigrants annuels et dans les nombres de nouveaux citoyens, il est diffi cile de choisir un dénominateur idoine, mais on voit quand même à la fi gure 8.8 que, depuis le milieu des années 1980, le nombre de nouveaux citoyens est bien inférieur à celui des immigrants. Pour l’ensemble des 20 années 1985-2004, les 401 000 nouveaux citoyens ne représentent que 60 % des 668 000 immigrants; rappelons cependant que ce n’est rien de plus qu’un ordre de grandeur. Sur la fi gure, le pic que l’on observe en 1978 résulte d’un changement dans les conditions d’obtention de la citoyenneté, soit des réductions de la durée de résidence de cinq à trois ans et de l’âge, de 21 à 18 ans. Le deuxième pic des années 1994 et 1995 est un écho des cohortes importantes des immigrants des années antérieures; il est également dû à une certaine accélération des naturalisations avant le référendum de 1995.

Les nouveaux citoyens canadiens de 2004 résidant au Québec ne représentent que 10 % des nouveaux citoyens du Canada. C’est une proportion de beaucoup inférieure à celle des immigrants venant au Québec ces dernières années, présentée à la fi gure 7.2, qui dépasse en général 15 %.

Sources : Ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada,

tableau 601.

Figure 8.8

Immigrants et nouveaux citoyens, Québec, 1971-2004

n

1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001

0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000

Nouveaux citoyens Immigrants

(10)

En 2001, 707 000 immigrés sont recensés au Québec et 538 000 de ces immigrés sont citoyens canadiens. Pour calculer la proportion des immigrés ayant acquis la citoyen- neté, il est préférable d’utiliser au dénominateur les immi- grés admissibles arrivés avant 1998, puisqu’il faut au moins trois années de résidence pour devenir citoyen. La grande majorité des immigrés admissibles présents en 2001, soit 87 %, ont la citoyenneté canadienne (tableau 8.5). Plus la période d’immigration est lointaine, plus la proportion de citoyens est forte, comme on doit s’y attendre. Ainsi, 81 % des personnes arrivées pendant les années 1991-1995 sont devenues citoyennes en comparaison de 93 % des person- nes immigrées avant 1961.

Les immigrés naturalisés canadiens peuvent conserver leur citoyenneté antérieure depuis 1977. Le cinquième des immigrés naturalisés canadiens du Québec ont une autre ou, dans certains cas, plus d’une autre citoyenneté. Plus la période d’immigration est récente, plus la proportion de double citoyenneté est grande et 28 % des immigrés arrivés pendant les années 1996-1997 ayant adopté la citoyenneté canadienne ont conservé leur citoyenneté d’origine.

On ne peut fournir de données précises, mais un certain nombre d’immigrés ayant acquis la citoyenneté ne se

trouvent plus au Québec en 2001; ils peuvent être décédés, déménagés ailleurs au Canada ou encore retournés dans leur pays d’origine ou partis dans un autre pays. La crise libanaise de l’été 2006 a révélé un contingent important de citoyens canadiens dans ce pays, les estimations variant de 40 000 à 50 000 personnes dont une bonne partie ont acquis la citoyenneté canadienne à la suite d’une immigration au Canada. Il n’y a pas cependant de portrait statistique général des naturalisés canadiens à l’étranger.

Les statistiques sur les événements démographiques contiennent peu de données sociales, mais on peut quand même retenir l’exogamie importante des Québécois de langue maternelle autre que le français. Le lien entre la scolarité et la proportion de naissances hors mariage est étonnamment important. On note aussi une proportion forte de mariages civils révélatrice de la sécularisation croissante de notre société. L’attribution des prénoms tient du domaine de la mode, tandis que le choix du nom de famille révèle de profonds changements dans la linéarité des familles, mais le renversement de cette tendance laisse supposer aussi un effet de mode. La grande majorité des immigrés adoptent la citoyenneté canadienne, ce qui leur permet de participer pleinement à la vie civique.

Tableau 8.5

Immigrés1 présents en 2001 devenus citoyens canadiens et ayant une double citoyenneté selon la période d'immigration, Québec, 2001

Période Immigrés

d'immigration Recensés Naturalisés Naturalisés avec

double citoyenneté4

n n %3 n %5

Total 706 970 538 315 76,1 108 420 20,1 1998-20012 87 435 ... –

Avant1998 619 525 538 315 86,9 108 420 20,1 1996-1997 44 220 27 465 62,1 7 645 27,8 1991-1995 113 250 92 035 81,3 23 805 25,9 1981-1990 144 525 127 525 88,2 29 160 22,9 1971-1980 120 730 110 285 91,3 20 475 18,6 1961-1970 101 560 92 150 90,7 16 965 18,4 Avant1961 95 245 88 855 93,3 10 360 11,7 1. Ne comprend pas les pensionnaires d'institution ni les résidents non permanents.

2. Il faut au moins 3 années de résidence pour devenir citoyen.

3. Le dénominateur est la population immigrée recensée.

4. Naturalisés ayant conservé leur citoyenneté d'origine.

5. Le dénominateur est la population naturalisée.

Sources : Statistique Canada, Recensement du Canada de 2001.

Ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration du Canada.

Referencias

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