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Les individus se définissent non seulement par les va

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Academic year: 2023

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Les aspects socioculturels

Tableau 8.1

Population selon la langue maternelle et la langue d’usage, Québec, 1971-1996

Année Français Anglais Autre Total

%

L LL L

Langue maternelleangue maternelleangue maternelleangue maternelleangue maternelle

1971 80,7 13,1 6,2 100,0

1976 81,1 12,8 6,1 100,0

1981 82,4 11,0 6,6 100,0

1986 82,8 10,4 6,8 100,0

1991 82,0 9,2 8,8 100,0

1996 81,5 8,8 9,7 100,0

L LL L

Langue d’usageangue d’usageangue d’usageangue d’usageangue d’usage

1971 80,8 14,7 4,5 100,0

1981 82,8 12,3 4,9 100,0

1986 83,1 11,8 5,1 100,0

1991 83,0 11,2 5,8 100,0

1996 82,8 10,8 6,4 100,0

Source : Statistique Canada, Recensements du Canada, Le Quotidien du 2 décembre 1997.

L

es individus se définissent non seulement par les va- riables démographiques que sont l’âge, le sexe, l’état matrimonial et le lieu de résidence, mais aussi par d’importantes variables socioculturelles comme la langue, la scolarité, la religion, le revenu, la profession, l’activité, etc. Les bulletins de déclaration à l’état civil contiennent peu de renseignements concernant les variables sociales, mais ils comportent quand même quelques questions rela- tives à la langue et à la scolarité. Nous abordons aussi l’évo- lution des naissances selon la scolarité de la mère, le rang de naissance de l’enfant et le lieu de naissance des parents.

Les mariages sont répartis en mariages religieux et en ma- riages civils, selon l’autorité qui officialise le mariage. Ce sont les caractéristiques des immigrants internationaux qui sont les mieux connues, mais seules les caractéristiques linguistiques sont présentées ici. Deux courtes sections sur le choix des prénoms et du nom de famille à la naissance complètent le présent chapitre.

La langue

Le recensement de 1996 permet de présenter la répartition de la population totale selon la langue mater- nelle et la langue d’usage (tableau 8.1); les données du re- censement de 2001 seront disponibles en décembre 2002.

Depuis le recensement de 1986, la formulation de la question relative à la langue maternelle permet les répon- ses multiples, ce qui complique la comparaison historique;

Statistique Canada les répartit également entre les langues déclarées. La très grande majorité des Québécois sont de langue maternelle française, soit 81,5 % en 1996, alors que 8,8 % des Québécois ont déclaré l’anglais comme langue maternelle. Enfin, 9,7 % des Québécois ont une

La proportion de personnes de langue maternelle fran- çaise a augmenté, entre 1971 et 1986, de 80,7 % à 82,8 %, et elle a diminué depuis à 81,5 %; par contre, le poids de la langue maternelle anglaise baisse de 13,1 % en 1971 à 8,8 % en 1996, tandis que celui des autres langues s’accroît de 6,2 % à 9,7 % pendant ces 25 années. Le groupe des autres langues maternelles dépasse donc main- tenant le groupe de langue anglaise.

La répartition de la population selon la langue d’usage, ou la langue parlée à la maison, donne une image légère- ment différente des groupes linguistiques, surtout dans le cas des groupes anglophones ou allophones. En 1996,

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Tableau 8.2

Mariages selon la langue maternelle des époux, Québec, 20011

Langue maternelle de Langue maternelle du conjoint

Français Anglais Français et anglais Autre Total

%

Époux 70,4 12,4 0,6 16,5 100,0

Français 92,1 3,6 0,3 3,9 100,0

Anglais 25,4 64,5 1,0 9,1 100,0

Français et anglais 31,6 17,7 31,3 19,4 100,0

Autre 19,6 6,7 0,7 72,9 100,0

Épouse 68,9 13,5 0,5 17,1 100,0

Français 90,1 4,9 0,2 4,8 100,0

Anglais 20,1 69,9 0,8 9,2 100,0

Français et anglais 32,5 21,1 26,3 20,1 100,0

Autre 16,4 7,4 0,6 75,5 100,0

1. Les cas non déclarés sont répartis au prorata des déclarés.

82,8 % des Québécois ont déclaré utiliser le français au foyer, en regard de 81,5 % qui ont le français comme lan- gue maternelle; 10,8 % des Québécois ont déclaré l’an- glais comme langue d’usage en regard de 8,8 % ayant l’anglais comme langue maternelle. Par ailleurs, 6,4 % des Québécois ont déclaré une langue d’usage autre que l’an- glais ou le français en regard de 9,7 % ayant une langue maternelle autre.

Les caractéristiques linguistiques des parents au mo- ment d’une naissance, des conjoints lors d’un mariage et des personnes au moment de leur décès sont enregistrées à l’état civil depuis 1977. Cependant, certaines omissions au moment de remplir la déclaration rendent la comparai- son difficile entre certaines années : par exemple, la pro- portion de bulletins de décès où la langue d’usage n’est pas déclarée passe de 5 % en 1987 et 1988 à 13 % en 1990 et 1991, puis elle est de 12 % en 2001.

En répartissant les non-déclarations des naissances de 2001 au prorata, 80,6 % des mères ont le français comme langue d’usage (incluant 1,4 % ayant à la fois le français et l’anglais comme langues d’usage), 11,7 % l’anglais (incluant encore les doubles déclarations) et 9,1 % une langue d’usage autre (tableau 423). Les proportions correspon- dantes en 1985 sont de 85,4 %, 11,4 % et 4,3 %. Rap- pelons que les données de 2001 sont encore provisoires.

l’époux ou de l’épouse

En répartissant les 12 % de cas où la langue d’usage n’est pas mentionnée, on estime que 85,3 % des person- nes décédées en 2001 avaient le français comme langue d’usage (incluant les doubles déclarations), 11,0 % l’anglais (incluant les doubles déclarations) et 4,2 %, une langue d’usage autre que le français ou l’anglais (tableau 318).

Notons toutefois qu’il se pourrait que la proportion des personnes ayant une langue d’usage autre que le français et l’anglais soit plus grande que la proportion obtenue en les répartissant au prorata, mais la répartition régionale des non-déclarés est assez uniforme.

La répartition des mariages selon la langue mater- nelle des conjoints révèle une sous-représentation des per- sonnes de langue maternelle française par rapport à leur proportion dans la population des mêmes âges, et chez les hommes encore plus que chez les femmes. La langue ma- ternelle des épouses en 2001 est le français dans 71,0 % des mariages (incluant les doubles déclarations), l’anglais dans 13,1 % des cas et une autre langue dans 16,5 % des cas; chez les hommes, ces proportions sont respective- ment de 69,4 %, 14,0 % et 17,1 %. Cette disparité si- gnifierait que la nuptialité est plus faible chez les personnes de langue maternelle française.

Avec le croisement des données relatives à la langue maternelle des époux (tableau 8.2), on peut mesurer

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l’exogamie linguistique ou les mariages mixtes. Le quart (25 %) des Québécois de langue maternelle anglaise épou- sent une femme de langue française, comme le font 20 % des Québécois d’une langue autre. Les hommes de langue maternelle française, beaucoup plus nombreux, ne peu- vent proportionnellement pratiquer une telle exogamie, et seulement 4 % épousent une femme de langue anglaise et 4 % encore, une femme d’une autre langue. Les femmes, sauf celles de langue française, sont un peu plus endogames que les hommes. Notons que, chez les personnes d’une autre langue, il peut y avoir aussi des mariages entre con- joints de langues différentes (l’italien et le chinois par exem- ple).

Quant aux mouvements migratoires annuels, les ca- ractéristiques linguistiques des migrants ne sont connues que dans le cas de l’immigration internationale. La figure 8.1 présente l’évolution de la langue maternelle des immigrants ainsi que leur connaissance du français et de l’anglais. En 2001, 12 % des immigrants sont de langue maternelle française, 3 % de langue maternelle anglaise et 85 % d’une autre langue.

La proportion des immigrants qui connaissent le fran- çais est de 47 % en 2001, alors que 37 % d’entre eux connaissent l’anglais. Les proportions comprennent, dans les deux cas, les personnes qui parlent à la fois le français et l’anglais, soit 22 %. Il reste 37 % des immigrants qui ne savent ni le français ni l’anglais.

L’enregistrement des naissances permet de présenter un tableau des transferts linguistiques des femmes qui ont eu un enfant en 2001, en croisant la langue maternelle et la langue d’usage (tableau 412). Notons qu’il s’agit de trans- ferts survenus au cours de la vie des mères et non au cours de l’année 2001, et que les femmes ayant eu plusieurs enfants (jumeaux) sont comptées plus d’une fois. La langue d’usage de la mère sera vraisemblablement la langue ma- ternelle des enfants, ce qui fournit un portrait de la mobilité linguistique entre générations.

On compte 0,9 % des mères de langue maternelle française qui déclarent l’anglais comme langue d’usage et 0,8 % à la fois le français et l’anglais, tandis que 7,1 % des mères de langue maternelle anglaise effectuent un transfert vers le français et 5,6 % déclarent utiliser à la fois le fran-

çais et l’anglais. En nombres absolus, cependant, il y a un peu plus de transferts du français vers l’anglais que de l’an- glais vers le français. Notons que les taux de transfert du français et de l’anglais vers une autre langue ne sont pas significatifs. Enfin, les allophones qui effectuent un transfert linguistique le font un peu plus souvent vers l’anglais que vers le français, soit dans des proportions de 21,8 % et de 19,7 % respectivement.

La scolarité

La scolarité de la mère, dans le cas des naissances, ou des conjoints, dans celui des mariages, est le seul indicateur socioéconomique à figurer sur les bulletins de déclaration de l’un ou l’autre de ces événements. La question a été retirée des formulaires de décès à cause du trop grand nom- bre d’omissions. La proportion de scolarité « non déclarée » est d’ailleurs relativement élevée dans le cas des mariages, celle-ci atteignant jusqu’à 19 % chez les hommes en 2001.

Source : Tableaux 606 et 607.

Figure 8.1

Immigrants selon la langue maternelle et la connaissance du français et de l’anglais, 1979-2001

%

Autre langue maternelle

Français, langue connue

Anglais, langue connue

Français, langue maternelle

Anglais, langue maternelle

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En répartissant au prorata les cas de scolarité

« non déclarée », 76 % des femmes qui accouchent en 2001 ont 12 ans et plus de scolarité. La figure 8.2 permet de voir que, depuis 1986, c’est la part des naissances issues des mères les plus scolarisées qui a davantage augmenté.

La proportion de naissances de mères très instruites passe de 22 % en 1986 à 41 % en 2001. L’évolution est en- core plus remarquable pour les naissances de rang 3 : les mères très scolarisées représentent 36 % des mères en 2001 en regard de 20 % en 1986. Comme la hausse de la scolarité des femmes est très importante, on ne peut, avec ces seules données, déduire une augmentation de la fécondité des femmes instruites.

Le lieu de naissance des parents

L’importance de l’immigration internationale nous amène à présenter un graphique (8.3) sur l’évolution des naissances selon le lieu de naissance des parents. Un nou- veau code utilisé en 1997 permet de déterminer les lieux de naissance à l’extérieur du Canada qui sont mal définis (par exemple Amérique du Sud) et qui étaient placés avec les cas non déclarés. Cette précision fait beaucoup aug- menter les naissances de parents nés à l’étranger en 1997.

En 2001, 79 % des enfants sont issus de deux parents nés au Canada; dans 13 % des cas, les deux parents sont nés à l’étranger, tandis que 8 % des bébés ont un de leurs pa- rents né à l’étranger (un peu plus souvent le père que la mère). Au début des années 1980, la proportion des en- fants ayant deux parents nés à l’étranger était de 7 % et celle des enfants ayant un parent né à l’étranger, de 5 %; en 1990, les proportions étaient de 8 % et de 6 % pour les deux catégories. Il y a donc, ces dernières années, un peu plus d’un enfant sur cinq qui a au moins un parent né à l’étranger.

On peut expliquer les changements qu’a connus la proportion des enfants de parents immigrés par deux fac- teurs : l’augmentation du nombre d’immigrants et la fé- condité plus forte de ces derniers. On a observé un flux assez important d’immigrants à la fin des années 1980 et au début des années 1990. On peut estimer de façon glo- bale la fécondité différentielle en comparant, parmi les fem- mes de 15-44 ans, la proportion de celles qui sont nées à

Sources : Tableau 424.

Figure 8.2

Répartition des naissances selon la scolarité de la mère, Québec, 1986-2001

%

7-11 12-14

15 et +

Sources : Tableau 425.

Figure 8.3

Répartition des naissances selon le lieu de naissance des parents, Québec, 1986-2001

%

Au moins 1 parent à l’étranger

2 parents à l’étranger

1 parent à l’étranger

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l’étranger selon le recensement de 1996, soit 10 %, et la proportion des enfants nés en 1997 d’une mère née à l’étranger, soit 15 %. La fécondité des femmes immigrées serait donc supérieure d’environ 50 % à celle de l’ensem- ble des femmes.

Les femmes nées à l’étranger sont plus représentées dans les naissances de rang élevé (tableau 420). Selon les données provisoires de 2001, alors que 15 % des pre- mières naissances sont issues de mères nées à l’étranger, la proportion augmente à 20 % dans le cas des naissances de rang 3 et à 27 % dans celui des naissances de rang 4 et plus.

Les mariages civils et les remariages de divorcés

Les mariages civils, qui représentent 30 % des ma- riages en 2000, sont moins fréquents en 2001 avec une proportion de 28 %. En 1992 et 1993, près de 32 % des mariages étaient des mariages civils; leur proportion était de 28 % en 1990, de 19 % en 1980 et de seulement 4 % en 1970. La figure 8.4 présente aussi l’évolution de la proportion des mariages comprenant au moins un con- joint divorcé et on constate qu’elle est semblable à celle de la proportion des mariages civils. En 2001, dans 31 % des mariages, au moins un des conjoints est divorcé, tandis que la proportion n’était que de 15 % en 1980. Toutefois, cer- tains divorcés se remarient religieusement, puisque certai- nes religions l’autorisent. La proportion de mariages civils plafonne autour de 30 % depuis le milieu des années 1990.

Les prénoms

On peut presque deviner l’âge des personnes selon qu’elles s’appellent Gérard, Nathalie ou Samuel. Des in- nombrables prénoms qui ont cours, certains sont d’abord originaux, puis, leur diffusion augmentant, ils deviennent populaires et parfois à la mode, pour devenir trop com- muns, usés et, enfin, désuets. Les prénoms les plus fré- quemment donnés aux enfants francophones nés en 2001 sont présentés à la figure 8.5. Il faut noter que le décompte

Sources : Tableau 513.

Institut de la statistique du Québec.

Figure 8.4

Proportion de mariages civils et de mariages

comprenant au moins un divorcé, Québec, 1969-2001

%

Mariages civils

Mariages avec au moins un divorcé

vient d’un échantillon et qu’il est parfois difficile de regrou- per certains prénoms composés qui s’écrivent différem- ment; nous avons par exemple rassemblé les Marie Pier, Marie-Pier et Marie-Pierre.

Samuel est encore au premier rang avec 4,3 % des garçons, alors que, chez les filles, Mégane est le prénom le plus donné (2,9 % des prénoms féminins). Suivent, chez les garçons, Gabriel, William et Jérémie, et, chez les filles, Laurie, Ariane et Camille (figure 8.5). Les 10 prénoms les plus populaires regroupent 28 % des garçons et 19 % des filles.

Chez les jeunes anglophones (figure 8.6), le prénom le plus populaire chez les garçons est Matthew, suivi de Michael et Nicholas, tandis que, chez les filles, Emily de- vance Emma et Sarah; 7 des 10 premiers prénoms fémi- nins se terminent en « a ».

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Les noms de famille

La coutume voulait que l’on donne aux enfants d’un couple le nom de famille du père, mais la refonte de la section du droit de la famille du Code civil permet l’attribu- tion à l’enfant, au choix de ses père et mère, du nom de famille de l’un d’eux ou d’un nom composé d’au plus deux parties provenant des noms de ses père et mère (Code civil, art. 51).

Le nom composé est donné à 17 % des enfants nés en 2001 (tableau 8.3). Le choix du nom du père reste le

plus populaire et 72 % des enfants ne portent que le nom de famille du père. On trouve 5 % des enfants ne portant que le nom de famille de la mère; dans la plupart de ces cas, le père est inconnu ou non déclaré, mais il y a quand même 1 % des femmes mariées qui donnent seulement leur nom à leur enfant. Par ailleurs, la tradition espagnole veut que le nom de l’enfant soit formé d’une partie du nom du père suivie d’une partie du nom de la mère; 4 % des enfants du Québec ont un nom composé de cette façon.

Pour 12 % des enfants, le nom est composé du nom de la mère suivi du nom du père. On obtient ainsi près d’un

Figure 8.5

Répartition des prénoms français les plus répandus, Québec, 2001

a) Garçons b) Filles

Rang Rang

Source : Institut de la statistique du Québec.

Figure 8.6

Répartition des prénoms anglais les plus répandus, Québec, 2001

a) Garçons b) Filles

Rang Rang

Samuel Gabriel William Jérémie Zacharie Olivier Nicolas Alexandre Anthony Maxime

Matthew Michael Nicholas Ryan Justin Brandon Anthony Christopher Joshua Andrew

Emily Emma Sarah Jasmine Victoria Olivia Amanda Julia Kayla Hailey

%

Mégane Laurie Ariane Camille Audrey Gabrielle Noémie Sarah Catherine Emy

%

% %

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enfant sur six identifié surtout à ce que l’on pourrait appeler la lignée maternelle. Enfin, dans notre échantillon, il y a 5 % de cas non déclarés ou considérés comme « curieux », par exemple quand il s’agit du nom d’un tiers. On compte aussi 1 % des enfants dont les noms de famille des deux parents sont identiques, mais nous n’avons pas isolé les noms qui se ressemblent comme Ouellet et Ouellette, ni les juxtapositions improbables comme Lebœuf-Haché.

Le choix du nom composé évolue très rapidement;

en 1980, seulement 2 % des bébés ont reçu un nom dou- ble et la proportion, qui était déjà de 13 % en 1985, at- teint 20 % en 1990, 24 % en 1992 et diminue à 18 %

Tableau 8.3

Attribution du nom de famille, Québec, 1980-2001

Choix 1980 1985 1990 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001

%

Nom du père 91,3 78,1 71,9 70,6 70,0 70,1 70,8 71,0 71,6 71,9

Nom de la mère 5,5 7,7 5,0 6,0 6,2 6,0 6,0 5,6 5,5 5,0

Père-mère1 0,4 2,1 4,4 5,4 4,4 5,4 4,5 4,3 4,2 4,3

Mère-père2 1,7 10,8 15,7 15,8 17,3 15,2 13,8 13,7 12,6 12,3

Non déclaré 0,3 0,1 1,7 1,3 1,1 2,5 3,7 4,4 4,9 5,5

Autre 0,0 0,1 0,3 0,3 0,4 0,2 0,2 0,1 0,2 0,2

Père=mère3 0,7 1,1 1,1 0,8 0,7 0,7 1,0 0,8 0,9 0,9

Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

1. Nom du père suivi du nom de la mère.

2. Nom de la mère suivi du nom du père.

3. Les noms du père et de la mère sont identiques.

Source : Institut de la statistique du Québec.

en 1996 et à 17 % en 2001. La mode des noms doubles est donc en train de décliner.

Les statistiques sur les événements démographiques contiennent peu de données sociales, mais on peut quand même retenir l’exogamie importante des Québécois de langue maternelle autre que le français. On note aussi une proportion forte de mariages civils révélatrice de la sécularisation croissante de notre société. L’attribution des prénoms tient du domaine de la mode, tandis que le choix du nom de famille révèle de profonds changements dans la linéarité des familles.

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L

es résultats du recensement de 2001 sur l’état matri- monial permettent la mise à jour des statistiques de la conjugalité. On compte maintenant un peu plus d’un demi-million de couples en union libre. La proportion de couples vivant en union libre parmi l’ensemble des cou- ples continue de s’accroître et elle atteint 29 % en compa- raison de 18 % en 1991. Pour la première fois, le recensement a mesuré le nombre de couples de même sexe; on en compte 10 360, ce qui représente 0,6 % de tous les couples.

L’année 2000 avait été marquée par une augmenta- tion inattendue de près de 10 % du nombre de mariages, mais leur nombre diminue de 12 % en 2001. Il s’agissait donc probablement de l’effet du commencement d’un nou- veau millénaire.

L’espérance de vie ou la vie moyenne est de 76,0 ans chez les hommes et de 81,8 ans chez les femmes en 1999- 2001. Pendant les années 1990, l’espérance de vie aug- mente de 2,3 années chez les hommes et de 1,0 année chez les femmes, si bien que l’écart entre les sexes dimi- nue de 7,1 à 5,8 ans. La mortalité infantile, qui est assez faible à 4,4 ‰ en 2001, ne bouge pas beaucoup depuis quelques années.

La fécondité augmente un peu en 2001, à 1,47 en- fant par femme, mais, selon des données provisoires, elle devrait baisser légèrement en 2002; l’indice était de 1,60 enfant par femme en 1996, de 1,45 en 1999 et de 1,43 en 2000. De nombreux États affichent des niveaux beau-

coup plus bas, notamment l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.

Parmi les pays dont les estimations sont disponibles pour 2000, la République tchèque présente l’indice le plus fai- ble, soit seulement 1,1 enfant par femme.

La migration nette de la fin des années 1990 est plus faible qu’au début de la décennie, surtout à cause de la baisse de l’immigration internationale, mais cette dernière augmente depuis quelques années. La migration nette des années 2000 et 2001 est estimée à 9 100 et à 15 100 respectivement. C’est donc l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, qui est la princi- pale source de la croissance de la population.

Une section spéciale du présent rapport porte sur les migrations interrégionales des périodes 1991-1996 et 1996-2001. La migration interne est d’abord l’affaire des jeunes adultes qui s’installent dans les centres urbains et leurs banlieues. Pendant la deuxième moitié de la décen- nie, l’intensité de la migration s’est accentuée et les régions éloignées ont vu leurs pertes augmenter. La situation s’amé- liore à Montréal et la perte de la période 1996-2001 est beaucoup moindre que celui des années 1991-1996.

Essentiellement, la situation démographique du Québec est semblable à celle de nombreux États dévelop- pés. Ce qui la caractérise le plus, c’est le faible niveau de la nuptialité légale et la forte proportion des naissances hors mariage qui reflètent l’importance de l’union libre chez les jeunes couples.

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