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Pauvreté des ménages et éducation au Congo - ODSEF

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Academic year: 2023

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Stève Bertrand MBOKO IBARA est économiste-démographe à l'Université Marien Ngouabi et à l'Institut National de la Statistique de Brazzaville, Congo. Cette résidence a permis à Stève de valoriser le patrimoine démographique du Congo à travers une analyse approfondie des données du 4ème Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 2007. Cette dégradation continue de la situation sociale a notamment entraîné une aggravation de la pauvreté.

On observe donc des différences significatives en matière d’éducation entre les pauvres et le reste de la population, quel que soit le cycle scolaire.

CONTEXTE DE L’ÉTUDE

Présentation du pays

L'économie congolaise est une économie monétaire, peu diversifiée et peu structurée, basée principalement sur l'exploitation des ressources naturelles, notamment le pétrole et le bois exportés à l'état brut. La langue officielle du Congo est le français et les langues véhiculaires nationales sont le Lingala et le Munukutuba (article 6 de la Constitution de 2002). Ces langues véhicules ne sont pas des langues pédagogiques ; Le français reste la seule langue d’enseignement tout au long du cursus scolaire et universitaire.

Situation de l’éducation au Congo

  • Cadre juridique
  • Structure du système éducatif
  • Gestion du système éducatif
  • Financement du système éducatif

L'éducation non formelle dépend institutionnellement du MEPSA, qui agit à travers la Direction de l'Alphabétisation et de l'Éducation pour Tous. Ils sont inscrits non seulement dans les budgets des départements chargés de l'éducation, mais également dans ceux des autres ministères. Bien que l'enseignement public soit gratuit, les parents sont organisés en associations et apportent une contribution financière très importante au fonctionnement de l'enseignement.

Les ressources qui proviennent de leurs apports sont essentielles au fonctionnement de l’enseignement primaire et secondaire.

Tableau 1.1 : Structure du système scolaire
Tableau 1.1 : Structure du système scolaire

Situation économique

  • Bref aperçu
  • Les dépenses publiques d’éducation
  • Éléments sur la pauvreté des ménages

Concernant les fonds provenant d’organisations internationales, il faut distinguer les fonds qui proviennent de la coopération bilatérale et multilatérale sous forme d’aide au développement et les prêts des institutions financières internationales. Le financement de l'éducation provenant de cette source a pris la forme d'équipement des écoles en manuels et matériel pédagogique, de réparation des installations éducatives endommagées et de renforcement des capacités de leadership du système éducatif. i) des infrastructures de transport dégradées et des services inadéquats. ii) un accès difficile pour la population aux infrastructures et aux services sociaux de base (santé, éducation, eau, électricité). iii) un chômage important des jeunes. iv) le déclin du secteur agricole. vi) les populations ayant des difficultés à accéder à l'information et aux moyens de communication. vii) des sujets urbains et ruraux insalubres et dégradés. viii) les personnes vulnérables bénéficiant de faibles niveaux de soutien. La part des dépenses publiques consacrées à l'éducation (graphique 1.1) est en baisse continue depuis 1993, où elle représentait 8,9 % du produit national brut.

L'allocation intra-sectorielle apparaît très défavorable pour l'enseignement primaire qui, en termes de dépenses courantes en 2005, ne représente que 25,8% de l'ensemble du secteur (valeur la plus basse observée sur le continent africain, COFEMEN, 2009), l'enseignement secondaire général qui 28,2% représentés, technique 13,2% et enseignement supérieur 29,8. Le diagnostic de la pauvreté, basé sur l'analyse des informations quantitatives et qualitatives recueillies lors de l'Enquête auprès des ménages congolais de 2005, a mis en évidence le profil multidimensionnel de la pauvreté des ménages au Congo. Environ 50,7% de la population congolaise vit en dessous du seuil de pauvreté, estimé à 544,40 FCFA, ce qui équivaut à 1,18 USD par adulte et par jour (le seuil de pauvreté est fixé par la Banque mondiale à 1,25 USD par jour).

Au niveau socio-économique, la même étude a constaté que les ménages dont les chefs travaillent dans l'agriculture (69%) ou l'industrie (56,5%) sont plus pauvres que les ménages dont les chefs travaillent dans les services et le commerce (36,8). Cette pauvreté est moins ressentie par les ménages dont les chefs Les ménages dont le chef est analphabète sont plus pauvres (69%) que les ménages dont le chef est analphabète.

Sur le plan sociodémographique, les ménages dirigés par des femmes sont plus exposés à la pauvreté (58,2 %) que les ménages dirigés par des hommes (48,8 %). De plus, l'incidence de la pauvreté est affectée négativement par la composition du ménage, où 52,6 % des pauvres vivent en situation élargie. les ménages monoparentaux ou 47,3% dans les familles élargies.

Graphique 1.1 Évolution des dépenses publiques d’éducation (en % du PNB)
Graphique 1.1 Évolution des dépenses publiques d’éducation (en % du PNB)

ASPECTS MÉTHODOLOGIQUES

Brève revue de la littérature

Cette étude révèle notamment qu’étant donné le taux de pauvreté plus élevé en Éthiopie qu’au Ghana, les parents éthiopiens sont plus susceptibles d’envoyer leurs enfants travailler qu’à l’école. Becker (1964) a traité de l'attitude des parents à l'égard de la scolarisation de leurs enfants, en soulignant qu'ils agissent de manière altruiste à l'égard de leurs enfants en investissant massivement pour se protéger de certains risques liés à la vieillesse. Il poursuit également en affirmant que le coût d'opportunité lié à l'éducation d'un enfant augmente à mesure que les femmes investissent davantage dans le capital humain et entrent davantage sur le marché du travail.

L'explication de la scolarisation selon le niveau de vie a également été donnée au Burkina Faso par Yaro (1995) et Kobiané (2003). Les facteurs socio-économiques priment dans la scolarisation des enfants dans les villes, où les différences religieuses ou ethniques s'estompent et laissent la place aux hiérarchies sociales. Yacouba Yaro souligne que les chefs de famille aux statuts socio-économiques plus élevés, en envoyant leurs enfants à l'école, tentent de préparer au mieux leur succession à la tête de l'appareil d'Etat.

Dans ces conditions, les pauvres seraient toujours désavantagés, même si nous éliminions les avantages de la classe supérieure par le biais d’impôts, en subventionnant l’éducation des pauvres ou en payant des écoles pour les riches, de sorte que la réussite scolaire ne dépende que du mérite et des résultats scolaires. Cette brève revue de la littérature relative à l’impact de la pauvreté des ménages sur l’éducation montre que certaines zones d’ombre subsistent quant à la généralisation des résultats de la recherche. Tout indique que d'autres facteurs importants entrent en jeu, comme l'éducation du chef de famille, le cadre de vie ou le travail de l'enfant.

Il est donc juste de souligner qu'il serait sans doute imprudent de se concentrer uniquement sur la pauvreté dans l'étude de la scolarité des enfants, surtout si l'on aborde la pauvreté sous son angle non monétaire. Notre problème se rapporte donc à la question centrale de savoir dans quelle mesure la pauvreté des ménages peut être considérée comme affectant la scolarisation des enfants dans le contexte congolais.

Méthodologie

  • Hypothèse de travail
  • Aspects conceptuels
    • Construction de l’indicateur de pauvreté
    • Choix de la population d’étude
    • Définition du retard d’éducation
  • Variables de l’étude
  • Méthodes d’analyse
    • Analyse descriptive
    • Analyse multivariée

Pour Roach et Roach (1972), on parle de pauvreté dans une société donnée lorsqu'une partie de la population ne peut subvenir à ses besoins fondamentaux. Ravallion (1996) estime que la pauvreté est présente lorsque dans une société le bien-être (ou le niveau de vie) de la population est inférieur à un minimum déterminé selon les critères de cette même société. Dans une étude sur la relation entre pauvreté et scolarisation à Ouagadougou, Kobiané (2004) a esquissé quatre méthodes d'évaluation de la pauvreté non monétaire, chacune correspondant à un indicateur.

Avant de présenter la méthode de calcul du désavantage scolaire, il est utile de justifier au préalable le choix de la population étudiée. Source : rapport RGPH 2007, Institut National de la Statistique (primaire) et calcul de l'auteur à partir des données RGPH 2007 (secondaire). On s’oriente vers une dichotomie de la fréquentation scolaire selon le milieu de résidence : vivre en milieu rural associé à un manque d’éducation versus vivre en milieu urbain associé à plus d’éducation pour les jeunes de 12 à 18 ans.

L'examen de la matrice de correspondance entre âge et niveau d'éducation pour l'ensemble du pays (tableau 2.8) et en milieu urbain (tableau 2.9) montre qu'il y a environ 171 748 jeunes âgés de 12 à 18 ans, soit environ 67 ans, en retard scolaire. Toutes les cellules grises du tableau à partir du 6. (1ère année du collège) correspondent aux enfants en retard. Le tableau 2.10 présente l'évaluation de la qualité des variables utilisées en analysant les taux de non-réponse.

Il apparaît qu’aucune variable ne présente un taux de valeurs manquantes supérieur à 3%, ce qui permet de conduire à une appréciation globale assez satisfaisante de la qualité des données. Le signe du coefficient de la variable reflète l’augmentation (+) ou la diminution (–) du retard scolaire. La variable relative au niveau d'éducation du chef de ménage est recodée comme suit : aucun = 1 ; primaire = 2 ; secondaire = 3 ; plus élevé = 4.

Plus le ménage compte d’enfants en âge scolaire, moins il est en mesure de garantir que tous les enfants aillent à l’école.

Tableau 2.1 Variables retenues pour la construction de l’indicateur de pauvreté,  RGPH 2007
Tableau 2.1 Variables retenues pour la construction de l’indicateur de pauvreté, RGPH 2007

RÉSULTATS EMPIRIQUES

Différentiels du retard d’éducation

Effet net du retard d’éducation

L'analyse de régression binomiale négative mesure la dépendance du désavantage éducatif par rapport aux variables explicatives. Cette analyse mesure les différences de désavantage éducatif des enfants issus de ménages pauvres, moyens et riches (tableaux 3.3 et 3.4). Le coefficient de la variable utilisée pour contrôler l'effet du lieu de résidence (urbain ou rural) sur la pauvreté des ménages est de signe positif et reflète l'augmentation du désavantage éducatif entre zones urbaines et zones rurales.

Comme prévu, le niveau d'éducation du chef de ménage a un effet positif sur l'éducation des enfants. Les enfants dont le chef de famille est instruit sont susceptibles d’avoir moins de retards scolaires. Le coefficient de la variable nombre d'enfants d'âge scolaire a un signe positif et reflète une augmentation statistiquement significative du retard scolaire lorsque le nombre d'enfants d'âge scolaire dans le ménage augmente.

En fait, les enfants issus de ménages dirigés par une femme présentent moins de retard scolaire que les enfants issus de ménages dirigés par un homme. Dans l'estimation du modèle binomial négatif, la zone de résidence a pu intervenir comme variable de correction des inégalités spatiales de pauvreté et de retard scolaire. D’un autre côté, cela augmente le pouvoir explicatif de l’état matrimonial sur les différences de scolarité.

L’augmentation du statut de pauvreté d’un échelon sur l’échelle de 1 (pauvre) à 3 (riche) est associée à une réduction du désavantage éducatif d’environ 23 % pour l’ensemble de la population du pays et de 22 % pour les zones urbaines. Nos résultats ont montré que la pauvreté des ménages a un effet négatif sur l'éducation des enfants au niveau secondaire. De plus, le manque d’informations sur les dépenses des ménages rend difficile l’évaluation de la part des revenus consacrée à l’éducation.

En fin de compte, la pauvreté des ménages reste l’un des facteurs préoccupants de la sous-scolarisation secondaire des enfants au Congo.

Tableau 3.3 : Régression binomiale négative, ensemble du pays  Régression binomiale négative
Tableau 3.3 : Régression binomiale négative, ensemble du pays Régression binomiale négative

Figure

Tableau 1.1 : Structure du système scolaire
Graphique 1.1 Évolution des dépenses publiques d’éducation (en % du PNB)
Tableau 2.1 Variables retenues pour la construction de l’indicateur de pauvreté,  RGPH 2007
Tableau 2.2 : Répartition (%) des ménages ordinaires par niveau de vie, selon le  milieu de résidence au moment du recensement (2007)
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Referencias

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