Denys Delagé, qui a relu ce manuscrit dans des délais extrêmement serrés, ainsi qu'un relecteur anonyme de la Revue générale de droit. Ils sont parfois décrits comme des enfants du roi car ils soutiennent inconditionnellement les Français dans ce domaine. Ainsi, les enfants sont soumis à l'autorité (relative) de leur oncle maternel (qui appartient au lignage de leur mère) et non à celle de leur père.
Fraternité et égalité
Au contraire, ils l'utilisent si régulièrement qu'il fait partie intégrante des relations qu'ils établissent avec ces peuples, et postule le respect de leur ordre juridique (I).
Les relations d’alliance, d’amitié et de fraternité entre
Hugo Grotius, Le droit de la guerre et de la paix, Paris, Presses Universitaires de France, 1999 aux pp 380-81 ; voir aussi par exemple Conrad Braun, Les cinq livres sur les ambassades, Traduction, introduction et notes de Dominique Gaurier, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, 2008 p 237 ; Pietrino Belli, D'Alba, Traité de l'art militaire et de la guerre, 1563, Traduction, introduction et notes de Dominique Gaurier, Alba, Fondazione Ferrero, 2007 à la p 216. Alberico Gentili, Les trois livres sur le droit de la guerre, Traduction, introduction et notes de Dominique Gaurier, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, 2012 p. 586. Ils rougissent de honte au pays des âmes, voyant que vous violez avec une perfidie intolérable les lois de la nature, les droits des hommes et de la société humaine tout entière.
L’égalité entre frères
Anadabijou répond qu '"ils étaient en effet très heureux d'avoir sa majesté comme grand ami" et que lui. Il déclare au Sieur de Poutrincourt que son « excellent ami, frère camarade &. Pour décrire l'alliance et l'amitié entre deux nations, les autochtones disent généralement vouloir « vivre en frères »47.
L’autorité des capitaines
Christianisation et assujettissement au droit français
Initialement, les Français espéraient que la conversion des autochtones et la conclusion de mariages mixtes permettraient d'intégrer les générations futures à leur nation et d'en faire des sujets du roi vivant comme les Français (A). Les néophytes installés près de Trois-Rivières, de Québec et de Tadoussac tiennent également ce discours. Dans ces conditions, l'image du père, utilisée d'abord par les Iroquois dans le cadre des négociations diplomatiques, ne représente pas une forme d'autorité ; il fait plutôt référence au rôle de conseiller et de prestataire (C).
Il continuera à être utilisé dans le cadre des négociations conduisant aux traités de 1665-1667 et 1701, même si des notions juridiques d'origine française apparaissent dans le premier de ces accords (D).
La foi, étape préalable à l’assujettissement
En effet, à cette époque, il était tout à fait concevable qu'un peuple conquis conserve une autonomie quasi complète, à condition de soutenir la couronne française sur le plan international. Si l’on veut qu’ils adoptent progressivement le mode de vie à la française, il faut commencer par les convertir et les sédentariser143. Voyant cela, nous apprendrons plus en un an qu'en vingt en entendant parler, et si nous ne pouvons pas comprendre, vous prendrez nos enfants qui seront comme les vôtres.
Il dit ceci à propos de Trois-Rivières : « Je ne suis qu'un enfant. Champlain promet qu'après avoir construit une grande maison à Trois-Rivières, leurs enfants épouseront des jeunes filles françaises ; "Nous ne serons plus un seul peuple", ajoute-t-il. L'idée d'un simple « salutation » correspond beaucoup plus à ce qu'affirment d'autres sources.
L'année suivante, le gouverneur commença à construire un fort à l'embouchure du Richelieu ; le capitaine chrétien rend grâce à ce « grand capitaine », qu'il qualifie de « maître des terres » et de « gardien des terres »175. Le capitaine chrétien affirme également que le capitaine abénaquis devait devenir chrétien pour pouvoir considérer les autochtones de Sillery comme ses « frères [sic] et amis »178. En 1647, Marie Ka Makate8ing8etch, une femme de la Nation algonquine Onontcharonons établie à Montréal, déclarait à une jeune femme de la Nation Poisson-Blanc que la religion « rassemble les nations et plusieurs [...] « une seule » ; cela signifie que les Français sont ses « parents »179.
D’une manière générale, si les néophytes peuvent prétendre au statut de sujet, cela ne signifie pas que les autorités coloniales tiennent pour acquis qu’ils doivent se conformer au droit français.
Le consentement à l’application du droit français
En 1643, le gouverneur souhaitait obtenir la libération d'un captif membre d'une nation alliée aux Iroquois, car il ne voulait pas « multiplier les ennemis » ; mais il doit leur offrir des cadeaux qu'ils peuvent accepter, en montrant qu'il ne prétend pas exercer d'autorité sur eux190. Après qu'un Français ait été tué au pays des Hurons, les chefs venus à Trois-Rivières rencontrer le gouverneur Montmagny « déclinent ce crime. Parce que c'est le public qui se contente des fautes des individus, que le criminel soit reconnu ou que il reste caché.
Considérant « la liberté et l'indépendance de ces peuples et la terreur qu'ils ont devant le joug et l'esclavage », Barthélemy Vimont y voit un signe du ciel, car autrement « les canons et les armes des rois et des monarques [...] ne pourraient pas les faire plier ». " 202. Le capitaine, sujet à l'ivresse, déclare solennellement que, s'il est surpris dans un tel état, il souhaite « être le premier à subir toute la rigueur des lois », et « être puni et publiquement menacé s'il y en a. "209. Plusieurs de ses camarades l'ont alors sévèrement fouetté, jusqu'à ce que le jeune homme ivre exige qu'il soit puni parce que l'innocent avait assez souffert210.
Cela n'a pas d'équivalent dans les traditions indigènes, mais il faut souligner qu'il n'est en aucun cas imposé par les autorités françaises. Il apparaît donc qu'un capitaine préfère se flageller plutôt que d'infliger une punition injuste. Au Québec, les autochtones qui ont consommé de l'alcool se fouettent en public, peut-être parce qu'ils croient avoir été possédés par des esprits213.
Ce sont des hommes libres, qui croient qu'ils sont tous aussi grands maîtres les uns que les autres, et qui ne dépendent que de leurs chefs autant qu'ils le souhaitent.
La prééminence symbolique du père
Lors de négociations secrètes, le gouverneur accepta que la paix ne soit faite qu'entre les Français, les Iroquois, les Hurons de la région de Québec et les Algonquins christianisés, à l'exclusion des alliés non convertis, qu'il abandonne à leur sort235. Les Onontagués appellent alors Onontio « le grand capitaine des Français », qu'ils considèrent comme ses neveux244. Le Père Chaumonot leur dit que les Français voulaient sincèrement « ne parler que la même langue, n'avoir que le même soleil et le même cœur, être désormais frères », c'est-à-dire « faire une paix universelle » incluant tous les alliés, sans exception251.
Agochiendaguesé affirme qu'il ne fait plus qu'un avec Onontio, ce qui fait aujourd'hui des Français et des Onontagués « de véritables [frères] que la grande paix a été faite »254. Dans ce discours, Onontio est présenté comme un père aussi aimant qu'une mère, qui garde les Hurons et les Algonquins « dans son sein », c'est-à-dire près des foyers français. Par exemple, vers 1660 dans la région du Lac Supérieur, les ambassadeurs de Nadoueséronon (Sioux), selon Pierre-Esprit Radisson, déclaraient que les Français étaient les dieux et maîtres de la guerre et de la paix, car ils fabriquaient des couteaux, des haches, des chaudrons, etc. .
Ce dernier tua un membre du clan Marten, qui voulait « lui enlever sa femme, qu'il aimait beaucoup ». Radisson lui assure qu'il n'a rien à craindre, car "les Français sont ses pères" et le roi "souhaite que tous vivent en paix". À son départ, les autochtones soulignèrent qu'« il apporta la paix aux nations et unifia les Anglais et les Français pour qu'ils soient frères les uns pour les autres »263.
Un « jeune » déclare également que Radisson est « meilleur que le soleil » et « un protecteur » pour eux, notamment parce qu'il leur fournit des fusils, des haches et des couteaux265.
À leur tour, les «ambassadeurs» iroquois demandèrent la confirmation de la paix antérieure et le maintien de la «protection qu'ils avaient précédemment reçue des armes de Sa Majesté. Selon les jésuites, de Tracy proposa en fait aux nations iroquoises de faire la paix et de profiter de la protection du roi.268 Mais ce qui se passe ensuite prouvera amplement que c'est le fruit de l'imagination.
Il est donc clair que les Iroquois ne sont pas véritablement devenus sujets du roi de France après la ratification du traité de 1665. Le roi ajoute qu'en plus de garder les Hurons et les Algonquins sous sa protection, il les considère comme ses sujets, car ils se seraient donnés « eux-mêmes » à lui « comme soumission et vassal » (section deux)274. Il promet que les nations iroquoises resteront « dans le respect qu'elles ont promis » au grand Onnontio des Français281.
Il ajoute que « le grand Onnontio » nommé Louis est « si fort et si fier du respect que lui doivent ses enfants » qu'il enverra s'il le faut vingt fois plus de soldats qu'auparavant si les Iroquois attaquent « ses propres Sujets » ou « les des nations sauvages qui se sont placées sous sa protection et qui l'ont reconnu comme leur souverain », de la même manière que le font les cinq nations elles-mêmes. Il est rappelé au gouverneur que « en assemblée plénière de toutes les nations », il avait promis de punir « ceux qui violeraient les articles de la paix »287. Courage donc, nations des Iroquois, de l'Outaouac, des Hurons, de la Montagne [19] Algonquins, reconnaissez Onnontius pour votre père, suivez attentivement ses ordres, obéissez à ses commandements : écoutez les conseils qu'il vous donne, pour établir la paix entre vous.
Ils ne s'arrêtèrent qu'avec la conclusion de la Grande Paix de Montréal en 1701 entre les Français, leurs alliés et les Cinq Nations.