Ce rapport présente les résultats d'un inventaire archéologique réalisé en juillet 2021 dans les limites du projet minier Rose Lithium-Tantale, visant l'exploitation par la Corporation Lithium Éléments Critiques du tantale et du lithium métaux contenus dans le gisement Rose. L'intervention a été réalisée dans onze zones de potentiel identifiées par Arkéos (2016) dans le cadre d'une étude d'impact environnemental préparée par WSP en 2019. L'enquête de terrain a été réalisée par une inspection visuelle complète des zones et par la réalisation d'enquêtes manuelles.
25 Photo 10 - Zone P-8 — Examen de la pointe de la zone démontrant la présence de sable.
Mandat
Localisation de la zone d’étude
La zone d'étude considérée pour l'étude du potentiel archéologique correspond à une superficie quasi carrée de 9,48 km est-ouest x 8,8 km nord-sud, soit une superficie de 83,4 km2, centrée autour du périmètre du site à exploiter. Cette zone comprend des tronçons de deux lignes de transport d'électricité, l'une à 735 kV et l'autre à 315 kV, et la route Nemiscau-Eastmain-1, ainsi qu'une partie du réservoir Eastmain.
Contenu du rapport
Elle s'inscrit plus précisément dans la ceinture de roches vertes de l'Eastmain, particulièrement riche en minerais métallifères (Ministère des Ressources naturelles, 1994). D'un point de vue physiographique, la zone d'étude appartient aux hautes-terres de Mistassini (WSP, 2019a et 2019b). Les hautes terres de Mistassini sont caractérisées par des collines aux pentes douces et par une série de vallées et de lacs traversés par de petites rivières à faible débit et avec des seuils importants qui empêchent toute navigation.
À l'ouest de la zone d'étude, elle s'insère dans la vallée de la rivière Pontax, prolongement des plaines tourbeuses des basses terres de la Baie James, qui s'étendent à l'est de la zone d'étude jusqu'aux rives de la Baie James (WSP). , 2019 a et b).
Paléoenvironnements et façonnement des paysages actuels
A noter que dans l’étude d’impact de 2019, il avait été postulé que la mer de Tyrrell ne couvrait pas la zone d’étude en raison de la baisse rapide du niveau de la mer. Les observations de terrain montrent néanmoins la présence incontestable d'un plan d'eau peu profond dans les secteurs inférieurs (vallées) de la zone d'étude. Ces dépôts et formes fluvioglaciaires sont aujourd'hui visibles dans le paysage sous la forme de vallées arborées plates avec de multiples connexions et de plaines d'épandage.
Comme nous avons pu le constater, quelques fragments d'eskers sont également présents dans le secteur, mais également un peu plus au nord (Arkéos, 2016). Le retrait du glacier a également laissé des dépôts glaciaires et des formes sédimentaires dans le paysage. La première, largement répartie dans la zone d’étude, couvre les plus hauts reliefs non touchés par aucun plan d’eau.
Ces dernières sont réparties sur tout le territoire sous forme de moraines frontales (ex. moraine de Sakami) et de moraines de De Geer, visibles principalement à l'ouest de la zone d'étude (Brosseau, 2008). Dans la zone d'étude, ce court épisode (quelques siècles) a conduit au dépôt d'un mince placage d'argile/sable éolien fin (<10 cm) sur certains versants de vallées et sur les replats associés et les fosses localement comblées en surface (à noter que cet épisode le placage n'est pas représenté sur les cartes de dépôts meubles de l'étude d'impact de WSP, 2019b, voir figure 3). Il y a 6000 à 5500 ans, lorsque les dernières traces glaciaires disparaissaient au centre de la péninsule Québec-Labrador et que les eaux de la mer de Tyrrell se retiraient de 120 km vers l'ouest, la zone d'étude est déjà recouverte d'une végétation comparable à celle d'aujourd'hui.
Les données archéologiques qui ont permis de réaliser une séquence chronoculturelle pour le territoire de l'est de la Baie James proviennent en grande partie des principaux travaux liés à la construction de complexes hydroélectriques (La Grande, La Forge, Caniapiscau, Eastmain). Pour la région du complexe Eastmain-1, les informations proviennent principalement des travaux réalisés par Arkéos au début des années 2000 avant la fermeture du réservoir (Arkéos et présentés dans l'étude de prospection réalisée en 2016 (Arkéos, 2016).
Occupation autochtone
Ainsi, depuis la fin des années 1970, un nombre impressionnant de sites archéologiques ont été documentés sur le territoire d'Eeyou Istchee Baie-James par diverses agences d'archéologie (CÉRANE, 1995). C'est à cette période que le secteur du Grand Détour de la rivière Eastmain sera occupé de manière plus récurrente. Les cherts des basses terres de la Baie James font leur apparition dans la technologie lithique retrouvée sur les sites de la rivière Eastmain.
Cette réalité semble s'exprimer à cette période par la construction d'habitations allongées pouvant regrouper plusieurs familles ou groupes de chasseurs (Arkéos, 2016).
Période historique
Occupation contemporaine
L'occupation du territoire sera toujours centrée sur l'exploitation du caribou, ce qui nécessite une grande mobilité et le maintien d'un vaste réseau de parenté. Ces communautés ont une économie mixte qui combine un travail rémunéré, principalement dans les secteurs des services et des collectivités locales, et une économie dite traditionnelle basée sur la collecte des ressources fauniques. Dans ce cas, la zone étudiée recoupe des terres de catégories II et III (Arkéos, 2016).
Dans ce type d'intervention, différentes méthodes sont utilisées dans le but de déterminer le potentiel réel d'une zone considérée comme intéressante du point de vue de l'occupation humaine, d'identifier la présence de zones ou de structures anthropiques et de formuler des recommandations en matière de recherche. Travaux supplémentaires à réaliser . La zone P-6 est située à environ 1,5 km au nord-ouest de Camp Rose, de part et d'autre d'un cours d'eau qui relie deux lacs sans nom. Les zones P-17, P-18, P-19 et P-20 sont situées en bordure d'un cours d'eau sinueux situé à la tête du bassin de la rivière Pontax, dans la partie sud de la zone d'étude, à environ 3 km au sud de le camp. Rose.
Les peuplements de pins sylvestres et de cladonia étaient généralement plus présents dans la partie sud de la zone d'étude. En général, le sol dans toute la zone d’étude était sous forme de podzol (photo 3). Ce type de sol, que l'on retrouve en milieu forestier, est constitué de litière végétale superficielle (SFH) formée de matière organique en décomposition et en décomposition d'une épaisseur de 0,05 à 0,50 m ; un horizon minéral humifère (Ah) formé de matière organique décomposée sous forme de limon sableux noir et souvent carboné de 0,01 à 0,05 m d'épaisseur ; un horizon minéral éluvial (Ae) formé de sable fin à moyen de couleur variant du blanc au beige brunâtre d'une épaisseur de 0,01 à 0,20 m ; puis un horizon minéral ferrugineux (Bf ou Bhf) formé à partir de la matrice sédimentaire stérile (limon, sable fin à grossier).
Il était généralement suivi d'un niveau de couleur plus pâle, beige ou jaunâtre, qui est considéré comme l'horizon C. Certaines différences dans les conditions du sol ont été clairement observées sur le terrain, allant de l'absence totale de sol à la présence d'horizons très épais.
Zone P-6
Les endroits les plus propices à l'établissement humain étaient constitués de petits plateaux bien drainés qui dépassaient parfois sous forme de points sur le plan d'eau. Lors de l'inventaire, la zone P-6 a fait l'objet de deux interventions, une du côté sud du cours d'eau et une du côté nord, d'une superficie totale de 80 887 m2 (photo 6). Des lieux présentant un très bon potentiel d'occupation ont été explorés sur les deux rives sans qu'aucun élément anthropique n'ait été identifié.
L'exutoire du lac à l'est, ainsi que l'embouchure du cours d'eau du lac voisin, offraient des emplacements. Cependant, certains secteurs de la zone P-6 offraient très peu de potentiel pour retrouver des occupations anciennes. Par exemple, les zones basses proches du cours d’eau présentaient souvent des sections humides, rocheuses ou inégales.
Au total, 137 prospections manuelles ont été réalisées dans la zone P-6, dont aucune découverte liée à l'occupation humaine du secteur n'a émergé. Photo 5 - Zone P-6 Sud — Relevé montrant un placage de limon/sable éolien recouvrant l'ablation jusqu'à — Vue vers le nord (ROSE21-N1-005).
Zone P-7
Zone P-8
Zone P-9
Zones P-10 et P-11
Zone P-13
Pour ces deux zones, douze sondages ont été fouillés sur les sites où l'occupation existait le plus probablement.
Zone P-17
Des traces d'incendies de forêt peuvent également être observées à certains endroits du sol, notamment dans le cas d'une petite fosse contenant du charbon (photo 17). Un phénomène naturel, probablement un feu de forêt ou une tempête de vent, serait à l'origine de cette anomalie. Au total, 43 prospections ont été réalisées dans la zone P-17 et aucune trace de présence humaine ancienne ou récente n'a été détectée.
Zone P-18
Zone P-19
Zone P-20
Ces observations ont permis entre autres de préciser le potentiel archéologique, et ont contribué à la compréhension de la chronologie des événements locaux après la déglaciation. A la fin de la période glaciaire, une moraine de fond se dépose sous le glacier, sur le substrat rocheux poli par l'usure du glacier. Un bras de la mer de Tyrrell a été inséré dans la vallée par la tête de la rivière Pontax, et des sédiments fins (limon, sable fin) se sont déposés en couches successives non loin de l'embouchure du ruisseau.
Récemment, dans la vallée, des sédiments alluviaux ont été déposés par migration de serpents ou par inondation de la plaine alluviale. Ces observations indiquent qu'un plan d'eau recouvrait le sud de la zone d'étude sur une hauteur d'au moins 250 m. Si l'on suppose que le glacier s'est retiré de la moraine de Sakami, 14 km à l'ouest, à un rythme de 217 m/an (Vincent, 1977), il a fallu moins d'un siècle pour atteindre la zone d'étude.
Durant cette période, la mer de Tyrrell, qui avait baissé au rythme de 9 m/siècle à partir d'un niveau maximum de 275 m (Brosseau, 2008), n'a baissé que d'une dizaine de mètres et a donc pu pénétrer dans les basses vallées de la zone d'étude. (250 m). En effet, malgré une intervention rigoureuse menée sur le terrain et utilisant une méthodologie d'inventaire complétée par une perspective géomorphologique, aucune indication de présence ancienne ou récente de groupes humains n'a été découverte dans les zones visitées. Par conséquent, nous ne recommandons pas de réaliser une évaluation archéologique supplémentaire dans les onze zones étudiées avant les travaux d’ouverture de la mine.
2008) Caractérisation des sédiments meubles et reconstruction paléogéographique quaternaire de la région du réservoir Eastmain-1, Baie James, Québec — Mémoire de maîtrise. Quaternaire récent de la région inférieure de la Grande rivière, Québec - Commission géologique du Canada Étude 76-19.