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43_1_cartier.pdf - Association des archivistes du Québec |

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Academic year: 2023

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Le journal manuscrit de Wolfe est désormais considéré, à juste titre, comme l'une des pièces les plus importantes de la collection d'archives de McCord. Il est issu de l'un des principaux acteurs de la guerre de Sept Ans et s'inscrit dans un cadre chronologique hautement symbolique de l'histoire du Canada et du Québec. Pour être objectif, on peut le décrire comme l’une des nombreuses sources primaires de la guerre de Sept Ans.

Ce mouvement de romantisme historique se reflète largement dans l'historiographie de la guerre de Sept Ans et de James Wolfe. Le bal des conférences et colloques sur le thème de la guerre de Sept Ans a débuté en 2008.

Illustration 02 : Portrait de James Wolfe par George Townshend. 1759 (M245 ; Coll. Musée McCord)
Illustration 02 : Portrait de James Wolfe par George Townshend. 1759 (M245 ; Coll. Musée McCord)

LA GÉNÉALOGIE DES JOURNAUX DE WOLFE

Puis, dans l'après-midi, leurs conclusions seraient présentées au public dans le cadre d'une table ronde. Il était donc facile d'établir que ma copie du journal avait été obtenue en 1914 par David Ross McCord. Une première note enregistrée dans le journal indiquait également que le journal était en possession d'un amiral anglais, Frank Sotheron, qui l'avait trouvé dans les papiers de son père William.

Les liens familiaux Wolfe-Sotheron et la congruence des lieux (Gloucestershire et Saint-Louis) ont donné de la crédibilité à la chaîne de propriété du journal. Dans mon dossier de données se trouvait également une copie photocopiée du journal situé à l'Académie militaire. La documentation à son sujet nous apprend qu'il a été donné au collège vers 1965 par le brigadier canadien John Herbert Price.

Price a servi en Europe pendant la Première Guerre mondiale et c'est probablement à ce moment-là qu'il a pu obtenir le papier. Même si le mode de transmission de la revue entre les différents propriétaires reste ici aussi largement inconnu, l'auteur de la revue est clairement identifié. Sa copie du journal a été retrouvée avec cinq autres cahiers dans lesquels Bell a écrit son propre journal personnel.

Dans le journal, une note écrite par Bell lui-même indique qu'il a fait une copie « exacte et authentique » du journal de Wolfe.

LES JOURNAUX – PAREILS, PAS PAREILS

Je pourrais donc émettre l'hypothèse que la copie McCord a passé quelque temps entre les mains de la mère de Wolfe avant de passer aux Sotheron après sa mort. Un mémo ajouté à la couverture nous apprend que ce journal fut un temps entre les mains d'Edward Vernon Goodall, l'avocat de la mère de Wolfe. Si les journaux sont de la main de Wolfe, cela pourrait être une diversion du général ou un copiste a commis une erreur.

L'absence de ces passages dans les deux autres exemplaires du journal est-elle le résultat d'une erreur ou d'une forme de censure, soit de la part d'un copiste, soit du général lui-même lors de la rédaction du journal ? La même rature est absente de la copie de BAC réalisée par l'aide de camp Thomas Bell. En examinant le texte original encore visible, le texte que nous avions réécrit, nous constatons qu'il s'agit en fait d'une répétition exacte de la phrase précédente.

Aussitôt l'erreur constatée, l'écrivain corrigea donc tout en écrivant le reste de la phrase (le dessin de l'ennemi sur nos batteries à Point Levy découvert) sur le texte répété accidentellement. Si Wolfe avait continué plus tard à écrire son journal, même après plusieurs semaines de maladie, il n'aurait pas repris son récit après la dernière entrée, dans la partie blanche de la page. Même si Wolfe avait décidé de détruire la dernière partie de son journal, le texte de cette page n'aurait-il pas dû couler jusqu'en bas de la page ?

Ou bien le texte qui s'arrête au milieu de la page est-il cohérent avec le début de la période d'invalidité de Wolfe à la mi-août.

Illustration 05 : La chronologie des trois copies du journal de James Wolfe
Illustration 05 : La chronologie des trois copies du journal de James Wolfe

ENCRES ET LETTRES SOUS LA LOUPE

De même, comparer la calligraphie d’un journal à un autre peut être très instructif. L’étude de l’écriture est une technique précise qui a été développée avec l’expérience, une bonne méthode et une bonne pratique19. En effet, les dossiers d'information du journal McCord et du Collège militaire contiennent tous deux de nombreuses déclarations d'« experts » qui ont confirmé avec la plus grande conviction que l'un ou l'autre des textes était « inextricablement entre les mains de Wolfe ».

De mon humble point de vue, l’écriture des deux magazines est assez similaire, mais pas suffisamment pour être écrite par la même personne. Les traits des lettres montrent une nette inclinaison vers le côté droit, surtout dans le cas de la copie McCord. Surtout, le style de la copie du Collège militaire montre un manque de cohérence dans les mêmes lettres (par exemple, les « T » dans The Fleet et Townshend ne sont pas les mêmes).

Il s’agit en fait d’une calligraphie cursive anglaise classique, adoptée en Angleterre à partir du XIIIe siècle, connue sous le nom de « roundhand » en anglais. La tâche consistant à trouver des lignes autographes indubitables de Wolfe nécessiterait de la vigilance. Il évoque la défaite du général anglais Edward Braddock contre les Français à Fort Duquesne (aujourd'hui Pittsburgh) à l'été 1755.

Le fait que Wolfe soit malade a-t-il rendu son écriture plus fragile, comme dans le cas de la copie de Kingston ? En effet, lorsque l’on cherche à imiter l’écriture, l’application du stylo sur le papier est plus lente. Dans le cas des deux journaux, on voit ces fines lignes au début et à la fin du mot, qui, sans prouver que l'écriture est de la main de Wolfe, montrent que la personne qui a écrit ces mots n'a eu aucune hésitation dans son trait de plume.

Illustration 10 : Variations de la densité des encres dans la copie du McCord
Illustration 10 : Variations de la densité des encres dans la copie du McCord

FAITS, DOUTES ET HYPOTHÈSES

Même si le texte du Collège militaire est apparemment plus inégal, il semble que l’hypothèse d’un faux soit à écarter. Les journaux McCord et Kingston ont été rédigés à partir d'une autre source, probablement des notes contenues dans un carnet ou sur du papier volant. Le journal a été rédigé deux fois par Wolfe alors qu'il était en avance sur Québec : Première fois en ébauche (copie de Kingston).

Premièrement, le journal trouvé à Bibliothèque et Archives Canada, qui est une copie réalisée par Thomas Bell, revêt une grande importance dans cette analyse. La copie de Kingston présente plusieurs caractéristiques d'un brouillon, et les nombreuses variations de densité de l'encre semblent indiquer qu'il s'agit de la première version à avoir été écrite. Je pense que cela tend à indiquer que les journaux, les brouillons et les copies au propre, ont été rédigés à partir d'une autre source, probablement des notes prises à intervalles réguliers pour référence ultérieure.

De plus, le mot « infaillible » présent dans les deux articles n'a pu être supprimé que par Wolfe lui-même lors de la relecture des articles. L'effacement – ​​intervention personnelle de Wolfe – prouve que les journaux existaient bien avant sa mort, le 13 septembre 1759. Maintenant qu'ils sont localisés dans le temps et dans l'espace, reste à déterminer qui a mis les mots sur papier.

Mais peut-être que la copie de Kingston est moins uniforme parce qu'elle a été créée sur le terrain, dans des circonstances difficiles30.

LES EXPERTS – DEUXIÈME PARTIE

Est-ce Bell qui a compilé l'un (ou les deux ?) des journaux à partir de notes imitant la calligraphie de Wolfe. Ou pourrait-il s'agir de Wolfe lui-même qui a utilisé les mêmes notes pour rédiger son journal pendant les quelques mois qu'il a passés au Québec. Les similitudes dans la calligraphie nous amèneraient à croire que c'est Wolfe qui a rédigé le journal McCord.

Il a été observé pour la première fois qu'il avait été plié en deux verticalement, peut-être à des fins de transport ou de stockage. MM. Legault et Lessard m'ont également confirmé qu'il était habituel qu'un aide de camp tienne le journal de son commandant. Par exemple, Louis-Antoine de Bougainville, en sa qualité d'aide de camp, rédige le journal Montcalm.

Écrire un journal personnel n’était pas une histoire romantique pour un officier comme Wolfe. Wolfe n'en a jamais eu l'occasion, mais son journal, ainsi que la correspondance avec d'autres officiers lors du siège de Québec, auraient probablement servi de matière première pour rédiger, par exemple, un rapport à William Pitt32. Un invité de dernière minute, l'historien Denis Vaugeois, s'est ajouté au panel et a partagé ses impressions personnelles sur le personnage de Wolfe.

Nous avons également profité de l'occasion pour exposer les trois journaux dans la salle de conférence ainsi que quelques autres manuscrits et objets, dont une peinture miniature et la mèche de cheveux de Wolfe.

Illustration 17 : Filigrane partiel découvert dans le journal du McCord.
Illustration 17 : Filigrane partiel découvert dans le journal du McCord.

CONCLUSION – ET LA QUÊTE CONTINUE !

Parce qu'il est aussi têtu, car une partie du territoire n'est pas encore conquise. Tout cela parce que le plaisir de la recherche n'est pas seulement son résultat. Sa densité fait qu'après plus de huit ans de loyaux services au McCord, je ne pense pas avoir encore vraiment fait la tournée.

On y trouve entre autres des lettres adressées à son oncle, le major Walter Wolfe, concernant la défaite du général Edward Braddock en 1755 et la prise de Louisbourg en 1758. Ses écrits comprennent également une lettre écrite à sa mère, une élégie pour le capitaine Gardiner ( 1758), un traité de mathématiques (1741) et la correspondance d'autres membres de la famille Wolfe. George Townshend, qui prit le commandement de l'armée anglaise après la mort de Wolfe, rédigea donc trois exemplaires du rapport, qu'il comptait envoyer au secrétaire des Colonies.

Pendant le siège de Québec, vers le 19 août, il tomba si malade qu'il dut rester alité jusqu'à la fin du même mois. Le meilleur exemple de publication, tant sur le plan archivistique qu'historique, est l'ouvrage réalisé par Jacques Lacoursière et Hélène Quimper, Québec, ville assiégée, 1759-1760. Notons cependant qu'outre les divergences relevées dans cet article, une section complète trouvée dans l'exemplaire du Collège militaire du 21 juin est absente du journal McCord.

David Ross McCord, dans son enthousiasme de collectionneur de Wolfiana, n'hésitait pas à affirmer qu'« il n'y avait aucun doute » que Wolfe était l'auteur du journal qu'il avait acquis en 1914.

Figure

Illustration 02 : Portrait de James Wolfe par George Townshend. 1759 (M245 ; Coll. Musée McCord)
Illustration 03 : Introduction à l’exposition La prise de Québec, 1759-1760 : le journal de Wolfe et son portrait réalisé par George Townshend.
Illustration 05 : La chronologie des trois copies du journal de James Wolfe
Illustration 08 : Réécriture dans la copie du McCord
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Referencias

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