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Traité de la chymie : enseignant par une briéve & facile methode toutes ses plus necessaires preparations / par Christophle Glaser ...

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(7)

T R A I T E ^ ' ^

CHYMIE «

E N S E I G N A N T P A R V N E

brieve & fecile m eth od e toutes íes plus neccíTaires preparations,

^ a r C H R I S T O P f fL E G L M E R r ^ Apoticaire ordinaire dtfi R o y, ^ de

M onfeigneur le D m XOrleans,

T R O I S I E M E E D I T I O N , ^ Rcvûc Ô£ augmentée par TAutheur.

A L Y O N>

^ PlEILRE BaILLYj 'y . V

c h « ! & T A

(BiNo.TBA.iiy, y Croix a Or»

M. D C . L X X .

t í AVEC F E R M Î S S l O m

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(8)

&

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(9)

A M E S S I R E

A N T O I N E V A L L O T ,

S E I G N E V R D E M A G N A N T ET D a n d e v i l l f, Co n s e i l l e r.

du R o y en fes Confeils d’Eftat

& P riu é, Premier Medecin de fa M ajeilé,

O N S I E V R

Il y a quelque temps que ie f s met~

tre Çom la prejje petit Traité de Chymie pour la commodité de ceux qui (^(¡îflent aux Leçons que îen fa is tom les ans par (vos ordres au lardin du

(10)

E P I S T R E

Roy ; jens dans le mcfme tem p le dejfein de n jo tu Îoffrtr , mais après auoir examine le pei4> de proportion qu'il y aaoit de mon Omrage amc ce que ie <vom demis, fa y cru j M o N- s I E V R j qdil y aurait eu de la te~

mente de dedter n)n 'Ljure qui nex-^

püqm it que confufement ^ auec des

€xpre[fons rudes ^ les Myjîeres de la Chymie ^ à rune perfonne qui a des lumieres particulières de ce hel A rt ^

^ qui njoit clair dans tout ce que la Nature a de pim caché ; Cependant comme le me fuis imposé la necejfùé de reconnoifire en quelque . maniéré les graces que raom me fanes contirmelle- ment j ie nay pas cru que mon peu de mérité deufl preualoir à mon zsl^y

^ îa y efltmé q u il m éfiait pim glo- rim x de n^om prefenter cette Seconde Edition j que de demeurer ingrat q ) méconnoîjfant \ le la y augmentée de quelques experiences , enrichie de

(11)

E P I S T R E .

Homeües décomertes que ta y fa ites depm llm frejfo n de la premiere i E t comme le p M ic en a recm quelque w tihté i fa y cru qt^il fa llo it q u ü re­

connut que ce nep: qnà ia> grandeur de roos hherahtez^ qu tl en a l'ohliga^

tton. Je njouâ fupàe tres-humhlement, M o n s i e v R j de la receuoir com^

me njn témoignage de ma reconnoif- fan ce, ^ comme vne'prem e de la papon que fa y de me rendre digne dt l ’employ dont nj'om mauez^ honoré j ^ comme <vn effet de la foum ijfon m ec laquelle te fups,

M O n S Î E V K .

Voftre tres-humble & trcç?

obeyiïànc feruireui: , C. C L A S B R .

(12)

P R E F A C E .

E S Antheurs qui one traité de la Cliyraie , ont eti'des lumières 6c des fen- dmens fort difFercntSjd’ou vient qu’ils en one efcric bien diiierfement. Ceux qui fe font ap­

pliquez à la haute Chym ie , 6c qui ont pénétré dans fes plus grands mifteres, le font contentez d’en auoir la con- noiiïànce j Et q:ioy quil paroiile f^üils ayent eu deilein de fe faire en­

tendre , ils ont pourtant efcrit il obfcu- rem ent, que Ton a fujet de douter s’ils ont débité des realitez > ou s ils n’ont pas donné des fantofmes pour des corps, ôc des efpines pour des fruid:?.

D ’autres qui n’ont pas volé Ci haut, ont eu pourtant des belles connoiifancTes,

& mefmes ont defcouuert des prepa­

rations , lefquelles les rendent conlî- derables à la pofterité > mais ils ont auiîî cherché de fc fati.sfaire eux-meA m es, Ôc ont pris plaifir d’embarraiïèr

(13)

P R E t A c E.

les cfprics, & les ietcer dans des latr/-

^rinthes, fans leur donner des moyens' pour s en tirer. D ’autres bien moins ca^

pables, ont eu pourtant quelques pe­

tites lumieres > mais nayans pas touc fceu , ou trauaiilé eux mefmes tout cd qu’ils ont d it, defirans pourtant de paiTer pour habiles dans vn A it qu’ils ne polftdoientquadem y 5 ont fait paf- fer leurs imaginations pour des veritez conftantes, dans lefquelles la pratique a fouuent defcouuert la fanileté & leur infuffifance. D ’autres enfin, qui ne me- litentpas d’auoir le nom deChym iftes mais pluftoft de foufHeurs ignorans, trauaillent fur des receptes copiées ou dérobées, lefquelles ils prennent foü- Lient à contre-fens, ayans confumé leur temps & leur argent, ou celuy des autres, dans vn trauail ridicule, ont fait pluiîeurs compagnons de fortune, en engageans le vulgaire, fous des pro- mciîes de les enrichir, dans la pratique de certaines chofes, qui font palier le meilleur métal en fumée, à moins qu ils n en faiïenc paiTer quelque partie dans leurs mains, ce qui n’eft pas la moindre de leurs opération. D où vient que le

a iij

(14)

P R E F A C E .

lie m’eilonne pas, fi pkiiîeurs ont dé­

clamé contre tels Aucheurs, & contre la Ciiymîe niefme , pour nauoir pu connoiftre au vray ce quelle contient de beau. Pour m oy, qui fais profeiiion de ne dire rien que ce que ie fçay , 6c de n’écrire rien que ce que j’ay fa it, ie me fuis feulement propofé dans ce petit Traitée de donner au public vne mé­

thode briéve 6c aifée, pour venir lieu- reufement à bout de toutes les plus ne- ceifaires preparations de la Chymie.

Ceux qui prendront la peine de le lire

& de le bien coniiderer n’y remarque­

ront rien d’enmiyant , ny de fuperflu, iiy rien d’obmis de ce que l’oi^doit fça- uoir : Et bien que Ton n’y trouue pas ia preparation de toutes çhefes, on y trouuera des exemples lufiifans pour cela. Et quoy qu’il eût efté difficile de mettre dans vn petit Traité , toutes les lumières que ie puis auoir dans cette profeiiion , ie ne cache pourtant aucun tour de m ain, 6c découure ilncerement toutes les circonftances- neceiTaires pour deuenir bon Artifte,6c pourparue- nir à de plus grandes connoiiTances en trauaillanc. le ne donne aucune prepa-

(15)

P R E F A C E ,

ration, que ie n aye faite,&: bien experî- inencécj ôc que Ton nepuiire faire après moy, en iuiuantles regies que] ay pref- crices. le ne parleray de la Tlieoi ie que fort lüccinclemenc , mais i’cn diray au­

tant qu’il en faut pour venir aux prepa­

rations , 6c on rencontrera dans peu de mots la fubftanc£ entiere de plulieurs grands Liures. le m’atracheray aux ope- rauons fur les M inéraux, Végétaux Ôc Animaux, & y procédant par ordre, ie iVoublieray rien de neceiTaire. le fuis perfuadé que l’cxperience de tout ce que ie meti en auant, fera voir par tout ma franchile, Sc que l’on me içaura gré du foin que i’ay pris. A quoy i’ay crû eilre d’autant plus obligé, que iay efté choiiî par Moniieur V a l L o t, premier

& tres-digne Medecin de Sa M ajeftc, pour faire les Leçons & preparations Chymiques en public dans le lardin Royal 5 C ’eft ce qui fait que lay deiîré de faire voir auifi bien par écrit, comme dans le trauail, que ie nay pour bue que de reconnoiftrel’Iionneur quil m’a fait, en làtisfaifant le public felon fon incli^

nation, par tous les moyens qui me font poiTibles.

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(16)

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T A B L E D E S M A T I E R E S Contenues au premier

Liure.

D Es noms ¿r àéfinition de la chymîe , page I.

*Z)i’ Cvtilitéde U chymie, ^

*T>e Cobjet à" de U matiere de la chymie, ¿*

de fe$ fondions y ^

*X>ei prificipes acfifs , Mercure, Soitlphre ,

& Sel, 7

Desfrmcîjfespajjlfsje vhlegme ¿ rla Terre^

10

’Des diuerfis oferMÏons dont on f i fiertpour ou*

itrir reduire Us mixtes en lem principes I I

La variété des vaijfeaux qui fieruent aux ope^ .

rations Chymiques, 26

Explication des figures des vaijfeaux, 3 4 'Z)(? la conjiruBîon à" variété des fourneau, 'Des lutntions des fourneaux & des vaif- 37

féaux, ^ -y

‘Des degrezJufeu > 6i

(17)

t a b l e d e s M A T I E R E S Contenues au fécond Liure.

C

'Bruines remarques que ton doit faire mmnt que v m r m x prefarMîiom 3

l>etO r, ^ 1^

PurificationJ^e l'Or fa r la coupelle , 7 7 Purification de C Or fa r la cementation, 7 8 Purification de COrfar finquart, 8 o Purification de l'Or fa r t AntirMtne, 84

Or fulminant » 87

Calcination de t Or fa r le Mercure, cj o Autre calcination d'Or, ^ 1 Poudre d'Or diafhoretiqne, ^ 3

T)et Argent^ 95

Purification de l''Argent fa r la coufelle, 5? 7

Vitriol de Lune ^ 5)8

Tiinture de Lune » 10 0

Pierre infernale, ou caufiique ferfetuel , 1 0 3

Vu plomb, ou Saturne, 1 0 ^

Purification du flomh, 10 7 Calcination du fh m h, 1 07 Autre calcination du flomh » 1 1 0

Autre calcination du flomh >, 1 1 7 Sel ou fucre de Saturne j 11 1

(18)

T A B L E

tj^a-giflere de plomb, i t ^ E f^nt ardent, d u de Saturne5 mni-s fluîioH

efpnt du je l volatil du vinaigre, j 1 ^

l'E fiam, 1 1 g

Purification de ÎE H ain, u p

■Ci^lcinatîcn de tE H ain, j i ^

5/^/ lu fite r, j 2 o

cii/ a^iflere de lupiter, 1 2 5

“2)^ i v r , j 2 j

Piirification du Fer, 1 2 (>

Calcination de M ars, ¿r f a reduBion en Saß-

fi-an aßringenty i 2y

K^iutre Saÿ'ran de M ars ¿ iistrin zem , 1 2 8

Sajfran de Mars aperitif , i 2^

Vitriol de Mars j 1 3 0

K ^titre Sajfran de Mars apéritif, i j ^ lo u tr e Saffran de Mars aperitif i 1 7'einture de M m aperim epar ie mo)cn du

Tartre,

E xtrait de M ars apéritifs j

E xtra it de M ars adUïÏQcnt, i

SddeM ^rs, 4 i

Du Cuivre,

Purification du Cuivre, j ^ j Calcination du Cuivre, 3 ^ ^

Vitnol de Venus, j

Antre Vitriol de Venues,

(19)

T A B L E .

^ ÿ r it dû Fentis, ^ 4 9

r m o l v o l M de Venus , & f i n Magîfiere a

tiqiteur de Venîis, * 5 4

p/ i V .f-A rg en t, * 5 4

Purification du Mercure,

S M m m o n du Mercure en C in a k e , & Ja reuiuificdtton en M ercure coulant-) 158

PreciptéRouge

T^mbith m in e r d y ^ *^3

précipité blanc y ^ ^ 5

Sublimé corrofif, ^ ^ 7

Sublimation de Mercure doux» i

D<? CAntimoine , 1 7 *

Ke'gale d'Antimoine ordinaire, 1 7 a

Pegule dA ntim oine m ec le 1 7 7

Preparations des fii:uys d Antimoine r . 177 Autre preparation de fleurs dAntimoine^

auec addition de Salpêtre t i 7 9 Autfe preparation de fleurs d Antimoins,

1 5 1

Kyintïmoine diaphoretiç[ue, 185

S a jfrm des m é ta u x, 185

'Extrait £ Antim oine, 187

beurre vu huille glaciMe £ Anîtinotne , ^

yôw Cinabre, ^ i S 8

\ ^ a t r e beurre ¡ou hüille glaciale d Antt??$oine^

(20)

T A B L E .

Foudre Emeiique, ou d'Algarot, 1 5) i

^ e'i^a r m inerai, i p ^

Verre ^A ntim oine, 1 ^5

Corre^ion du verre d"Antimoine,

Dit Çijmbre minerali, ï c>S Viuijicatîon du Mercure de Cinabre n a tif (jy

Jeparation de jon foulphrc en mcjme tempi 200

Precipitation du Mercure de Cinabre naturel

fans adition^ z o i

T>u Bifmath , ou Eflain de glace, 203 M agi Bere dit Bijm uth, 2 03

Eleurs du Bifmuth, 2 0 4

Du fel commun, 1 0 5

Calcination du f e l commun, 2 07

E jfritd e fe l, 208

Du Nitre ou Salpêtre, 2 1 1

Purification du N itre, 2 1 2 C rifa l minerai ou Sel prunelle, 2 1 3

Sel Antifebrile' , 2 1 5

Sel Polycrepe, 2 1 7

Efprit de N itre, . 215)

Eau forte, 220

Regale, 2 22

i’/î» Regale, 223

Autre eau regale y 223

Du f e l A r m o n i a c 224

Purification du f e l Armoniac, 2 2 j

(21)

t a b l e .

SuU im m on df* [el Jrm om ac en p m

j)^p llM io n de r e p i t vo U til vrtn eu x du

fel Arm oniac, r ^

Difii/lation de I'efprit acide dii fe l

niM, _ . ^ 5 ^

Vixation du f e l Jrm om ac, 2.3 2

De Î Alum de Roche, ^ 3 4

fuYificfitiQ'^ de I Aluvfi , ^ 3 5

Dlfiillation d e l'A lu m, & f r cdcinMion en

mefme temps » ^ 3 5

Sel Febrifugne de t A l u m , 2.3 8

T>u V itriol, ^39

fu rificm o n du V itrio l, ^ 4 ^

Vitriol v o m itif, appelle G illa, 1 4 1

Calcination du V itrio l, , ^ 4 ^

Dijlillation du Vitriol i ' ^ 4 3

Selfix e de V itr io l, ^ 4 ^

Soulphre de V itrio l, ^ 4 9

m C riftal de Roche , ^ 5 *

ieinture de C riflaL ^ 5 ^

liqueur du C rifia l, ^ 5 4

M aqiiiere de C r ifia l, ^ 5 5

Du Coral,

Sel d e c o r a i, ^ 5 7

M a g ifterede Coral, ^ 5 9

Teinture de Coral, ^ 5 9

Autrs teinture de C<ktd, *

(22)

T A B L E .

Ve h chaux v iu e, 26^

^eauVhagedeniqtie, ^67

Tierre Caufiique, 2 6 S

Ve f Arcenic , ^^9

Regale d'Arcenic ou d Off trient, 27 o Huillc ou liqueur coVToJiuc de l Aïcentc, 1 7 0 Liqueur fixe d'Arceme » ^ 2.71

Vufoidphre, ^7^

Fleurs de fotdphre » ^73

Ljprit acide dufoulfhre, 27 5 Lai£î ou Magiflere de foulphre > 2,77

Saumede foulphre , 2 /8

P i t Ambre gris, i S o

'B(fence d'Ambre grts, 1 8 i Kf.rahe i ou Succîîî , 2 8 1 2>’’ ’iiiliUton du Succin, , 1 8 2 KrClífioation de Chuille de Succin,, 1 8 3 SM m aüon ér purification du f e l volatil de

Succin, 284

DES VEGEtAVX, 288

De la Racine de laldp, 28^

Extrait d'Ellebore noir, 29 t Extrait d'Angélique , ^ conferuatton de et

qu elle contient de bon , 1 9 3

Du bois de Rofe, ip 5

Du bois de Gayac , fa reduBion en e,inq ^

diuerfes fubfianees, 298

Dç la diftillation de l'eau JpmtHeufe, ¿r de

(23)

T A B L E .

thuilk ejfmtïelle de U Cmidle , 3 0 1 x^utte eau de C^ftelle ,

peinture ^ extrait de CawlU^ 3^^

VîfiilUtionde Chmlle xtheree, é de Therehentine,

Ve la fublmation des fleurs de Benjoin, &

di filiation de fin huille, 3 ^ ^ Be la difitllatïon d elà gomme Ammoniac ,

3 1 1

J)e lafrefaration de l Aloes, 3 1 5 Extrait fanchimagogue , - 3^7 j)c la preparation de l Opium, . 3 Ties feuilles, & preparation, 3 ^ 4

j)e la ta i6iiié, 32-5

Autre difiillationde îmBues, & des mtres herbes fitcculentes, 3^7 T>c la diflillation de l 0:^eille, 33 ^

Du chardonr henit, 33^

Ve la difiillation du Creffhn, 335 De la difiillation de l Abfinthe, 33 8 De la -preparation du fe l fixe ott aèkali

d'Abfinthe, 3 4*

Desflcftrsi ^ -543

£ai4 de la Reyne d'HongnC- 345

DesfruiB.s, 347

Be la difiillation dts vin , ^ 3 4^ Rétification de l'eau de Vie en B/pr^t ou

alkoolj ^45?

(24)

T A B L E

BJprh ds V h T m m s e , 35 i

B iiV in d g r^ i 354

DiftilUtion da y im i^ e . > 3 5 5

Tartre, 35^

V ip ilM io n de l'e jf r iiy & huiUe de Tartre,

Sel fix e , é htiille o n lq im r de Tartrepar T ^

défaillan ce, 3^*

M agtfiere de Tartre , ou Tartre vitrio lé, Teinture du fe l de Tartre 3 3^3 - 3^4

Des Bayes de Genevre , 3 6 ^

Des Semences, 3^9

m ille d'Afiis par expreffton > 3 7 1

D E S A n î M A V X , yj%

th m lle le f e l volatil du crane h m a in , Difiiiiation de la chair des viperes, ‘73 37 8

Dtjîillatîon du fan g humain, 3 8 1

Difttllation de Cvrine y 3 8 2

Autre diftillation de I'vrin e à ' fuhlimation de fon f e l vo la til > * 3^5

De la Rosée, 3 8 ^

De la M an n e, 3^^

Du M i e l , De la Cire,

T R A IT E

(25)

TRAITE

D E L A

CHYMIE.

L I F R E P R E M I E R .

C H A P I T R E L T)es noms ^ définition d c^

la chymie.

O T R E deiïèin dans ce Traité eft de donner vne connoiiïàn^

ce parcicuiiere de la Chymie^

tant pour fa Théorie que pour fa Prati­

que ^ par vne méthode la plus fuccinélô

¿C la plus intelligible de toutes > 6c nou?

A

(26)

2 T r a i t e ' d e l a C h y m i e . commencerons par les diuers noms qui luy ont efté donnez tant par les A n ­ ciens que par les Modernes : l’ethîmo- logie du nom de la Chym ie vient du mot G rec y qui figniiîe fondre , de là vient qu’on l’appelle Philofophie fu- foire>ou il on veut on la tirera de

c’eil à dire fu c, à caufe qu elle enfeigne à extraire le fuc interne des corps 5 on l’appelle auiîî fpagyrie de ot'ûu!', ou fepa>

rer, &c qui veut dire alTembler, à .caufe que par elle on fepare & raiièm- ble les fubftances j quelques-vns l’ap- pellenc Pyrotechnie, parce que fes ope­

rations s accomplilicnt par le feu ; d’auttes l’appellent arc diftillatoire, puis que cette operation eft celle dont on fe ferc le plus. D ’autres enfiii l’art herm etique, pource que Hermes ell:

vn de fe,s plus célébrés &c plus anciens Autheurs > on y adjoufte la particule al, pour dire Alchimie, à l’imitation des A rabes, lefquels s en feruent pour ex­

primer l’excellence des chofes 5 mais fans nous arrefter aux diiFerens noms, nous nous tiendrons à celuy de Chym ie , comme eftant le plus en

(27)

L i v r e P r e m i è Ro ^ vfage. Ec qnoy que les Autheurs luÿ ayent donné plafieurs defînicîons, ceux là Font aiTez biens defînie qui veulent que la Chym ie foie vn arc fcientifique j par lequel on apprend à diilbudre les corps pour en tirer les diuerfes fubftan- ces dont ils font compofez, 6c à les reü^

nir 6c raiTembler pour en faire des corps exaltez.

c h a p . i l

Üe [a^tilîté de la Chjmie,

C

Eux qui ont quelque coilnoiiïari- ce de la veritable C h ym ie, fonè fans doute plainement perfuadez dé IVtilité que cette belle fcience appor­

te à ceux qui prennent plaifir à la cul- tiucr j puis qu’elle ell: la clef capabld douurir aux Phyficiens la porte des fccrecs naturels , en reduifant toutes chofes dans leurs principes Uéur don­

nant des nouuelles formes j 6c imican-c la nature dans toutes fés productions 6c alterations Phyiiques î làns elle le Mcdecin auroit de la peine à connoiftré

A ij

(28)

4 T r a i t e ' d e l a C h y m i e. les fermentations, les efFeruefcences,

& les maniérés des diftillacions, Ôc au­

tres diuerfes opérations qui fe font dans le corps hum ain, èc qui font la cauiede pkiiîeurs maladies, aufquelles ils ne pourroient auiG remedier fans l’aiTiilance de la C hym ie, qui fournie par fes diuerfes operations les meilleurs remedesde la Medecine dans les affe-

¿tions les plus inueterées & les plus opiniailres, où le fecours des remedes ordinaires paroît inutile. Les Chirur­

giens de mefme ne fçauroient fe paiîèr delà C h ym ie, ôcnepeuuent auec bon fuccez entreprendre la guarifon de toutes les maladies qui font de leur art, fans les remedes Chym iques, & fans la connoiiiance de leur adion i & il eil impoilible que les Apotiquaires faiïent bien artiftement toutes leurs compoil- tions s’ils ne fçauent conferuerla prin­

cipale vertu des ingrediens, 6c feparer ce qu’il y a d’impur & d’eterogene dans les mixtions naturelles comme inutile à leur intention 5 ce qui ne sap- prend que par l’aide de ce bel 6c excel- lêt Art.Enfin tous les Arts mechaniques

(29)

L i v r e P r e m i e r , 5 5c les plus relenez ont befoin de I^aiîi- ftance de la Chym ie : Pour cxemplejes Peintres ne fçauroient auoir vne cou­

leur viue Ôc éclatante fi la C h ym ien c la leur fournie > les Graueurs ne peu- uent trauailler plus commodément que par le moyen des efprits corrofifs > les Teinturiers ne fçauroient exalter leurs teintures fans I inftruction qu’ils ont des Chymiftes : On pourroit allegner vne infinité d autres exemples qui prouueroientIvtilité ou pluftoft la ne- ceifité de cette fcience, mais la briéue- té que nous aiFedons nous oblige de les obmettre.

C H A P . I I L

D e

F

objet

^

de

la

matiere de

la

chym ie, ^ de fes fonBions,

I

A Chym ie eft dVne très-grande -/cilenduc , ayant pour objet tous les corps des trois familles, fçauoir de Tanimale, de la vegetable, 6c de la mi­

nérale, lefquels elle réduit par le feu A iij

(30)

é T r a i t e ' d e l a C h y m i e . en diuerfes fubftances, que les Philo- fophes appellent principes, 6c en efta- bliifcnt cin q , dont il y en a trois aâ;ifs,

^ deux paififb j les adifb font l’efpric qu’on appelle M ercure, lluiile qu’on nomme ioulfre , &c le fel j les paffifs font l’eau ou le flegm e, 6c la terre : on leut donne ces noms à caufe de la iî- niilîcude qti’ils ont auec le Mercure, le fouifre , le fel commun, leau 6c la terre elemcntaire j le Mercure nous paroîc dani la refolucion des corps en forme dVne liqueur tres-fubtile ? le fouifre fe découure à l’odeur 6c au goufl: , pour le diftinguer du flegme inodore 6c infipide , qui monte quel­

quefois auec luy , 6c il nous paroît en forme d’huile penetrante 6c inflamma­

ble ? le fel demeure ioint auec la terre iufques à ee qu’on Ten fepare par le- lixation ) Or pendant que ces diuers principes demeurent dans la mixtion que leur a donné la nature, ceux qui font actifs font confondus auec les paf- fifs , en force que leur vertu demeure cachée 6c enfçuelie, mais la Chymie vçnantàles feparer les purifie chiicur;^

(31)

L i v r e P r e m i e r . 7 parc, puis les réunie pour en faire des corps, bien plus purs , plus actifs ëc plus excellens qu’ils neftoient deuant.

Nous traicterons de chacun de ces prin­

cipes en particulier.

C H A P . I V .

Des trois principes aEltfs , Mercurcf^

Soulfie

q

) Sd.

P

Our commancer par lefprit ou M ercure, comme ic plus excellent

& le plus noble, & qui des trois dans la refolution des chofes fe prefence le premier à nos fen s, nous dirons que c eil vne fubilance legere, fubtile pe­

netrance qui donne la vie & le mouue- nient aux corps, les fait vegecer & croî­

tre,& parce qu’il eft continueUemencen adion ôc en mouuemenr, il ne fubiîile- roic pas long-temps dans les corps s’il n’eftoit retenu par les autres principes plus fiables que l uy, de là s’enfuie que les mixtes où cette fubftance fubtile prédominé ne font pas fort durables:

Ce qubn peut remarquer aux animaux A iiij

(32)

5 T î î . a i t e ' d e l a C h y m i e . 6c végétaux qui periiTcnt bien plu- ilo fl que ne font les minéraux 5c mé­

taux , lefquels font prefque defticuez de ce principe.

L e Süulfre eft le fécond principe actif, mais inférieur à Tefpric en adi- iiiié, fa fubftance eft oleagineufe, fub- tile , penetrante 6c imflammable, on le réduit difficilement en principe pur auiîî bien que les autres, lors qu’il contient quelques particules Ipiritüeu- fes 5 il fumage l’eau comme font les huiles aromatiques fubtils, de roilna- rin , fauge , terebeutine 6c autres , 6c s’il contient quelque portion de Sel 6c de tçrrç , c’eft alors vne huile craife 6c pefante qui va au milieu 6c au fonds de i’eau , ce qu’on remarque aux huiles des gom m es, bitumes, bois, &c. qui fe diftillent par le feu violent, c eft ce principe qu’on dit eftrela caufe de la beauté ou de la difformité, des ani­

maux , des differentes couleurs 6c odeurs des végétaux, & de la dudilité 6c malléabilité des metâux. Il fait la iîaifon des autres principes, lefquels fans luy ne fc pourroicnc entretenir

(33)

Li v r e P r e m i e r . c>

pour le peu de raporc qn’ily a encreux}

il preferue les corps de la corruption, adoucit l’acrimonie des Tels & des ef- prits , ôc eftant dVnenature ig n é e , il garantit les végétaux où il abonde du froid , delà gelée, & des autres injures des faifons , comme il eft aifé à re­

marquer aux Cyprès , aux fapins, 6c autres végétaux femblables qui gar­

dent touiîours leur verdeur.

Le troifiefme des principes actifs eft le S e l, qui fe découure après que les fubftances volatiles font euaporées ou exhalées , pource qu’il refte fixe auec la terre, de laquelle on le fepare par diiïblution 6c euaporation , alors il fe prefente à nous en corps friable aifé à mettre en poudre, ce qui tefmoigne fa feichereiTe , laquelle le fait appéter l’humidité , qu’il artire de l’air iî puif- famment qu’en peu de temps il fe réduit en liqueur ; L e Sel fe purifie par le feu

& eli incombuftible , il retient I’efpric 6c preferue le foulfre de la combuition, 6c leur fert dè bafe 6c de fondement j il caufe les faueurs differentes, & rend les corps où il abonde durables 6c pref-

(34)

ï o T r a i t e ' d e i a C h y m i e . que incorruptibles : par exem ple, le cliefne qui contient peu d’huile & beau»

coup de fcl 5 efl d’vne longue d u rée, Sc plufieurs autres mixtes qui font de meÎme nature.

C H A P . V.

Des principes p(^jpfs y le flegme

^ la terre,

I L nous rcfle à parler des principes pallîfs 5 defquels l’eau ou le flegme tient le premier rang,quoy qu’elle feble cftrede nulle valeur dans les corps, fie mefme nuiiîble, puifque les fubftances où l’eau abonde ie pourriiïènt facile­

m ent, elle ne laiiTe pas pour cela d’a- uoir fes viages , c’eil par elle que le fe lfe diiîbuc & s’incorpore auec lefprit

& l’h uile, que le fel après leur vnion retiendroit par trop , ¿c empefcheroic leur action & mouuemens végétatif^

s’il n’eiloienc en quelque façon déliez par l’eau > elle corrige auiîî l’acrimonie du fel & de Tefpri:, S¿ empcfche Tin- llammabilicé de l’huile. La terre efl; lo

(35)

L i v r e P r e m i e r . i i

dernier des principes , & quoy qu’on la conlidere comme peu vtile dans les mixtions naturelles, elle ne laiiïe pas d’y eftre neceiTaire j puifquelle recient le fel Scies autres principes actifs, lefi- quels pourroienc eftre facilement dif- foucs & emportez par Teau. Lors quel­

le eft entièrement priuée des autres, on l’appelle terre dam née, elle eft peu iicceifiiiredans la C h ym ie, fi ce ce n’eft pour moderer la fluxibilité des Tels;

ainiî nous neftimons pas eftre necef-^

faire d’en parler plus amplement.

C H A P . V L

Des diuerfes opérations dont on fe fert four om rir ^ reduire les mixtes

en leur principe.

I

Es mixtes pris tant des végétaux

^que des animaux 6c minéraux font infinis en nom bre, & ont des fub- ftances fort differentes en dureté, fo- lidité, pefanteur, m olciîe, porofité 6c legereté > 6c c çft ce qui a obligé les.

(36)

11 T r a i t e ^ d e l a C h y m i e . Artiftes de rechercher toute force de moyens pour en venir à bouc , 6c de meccre en vfage vne infinité d’opéra­

tions neceiTaires î fuiuant donc la for­

me externe des mixtes , il les faut incifer, concufer, puluerifer, alkoolifer, rafp e r, fcier, leuiger, granulcr, lami­

ner , fondre, liqnefier , puluerifer, di­

gérer , infufer, macerer , cohober, cal' ciner , fum iger, amalgaa^er , cemen- ter , deftiller, rec'lifier , fublimer, ex­

traire , fermenter, euaporer, exhaler, coaguler, ftracifier , fuimmer , deco- ner , decrepiter , precepiter, cribler, lauer , couler , filtrer , fix e r, circuler, efleindre , volatifer , diiîbudre, vitri­

fier , exalter , rcuiuifier , fpiritualifcr, c;ongcler , criftallifer, m ortifier, cor- porifier, 6c vne infinité d’autres opéra­

tions , defquelles la plus grande partie portent leurexplication, les autres doi- lîcnr eilre enfeignées aux nouueaux dans la Chymie : C e que nous ferons briéuemenc 6c clairement, 6cles met­

trons par ordre alphabétique pour la comn-iodité du Ledeur.

Alkoolifer 3 eft reduire Içs macieres

(37)

Li v r e Pr e m i e r , 1 3 folides en poudre tres-fubtile & Impal­

pable , S>c dépouiller Ôc purifier les ef- prits &: ellènces des impuretez de du phlegme qiuls pourroienc contenir j d’où vient qu’on apelle alkool de vin, fon efpiic bien redifié 2c feparée de fon phlegme.

Amalgamer,eft calciner quelque mé­

tal par le moyen du v if argent, ou mer­

cure vulgaire, cette operation ferc pour reduire les métaux parfaits en tres-pe- tites parcelles : car îors qu’ils font in­

corporez enfemble on fait exhaler à petit feu le m ercure, lequel laiiTe au fonds du creufet le métal réduit en poudre fie le rend plus propre à eftrc dlifout en liqueur par les menilruës:

cette operation cft familiere aux O r- phévres &c Doreurs, lefquels par fon moyen rendent l’or fluide 6c extenil- ble fur les ouurages qu’ils veulent do­

rer : Nottez que le fer & le cuivre ne s’amalganient pas auec le mercure , ces deux métaux eftans fort impurs, Sc terreftres , ayant peu de raport au mercure, qui eft dVne fubilance fubr tile 5c pure.

(38)

1 4 T r-a i t e ' d e l a Ch y m i e. Cakiner,eft reduire en ciiaux ou pou­

dre par le feu a£luel ou potentiel > le feu actuel cil noilre feu ordinaire , 6c materiel que nous entretenons par les xnatieres combuftibles , comme bois, charbons, Ôc autres : le potentiel efl le feu des eauës forces, 6c efprits corrofifsj ia calcination conuienc plus aux mine- raux qu’aux végétaux 6>c animaux , Icf- quels on peut cinifîer par la iimple combuflion ï mais les minéraux ôc mé­

taux demandent des feux tres-adifs ôc tres-violens, comme nous enfeigne- ronsdansla pratique.

O n cemcnte pour purifier Sc exami­

ner l’o r , lequel on réduit en lame , 6c on le mec dans vn creufec auec du ci­

ment ro yal, qui confume 6c réduit en fcories les autres métaux cjui font m ê­

lez auec l’or.

O n circule des matières liquides dans des vaiiTeaux propres par vn feu conuenable , tantoft pour fixer les ef- prits volatils, tantoil pour volatifcr les fels fixes, c efl: vne des plus importan­

tes opérations de la Chymie.

C oaguler, eft rendre dures 6c folides

(39)

Li v r e Pr e m i e r . 15 les chofes qui anparauant efloient mol­

les & h’quides par la priuacion & con- fumpcion de leur humidité * comme on remarque en euaporant les hqueurs qui contiennent quelque fel , ou en mêlant des efprits corrofifs auec des fels fixes : par exem ple, la liqueur de çriftal ou de caillou mélé auec de Teau- forte, fe coagulent en vne maiTe foli- de eilans mêlez enfem ble, quoy que chacun à part fut liquide comme de leau.

Cohober a efl diftiller plufîeurs fois vne mefme ch o fe, en remettant la li­

queur diftillée fur la matière qui reftc dans le fonds du vaiiTeau diilillatoire, 6c la diilillant derechef elle fe fait oa pour mieux ouurir les corps ôc pour les volatifer, ou bien pour fixer les efpritsj

& fuiuant les matières & l’intention de l'artiilc , cette operation c il plus ou moins reïterée.

C ongeler, cil laiiTcr rendurcir par le froid les corps que le feu auoit aupa- rauant fondus ou liquifiez, cette ope­

ration fc pratique fur les métaux m i­

néraux fels ) lefquels on purifie par

(40)

î 6 T r a i t e ' d e l a C h y M i e . la violence du feu de fufion, 6c lors quon les expofe à l’air fro id , ils ic congelent 6c rendurciiïcnc > cela fe re­

marque auiïi dans les graiifes des ani­

maux 5 & dans les gommes, refines 6C baumes des végétaux, lefquels eftans liquéfiez par le fe u , 6c leurs parties groiïieres en eftans feparées fe conge^

lent en les expofant à l'air froid.

Corporifer, eft faire prendre corps aux efprits, ce qui fe pratique fouuent auec les efprits acides quon met ou auec des fels fixes, ou auec des terres arides : par exem ple, en mettant de l’eiprit de nitre ou de l’eau forte auec le fel fixe de tartre , le dernier retient il eftroicemcnt le prem ier, que de ces deux on fait de bon falpétre : Et quand on met du vinaigre tres-forc ou quel­

que efprit acide fur le coral ou fur des perles , ils retiennent aufii-toit l’aci­

dité que les liqueurs contenoient, la­

quelle acidité fe fixe auec ces corps.

Ç riftalifer, eft reduire en criftaux le nitre , fels, vitriols, 6c autres qu on a auparauant diffouts , filtrez , d epurez, 6c euaporez iufques à la pclUculc, puis

on

(41)

L i v r e Pr e m i e r , î y on les expoie à l’air froid où les fels fe congelenc peu à peu , ôc en recenanc quelque portion de l’eau auec laquelle iis auoient efté diiîbucs , ils paroiiFent diaphanes ôc criftallins, laquelle cranf- parence ils perdent à la moindre cha­

leur du Soleil, qui lesprîue d e le a u , Ôc ôc les rend opaques.

Detonner & fulminer, eftchaiTer des minéraux leur foulphre impur Sc volatil*

en conferuant le foulphre interne ôc fixe : cette operation le pratique par le moyen du falp'étre en préparant Tan- limoi ne ôc autres.

D igerer, eft cuire les chofes pat vnè chaleur moderée, approchante de celk de nos eftomacs i par le moyen de la­

quelle nous cuifons les fubftances crues, nous meuriiïbns 6c adoucilFons les acerbes 6c afpres , nous feparons les pures d’auec les im pures, Ôc tirons ie fuc ou la meilleure partie de chaque corps : La digeftion fe fait pour l’ordi­

naire auec addition de quelque men- ftruë conuenable à la matière, elle ne différé de la maceration, qu’ep ce qu’il ftuc de la chaleur, Ôc la maceration

Ë

(42)

i8 T r a i t e ' D E LA Ch y m i e. fc à froid,

Diifondre, eil réduire les corps durs 6c com pares en forme liquide par le moyen des dilîbluans , comme on voie en la diilbktion de for par i’cau rega­

le , celle de iargcnc, m ercure. 6c au­

tres par les eauës forces.

Edulcorer, cil öfter par lotions 6c ef- fufions reïcerécs, l’impreiïion des fels 6c efprits aux preparations Chymiques, com e magiflercs précipitées, 6c autres.

E ilein d re, c’eiî: plonger vne matière rougie au feu dans l’eau froide : elle fe pratique principalement fur les mé­

taux 6c m inéraux, foie pour les rendre friables > comme on voit en l’extin- clion des cailloux dans l’eau , ou pour leur imprimer quelque vertu des li­

queurs , dans lefquelles on les efleint, comme on peut remarquer en l’extin- élion de la tiithie dans l’eau rofe ou de fenoüil, ou pour imprimer mefme quelque vertu dans l’eau, comme par l’extinction de l’acier.

Euaporer 6c exhaler, different en ce que l’on fait exhaler les corps fees 6c euaporer les humides : par exemple,

(43)

L i v r e P r e m i e r .

îors qu’on a amalgamé quelque ccnrps métallique , 6c que 1 on veut rcdiiire le métal en forme de chaux ou de pou­

d re, on fait exhaler fur le feu le mer­

cure , 6c le niecal calciné fe trouue au fonds du creufet > comme auiiî quand on veut reduire quelque métal en chaux par le moyen du fouifre ) on les calcine enfemble 6c on en iaic exaler le foulfrcj mais les euaporations fe fonclors que pac exemple on chaiïè l’humidité fuperfluH des fels ôc des extraicls purifiez païf pluiieurs folutions 6c filtrations , pouC les reduire en la forme 6c confiftence neceiïaire pour leur conferuation*

Extraire, efl: feparer des animaux 6c végétaux les parties les plus pures d’a- uec les groiiîeres 6c terreflres par des menilruës conuenâbles propres à tireif les fubftances que Tartifte defire : pâi exem ple, on cire la fubilance refîneu^

fe de lalap par l’eiprit de v in , à caufe que la refine efl la partie fulphureufe dit lalap, 6c que J’efprit de vin efl auifi plein de foulphre fubtil , ainfi ces deux fe ioignent facilement. Il en eft de mémô dVne infinité d’autres extractions, auf-

B i j

(44)

20 T r a i t e ' d e l a Ch y m i e. quelles il eft ncceiîàire que l’arcifte ayc égard, Ôc les faiFe par des menftruës ou liqueurs conucnables aux iiibftances qu il fe propofe de tirer.

Ferm enter, eft reduire les parties volatiles Sc ipiricueufes des mixtes de puiiÎance en afte , 6c les déuelopper des parties groiTieres &c terreftres, com­

me on peut remarquer aux liqueurs fer- m entées, 6c particulièrement au vin qui a paifé par la fermentation , lequel rend facilement fon efprit inflammable par la moindre chaleur du feu > le mouft au contraire retient les parties fpiriteufes, 6c fulphureufes fubtiles, 6c fe réduit en coniîftence de m iel, qu’on appelle fape , fans rien perdre de fa fubftance qu’vne eau iniîpide ou phleg- me i car les parties aéliues Ôc volatiles font il bien accrochées 6c retenues par les fels fixes , qu’ils ne s’enuolent que par ia violence du feu , ou par l’adion de la fermentation : elle a beaucoup de lapporc auec la digeftion , horfmis que celle - cy fe fait par fayde de la chaleur externe j celle* là au contraire fe fait par fes propres vertus , ôc par

(45)

L i v r e Pr e m i e r . 21 le fcn nacurer 6c interne des mixtes.

Filtrer porte quaii fcn explication:

la filtration la plus commode fe faic par ic papier gris dans Icntonnoir de verre.

Fixer, eft arrefter quelque corps vo­

latil de fo y , en forte qu’il puifle reiî- fter au feu : cette operation s’accom­

plit par le moyen des corps fixes. O n en peut faire Texperience fur le fel ar­

moniac , lequel quoy que trcs-volacil, mélé auec la chaux v iu e , eft fixé en forte que fa plus grande partie refifte à la violence du feu , par laquelle il euft efté enleué s’il euft efté fcul.

Fondre, appartient à la métallique,

& eft vne operation par laquelle on rend les métaux coulans auec l’ayde du fe u , lequel on adminiftre fort ou modéré , felon la nat;ure èc dureté du métal ou minerai que Ton veut fon­

dre.

Fumiger, eft faire receuoir à vn mixte fufpendu les vapeurs dVn ou de plu- fieurs autres mixtes , pour le calciner ou pour le corriger, ou pour luy im­

primer quelque nouuellc qualité : corn- B iij

(46)

i t T r a i t e * DE L A C h i m i e . iTie par exem ple, on fufpend des la­

mines de plomb fur du m ercure, que l ’on fait exhaler dans vn crufet fur le feu pour calcinei- lefdices lamines : on jfàic receuoir la fumée du foulphre à la fcamonée eilenduë fur du papier pour reprimet fon acHuité : on fait receuoir à la moufle bien lau ée, la fumée des aromatiques pour luy imprimer leur odeur qualité.

G ran uler, efl: verfer peu à peu dans de l’eau froide quelque métal fondu jour l’y faire congeler en grains, & en e diuifant le rendre plus propre à eilrc diiibut.

Lauer, efl ofler par le moyen de leau les impuretez groiîieres de quelque mixte : on laue auflî pour feparer faire monter dans l’eau la partie la plus déliée des m inéraux, & laifTer la plus groiîîere &. terreflre au fo n d s, comme par exemple la preparation dç la li­

tharge.

L c u ig e r, & rendre vn mixte en

>oudre impalble fur le porphyre ou fur eçaille de M er : cette preparation s’çjiçirce fur Içs mixtes les plus foU-

(47)

L i v r e P r e m i e r . 2 3 d e s, & fur tous les minéraux.

Liquéfier, efl: propre aux graiiïès des animaux , comme cire , gommes, re­

fînes , qui fe liquifient par vne petite chaleur, ôc reprennent leur confiften- ce au froid,

Mortifier , c’efl: détruire îa forme extérieure dVn mixte 5 ce que l’on fûic au mercure , en luy oftant la fluidité dc fon mouiiement : on mortifie auili en quelque force les efprits 6c les fels en les mêlanc, car l’vn corrige l’acrimonie de l’autre.

Précipiter, eft feparer le mixte dif- fout, 6c le faire tomber au fonds de fon diiîbluant en poudre ; la précipitation fe faic par le moyen des fe ls, lefquels verfez fur la diiTolution détruifent la force du diflbluanc, 6c le contraignent d’abandonner le m ixte, lequel il auoit diiTout : ce que nous remarquons en la precipitation du corail 6c autres.

Putrifier les corps, eft les refoudre par pourriture naturelle, par le moyen de l’humidité prédominant fur le fcc.

On rafpe, on fc ie , on limele.s mixtes les plus foiides, tant des végétaux que

B iiij

(48)

2 4 T r a i t e ' d e l a C h y m i e , des animaux Sc minéraux , pour mieux ouurir èc fadlicer leur diiïblution ou preparation : ces opérations n’onc pas befoin d’autre explication.

Reititîer j efl: difliller de nouneau les çfprits , pour les rendre plgs fubtils 6c exalter leurs vertus.

Reduire, eil redonner aux chaux des métaux la forme métallique , laquelle iis auoient auparauant, ôc ce par la vio­

lence du feu , ôc Îayde de quelques fels reduétifsj comme nitre, tartre, borax, ôc iiutres.

Reuerber, eft reduire les corps en chaux par vn feu violent entourant la matière •• cette operation fe fait ou à feu ouuert, ou à feu clos, qui eft quand il y a v n dome fur ie fourneau : on fe fert auifi du feu de reuerberation clos, pour pouÎler les efprits, ôc les huiles par la recorte : on lappellc feu de reueri>erc, parce que la chaleur du feu rebat ÔC agit de tous coftez fur la matiere, ou fur le vaiiîeau qui la contient.

Reuïuificr, eft contraire à la mortifî-:

cation 5 puis, que par cette operation le r^erçure qui aupiç efté réduit en fubli-

(49)

L i v r e Pr e m i e r . l y m e, cinabre , précipité, & autres, eft réduit en mercure coulant, comme au­

parauant , nou$ le montrerons en fon lieu.

Spiritualifer , eft reduire les corps compades en efprits, comme on prati­

que îur les fels, lefquels fe peuuent tout a fait reduire en efprit par la diftillation, êc le mefme efprit ne peut eftre recor- porifié , fans addition de quelque corps qui foie capable de le retenir.

Stratifier, fert à la cementation, & fe pratique en mettant vne partie de quel­

que poudre, ou matiere corroiîue au fond de quelque crufet ou vaiiTeau cal- cinatoire , pardeiTus quelque partie de la matiere que l’on veut corroder, ou ouurir, puis pardeiîlis detechef de la poudre corroiîue , puis par dciFus de la matiere 5 & aitiii en continuant couche fur couche , 6c finiiTant par la poudre corroiiue comme Ton auoic commen­

ce.

Sublimer, cft faire exhaler & monter vn corps fee, &c s’arrefter en parties'fe- ches au haut du vaiiTeau , Ôc ce par le moyen d’vn feu réglé. Par cette opc^

(50)

a

26 T r a i t e ' d e tA C h y m i e . ration certains corps font fublimcz tout à faic, comme le foulphre & le mercu­

re 5 d’autres le font en partie , comme l ’antimoine fublimé en fleurs, le ben­

join ôc autres.

V itrifier, eft reduire les pierres,¡mé­

taux , minéraux, cendres, éc autres, en vne maiTe tranfparente & dure comme verre , par le moyen d’vn feu tres-vio- lent > ce que l’on voie en la vitrifica­

tion de l’antimoine, du plom b, Ôi au­

tres.

C H A P . V I L

L a rum eté des waiffeaux qui femem m x operations Chymiques,

P

Our bien venir à bouc des opera­

tions C hym iques, il faut eftre bien muny d’inftrumens & des vaiiïeaux ne- ceiïàires > car comme il y a fore peu de matieres qui fe puiiîènc preparer à feu n u d , on eft obligé de les loger dans quelque vaiifeau conuenable que Ton pofe auec dexcericé fur le fe u , lequel on ménage diuerfement fuiuant le iu-

(51)

L i v r e P r e m i e r . 2 7 gemenc & l’intention de lartifte.

Il faut coniidererles vaiiTeaux, ou fe­

lon leur matiere ou felon leur forme:

la matiere des vaiiTeaux doit eftre choi- iie bien nette & teiîêrrée,qui ne puiiîè eftre pénétrée, & qui puiiïè le moins imprimer fes qualités au medicament, comme font principalement le verre, la terre de potier, 6c le grais > le cai- ure & l’Eftain peuuent quelquefois fer- uir aux diftillations & preparadons des végétaux ; toutefois il eft neceiîàire d’eftammer les vaiÎTeaux de cuiure pour empefcher qu’il ne communique pas iî-toft fa qualité vitriolique , nuiftble aux medicamens.

La différence de la forme des vaif- feaux donc on fe ferc dans la Chymie eft prefque infinie : nous ne paderons pourtant que de ceux qui font necef- laircs dans le laboratoire, & laiiTerons a vn chacun la liberté d’en inuenter ceux qu il iugera propres à fon deiTein,

On fc fert de cucurbites de terre ou de verre couuertes de leur chapi­

teau ou aïam bic, lefquelles on place dans le bain Marie de cendres ou de

(52)

i 8 T r a i t e * d e l a Ch y m i e. fable pour les diftillations par afcen- iion , comme auffi de la veflic ou cu­

curbite de cuiure eftamm ée, laquelle doit eftre couuerte de fon refrigerant auflî eflamé , duquel le deiTus doit cftre remply d’eau fraifche, que Ton doit fouuent renonueller durant la di- ililation. La veiTiede cuiure auec la te- ftc de more & tuyau paiîant .par vn tonneau plein d’eau eft fort vtile pour diftiller les huiles aromatiques des végétaux qui font pefantes , comme celie de la canelle, du bois de rofes, de gerofles, ôc autres de cette nature,, qui tombent au fonds dans l’eau , &

montent difficilement par le reiFrigç- rant haut. Pour diftiler les herbes non aromatiques, dont leur vertu confifte envn fel afïèz fixe, il faut que le laboratoire foit fourny d’vne cucur­

bite fort baiTe Ô¿ large, elle peut-eftre du cuiure , mais fon alembic doit eftrc d’eftain, cet inftrument doit eftre placé au fourneau de fable reprefenté dans la troiiîefme table.

Les cornues, ou retortes feruent aux diftillations qui fe font à cofté, les

(53)

L i v r e P r e m i e r .

tiftes onc iniienté cette forte de vaif- feanx pour la diftillation des matieres qui n’enuoyent pas facilement leurs va­

peurs en haut.

Pour la diftillation pardefcente on a des pots de terre qui encrent les vns dans les autres : il faut que cekiy d’em- bas foie mis dans terre iufqu’à l’em­

bouchure , qu’ilayedansfon colvn pe­

tit couuercle perce en pluiîeurs en­

droits , pour empefcher que la matiè­

re contenue dans le vaiiîeau fuperieuf ne tombe dans l’inférieur: Cette forte de diftillation conuient principalemenc aux bois 5 lefquels on hache & enferme dans le vaiifeau fuperieur, lequel on place, rouuerture en bas, fur le vaiifeau de deiTous, ayant comme die eft, dans ion col vn couuercle perce > 6c faut que l'ouuerture du vaiiïeau de'deiîus enere dans celle du vaiiîeau de deilous, il les fauc en fuite bien lueer, puis mec- ire doucement le feu à l’entour du pot qui eft hors de terre , puis aug­

menter iufquà faire rougir lepoe5aîniî le feu agiiîànc dans les bois fâie liqui­

der les principes liquifiables dicekiy.

(54)

j o T r a i t e ' DE i a Ch y m i e. Sc les fait couler par les trous du coü' iiercle dans le pot d’embas 3 qui eft ce que nous appelions diftillation par def^

ceniion.

il faut auoir des grands recipients ou balons capables de tenir les efprits qui forcent de certaines matieres en abondance, Ôc auec impetuofité 5 C ’eft pourquoy ils doiuent eftre fort grands pourmieuxcontenirlefdits efprits.

Les Matras ibnt auiîî propres pour digérer, extraire.

On appelle vaiileaux de rencontre deux Matras ayans le col Tvn dans lau- tre , fçauoir vn inférieur contenaflt les matieres, le fuperieur feruanc à receuoir les efprits, éc les renuoyanc en bas pour mieux ouurir & digerer les matieres' : ce vaiiïèau ferc à des opérations fort belles, èc pour des chofes bien fubciles : il y a encore vue autre forte de vaiiîeau de rencontre qui eft vne cucurbite couuerte dVn chapiteau aueugle ou fans bec, qui peut feruir à des matieres moins penetran- tes: Tvn & l’autre doiuent eftre cxa-

¿lement lutez dans leurs jointures.

(55)

L i v r e P r e m i e r . 5 1 L e pelican eft aulïi fort neceiïàira pour les efprics que l’on veut corpori*

fier , ou pour les corps que io n veut volatifer par la circulation.

O n ne fçauroit fe paiTer des aludels,

& pots fublimatoires de diuerfes pie­

ces , p la c é e s ^ embouchées Ivne fur l’autre : la matiere qu on veut fubÜmer eft contenue dans laludel, les pots qui font au deiîus doiuent eftre lutez par les jointures i mais percez à iour pour donner palTageaux fleurs qui seleuenc par le moyen du feu , à la referue du plus haut qui fert de chapiteau fermé, au dedans duquel comme des autres les fleurs s’attachent , lefquelles on ramaife , après auoir deiluté douce­

ment les vaiiTeaux , & tant plus le vaif- feau eft eflcué, tant plus pures en font les fleurs , ôc celles qui fe trouuenc dans le plus haut chapiteau font tou­

jours m eilleures, & ainiî en baifîànt,

6c diminuant.

On doit eftre pouruen de creufets,

6c boites de terre couuertes, pour cal­

ciner , cementcr , coupeller , fondre, ÔC autres, coname auiii de petites culo-

(56)

32 T r a i t e ' d e l a Ch y m i e. des de terre, propres à foLiftenir & ré- leuer les creufecs dans le feu j le labo­

ratoire ne düit pas cftre defpourueu d’vn cornec de fer pour ietter les re^

gules dantim oine , Ôc d’autres matiè­

res minérales : car la feparation fe faic^

fore exadcm ent dans cette forte d’in- ftru m en t, en ce que les régulés tom­

bent au fonds des fcorieis, Ôc s amaiTent en culotes pointus, fort faciles à fepa­

rer de leurs immondices :• outre cela on eipargne beaucoup de creufets en verfanc les régulés fondus dans le cor^

net j car farts cet inftrument il faudroic k iiîer refroidir la matiere dans le creu- iet, puis le rom pre) pour en tirer Ôc fe­

parer la matiere auec peine ôc perte î ce que l’on peut cuiter en vuidant le creufet dans e cornet i Et par ce moyen vn m efme creufet peut feruir à plu- fieurs fontes.

O n doit eftre pôurueu de quantité d efcuelles, terrines , 6c bailîns , pour faire cuaporer , çriftalifer , liqucfier par defFailiance, Ôc pour plu fieurs au­

tres opérations , comme auifi d’en­

tonnoirs de verre j de bouteilles pro­

pres

(57)

L i v r e Pr e m i e r ^ ^3 pres à porter lefdits entonnoirs, ÔCrdce- noir les liqueurs qu’on vent filtrer j ou paiTer ^ar lefdics entonnoirs , £c d ’vne infinite de bouteilles 6c pots de verre, U de fayan ce, de tontes grandeurs,

façons ¡, pour conferuer les prepara­

tions.

ïc ne fpecifieray pas icy vne infinité d’autres in ilrum ens, com m e'm ortiers de fo n t e d e f e r , de m arbre, ôc de ver­

re, vaiiïèaux de cuiure ou de terre, pour les bains m arie, Ôc autres, fpatules, car*

relets, ronds de fer j pour porter des chauffes à co u ler, ronds de fer pout coupper les vaifîeaux, cuéillers de ferj pincettes, grandes tenailles Sc autres»

dont vn laboratoire doit être bien four- ny ; ie ne parieray point aufîi d’vne in-*

finite de vaifîeaux , que les artifles in - uentent tous lès iours, pour des opéra­

tions particulières, lefquels ii feroic in v poilible de décrire par le m en u , il fufEc d’auoir defcrit les plus propres pour ve-- nir à bouc de toutes les opérations de h Chymie.

C

(58)

34 T r a i t e ' d e i a C h i m i e , Explication des figures des vaijfem x.

A

G rand macras, contenant les ma-

• ciercs leruanc pour la r é tific a ­ tion des efprits £c fublimacion des fels volatils.

B. Alam bic on chapiteau auec fon bec 5 ayant l’embouchure e ftr o ite ,&

proportionné au macras qui le porte,

& adapcé pour receuoir les efprits 6c fels volatils qui montent d’iceluy.

Ç . Pelican ou vaiiîeau circulatoire tout d’vne piece.

D . C orps ou veffie du refFrigerant j de cuiure eilam é au d ed an s, pour rece­

uoir les vapeurs qui m o n ten t, conte­

nant les matieres que l’on veut di- Îliler.

E . Chapiteau du refFrigerant, aufli de cuiure eilam é au d e d a n s, pour rece­

uoir les vapeurs qui montent , conte­

nant feparement de feau froide,pouc refoudre en liqueur les vapeurs qui montent.

F. Petit recipient , pour receuoir les liqueurs qui en d iilile n t, polé fur vn

(59)
(60)

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(61)
(62)

L i v r e Pr e m i e r . 35 fcabean, ayant entre deux vn petit rond de paille pour arrefter le cul du­

dit recipient.

G . G rand recipient ou balon, pour rc- ceuoir les efprits qu c^on p ou iT e, parlé fourneau de reuerbere.

H* Petit matras à diuers vfages.

L Alam bic ou Chapiteau de verre, auec fon bec pour les diftillations.

K . Cucurbite ou courge contenanc les matieres , laquelle peut eftt^e de v e rre , de ter^e, ou d eftain , ou de cui­

ure eftamé.

L. A lam bic aueugle ou chapiteau fans bec.

M. C o r n u e , ou retorte.

N . C orps de la lu d e l, contenant les matieres que Io n veut fubiitner en fleurs feich es, ayant au hautdVn cofté vne petite porte , auec fon bouchon pour l’introdudion des matieres.

O. O. O. T rois pots ouuerts deiTus

& deííbus , pofez Tvn fur l’autre fur ledit a lu d e l, &: lutez par les foin- tures.

P. Chapiteau luté par les iointures#

mis fur lefdits pots.

C ij

(63)

3^ T r a i t e ' d e i a Ch y m i e . Vciîîe de cfiiure, eilamé au de­

dans , contenant 1 eau de vie que l’on veut redifîer.

R R R . T eile d e cuiure cflamée au de­

dans pofée fur ladite veiîîe fur laquelle eil foudé vn canal en forme de ferpent, propre à conduire les efprits en haut,

& ayans au deiFus vn entonnoir auffi foudé 5 fur lequel on adapte vn alam­

bic de verre.

S. Alambic de verres proportionné a l’entonnoir, pour receuoir lefprit 6c le refoudre en liqueur par le moyen de Tair froid. ■

T . Recipient,pour lefprit qui diilille, V . Entonnoir de verre.

X X . ïnilrumenc de fer pour couper le col des cornucs, ÔC recipiens.

Y . La moitié du vaiiïèau de rencon­

tre, contenant les matieres.

Z Autre moitié dudit vaiiTeau, pofée deiTus pour receuoir les vapeurs, 6c les renuoyer fur les matieres, defquel- les deux parties les ip.intures doiuenc cflre exaclement lutées.

(64)

Li v r e Pr e m i e r . 3 7

C H A P . V I I L

D e U confiruBion ^ fvarietê des fourneaux,

C

Om m e les C iiym iiles ne ie Îçau- roienc paiTer de vaiiïèaux pour contenir les niatieres : auiïi leur eft-ii impoifible de faire agir le feu fur ces macieres, fi les inefmes vaiiïèaux ne font logez dans quelque machine, dans laquelle on puiiïe au befoin pouiier, ou brider, &c gouuerner le feu.

Pour cet effet ils ont inuenté vne in­

finité de fourneaux de diuerfe gran­

deur 6c figure 5 iufqu’à vn e confuiîon, ne confiderant pas que la nature eflant fimple dans fes ouurages, l’A rtiile la doit im iter 6c ne decliner de fa façon dagir fans grande neceffiré. C 'e ft ce quia obligé de grands A rtifles à ne fe feruir que dVn feui fourneau pour tou­

tes les operations j M ais d’autant que dans vn laboratoire on trauaille en mefme temps fur diuerfes m atieres,6c que m efme en conflruifant diuerfité

G ii]

(65)

38 T r a i t e ' d e l a C h y M i e . de fourneaux, fuinanc la diueriîté dti feu que demandent les matieres, ori peut mieux à propos feparément venir à bout de fon deîfèin que dans vn feul fourneau, quelle fymeteriequel’Artifte y aye pu obferuer 5 nous auons iiigc à propos de donner la conftrudtion de di­

uers fourneaux qui peuuent eftre ne- ceifaires, & parmy ceux-là, la conftru-

¿tion d’vn feu l, lequel au befoin peut feruir à tous vfages.

Mais auant que parler de leur forme ou figure , nous enfeignerons la matie­

re de laquelle doiuent eftre faits , tant ceux qui font fixes que ceux qui fons portatifs. Les fixes doiuent eftre baftis auec de la brique Ôc de la terre de laquel­

le les Boulangers baftiiÎent leurs fours, laquelle doit eftre méléc 6c bien pétrie auec vn tiers de fien deCheual, en ajoû- tant aux endroits que nous defignerons le fer neceiîàire : Les portatifs font faits de la terre de P otier, on argiile, ou terre grace , Sc de pots caifez 6c mis en poudre, dequel mélange on fait auffî les creufets 6c autres vaiiïèaux qui rcfi- ftent à la violence du feu : Mais le Cha-

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