• No se han encontrado resultados

La Géographie Sociale de L’urbanisation

In document marchés fonciers urbains (página 108-112)

Aux fins du présent rapport, l’Afrique de l’Ouest se compose des 17 pays et territoire suivants: Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sainte-Hélène, Sénégal, Sierra Leone et Togo.

Chacun de ces pays est confronté au besoin de gérer au mieux les perspectives et les contraintes qui découlent de l’urbanisation accélérée de sa population. Comme dans bien d’autres régions en développement, les villes sont les moteurs de la croissance économique, créant de la richesse et des emplois et contribuant au progrès social. Toutefois, lorsqu’une bonne administration et un bon urbanisme font défaut, comme c’est trop souvent le cas en Afrique de l’Ouest, les villes peuvent devenir des abcès de fixation pour la pauvreté, divers maux sociaux, l’exclusion et des dommages pour l’environnement, sans compter les risques de troubles sociaux.

CARTE 3.1: LES PAYS D’AFRIQUE DE L’OUEST

N

0 1,500 3,000 �1

La transition urbaine en cours prend les formes les plus diverses en Afrique de l’Ouest, où la situation évolue rapidement, y compris l’urbanisation massive et accélérée des côtes ainsi que l’avènement de régions urbaines et de couloirs de développement, y compris transfrontaliers. Il en résulte de nombreux défis, comme la concentration rapide de la pauvreté dans les villes, la mobilité tant latitudinale que longitudinale, le changement climatique et ses effets, etc. Ces caractéristiques font de l’expansion urbaine sous ses diverses formes un des grands enjeux communs pour tous les gouvernements de la sous-région, qui devraient plus que jamais en faire une priorité de leurs politiques nationales et régionales, puisque l’Afrique de l’Ouest est un espace d’intégration où les villes, là encore, sont les moteurs du développement et de la modernisation.

En 1950, les villes d’Afrique de l’Ouest n’abritaient que 6,6 million d’âmes. L’urbanisation, en termes absolus comme relatifs, n’a progressé que lentement jusqu’en 1990. C’est vers cette époque que le taux d’urbanisation de l’Afrique de l’Ouest a dépassé la moyenne du continent et s’est mis à accélérer. La population urbaine est passée à 92,1 millions en l’an 2000 et à 137,2 millions (près de 50 pour cent d’augmentation) en 2010 (estimation). On s’attend à l’accélération de la tendance à un rythme moyen annuel de 6,24 pour cent entre 2020 et 2030, suivie par un ralentissement. L’Afrique de l’Ouest dans son ensemble devrait devenir plus urbaine que rurale avant 2020, quand un total de 427,7 millions de citadins représentera 68,4 pour cent de la population.

De 2010 à 2020, le nombre de citadins devrait augmenter de 58 millions, puis encore de 69 millions entre 2020 et 2030, et de 79 millions supplémentaires de 2030 à 2040. Même après cette date, il ne faut pas s’attendre à un ralentissement en chiffres absolus, alors que la tendance au ralentissement devrait s’enclencher vers 2030. La décennie 2040/50 devrait ajouter encore 84 millions de citadins en Afrique de l’Ouest. La conclusion que suggèrent ces chiffres est on ne peut plus claire. Les pays de la sous-région doivent de toute urgence se pencher sur la croissance rapide de leurs populations urbaines.

Ils doivent renforcer les moyens de leurs villes quelle qu’en soit la taille, qu’il s’agisse de la gouvernance ou de la gestion, et prévoir une augmentation notable des services qu’elles fournissent.

La géographie urbaine est très variable à travers l’Afrique de l’Ouest. Ainsi en 2010, le pourcentage de la population vivant dans des zones classées comme urbaines était le plus élevé au Cap Vert (61 pour cent) et le plus bas au Niger (17,1 pour cent), comparé à un taux moyen de 42 pour cent dans la sous-région. On estimait alors déjà que la population était désormais plus urbaine que rurale dans cinq des 17 pays de la sous-région, à savoir le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana et le Liberia. Si l’on fait abstraction des concentrations urbaines faibles et moyennes dans certains pays,

CHAPITRE TROIS

50

TABLEAU 3.1: AFRIQUE DE L’OUEST: TENDANCE DE LA POPULATION URBAINE, 1950-2050

Population 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010* 2020* 2030* 2040* 2050*

Urbaine (000s) 6 629 12 660 22 572 37 774 60 559 92 162 137 271 195 344 264 182 343 213 427 675

Urbaine (%) 9,79 15,12 21,31 27,18 33,05 38,76 44,85 50,98 57,40 62,86 68,36

Afrique (%) 14,40 18,64 23,59 27,91 32,13 35,95 39,98 44,59 49,95 55,73 61,59

* Projections Source: WUP 2009

GRAPHIQUE 3.1: AFRIQUE DE L’OUEST: TENDANCE DE LA POPULATION URBAINE, 1950-2050

500,000 450,000 80

70

400,000

60 350,000

300,000 -0 u atg0c i000 ) U bagce i%) Af gque i%) U bagce i'000) 250,000

% 40

200,000 30

150,000

20 100,000

10 50,000

0 0

1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010' 2020' 2030' 2040' 2050'

* Projections Source: WUP 2009

L’ETAT DES VILLES D’AFRIQUE DE L’OUEST

.

Lomé, Togo. ©Peeter Viisimaa/iStockphoto

TABLEAU 3.2: AFRIQUE DE L’OUEST: URBANISATION PAR PAYS, TENDANCE 1950-2050 (%) Pop. urbaine

Bénin

1950 4,96

1960 9,28

1970 16,69

1980 27,34

1990 34,49

2000 38,33

2010*

42,04

2020*

47,23

2030*

53,74

2040*

60,32

2050*

66,56

Burkina Faso 3,84 4,70 5,75 8,81 13,82 17,84 25,69 34,40 42,80 50,80 58,76

Cap Vert Côte d’Ivoire

14,20 9,86

16,68 17,68

19,56 28,16

23,52 36,93

44,12 39,74

53,43 43,54

61,09 50,56

67,45 57,78

72,53 64,13

76,95 69,65

80,84 74,64

Gambie 10,27 12,13 19,50 28,41 38,31 49,10 58,15 65,04 71,02 76,35 80,96

Ghana 15,44 23,25 28,97 31,17 36,44 43,95 51,47 58,42 64,69 70,46 75,64

Guinée 6,71 10,47 15,98 23,62 28,03 31,05 35,36 41,44 48,64 55,91 62,93

ugcee-Bg au 10,01 13,60 15,13 17,61 28,13 29,70 30,00 32,83 38,61 45,59 52,74

Liberia 12,97 18,63 26,03 35,17 40,94 44,33 47,82 52,15 57,57 63,50 69,05

Mali 8,47 11,07 14,33 18,48 23,32 28,34 35,86 43,69 51,26 58,46 65,31

Mauritanie 3,10 6,88 14,56 27,37 39,67 39,99 41,43 45,45 51,71 58,18 64,38

Niger Nigeria Sagcte-:e ece

4,86 10,21 51,59

5,79 16,16 49,07

8,79 22,71 46,55

13,44 28,58 44,05

15,37 35,28 41,57

16,19 42,52 39,69

17,11 49,80 39,73

19,25 56,85 41,68

23,47 63,59 46,37

29,70 69,83 52,88

36,81 75,42 59,32 Sénégal

Sierra Leone

17,23 12,65

23,00 17,38

30,00 23,40

35,77 29,11

38,90 32,94

40,35 35,57

42,38 38,40

46,46 42,83

52,55 49,02

58,99 55,84

65,11 62,44

Togo 4,38 10,10 21,28 24,66 30,10 36,53 43,44 50,46 57,30 63,88 69,84

* Projections Source: WUP 2009

GRAPHIQUE 3.2: AFRIQUE DE L’OUEST: URBANISATION PAR PAYS, TENDANCE 1950-2050 (%)

100 90 80 70 60

% 50 40 30 20 10 0

1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010' 2020'

* Projections Source: WUP 2009

des villes comme Porto Novo (Bénin), Ouagadougou (Burkina Faso), Accra (Ghana), Niamey (Niger), Lagos (Nigeria) et Lomé (Togo) doivent toutes faire face au phénomène de “sur-urbanisation”.

Cela signifie que dans ces villes, la population croît de manière beaucoup plus rapide que l’économie locale, ce qui débouche sur des problèmes socio-économiques de grande ampleur comme un chômage élevé, la prolifération de l’habitat informel, la polarisation sociale et la délinquance. Les autres problèmes urbains communs à toute la sous-région comprennent notamment l’évolution accélérée dans l’utilisation et l’occupation des sols et la détérioration de

Becgc Lgbe ga

Bu �gca �a 0 Ma g

Ca �e t Mau gtacge

C6te " 9v0g e Ngge

a1bge Ngge ga

haca Sagcte-:e ece

ugcee Secega

ugcee-Bg au Sge a Le0ce T0g0 2030' 2040' 2050'

l’environnement, sans parler des effets du changement climatique.

La croissance démographique rapide que connaissent actuellement les villes va inévitablement, au cours des décennies à venir, poser des problèmes particulièrement difficiles dans des domaines comme la réduction de la pauvreté et la détérioration de l’environnement.

Toutefois, cette croissance ne saurait, à elle seule, expliquer dans toute son ampleur le degré de vulnérabilité des populations aux risques socio-économiques et environnementaux. C’est plutôt le rythme même des évolutions urbaines qui accentue la vulnérabilité des populations. La misère s’étend rapidement, touchant en particulier

CHAPITRE TROIS

CARTE 3.2: DISTRIBUTION DES ZONES URBAINES >10 000 HABITANTS

0 400 �1

N

Source: Africapolis database SEDET/AFD, July 2008 ©Guèye & Thiam, Dakar, Senegal, August 2010

les femmes et les enfants, ce qui, s’ajoutant aux conflits ethniques et raciaux, à la délinquance urbaine, au manque de logement et à la dégradation de l’environnement, a des conséquences politiques et socio-économiques de grande ampleur. Les perspective économiques semblent plus favorables dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, ce qui donne aux villes les moyens voulus pour améliorer les conditions de vie des citadins les plus pauvres. Toutefois, les villes où le taux de croissance démographique et le rythme d’évolution urbaine sont les plus soutenus tendent à être celles où l’économie est la moins dynamique. Pour celles-ci, les risques d’aggravation des problèmes sont à la fois manifestes et durables.

Les concentrations démographiques en milieu urbain sont, en principe, un facteur positif, puisqu’elles sont source d’efficacité et de bienfaits économiques à travers l’agglomération de diverses ressources, et notamment humaines. Dans les villes et régions où fait défaut le dynamisme économique, toutefois, de profondes disparités socio­

économiques deviennent de plus en plus manifestes. L’expansion démographique et territoriale des villes dépasse très largement la capacité de bien des autorités d’Afrique de l’Ouest à faire face à leurs conséquences. Les plus néfastes de celles-ci, qu’elles soient sociales ou économiques ou qu’elles tiennent à l’environnement, affectent tout particulièrement les pauvres, dont la plupart se trouvent exclus des bienfaits de la prospérité.

Les difficultés des pauvres ne restent pas elles-mêmes sans conséquences pour les démarches de développement durable de chaque pays. Dans un monde de plus en plus interdépendant, l’étendue et la persistance de la pauvreté urbaine à l’échelle nationale peut avoir des conséquences dans d’autres pays, mis à part les flux migratoires. Le dénuement affaiblit la capacité d’un pays à lutter contre la criminalité organisée, le trafic d’êtres humains, les conflits armés, le terrorisme, les troubles sociaux et la propagation des maladies. Ces facteurs, à leur tour, peuvent avoir des effets marqués sur l’économie, l’environnement et la sécurité d’un pays, tout en affectant les Etats voisins et même le monde dans son ensemble. La mondialisation fait que les effets de la grande pauvreté ne peuvent plus rester contenus à l’intérieur des frontières nationales et peuvent affecter la stabilité d’une région ou du monde dans son ensemble.

Toutefois, le manque de revenu ou d’occasions de consommer n’est pas le seul facteur qui oblige des nombres incalculables de citadins à vivre dans les conditions inacceptables qui vont de pair avec l’exclusion socio-économique. Dans une perspective plus large, il faut aussi prendre en compte les dimensions de la pauvreté qui ne sont pas liées au revenu, comme l’accès à l’instruction et aux services de santé, l’égalité hommes-femmes et les équipements collectifs élémentaires comme l’adduction d’eau et l’assainissement. L’inégalité est etroitement liée à la pauvreté et est un déterminant des richesses,

L’ETAT DES VILLES D’AFRIQUE DE L’OUEST

des revenus et de la consommation. Ce n’est pas la même chose que le manque d’équité, qui désigne une distribution déséquilibrée des avantages économiques, politiques, sociaux et culturels.

Depuis toujours, les villes ont eu pour fonction, entre autres, de protéger leurs habitants des attaques d’envahisseurs comme des conflits civils. Au fil du temps, la concentration de richesses, de savoir et de pouvoir dans les villes a donné lieu à une certaine spécialisation qui, pour sa part, a contribué à l’innovation technique, culturelle et sociale et en général à une plus grande prospérité socio-économique.

En Afrique de l’Ouest, toutefois, comme plus généralement dans le monde en développement, les villes n’ont pas été vraiment capables de prendre en charge leur expansion démographique rapide ou de fournir des emplois, des terrains, des logements et autres services élémentaires (“l’avantage urbain” par comparaison avec les campagnes). Cette incapacité a pour effet d’exclure des millions d’Africains des avantages socio-économiques de la vie urbaine, et cette exclusion trouve sa traduction la plus tangible dans les taudis et vastes bidonvilles où vivent des millions de citadins très pauvres qui sont, de fait, privés de leur part équitable qui est la leur dans la prospérité du pays. Ils n’ont guère d’autre choix que les établissements informels et les taudis qui, par définition, n’ont aucun accès, ou très insuffisant, aux infrastructures urbaines et sociales, et sont victimes d’une ségrégation spatiale et sociale par rapport à ceux qui disposent du pouvoir ou de la richesse leur permettant de bénéficier de l’avantage urbain. Dans la pratique, les mécanismes de l’exclusion sont complexes et la ségrégation qui avait commencé pendant l’ère coloniale, et qu’ont après l’indépendance maintenue des élites politiques et économiques restreintes, a désormais fait place à de nouveaux types d’inégalité sui vont au-delà de la distribution des espaces urbains. Néanmoins, la prolifération persistante des taudis et des établissements informels demeure la principale manifestation de l’exclusion et de l’inégalité dans la majorité des villes d’Afrique de l’Ouest

.

L’exclusion, la pauvreté et la prolifération des taudis vont de pair avec une mauvaise gouvernance urbaine. Des carences dans la capacité des gouvernements et des collectivités locales à gérer et orienter l’expansion urbaine sont la conséquence inévitable des restrictions budgétaires dans le secteur public urbain. Dans la plupart des cas, les catégories sociales les plus pauvres ont été abandonnées et forcées de ne compter que sur leurs propres moyens.

Des systèmes d’écoulement mal entretenus, les défaillances du ramassage des déchets et des décharges publiques habitées par les plus défavorisés sont monnaie courante en Afrique de l’Ouest. On doit cette dégradation sélective, dans l’espace, de l’environnement urbain aux attitudes de laisser-faire et à leur conséquence pratique, à savoir une urbanisation non-maîtrisée puisque livrée à l’initiative individuelle, qui favorise un étalement urbain systématique sur le pourtour des villes et les terres agricoles; ce phénomène perturbe les réseaux naturels d’écoulement, quand l’empiètement sur les terres agricoles n’ajoute pas au dénudement des collines.

urbaine du continent, les deux très grandes agglomérations que sont Le Caire et Lagos ne vont prendre qu’une part relativement réduite dans la croissance démographique de l’Egypte et du Nigeria: ce sont en effet les villes de moins d’un million d’habitants et les villes secondaires (jusqu’à 500 000 habitants) qui devraient absorber le plus gros (les trois quarts) de cette expansion.

Selon les contextes historiques, politiques et culturels et les perspectives de développement qu’ils ont en propre, les pays d’Afrique de l’Ouest s’urbanisent de manières très différentes. A l’exception de la zone désertique qui comprend le Mali, la Mauritanie et le Niger, l’urbanisation de l’Afrique de l’Ouest a été relativement dense mais très rapide 30 dernières années. Du sud au nord et de l’est à l’ouest, quatre couches homogènes bien distinctes semblent se dessiner (voir Carte 3.3). La zone comprise entre la côte atlantique jusqu’à 10 degrés nord, d’une part, et du littoral occidental à l’est du Nigeria d’autre part, est celle qui concentre les centres urbains les plus importants de toute la sous-région. Le Nigeria se caractérise par un réseau de villes particulièrement serré et de plus en plus dense (zone 1). Viennent ensuite les pays qui bordent le Golfe de Guinée (zone 2), où les réseaux urbains sont beaucoup moins denses qu’au Nigeria mais comprennent néanmoins quelques poches non­

négligeables. La troisième zone présente un tissu relativement lâche de zones de peuplement urbaines en stagnation, qui va de pair avec l’absence de grandes villes. Le meilleur exemple en est le Niger, la majeure partie du Nord étant faiblement urbanisée (17 pour cent en 2010, selon les estimations), avec l’un des tissus de zones de peuplement urbaines les moins denses de toute l’Afrique de l’Ouest.

TABLEAU 3.3: LES PLUS GRANDES AGGLOMÉRATIONS D’AFRIQUE:

LE CAIRE, KINSHASA ET LAGOS, 1995-2025 (000s)

1995 2005 2010* 2015* 2025*

Le Caire 9 707 10 565 11 001 11 663 13 531

Kinshasa 4 590 7 106 8 754 10 668 15 041

Lagos 5 966 8 767 10 578 12 427 15 810

* Projections Source: WUP 2009

GRAPHIQUE 3.3: LES PLUS GRANDES AGGLOMÉRATIONS D’AFRIQUE:

LE CAIRE, KINSHASA ET LAGOS, 1995-2025 (000s)

16,000 14,000

-0 u atg0c i 000 )

12,000 10,000

La Concentration Géographique et Les

In document marchés fonciers urbains (página 108-112)