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LES PAYS DE L’AFRIQUE CENTRALE

In document marchés fonciers urbains (página 182-187)

Concentration et Regroupement Géographique

CARTE 5.1: LES PAYS DE L’AFRIQUE CENTRALE

N

0 1,500 3,000 �1

Ces taux élevés indiquent que la population urbaine de l’Afrique centrale a plus que doublé, de 23 741 000 en 1990 à 55 593 000 en 2010. D’après les projections, la population urbaine franchira la barre des 100 millions en 2022 et atteindra 112,7 millions d’ici 2030 puis 185,9 millions d’ici 2050. Quoique en ralentissement, la croissance démographique en milieu urbain est appelée à se maintenir jusqu’en 2030 ou (très probablement) même au delà de cette échéance (voir Tableau 5.1). Après une augmentation de 19,1 pour cent en 2000/10, une expansion continue mais plus lente gonflera la population urbaine de 25,9 millions durant la décennie 201020 et de 31,2 millions entre 2020 et 2030.

Avec un taux de 86 pour cent en 2010 (projection), le Gabon était le pays le plus urbanisé de la sous-région, suivi de loin par São Tomé e Príncipe (62,2 pour cent) et la République du Congo (62,1 pour cent). Les pays les moins urbanisés étaient les suivants: le Tchad (27,63 pour cent), la République Démocratique du Congo (35,22 pour cent) et la Guinée Equatoriale (39,7 pour cent), soit des taux inférieurs à la moyenne de 39,9 pour cent qui est celle de l’ensemble du continent africain.

Durant la décennie 2000/2010, c’est en Angola et au Cameroun que l’urbanisation a été le plus rapide avec des taux de croissance respectifs de 9,5 pour cent et 8,5 pour cent, l’un et l’autre étant devenus majoritairement urbains: en 2010, leurs taux respectifs étaient passés à 58,5 et 58,4 pour cent (projections), avant de devenir légèrement inférieurs aux deux tiers en 2020 et de dépasser les trois quarts en 2040.

A l’autre extrême la Guinée Equatoriale, la République Démocratique du Congo (RDC) et la République Centrafricaine (RCA) ne deviendront majoritairement urbaines qu’après 2030, le Tchad pour sa part attendant jusque vers 2042. Entretemps, l’Afrique centrale, dans son ensemble, va devenir plus urbaine que rurale. Au cours de la décennie 2010/20, toutefois, le taux de croissance décennal des populations urbaines d’Afrique centrale est susceptible d’être plus élevé au Tchad (22,8 pour cent) qu’en Angola (12,1 pour cent), au Cameroun (12,1 pour cent) et au Gabon (seulement 3,1 pour cent), ce qui semble préfigurer la convergence des tendances des taux d’urbanisation à long terme.

Les populations urbaines des pays de l’Afrique centrale sont massivement concentrées dans quelques grandes villes, qui, la plupart du temps, sont les capitales nationales. On peut effectivement constater, à la lecture du Tableau 5.3, que toutes les capitales de l’Afrique centrale sont également les villes le plus peuplées, à l’exception de Yaoundé (Cameroun). A titre d’exemple, Luanda, capitale de l’Angola, est quatre fois plus peuplée que Huambo, deuxième ville du pays, tandis qu’en République Démocratique du Congo, Kinshasa, la capitale, est 5,6 fois plus peuplée que Lubumbashi, deuxième ville du pays, et 5,8 fois plus que Mbuji- Mayi, la troisième. L’exemple du degré le plus élevé de primauté urbaine se trouve au Congo où Brazzaville, la capitale, est 16,3 fois plus peuplée que Pointe-Noire, deuxième ville du pays.

CHAPITRE CINQ

.

Libreville, Gabon. Photogragh courtesy of IISD/Earth Negotiations Bulletin

TABLEAU 5.1: EVOLUTION DE LA POPULATION URBAINE, 1950-2030

Population Urbaine (000s) Urbaine (%) Afrique (%)

1950 3 657 14,00 14,40

1960 5 687 17,72 18,64

1970 10 161 24,82 23,59

1980 15 578 28,96 27,91

1990 23 741 32,61 32,13

2000 36 486 37,21 35,95

2010*

55 592 43,12 39,98

2020*

81 493 49,60 44,59

2030*

112 727 55,92 49,95

* Projections Source: PUM 2009

GRAPHIQUE 5.1: EVOLUTION DE LA POPULATION URBAINE, 1950-2030

120,000 60

100,000 50

1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010' 2020' 2030'

80,000 -0 u atg0c i000 )

U bagce i%) T0ute Af gque i%) U bagce i'000) 60,000

% 30

40,000 20

20,000 10

0 0

* Projections Source: WUP 2009

L’ETAT DES VILLES D’AFRIQUE CENTRALE

40

TABLEAU 5.2: EVOLUTION DU TAUX D’URBANISATION, 1950-2050 (%)

Population Angola Cameroun

1950 7,58 9,33

1960 10,44 13,94

1970 14,96 20,30

1980 24,30 31,92

1990 37,14 40,72

2000 48,99 49,86

2010*

58,50 58,40

2020*

66,04 65,47

2030*

71,62 70,99 République Centrafricaine

Tchad 14,42

4,50

20,10 6,70

27,33 11,57

33,87 18,79

36,83 20,81

37,64 23,38

38,94 27,63

42,47 33,93

48,43 41,24 Congo

République Démocratique du Congo Guinée Equatoriale

Gabon

24,93 19,10 15,46 11,40

31,60 22,30 25,54 17,40

39,13 30,30 26,95 32,00

47,86 28,72 27,87 54,68

54,32 27,82 34,75 69,14

58,32 29,84 38,81 80,15

62,12 35,22 39,70 86,03

66,34 42,03 43,28 88,77

70,87 49,16 49,43 90,62

São Tomé e Príncipe 13,49 16,07 29,52 33,48 43,65 53,42 62,23 69,02 74,05

* Projections Source: PUM 2009

GRAPHIQUE 5.2: EVOLUTION DU TAUX D’URBANISATION, 1950-2050 (%) 100

90 80 70 60

% 50 40 30 20 10 0

* Projections Source: PUM 2009

Le pouvoir politique, les activités industrielles, l’emploi, les infrastructures de base et les services sociaux sont tous concentrés dans les principaux centres urbains de l’Afrique centrale, au mépris total de l’équilibre géographique. Les zones rurales sont, la plupart du temps, délaissées et pour peu qu’elles existent la faiblesse des dépenses publiques y rend les conditions de vie particulièrement pénibles pour les plus démunis.

Au Congo, la primauté de Brazzaville tient à une forte poussée démographique entre 1997 et l’an 2000, lorsque le pays tout entier a été dévasté par la guerre civile et les populations ont dû fuir l’arrière-pays et les petites villes pour se réfugier dans la capitale. La population de Brazzaville maintient sa croissance rapide par rapport à Pointe-Noire, deuxième ville du pays, en raison, également, de l’exode consécutif à l’anéantissement des économies rurales, de la montée du chômage et du manque de produits de base dans l’arrière­

pays, ainsi que de l’émigration en provenance de Kinshasa, située juste en face de Brazzaville sur la rive opposée du fleuve Congo.

Douala, contrairement à la capitale Yaoundé, est la plus grande métropole du Cameroun. La capitale économique du pays abrite près de 11 pour cent de la population nationale et 18,8 pour cent de l’ensemble de la population urbaine nationale. Luanda et Brazzaville abritent chacune près du quart de l’ensemble des populations nationales respectives, et Kinshasa, dont l’expansion

1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010' 2020' 2030'

Acg0 a Ca1e 0uc

Re ub gque Cect af gcagce Tcha"

C0cg0

Re ub gque De10c atgque "u C0cg0 ugcee Equat0 ga e

ab0c

S�0 T01e e - �ccg e

métropolitaine est l’une des plus rapides de toute l’Afrique sub­

saharienne, hébergeait, en 2010, près de 13 pour cent de l’ensemble de la population de la République Démocratique du Congo (66 millions).

Les grandes villes concentrant l’essentiel de l’activité économique, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’elles attirent une immigration massive en provenance des zones rurales (et des pays frontaliers en cas de conflit). Des taux de natalité relativement élevés et l’amélioration des services de santé ont également joué un rôle déterminant dans la croissance accélérée des populations urbaines (voir Tableaux 5.4 et 5.5).

Toutefois, la fluidité et les évolutions constantes des déplacements dans la sous-région tendent à compromettre la fiabilité des statistiques urbaines en l’absence de recensements récents. Trouver des données démographiques exactes est une tâche ardue dans la plupart des villes d’Afrique centrale, aucun recensement n’ayant eu lieu depuis des décennies et bien des municipalités ne se préoccupant guère de collecter elles-mêmes des données. Par ailleurs, de telles données sont souvent contradictoires et diffèrent systématiquement d’une source à l’autre, les chiffres avancés par les administrations publiques, en particulier, étant souvent inexacts et incomplets. En République Démocratique du Congo, par exemple, aucun recensement des populations n’a été organisé depuis 25 ans et les données concernant

CHAPITRE CINQ

les agglomérations urbaines comme Kinshasa, Mbuji-Mayi et Kananga ne sont souvent rien d’autre que des hypothèses d’experts.

S’agissant de Kinshasa, la Division du Département des Affaires Economiques et Sociales des Nations Unies (UNDESA) parle de 8 754 000 habitants, contre les 10 millions, au bas mot, figurant dans les estimations de la Banque Africaine de Développement. En dehors des différences de chiffres, la définition même de ce qu’est une zone urbaine varie d’un pays à l’autre, ce qui tend à compliquer les comparaisons. Le présent rapport utilise systématiquement les données du Département des Affaires Economiques et Sociales des Nations Unies (UNDESA), lorsqu’elles sont disponibles.

Durant les cinq dernières années, la croissance démographique a été sensiblement plus rapide dans les villes qu’à l’échelle de chacun des pays de la sous-région. Dans les pays où, en 2010, la population était majoritairement urbaine, le multiple a été d’au moins 1,6, alors que dans les pays où ce sont plutôt les populations rurales qui prédominent, ce facteur est beaucoup plus faible, comme en témoignent les données disponibles sur la Guinée Equatoriale (1,1), la République Centrafricaine (1,2) et le Congo (1,3).

Les prévisions de taux décennaux de croissance démographique en milieu urbain entre 2010 et 2050 restent élevées, même si elles signalent un ralentissement, ce qui reflète bien la période de transition démographique urbaine actuellement en cours en Afrique centrale.

Dans ces pays, lorsque la population est déjà majoritairement urbaine, la tendance démographique accuse un ralentissement (soit que l’exode rural ou d’autres types de migration ont diminué ou se

TABLEAU 5.3: VILLES DE PLUS DE 750 000 HABITANTS EN 2010 (PROJECTIONS)

Pays Angola Angola Cameroun

Ville Luanda Huambo Douala

Population 4 772 000 1 034 000 2 125 000

Indice de primauté

4,62 --- 1,17

Cameroun Yaoundé 1 801 000 ---

Tchad

République Démocratique du Congo

République Démocratique du Congo

République Démocratique du Congo

République Démocratique du Congo

République Démocratique du Congo

République du Congo

N’Djamena Kinshasa Mbujg-Mayg Lubumbashi Kananga Kisangani Brazzaville

829 000 8 754 000 1 488 000 1 543 000 878 000 812 000 1 292 000

--- 5,6

--- --- --- --- 16,37 Source: PUM 2009

TABLEAU 5.4: EVOLUTION COMPARÉE DES TAUX DE FÉCONDITÉ - AFRIQUE CENTRALE ET SUB-SAHARIENNE

.

Yaoundé, Cameroun. ©David Hecht /IRIN

Taux de fécondité totale Période

(nombre d’enfants par femme) 2000-2005

Afrique centrale 6,22

Afrique sub-saharienne 5,41

2005-2010' 5,67 5,08

2010-2015' 5,18 4,66

2015-2020' 4,66 4,20

2020-2025' 4,15 3,77

2025-2030' 3,68 3,40

*Projections Source: PUM 2009

sont taris, soit que les taux de natalité et de mortalité ont baissé, ou les deux − voir Tableau 5.6 ci-dessous), alors que dans d’autres pays, la croissance est fluctuante, même si l’évolution générale indique une décélération évidente. Toutefois, en valeur absolue, les populations urbaines connaissent une augmentation constante, quoique plus lente, notamment dans les pays les plus peuplés d’Afrique centrale, comme l’indique le Tableau 5.6. Ceci suggère que les regroupements démographiques vont augmenter avec l’urbanisation, ce qui constitue une perspective inquiétante, comme expliqué ci-dessous.

Parallèlement à la croissance démographique urbaine, les conditions de vie dans les villes d’Afrique centrale ont évolué de manière très visible. Les sérieuses carences dans l’accès aux moyens de subsistance en milieu urbain, au logement décent et aux terrains urbains sont restées sans remède. Bien des familles pauvres ou à faible revenu ont été forcées d’évacuer les centres urbains pour se recaser ailleurs, notamment à la périphérie ou dans une autre ville, faute de pouvoir continuer à faire face au coût de la vie dans les zones urbaines officiellement aménagées. Que ces familles viennent d’autres localités ou qu’elles soient expulsées des taudis du centre ville, les zones périurbaines dans lesquelles elles résident à l’heure actuelle les relèguent en marge de la vie urbaine, au propre comme

L’ETAT DES VILLES D’AFRIQUE CENTRALE

TABLEAU 5.5: ETAT DE LA POPULATION EN 2010 (PROJECTIONS)

Pays

Angola Cameroun

2010* Population totale (000s)

18 498 19 552

2005-2010* (%) Taux de

croissance de la population

Taux de croissance de la population urbaine

2,67 4,49

2,26 3,73

Taux brut de naissances /1 000

40,4 34,2

Taux brut de décès /1 000

15,2 13,2 République Centrafricaine

Tchad

4 422 11 206

1,88 2,77

2,33 4,56

33,2 43,7

15,7 15,5 Congo

R D Congo Guinée Equatoriale Gabon

3 683 66 020 676 1 475

1,91 2,76 2,60 1,84

2,54 4,61 2,99 2,41

31,9 42,5 37,4 25,7

12,3 15,8 13,8 8,9

São Tomé e Príncipe 163 1,61 2,99 29,4 6,8

*Projections

Source: UNDESA, PUM 2009 et World Population Prospects (Tendances démographiques mondiales) 2008

TABLEAU 5.6: CROISSANCE PRÉVUE DE LA POPULATION URBAINE, 2005-2030

Pays 2000-10* 2010-20* 2020-30* 2030-40* 2040-50*

000s % 000s % 000s % 000s % 000s %

Angola Cameroun

4 117 3 745

58,9 47,3

5 072 4 829

45,6 36,8

5 600 4 363

34,6 27,4

6 000 4 555

27,5 22,4

6 258 4 484

22,5 18,0 République Centrafricaine

Tchad

345 1 215

24,5 61,9

513 1 875

29,2 59,0

710 2 789

31,3 55,2

830 3 601

27,9 45,9

875 4 317

23,0 37,7 Congo

R D Congo Guinée Equatoriale Gabon

565 8 719 70 303

31,9 57,5 34,1 30,6

783 12 947 104 287

33,5 54,2 37,8 22,2

765 16 548 148 274

24,5 44,9 39,1 17,4

786 19 220 177 245

20,2 36,0 33,6 13,2

753 20 669 197 213

16,1 28,5 28,0 10,2 São Tomé e Príncipe

Total

28 19 107

37,3 52,4

33 26 443

32,0 47,6

37 31 234

27,2 38,3

37 35 451

21,4 31,4

33 37 799

15,7 25,5

*Projections Source: PUM 2009

au figuré. Outre leur exclusion des ressources économiques, des possibilités de subsistance et des infrastructures sociales, ces citadins pauvres se trouvent aussi écartés de toute participation à la vie politique, qui se concentre en milieu urbain. Cette situation suscite et renforce des modes d’exclusion géographique, sociale et économique particulièrement indésirables – les causes mêmes de la

“fracture urbaine” – et un affaiblissement des fonctions urbaines, faute d’intervention adaptée, peut compromettre la viabilité sociale, économique et politique de ces agglomérations.

L’expansion démographique rapide qui caractérise les villes d’Afrique centrale est le résultat conjugué des cinq facteurs suivants:

(i) des taux de fécondité élevés; (ii) l’exode rural; (iii) la baisse des taux de mortalité en milieu urbain; (iv) les déplacements de populations suite à des conflits; et (v) la croissance économique dans certains des pays de la région, qui joue un rôle fondamental dans les migrations transfrontalières. Ces facteurs sont autant de causes déterminantes de l’étalement périurbain, de la ségrégation spatiale et de la concentration des citadins pauvres dans les zones non desservies ou par-delà les franges urbaines, ces populations n’ayant tout simplement pas les moyens de se loger dans les zones urbaines officiellement aménagées.

Dans les capitales et dans la plupart des grandes villes de la sous­

région, les citadins pauvres étaient jusqu’à une date assez récente confinés, en général, dans les quartiers “indigènes” légués par le colonisateur. Ils se retrouvent de plus en plus, de nos jours, dans des banlieues non aménagées ou au-delà des périphéries urbaines. A Kinshasa, par exemple, les citadins pauvres se concentrent dans les faubourgs périphériques tels que Kimbanseke, Masina, Kingasani, Kindele, Malueka, Mpasa et Mikonga. De même à Brazzaville, la majorité des citadins pauvres vivent dans les bidonvilles de Mikalu, Mfilou et Talangayi. A Luanda, la plupart habitent à Petrangol, Palanca et Mabore. La surface bâtie dans ces villes a augmenté de façon spectaculaire, la plupart du temps sans plan d’aménagement officiel ni infrastructures, en raison du manque de structures de gestion et de maîtrise de l’expansion urbaine. Dépassées par l’ampleur de la poussée démographique, les autorités municipales ont sans le dire autorisé les pauvres et les ménages à faible revenu à construire des abris dans les zones les moins praticables. Du coup, la pauvreté urbaine est devenue de plus en plus déterminée géographiquement et spatialement séparée des quartiers aménagés de la ville. Même s’il n’existe pas de ségrégation ethnique officielle, c’est une ségrégation de fait, obéissant à la loi du marché, entre riches et pauvres qui

CHAPITRE CINQ

0

GRAPHIQUE 5.3: POPULATION URBAINE ET RURALE, 2000-2050 (000s)

300,000 250,000 200,000 150,000 100,000 50,000

* Projections Source: PUM 2009

-0 u atg0c i 000 )

2000 2010' 2020' 2030' 2040' 2050'

U bagce Ru a e T0ta e

désormais décide du lieu de résidence des habitants. Les citoyens aisés, y compris les étrangers, habitent les quartiers bien desservis et convenablement aménagés, notamment ceux construits durant l’époque coloniale ou juste après l’indépendance. L’augmentation rapide des prix d’acquisition des terrains situés dans les centres urbains contribue de plus en plus à refouler les citoyens pauvres vers les zones non aménagées et mal ou non desservies.

Les critères d’accessibilité à la base de toute ségrégation spatiale urbaine en fonction du revenu ne sont pas nécessairement un phénomène indésirable. Depuis des millénaires, les villes de la planète ont délibérément pratiqué la ségrégation sur la base d’affinités partagées, telles que l’ethnie, la religion ou l’identité culturelle. La ségrégation urbaine n’est pas souhaitable, cependant, à partir du moment où elle devient un processus involontaire, car alors la distance spatiale débouche fatalement sur une distance sociale, politique et économique qui, bien souvent, devient insurmontable.

La ségrégation géographique involontaire est source d’inégalité et

ENCADRÉ 5.1: DYNAMISER LA GOUVERNANCE URBAINE DANS LES ECONOMIES PETROLIERES – LE CAS DE

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